« JOURNAL D’UNE CRÉATION »
L’oeuvre d’André Prévost
James DORMEYER

 

 

Que ne donnerait-on pas pour avoir pu être les témoins du quotidien d’un Mozart, un Bach, un Beethoven, ou d’un autre musicien, lorsqu’ils composaient ? Comment s’y prenaient-ils, et par quels sentiments ils passaient ?

J’ai eu ce privilège, par l’amitié qui était la nôtre, de regarder à travers ma caméra, et presque quotidiennement, André Prévost avant qu’il ne disparaisse, composant une de ses toutes dernières œuvres, son « Concerto pour Violon et Orchestre » dédié à la virtuose et amie, Chantal Juillet, et dirigé par celui qui fut un des grands Chefs de l’Orchestre Symphonique de Montréal, le Maestro Charles Dutoit, qui créèrent l’œuvre le 28 avril 1998.
Certes, il a fallu du temps pour rendre compte de toute cette aventure créatrice :
Cinquante quatre heures de tournage sur vingt et un mois de composition, et plus de quatre années de montage à travers les hasards de nos vies... et de la mort, pour un document final de trois heures.

Trois heures « seulement » pour pénétrer au cœur de cette énorme tranche de vie se déroulant sur deux hivers, pétrie de l’amitié et du respect que se portaient leurs protagonistes, qui se dégagent de chaque image, et sans quoi rien n’existe vraiment, et pétrie bien sûr d’un art soi-disant complexe, la musique, que je finissais par comprendre, moi le béotien, et aimer pour sa transparence mathématique et sa logique desquelles jaillissaient tant de beautés sonores inattendues...
Trois heures pour vous faire partager ces découvertes...
Trois heures pour rendre compte de ce testament musical... Trois heures sur toute une vie ou une journée, c’est finalement assez peu...
Amateurs de « zapping » s’abstenir !

 
 

James Dormeyer

 

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