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Catégorie : ENTRETIENS

 

C’est un peu partout en France qu’a lieu en ce moment la Semaine du Son. Christian Hugonnet, qui a imaginé ce projet et le préside depuis 2003, l’a fait aboutir en 2017 à une “Charte de la semaine du son”, aujourd’hui adoptée par 195 pays (la résolution 39C/49 de l’UNESCO: L’importance du son dans le monde actuel : promouvoir les bonnes pratiques). Il nous livre ici une interview exclusive, qui en retrace le parcours, ainsi que les cinq grandes lignes directrices de la charte.

De grands musiciens d’horizons variés ont parrainé cette semaine depuis sa fondation : de Murray Schafer (2010) à Jean-Michel Jarre (2018), en passant par Pierre Boulez (2011)... C’est aujourd’hui au tour de Jordi Savall, qui fête ce Mercredi 23 Mars à L’UNESCO les trente ans du "Concert des Nations".

Jonathan Bell : C’est cette année la 16e Semaine du Son. Pouvez-vous retracer le parcours de cet événement annuel depuis sa première édition ?
Christian Hugonnet : La première édition a eu lieu il y a quinze ans, mais j’en ai eu l’idée il y a vingt ans, à une époque où il y avait ce que l’on appelait la Semaine du Goût et je me suis dit : comment se fait-il que l’on n’ait pas une semaine du son ? dans la mesure où précisément les gens ne sont pas du tout sur le sonore, ce dont j’étais moi-même très conscient en qualité d’acousticien et aussi d’ingénieur du son. Mon parcours est très simple : je suis ingénieur du Conservatoire national des arts et métiers, j’ai travaillé à Radio France et à l’Ina, où je donnais des cours, puis j’ai été directeur technique au Conservatoire de Paris. J’ai donné des cours en école de cinéma, à l’école Lumière, et j’ai été directeur technique à la Commission supérieure technique de l’image et du son (CST) qui s’occupe de la diffusion des films à Cannes. Mais, depuis plus de vingt ans, j’exerce comme indépendant en bureau technique d’étude, ce qui consiste à imaginer des salles de concert et des auditoriums.

J’ai toujours été dans l’univers du sonore et j’étais très conscient (en tant que musicien aussi : je suis clarinettiste) que nous étions ignorants de tout ce qui touche au sonore. En observant l’histoire, le 19e siècle a été le moment, en France, du romantisme littéraire et pictural, tandis que le romantisme musical a fleuri en Allemagne, en Angleterre, même aux États-Unis, mais certainement pas chez nous. Il y a donc ce creux musical du 19e siècle, est-ce que la cause est là ? je n’en sais rien... Mais nous sommes aujourd’hui dans une espèce d’absence de tout ce qui touche au son, parce que nous sommes devenus rétiniens en France. Je travaille beaucoup avec les architectes et je vois à quel point l’architecte est roi, l’homme de l’image, de la construction : il faut regarder le monde. On a oublié qu’il faut surtout écouter le monde pour le voir. C’est ce que nous proposons avec la Semaine du Son, une conception sociétale. C’est pourquoi l’Unesco s’est intéressé à nous et nous a proposé de déposer une résolution qui est aujourd’hui adoptée par 195 pays et qui s’intitule : « L’importance du son dans le monde actuel : promouvoir les bonnes pratiques ». Je pense que c’est précisément de ça qu’il s’agit quand on se parle et que l’on s’aperçoit que le sonore est absent de notre vocabulaire ; on ne sait pas décrire le son. C’était une prise de conscience, il y a quinze ans. Quand on leur demande de décrire un son, les gens ne savent pas, par manque de vocabulaire, ils utilisent des mots du visuel, des couleurs, mais pas les termes propres à l’acoustique. La nuance, par exemple, est une notion qui n’est pas comprise par les gens aujourd’hui. On ne sait pas ce qu’est une dynamique, on ne sait pas ce qu’est le timbre. J’ai formé pendant plusieurs années trois cents journalistes de France 3 qui avaient tous les jours leur micro à la main et qui ne savaient pas ce qu’est un timbre.

La prise de conscience que j’ai eue à ce moment-là était de me dire : comment organiser une Semaine du Son ? C’était facile ! Il y avait cinq thèmes qui me paraissaient extrêmement forts et qui recouvraient tous les aspects de la vie. Le premier était sur l’environnement sonore.

 
1. L’environnement sonore

Je voyais, en tant qu’acousticien, combien nous avions négligé l’acoustique des salles de classe, des écoles, des gares, des lieux publics en général, et que nous négligions l’acoustique des villes et de tout notre environnement. Je me demandais comment imaginer une ville qui serait pensée par le son... Nous y arrivons cette année avec Roland Castro — nous avons décidé de lancer cette idée du son comme déclencheur de l’urbanisme, ce sera le 22 janvier à l’Unesco. Roland Castro a été missionné par Emmanuel Macron pour imaginer le Grand Paris, il a déposé son rapport une semaine avant notre rencontre. Il a trouvé l’idée du son intéressante, mais ce n’est pas son truc, ce n’est pas dans la tête des architectes : apparemment, rien n’a changé depuis quinze ans. C’est un secteur qui est lent à bouger.

JB : Peut-être qu’au temps des cathédrale le son primait davantage ?
CH : Les Grecs de l’Antiquité, on en discutait l’autre jour avec Costa-Gavras, étaient plus initiés que nous sur cette question. Les conditions d’écoute étaient considérées comme une condition du développement de chacun. Ils avaient compris que, par le sonore, on pouvait aussi guérir. Si l’on songe à Épidaure, par exemple, on est interloqué par le fait que ce théâtre n’était pas entièrement dédié aux spectacles ni entièrement dédié à la culture. Non, il était au sein d’un centre de guérison. Il était dans un lieu dédié aux gens qui avaient des difficultés dans la vie et qui étaient pris en charge par des chirurgiens et des « chamanes ». Le théâtre était un lieu pour guérir les gens. On leur faisait écouter des sons, de la musique, des spectacles théâtraux, dans le contexte du sociétal et du médical. C’est intéressant de le dire comme ça.

À l’opposé, je pourrais aussi parler de constructions très mal conçues qui nuisent aux habitants. L’architecte ne pense pas l’acoustique du bâtiment, c’est pourquoi il est important et urgent de penser le sonore en amont de la construction. Ce projet sera mené avec Roland Castro et toutes les écoles d’architecture, d’urbanisme et des BTP. Un projet grandiose dans la salle 11 de l’Unesco. C’est une réunion qui aura lieu deux fois par an dans le but d’initier toute la nouvelle génération. Nous souhaitons amener ces jeunes à comprendre l’importance du sonore dans les déplacements de la personne, à savoir se déplacer dans la ville à travers le sonore. Les inciter à penser le travail, le déplacement et les loisirs à travers le sonore. On peut trouver de bonnes raisons de mettre du son dans chacun de ces thèmes.

Ça changerait beaucoup de choses. Je prends l’exemple d’une place publique, la place de la République à Paris : on aurait pu la penser autrement. Les architectes ne jurent que par le minéral, mais le minéral est extrêmement réfléchissant. Tous les bruits se renvoient, sont réfléchis, une véritable caisse de réverbération naturelle, qui porte atteinte au plaisir d’exister et qui, surtout, empêche les gens de discuter entre eux. On voit donc sur la place de la République des bancs inoccupés, parce qu’il n’y a aucune raison de s’asseoir ! Pourquoi avons-nous nié à ce point la parole et le sonore dans une ville qui devient, de ce fait, individualiste ? L’impossibilité de dialoguer participe à l’isolement auquel on assiste aujourd’hui. Je vois ce phénomène se reproduire dans les open spaces : les gens sont satellisés dans leur secteur d'activité respectif par le bruit permanent qui les entoure. Ils ne se parlent plus : on parle, mais on ne se parle plus. On émet des sons, parce qu’il faut bien vivre, on gesticule, on crie, dans une attitude unidirectionnelle, mais on n’est plus dans le retour de l’autre, dans le retour de la discussion. Comme si affronter l’autre, de manière positive, c’était en train de disparaître.

On le voit bien avec les gilets jaunes. Encore une fois, ce ne sont que des émetteurs, les revendications sont exprimées dans un seul sens : on s’adresse tous au roi finalement — à Jupiter —, on envoie des sons, à en oublier que nous-mêmes, nous sommes en situation de dialogue. J’observais l’autre jour trois gilets jaunes, indépendants les uns des autres, qui ne se connaissaient pas ; chacun émettait, on n’avait pas l’impression qu’il y avait un réseau. C’est révélateur de ce que sont les retombées sociétales d’une ville qui fonctionne mal, dans un pays à plus de 80 % en situation urbaine.

2. La santé auditive

La Semaine du Son est aujourd’hui soutenue par l’Organisation mondiale de la santé (Oms), avec l’Unesco. La santé auditive est essentielle, et j’en avais déjà conscience il y a quinze ans : on ne voulait pas porter de prothèses auditives de peur d’être ridicule, mais c’est en train de changer. Le président Chirac, par exemple, s’était vexé quand sa ministre de la Santé (Rosine Bachelot) avait osé dire qu’il portait une prothèse auditive. Le lendemain, elle avait été renvoyée. Le mal-entendre, c’est vieillir, une idée reçue qui n’a pas d’équivalent avec la vue et les lunettes par exemple.

JB: J’ai vu récemment des enfants diagnostiqués sourds, dans un projet de résidence d’opéra au Canada. Le documentaire montre ce qu’il est possible de faire aujourd’hui avec des prothèses auditives, notamment dans l’intégration d’enfants au sein d’un groupe, en les faisant participer à un projet musical.

CH: En effet, l’écoute de l’autre est une notion d’une extrême importance, comme le soulignait Jacques Attali dans son petit livre Bruit, traduit dans plusieurs langues (Jacques Attali a été parrain de la 9e Semaine du Son, juste après Pierre Boulez). Dans ce livre il explique que le monde ne se regarde pas, il s’écoute, une idée reprise également par le comédien et metteur en scène Jacques Weber.

JB: En quelle année Pierre Boulez a-t-il été le parrain de la Semaine du Son ?
CH: En 2011.

Pour en revenir au deuxième thème, la santé auditive, l’Oms nous apporte son soutien, parce que notre action est préventive et fournit des informations aux chirurgiens et professionnels de la santé sur les raisons de la dégénérescence de la perception auditive. On s'aperçoit, par exemple, que, dans les trois années à venir, 1,5 milliard de personnes souffriront de déficience auditive, soit une personne sur quatre, pas forcément chez les gens vieillissants. Cet état peut conduire à un handicap sérieux, sur un plan économique, sociétal, et sur le plan médical de la dépendance : une personne qui perd l’oreille perd autant en indépendance. Chez les personnes âgées, on considère que la dépendance en est avancée de sept ans à partir de soixante-dix ans. Une personne qui devient déficiente auditive perd sept années d’indépendance, ce qui implique à la fois des dépenses financières, des émois et de la tristesse de vie.

3. L’enregistrement et la reproduction du son
Savoir enregistrer pour mieux reproduire — le mp3 nous a fait beaucoup de mal. La désertion des auditoriums sévit surtout chez les plus jeunes, qui découvrent la plupart du temps la clarinette, le saxophone, à travers un baladeur, sans savoir ce qu’il y a derrière. La problématique concerne surtout la dynamique : depuis les années 90, on a recours systématiquement à la compression dynamique sonore, un sujet important inconnu du grand public (tapez Hugonnet compression sur Internet...). Du temps du vinyle, on avait encore une certaine respiration, ce qui explique peut-être ce retour récent au vinyle, plus que les notions de « son chaud » ou de « son froid », qui ne veulent pas dire grand-chose… Il y avait bien une façon d'enregistrer différente avant les années 80. En enregistrement, aujourd’hui, par exemple, on termine un master, sur lequel on réeffectue une compression, on tasse les niveaux faibles en direction des niveaux forts pour être vendu sur n’importe quelle plateforme. Pratiquement tout est compressé, aujourd'hui. La compression nous vient des années 60, l’époque où l’on voit apparaître des formations hétérogènes : là où un quatuor à cordes, un quintette à vent, un philarmonique sont plutôt cohérents en termes de facture instrumentale, ces nouvelles formations (guitare voix percussion-batterie) rendent impossible restitution et enregistrement sans amplification et compression : équilibrer une voix par rapport à une guitare, sans compression, ce n’est pas naturel. Il faut tout rééquilibrer, repenser le son. Je me rappelle bien ensuite, dans les années 80, quand je travaillais à TF1, le Csa venait nous dire d’arrêter les niveaux sonores excessifs sur les plages de publicité. Je me rappelle lui avoir montré l’effet de la compression : là où, avant, l’aiguille bougeait entre niveau faible et niveau fort, elle restait maintenant bloquée dans la partie supérieure. L'énergie était donc constamment concentrée au même endroit, vers la partie haute du vecteur de diffusion, mais sans excéder la plage disponible. En comparaison, tout le reste des programmes paraissait sous-modulé.

Le compresseur d'antenne s’est depuis généralisé sur toutes les chaines télévision et radio. En supprimant les micro-silences, un son compressé peut même développer la violence, l’absence de réflexion, le stress, avec répercussions sur la pression artérielle, etc. (nous allons lancer une étude expérimentale sur ce sujet). Pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter les même news, sur France Inter, puis sur France Musique, où on a soudain l’impression de comprendre. De la compression résulte une impression de gavage d’oie. L’articulation est cassée, il n’y a plus de relief. En remontant systématiquement tous les bas niveaux, la notion de silence n’existe plus, ce qui nous rappelle l’importance capitale du silence, des micro-silences dans la voix. La compression donne lieu à un phénomène d’abêtissement des gens. La stabilisation des niveaux empêche la compréhension. Pour faire court, on assiste aujourd’hui au bruit des pauvres et au silence des riches.

JB: Le bruit qui empêche de penser bien-sûr…
CH: Oui, le bruit est un élément qui vient masquer la pensée. Beaucoup de philosophes s’y sont intéressés, comme Matthew Crawford (auteur de Kontakt ou l’éloge de mon carburateur). Il explique bien que, lorsqu’on a la chance d’entrer dans un salon vip comme à Air France, on a droit au silence, et chacun peut se concentrer, réfléchir, pour repartir ensuite dans le bruit. Le bruit étant laissé à la masse, parce que, finalement, ça arrange tout le monde… Nous allons pousser ce débat cette année avec Roland Castro.

Mais il est extrêmement difficile de lever un bouclier international sur ce point, puisque toutes les compagnies comme Warner sont favorables à cette compression. Le premier musicien qui ose exprimer son mécontentement sur ce point risque gros, même en musique classique : j’écoutais l’autre jour le Boléro, avec quasiment le même niveau au début et à la fin… Pour finir sur ce thème, la plupart des compositeurs d’aujourd’hui ne mettent plus beaucoup d’indications de nuances sur leurs partitions : à quoi bon ? De toute façon, leurs œuvres seront diffusées sur des radios qui sont elles-mêmes compressées. On compose donc mp3 et son compressé en dynamiques. Le mp3 est une compression de débit : on ne prend qu’une information sur douze, en faisant ainsi des économies d’échelle importantes. On devrait demain avoir assez de débit pour faire sauter le format mp3, mais l’oreille s’y est déjà habituée : la chaîne tympano-ossiculaire ne travaille plus et reste bloquée. En concert, on n’est plus habitué à écouter les niveaux faibles. La musique naturelle (acoustique) risque donc de disparaître à court terme, puisqu’on n’aura plus l’oreille pour écouter. La sonorisation des orchestres témoigne de cet appauvrissement de l’écoute. On a aussi observé ce phénomène chez des jeunes, qui écoutent à de très forts niveaux une musique très compressée : à un seuil de 40 dB, par exemple, ils ont des difficultés à comprendre comment et pourquoi écouter de la musique à faible niveau. Vous voyez, c’est comme un dessin qui aurait perdu de ses couleurs, c’est comme si on ne travaillait plus que sur du rouge.

4. La relation image-son

L’image est un élément de construction du sonore et non l’inverse. C’est ainsi que nous avons a lancé, avec Costa-Gavras et Thierry Frémaux, à Cannes, le prix de la meilleure création sonore, attribuée à un réalisateur. Ce n’est donc pas un prix technique, c’est un prix esthétique ou de narration. On dit que le son peut arriver à sublimer l’aspect narratif et esthétique du film. En soixante-dix ans, Cannes n’avait encore rien dit sur le sonore, c’est donc pour moi un pas en avant dans la compréhension de la relation image-son.

C’est également quelque chose que je dis aux architectes : « Écoutez pour voir vos villes, arrêtez d’être rétiniens, pour mieux voir et mieux dessiner. »

5. L’expression musicale

Notre pays est de moins en moins musical, tout simplement parce que les jeunes ne jouent plus, donc la pratique instrumentale est en train de se perdre. Heureusement, quelques épiphénomènes comme l’orchestre à l’école restent d’actualité, mais il faudrait être plus radical. Il faut construire avec intelligence pour que les jeunes puissent jouer ensemble. Il faudrait imaginer dans tous les collèges un petit auditorium de cent places, pour qu’on puisse jouer, s’entendre et dialoguer, s’approprier l’école à travers un lieu dédié à la musique et au spectacle, qui n’existe pas en France. Vous allez en Angleterre ou aux États-Unis, vous en avez partout. Ce fut l’une de mes premières découvertes en arrivant en Écosse en tant qu’assistant de français dans une comprehensive school, une école classique : l’orchestre et la salle de théâtre.

Avec ces cinq thèmes, il y avait donc matière à créer cette Semaine du Son. Ils se rejoignent parfois, avec cette proximité entre bruit et violence sur le plan sociétal. La création des auditoriums, par exemple, serait aussi une forme de réponse à cette violence. De nombreuses études scientifiques prouvent aujourd’hui que jouer d’un instrument de musique apaise, et développe des capacités sur le plan neuronal.

La musique, avant d’être dans une classe culturelle, aurait dû être pensée dans une classe sociétale, car la musique est un élément d’expression et de rencontre de l’autre. On ne joue jamais seul, le plaisir est dans le dialogue avec l’autre. C’est pourquoi l’improvisation me paraît un aboutissement total de la musique : j’y vois une rencontre fortuite qui permet des rencontres véritables. Cela m’est venu d’une Semaine du Son qu’on avait lancée à Rosario, en Argentine, où l’on m’avait demandé d’improviser. C’était comme une libération, alors que, chez nous, l’improvisation est très rare. Déjà que nous avons très peu de musiciens en France (nous sommes descendus aux alentours de un pour mille), nous ne sommes plus en situation de pouvoir expérimenter avec le sonore.

C’est bien d’écouter de la musique, mais le développement cérébral se fait surtout à travers l’expression musicale.
À suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédits photo  : Christian Hugonnet © Christian Taillemite / La Semaine du Son.

 


transcription par Alexandre Craman et Jonathan Bell
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019