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Catégorie : BO en CDs

THIBAUD OU LES CROISADES – FORTUNE : Réalisateur : Henri Colpi.Compositeur : Georges Delerue. 1CD Music Box Records : MBR-070

  Ce nouvel opus des publications de Music Box Records autour de Georges Delerue s'intéresse à sa collaboration avec Henri Colpi. Les deux hommes se sont rencontrés à la fin des années 1950, quand Colpi était encore monteur pour Raymond Vogel (« Morts en vitrine »), Agnès Varda (« Du côté de la côte ») ou encore Alain Resnais (« Hiroshima, mon amour »).

Colpi confie la musique de ses films à Delerue : « Une aussi longue absence » et ses « trois petites notes de musique », « Codine », « Mona, l'étoile sans nom » et « Heureux qui comme Ulysse », dernier film tourné par Fernandel et dont la chanson générique a été écrite par Colpi et Delerue, puis interprétée par Brassens, ami d'enfance du réalisateur. À l'époque de la production de ce film, Colpi a déjà mis en boîte la deuxième saison du feuilleton mettant en scène Thibaud, chevalier blanc moitié Franc, moitié arabe, serviteur des Croisades au XIIe siècle. Le thème musical du feuilleton est resté dans toutes les mémoires. Une fanfare héroïque menée tambour battant sur des images de chevauchées et de combats. Il installe aussi un paysage sonore arabisant et habille quelques personnages de thèmes musicaux précis. Toujours avec Henri Colpi, Georges Delerue signe la musique de « Fortune », feuilleton qui relate aussi une épopée, celle menant à la ruée vers l'or au XIXe siècle, sur les pas de John Sutter, citoyen suisse quittant son pays natal pour aller fonder la Nouvelle Helvétie en Californie. L'harmonica s'impose, en référence au western, mais Delerue y apporte des modulations pour le tirer vers la nostalgie du pays que Sutter délaisse. Si l'histoire a besoin de paysages en écran large, le feuilleton sera produit avec peu de moyens et tourné essentiellement en studio. D'où le rôle primordial de la musique de Georges Delerue pour souffler le grand vent de l'aventure qui manque aux images. Là encore, le compositeur convoque les cordes, les cuivres et les percussions pour entraîner le téléspectateur sur la route de l'ouest. La bande originale de « Fortune » (1969) n'avait jamais été éditée.