Félix MENDELSSOHN : L'œuvre pour violoncelle et piano. Sonates N° 1 en si bémol majeur, op. 45, et N ° 2 en ré majeur, op. 58. Variations concertantes en ré majeur, op. 17. Albumblatt. Romance sans parole en ré majeur, op. 109. Gary Hoffman, violoncelle. David Selig, piano. 1 CD La dolce volta : LDV05. TT. 62'13.

Mendelssohn s'est peu livré au genre de la musique de chambre. Ses pièces pour violoncelle et piano sont quasi absentes des concerts et du catalogue enregistré. Deux sonates et quelques pages isolées, de quoi former la matière d'un CD. Les sonates offrent une construction classique, équilibrée.

La première (1838), possède un intimisme presque schubertien, et ses trois mouvements organisent un dialogue alerte entre les deux partenaires. Le foisonnement thématique, quoique maîtrisé, de l'allegro, laisse place à un travail raffiné, finement rythmé, à l'andante, et à un finale éloquent, bien chantant au violoncelle, pour une conclusion toute en douceur. La seconde (1843), est plus exubérante dans ses quatre parties bien contrastées. Son vivace initial est extrêmement séduisant dans l'urgence du cheminement et le rôle flatteur dévolu au violoncelle. L'allegretto scherzando est délicatement agité. L'adagio, après une longue introduction arpégée du piano, offre au violoncelle une belle cantilène suave, d'abord en forme de choral, puis s'engageant dans un récitatif passionné, qui s'affirme dans une ample montée, pour s'achever calmement. Une attaca introduit le molto vivace final, fougueux, sautillant de joie. Les quelques pièces isolées montrent les mêmes caractéristiques d'équilibre, en particulier les Variations concertantes op. 17, qui dévoilent déjà des traits originaux, tels les pizzicatos du cello sur un accompagnement scandé du piano, et des oppositions dynamiques. La Romance sans parole op. 109, la seule dédiée à cette formation d'un genre autrement bien représentée au seul piano, est riche et pudique. Vainqueur du 3ème concours  Rostropovitch de violoncelle de la Ville de Paris, en 1986, Gary Hoffman offre une sonorité ample et poétique, au soutien de ce qu'il considère comme des « œuvres parfaitement écrites, et physiquement jouissives ». Le piano de David Selig est la fluidité même, et d'une grande sensibilité lyrique. Un remarquable duo.