George ONSLOW : Quatuors à cordes op.10 n° 2, en ré mineur, op. 9 n° 3, en fa mineur, op.21 n°3 en mi bémol majeur. Quatuor Ruggieri. 1 CD AgOgique : AGO006. TT.: 69'52.

La musique de chambre de Onslow sort peu à peu de l'ombre, en particulier ses quatuors. Après les interprétations des Diotima (Naïve), c'est au tour du Quatuor  Ruggieri de révéler de nouvelles visions.

Sur instruments anciens, donc sur des cordes de boyau, cette fois, et pour deux premières au disque, les quatuors op. 21 n°3 et op. 10 n°2. Ce dernier et l'op. 9 n° 3, chacun tiré d'une série de trois, sont des compositions de jeunesse (1813/1814), et s'inspirent de Haydn et de Mozart. Elles se signalent par la clarté de l'écriture et l'ingéniosité de l'harmonie, notamment dans le menuetto, bâti dans le premier cas, sur un air populaire auvergnat. La sûreté dans la manière de contraster les mélodies est tout autant notable (andante con variazioni, bien chantant au thème, dans le second cas, et une superbe rythmique au finale agitato). Œuvre plus tardive (1822), et dernier d'une vaste production, le quatuor op. 21 n°3 marque un changement dans l'approche, plus dramatique, chez un compositeur qui va bientôt se consacrer à la scène lyrique. L'allegro maestoso présente un mode déclamatoire qui pourrait préfigurer un air d'opéra. Le menuet est tourbillonnant et plein d'esprit. Au larghetto méditatif, dont Berlioz admirait les sombres sonorités, fait pendant un finale extraverti, de mélodie facile, sans autre prétention que divertissante. Issus de l'ensemble des Talens Lyriques, les jeunes du Quatuor Ruggieri livrent des exécutions sensibles et recherchées, d'une musique difficile à appréhender si l'on s’en tient aux exigences minutieuses du compositeur pour ce qui est du choix des tempos et des nuances. L'équilibre auquel ils parviennent est à porter au crédit d'un souci de fidélité à l'esprit plus qu'au texte.