Imprimer
Catégorie : BO en CDs

Film de Benoît Jacquot. Musique de Bruno Coulais. 1 CD Quartet Records.

Il s'agit de la troisième collaboration de Benoît Jacquot avec Bruno Coulais. La musique des « Adieux à la reine » offre l’originalité d’avoir été enregistrée avant le tournage, sous forme de maquettes. « Elles ont parfois influencé les montages image et son, lesquels ont ensuite influencé la musique », explique Coulais, dans ce bel album présenté par le grand spécialiste de la BO qu’est Stéphane Lerouge. Celui-ci a initié une très passionnante collection de plus d’une quarantaine d’albums et de compilations. Benoît Jacquot n’était pas un adepte des musiques originales. Avec Coulais, il

« rattrape » le temps perdu. Bruno Coulais a une formation classique, et se destinait à écrire de la musique contemporaine. Peu à peu il s’est dirigé vers la composition pour l’image. Au départ pour des documentaires, puis beaucoup pour la télévision. C’est en 1996, pour le film « Microcosmos » (César et Victoire de la musique) qu’il se fait connaître du grand public, et remarquer par les réalisateurs de cinéma. Il obtient un deuxième César avec « Himalaya » (1999). Il est appelé sur tous les « blockbuster » à la française. Avec « Les Choristes » (2004), il obtient un troisième César. Le succès public sera aussi important avec le CD de sa musique que pour le film. La musique des « Adieux » est une musique funèbre. « Une musique, non de chaos, mais de naufrage », explique le compositeur. Loin de faire une musique d’époque, il emploie le piano, la harpe, les vents, pour envelopper les personnages de sonorités funestes, annonçant à la cour de Versailles, incrédule, le glas d’un monde qui s’écroule . « Une musique pour film de vampires » ose-t-il  dire. On peut écouter également sur le CD les deux musiques que Bruno Coulais a écrites précédemment pour Jacquot, « Au Fond des Bois », et « Villa Amalia ». Cette dernière est interprétée par la pianiste Claire Désert. Quant au concerto d’ « Au fond des bois », d’un lyrisme tendu, il est joué par le violoniste Régis Pasquier, l’orchestre de Hongrie étant dirigé, comme pour les autres musiques, par Laurent Petitgirard. D’une conception totalement moderne, cette musique  prouve que Bruno Coulais peut écrire des musiques plus puissantes que celles, assez « descriptives », plus facile d’accès, du film « Les Adieux à la Reine ». le CD permet d’apprécier la palette assez large de ce compositeur, qui peut être très créatif quand il travaille avec des réalisateurs qui ont une culture musicale ; ce qui, hélas, est rarement le cas chez les français.