L'orchestre à cordes sous Louis XIV.

Jean DURON, Florence GÉTREAU (dir.) : L'orchestre à cordes sous Louis XIV. Instruments, répertoires, singularités. Paris, Éditions VRIN (www.vrin.fr ), Collection MusicologieS, 2015, 468 p. – 29 €.

La musique a largement contribué au grand prestige de la Cour de Louis XIV (1638-1715) qui disposait des « Vingt quatre Violons du Roi », des « Petits violons de la Chambre » et de la présence de compositeurs célèbres : Henry Du Mont (1610-1684), Jean-Baptiste Lully (1632-1687), Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), Michel-Richard De Lalande (1657-1726), entre autres.

Les querelles musicales dans les écrits esthétiques et littéraires après 1750

Laurine QUETIN (dir.) : Les querelles musicales dans les écrits esthétiques et littéraires après 1750,  Revue MUSICORUM n°17, (www.revuemusicorum.com ), 2016, 175 p. 29 €.

La Querelle des Bouffons a fait couler beaucoup d'encre et révélé les démêlés entre les tenants de la musique italienne et ceux de la musique française. Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), pro italien, n'a-t-il pas, dans sa Lettre sur la musique française (1753), affirmé : « Les Français n'ont point de musique et n'en peuvent avoir, ou que, si jamais ils en ont une, ce sera tant pis pour eux » ? Rappelons que Christoph Willibald Gluck (1714-1787) a, lui aussi, suscité des polémiques.

Georges MIGOT, Bulletin n°29.

Haguenau, Les Amis de l'œuvre et de la Pensée de Georges Migot,  (

www.georges.migo.info  ), février 2016, 52 p.

Ce Bulletin, paru en 2016, à l'initiative d'Odile Charles et d'Emmanuel Honegger, marque les 40 ans de la disparition de Georges Migot. Il fait le point de l'actualité : Fonds de Bibliothèques (BNF, Royaumont) ; projets de l'Association : nouveau CD en préparation avec 4 manuscrits inédits ; publications, recensions, concerts, concours... et, par ailleurs, rappelle le CD : Clairières dans le ciel (Les Musiciens et la Grande Guerre, Vol. 13)  paru en 2015 sous le Label Hortus (cf. rubrique Le bac du disquaire).

Les espaces de la musique

Antoine Pecqueur : Les espaces de la musique. 1Vol 24x28 cm, 288 p, 550 illustrations couleurs, 2015, Éditions Parenthèses, collection architectures / Philharmonie de Paris, 36 €.

 

Les éditions Parenthèses/Philharmonie de Paris viennent de publier un superbe ouvrage intitulé « Les espaces de la musique » qui intéressera aussi bien l'architecte que le musicien praticien ou simplement mélomane. Son auteur, Antoine Pecqueur, journaliste à la chaîne de télévision Mezzo est aussi musicien, bassoniste se produisant au sein d'ensembles d'instruments anciens tels que Les Siècles ou la Chambre philharmonique, ou d'ensembles de musique contemporaine tel que Linea.

Riccardo MUTI. Prima la musica

Mémoires. 1 vol. Editions de l’Archipel. 2014, 240 p, 21€. www.editionsarchipel.com.

 

Une biographie du grand maestro italien qui ravira tous ses nombreux admirateurs. Musicien et chef d’orchestre hors normes, né en 1941 à Naples, violoniste à huit ans, pianiste émérite, successivement chef du Mai musical florentin, du Philharmonia Orchestra, de l’Orchestre Symphonique de Philadelphie, de la Scala de Milan pendant presque vingt ans, et depuis 2010 de l’Orchestre de Chicago. Une carrière brillante et exemplaire.

Michel Gérard : Le Hautbois. Histoire et évolution.

Sampzon, DELATOUR FRANCE  (www.editions-delatour.com), 2015 (réf. BDT 0067), 131 p. – 20 €.  Play list YouTube https://www.youtube.com/user/editionsdelatour.fr

Les publications récentes (livres et disques) privilégient volontiers les instruments de musique et le répertoire adéquat cultivé par les compositeurs contemporains. Michel Gérard s'adresse à un large public, néophyte ou professionnel. Ses descriptions organologiques sont associées à plus de 200 illustrations et photographies, dont certaines inédites. La lecture peut être accompagnée par l'écoute d'enregistrements concernant l'esthétique contemporaine (cf. play list).

Pascal TERRIEN : Réflexions didactiques sur l'enseignement musical

Sampzon, DELATOUR FRANCE  (www.editions-delatour.com), Collection Musique/Pédagogie, 2015, 169 p. (BDT 0070) – 15 €. 

Le sous-titre : Approches théoriques, études de cas, épistémologie et histoire des pédagogies résume à lui seul les préoccupations pédagogiques et l'orientation didactique de Pascal Terrien, Maître de Conférences à l'Université d'Aix-Marseille et Professeur de Sciences de l'Éducation au CNSMD de Paris (Département de Pédagogie).

François ROSSÉ, Thierry ALLA et alia : Questions de tempéraments.

Sampzon, DELATOUR FRANCE  (www.editions-delatour.com), 2015, 104 p. (réf. BDT 0073) – 23 € (avec DVD encarté).

Tempéraments, Association bordelaise de compositeurs (fondée en 1998), a pour objectif d'encourager, promouvoir et diffuser la création musicale (édition, création, enregistrement, concerts…) ; à ce titre, elle a organisé une rencontre hors du commun « en résidence »  autour de questionnements compositionnels.

Le mouvement orphéonique français

Centre de documentation pour l'Art Choral, Cahier répertoire : Le mouvement orphéonique français. Dijon, LAB (Liaison Arts Bourgogne) (www.le-lab.info ), n°11, octobre 2015, 43 p. -10 €.

Comme le fait observer Françoise Passaquet, le mouvement orphéonique remonte à la fin du XVIIIe siècle, évolue lors de la Révolution française car le peuple doit chanter aux fêtes particulières — cf. Hymnes d'Étienne-Nicolas Méhul (1763-1817), de François-Joseph Gossec (1734-1829).

« Mozarteum. Das erste Haus für Mozart ».

Photos de Fritz von der Schulenburg. 1 vol. 26x28 cm, Internationale Stiftung Mozart, Mozarteum/Strube Verlag (www.strube.de) (VS 9169), 2014, 184 p., 233 Illustrations. 34, 50 € (+ frais de port : 15 €).

Michel SCHMITT : L'Alsace et ses compositeurs, de la Renaissance à nos jours

Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), BDT 0036, 2015, 2 vol.  929 p. - 69 € (les 2 volumes).

Résultat de dix ans de travail acharné et de recherches minutieuses, ce Catalogue offre un bilan de la vie musicale régionale particulièrement imposant et révélateur du passé historique mouvementé de l'Alsace au cours des siècles, avec sa double culture rhénane. Il sera très utile aux chercheurs qui, jusqu'ici, ne pouvaient se référer qu'à trois sources limitées dans le temps 

La musique fait sa révolution

Les Dossiers d'Alternatives Économiques, Décembre 2015, Hors-série n°2 bis, Quétigny, 2015 (www.alternatives-economiques.fr), 98 p.    9, 50 €.

Ce numéro, avec un titre accrocheur, implique un discours à la fois historique, sociétal, économique et politique relatif à la multiplicité des formes et pratiques musicales : chansons actuelles, rock, pop, hip hop, hard rock, musiques électroniques… La musique « rythmant la vie des sociétés humaines depuis toujours » a, au cours des siècles, suscité de nombreuses techniques et une grande évolution du goût et de l'émotion. Cette « révolution » de la musique est, en fait, favorisée par l'apport récent de l'informatique et du numérique.

Colette MOUREY : L'intelligence musicale.

1 vol Crans-Montana (Suisse), Éditions Marc Reift  (www.reift.ch). (EMR 18752), 58 p. + Catalogue de la Collection C. Mourey (3 p.)

Partant du point de vue que l'intelligence musicale est « doublement rationnelle et intuitive » et que « l'audition est à la fois de caractère subjectif et objectif », Colette Mourey, musicologue, enseignante et guitariste, constate que la musique, « proche de l'intelligence linguistique mais aussi de l'esprit scientifique » (p. 54) nécessite une attention « aiguisée, forgée par la volonté » et devant être longuement soutenue.

Musiques électroacoustiques. AnalysesÉcoutes.

Nicolas MARTY (textes réunis, traduits et introduits par) : Musiques électroacoustiques. Analyses<->Écoutes. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2016, 231 p. – 32 €.

Du 17 au 20 septembre 2014, à l'Université de Louvain, Nicolas Marty a organisé la session Listening to electroacoustic music through analysis, réuni, traduit et introduit les interventions.

Pascal GRESSET (éd.) : Tempo Flûte.

Cette Revue — fondée en 2009, organe de l'Association d'Histoire de la Flûte française, présentée à plusieurs reprises dans la Newsletter — s'adresse aux spécialistes. Ils y trouveront une information sur « une flûte qui se joue à gauche » comportant un entretien avec Jan Grimm et un « petit panorama » de cet instrument conçu spécialement pour lui, en fonction de plusieurs paramètres : taille des doigts, position des mains, embouchure, options particulières aux flûtes Parmenon. En fait, il ne s'agit pas vraiment d'une « flûte de gaucher ». Plusieurs contributions concernent le répertoire spécifique et ses compositeurs : Dominique Lemaître, Christophe Bertrand, la musique espagnole du XXe siècle pour flûte et piano. Les flûtistes trouveront d'utiles renseignements sur les concours, les Festivals, les parutions (disques, DVD, partitions et livres). Les facteurs suivront avec intérêt les compléments III : « L'option de Theobald Böhm sur la clé de Sol # (fermée) ». Grâce aux efforts inlassables de son directeur, Patrick Gresset, envers cette Revue si bien documentée et abondamment illustrée, les flûtistes, interprètes et facteurs curieux trouveront largement leur compte dans les diverses rubriques.

Cristina DIEGO PACHECO : Cristobal de Morales en Espagne.

Spécialiste de la musique espagnole ancienne, Cristina Diego Pacheco présente un état assez neuf de la vie et de la production de Cristobal Moralès, né à Séville vers 1490 ayant bénéficié d'une formation dans l'entourage de musiciens de la fin du XVe siècle, tels que Pedro Escobar ou Francisco de Penalosa. Dès 1526, il commence sa carrière à Avilla (sans doute comme maître de chapelle. Il est mentionné comme chanteur de la Chapelle Pontificale entre 1535 et 1545 au service du Pape Paul III. Il exercera ses activités en Espagne à la Cathédrale de Tolède, puis à Malaga entre 1551 et son décès en 1553. Ses premières œuvres (Messe, Magnificat), imprimées à Lyon dès 1539, seront très appréciées et rééditées après sa mort. Certaines pièces vocales bénéficieront d'une réécriture en versions instrumentales. Elles marquent un jalon important dans l'évolution esthétique de la musique européenne. Sa musique s'impose par son originalité et sa forte personnalité. À ces fonds s'ajoute un abondant répertoire manuscrit non daté.

David HENNEBELLE : Les Concerts de la Reine (1725-1768). Lyon, Symétrie (www.symetrie.com ), Coll. Symétrie Recherche, Série Histoire du concert, 2015, 345 p. – 30 €.

En 1900, Michel Brenet a lancé l'intérêt pour « les Concerts en France sous l'Ancien Régime ». Le présent volume (2015) de la Série « Histoire du concert » traite plus particulièrement ceux de la Reine et la tranche chronologique allant de 1725 à 1762, depuis la première manifestation à Fontainebleau, le 6 septembre 1725 jusqu'à la dernière, le 23 octobre 1762. Elles ont lieu essentiellement à Versailles ; occasionnellement, à Fontainebleau ou Marly. Des Actes d'Opéras sont programmés « indépendamment de la scène publique », avec un objectif symbolique et politique dans le respect de la tradition française et dans l'esprit du Classicisme français naissant.

Hélène PIERRAKOS : L'ardeur et la mélancolie. Voyage en musique allemande. Paris, FAYARD (www.fayard.fr ), Coll.  Les chemins de la musique, 2015, 199 p. – 18 € .

Les problèmes d'identité concernant les arts sont d'actualité. Hélène Pierrakos convie ses lecteurs à un itinéraire musical allemand qui lui permet de détecter une certaine « germanité » de la musique, ce qui est aussi le cas en philologie allemande avec certains concepts typiques tels que la Sehnsucht ou la Gemütlichkeit pour lesquels il est difficile de rendre le sens précis en français. L'auteur a recherché des parallélismes entre des atmosphères, des sentiments, certains thèmes et les œuvres des compositeurs. Sa démarche — comme jadis Hans Pfitzner dans sa Cantate Von deutscher Seele (1921) [c'est nous qui soulignons] — consiste à vouloir dégager ce qui fait l'âme allemande dans la musique avec la correspondance entre les sons, la langue, les mouvements ; entre « ardeur et mélancolie » notamment.

Alain von RODEN : Essai d'initiation aux musiques médiévales polyphoniques ou contrapuntiques. Paris, L'HARMATTAN (www.harmattan.fr ), 2015, 112 p. – 14 € .

 

 

Ce livre nécessite un sous-titre explicatif : « Création d'une chapelle et d'une école musicale parisienne : Capella et schola parisis » (sic). Il est rédigé par un ancien Professeur de cardiologie, mélomane passionné et grand admirateur des « musiques médiévales polyphoniques ou contrapuntiques ». Son objectif concerne le lancement d'une nouvelle « chapelle vocale » à Paris. Cet essai propose un aperçu synthétique, allant droit à l'essentiel. Il met aux prises traditions et innovations, rappelle la combinatoire des nombres selon Platon, puis survole rapidement les tendances de la musique médiévale : l'Ars antiqua et l'école Notre-Dame de Paris et les formes cultivées (organum, versus-conduit et motet), l'art des trouvères, le culte marial ; l'Ars nova et son chef de file, Guillaume de Machaut (v.1300-1377), et l'Ars nova en Italie, le séjour des Papes en Avignon, aboutissant à  la polyphonie pratiquée par l'École franco-flamande et à la Cour de Bourgogne.

Cantabile  pour trombone et piano.

Préparatoire. Lafitan : P.L.2902.

Cette pièce porte bien son nom : le tromboniste devra déployer tout son sens mélodique pour jouer cette soyeuse mélodie fort agréable. Thème, développement, cadence et coda avec retour au premier thème : rien ne manque à la fois pour la formation et pour l'agrément des deux interprètes. La partie de piano ne manque pas non plus d'intérêt et pourra être confiée à un élève de niveau intermédiaire.

La mélodie instrumentale après 1945. Analyse et esthétique des ruptures.

Étienne KIPPELEN : La mélodie instrumentale après 1945. Analyse et esthétique des ruptures. 1Vol Sampzon, DELATOUR FRANCE, (www.delatourfrance.com), Collection « Pensée Musicale », 2015, 170 p. -26 €.

Après la question percutante « La musique pourquoi ? » (cf. supra), voici une autre interrogation pertinente : qu'est-ce que la mélodie ?  qui a agité les exégètes pendant plusieurs siècles (par rapport à l'harmonie). Étienne Kippelen (né en 1984), Docteur et Agrégé de Musique, titulaire de nombreux Prix du CNSM de Paris, fait appel à l'analyse musicale, la philosophie, la psychoacoustique, entre autres, et à nos capacités auditives de mémoire de la musique du passé, malgré l'incompréhension du rôle novateur des compositeurs contemporains.

Pourquoi la musique ?

Francis WOLFF : Pourquoi la musique ? Paris, FAYARD (www.fayard.fr ), Collection « Histoire de la pensée (hdp) », 2015, 458 p. -22 €.

 

Avant toute lecture préalable de ce livre si intelligemment conçu par un philosophe doublé d'un musicien et enseignant très expérimenté, les lecteurs auront intérêt à consulter son Glossaire minutieusement établi et à se familiariser ainsi avec sa terminologie et ses concepts afin d'éviter les faux-sens ou des glissements sémantiques. Et, pour mieux cerner la démarche originale de Francis Wolff, ils pourront survoler son Index des noms et surtout son Index des musiques renvoyant aux sources des démonstrations, démarches et assertions de ce fin connaisseur du répertoire musical.