De très longue date, les enseignants et discophiles bénéficient des introductions et commentaires de Gilles Cantagrel qui n’est plus à présenter aux mélomanes. Après les Cantates (2010) et les Passions, Messes et Motets (2011) — parus chez Fayard — le présent volume, édité chez Buchet-Chastel, concerne l’Œuvre instrumentale de Jean Sébastien Bach, (toutefois à compléter, pour l’orgue, par le Guide de la musique d’orgue dont il a assumé la direction en 1994).

Après avoir présenté Jean Sébastien Bach et l’orgue, rappelé qu’il est un organiste virtuose doublé d’un fin connaisseur de facture d’orgue et un excellent orchestrateur, l’auteur détaille — en suivant la chronologie et ses lieux d’activité — les œuvres de jeunesse, puis de la maturité, ainsi que les pièces ultimes et quelques pages diverses et apocryphes. Il introduit les principaux Recueils de Chorals pour orgue : ceux de Neumeister et de Kirnberger, l’Orgelbüchlein (Petit Livre d’orgue), les Chorals Schübler, les 18 Chorals de l’autographe de Leipzig, des Chorals divers, les Partitas (ou Variations) ainsi que la Troisième Partie de la Clavierübung, sans oublier ses transcriptions de Concertos et ses Six Sonates en trio. La troisième partie — particulièrement importante — est dévolue au clavecin et à des œuvres pédagogiques (Clavierbüchlein pour

En 2007, jean Echenoz publiait Ravel , un livre attachant, une “biographie fictionnée“ du compositeur où il se livrait avec une précision horlogère à une analyse quasi clinique de l’homme Ravel et des circonstances qui selon lui, l’ont amené à composer une œuvre plutôt qu’une autre. Avec le Maurice Ravel paru le mois dernier aux éditions Ombres, le propos est bien différent. Ce livre ne contient que des écrits de l’auteur du Boléro et des textes le concernant. Ici pas de roman, pas de biographie. Les textes et les divers propos sont signés ou prononcés intégralement par Ravel et l’ensemble est complété par un appareil critique érudit et détaillé.


Les articles de Ravel sur la musique et les musiciens sont passionnants et réservent plus d’une surprise. Ils révèlent un homme timide qui se bat sans cesse et un musicien pointilleux qui ne tolère aucun faux pas au sujet de sa musique. Il s’avère aussi rigoureux dans ses compostions que dans l’analyse des textes que certains critiques lui consacrent, des critiques qu’il a vite fait de cataloguer et qu’il n’hésite pas à attaquer de front. Grand spécialiste du droit de réponse, dès qu’il s’estimait mécontent d’une critique qu’il trouvait arbitraire, ou qu’il pensait être, lui ou un de ses confrères, victime d’un injustice qui pourrait nuire à l’œuvre ou à la représentation de son œuvre, il

Auteur prolifique, spécialiste de la musique française moderne, Frédéric Robert vient de signer un ouvrage très bien délimité dans le temps et par rapport à deux œuvres butoir : Les Troyens (1863) et le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894).
Dans ce parcours (p.11-207) solidement documenté, l’auteur évoque l’héritage historique avec « l’accomplissement gigantesque » de Richard Wagner, les figures d’Anton Bruckner, Johannes Brahms, Carl Reinecke jusqu’à Hugo Wolf, sans oublier les « audaces insolites du vieux Liszt », puis l’École russe dans le sillage de Modeste Moussorgski, d’Alexandre Borodine, de Nicolaï Rimski-Korsakov, Mili Alexeïevitch Balakirev jusqu’à Piotr Ilitch Tchaïkovski, ainsi que l’École tchèque avec Bedrich Smetana et Antonin Dvorak ou encore Edvard Grieg pour l’identité culturelle norvégienne, et l’époque du Vérisme.

Cet itinéraire européen représente un indispensable prélude à la Deuxième partie : L’école française à l’heure wagnérienne avec ses principales tendances : le renouveau symphonique réalisé, entre autres, par Édouard Lalo, Camille Saint-Saëns et César Franck ; pour l’orgue symphonique par Charles-Marie Widor, Eugène Gigout et Alexandre

Depuis le milieu du XXe siècle, les sciences humaines tendent vers la pluridisciplinarité puis l’inter (ou l’intra)-disciplinarité. Cette publication collective de l’UCO (Université Catholique de l’Ouest) émane de spécialistes en art plastique (peinture, sculpture, architecture), théâtre, cinéma et aussi musique marquant ainsi une large ouverture dont fait preuve l’équipe de recherche GRILHAM (Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Lettres, Histoire, Arts et Musique).
La problématique de ce livre consiste à « dire l’œuvre d’art » et à évoluer « de la forme vers la pensée » dans le cadre d’un discours, à la décrire et à en rendre compte : programme ambitieux nécessitant des chercheurs expérimentés et polyvalents dépassant très largement la traditionnelle « critique d’art » traitée sous l’angle historique ou la critique artistique en tant que genre littéraire.


À remarquer, dans la Première partie « La possibilité du dire : de la forme à la pensée » qui intéressera particulièrement les lecteurs médiévistes de L’Éducation musicale : la contribution d’Anne-Zoé Rillon-Marne — musicologue formée à l’Université Paris-Sorbonne, titulaire d’un Doctorat en musique médiévale (Université de Poitiers) — sur le

L’auteur, Docteur en sociologie, est un spécialiste reconnu et passionné de jazz, hard, bop, free jazz cultivés au milieu du XXe siècle. Il s’intéresse non seulement à cette nouvelle vague, mais aussi à cet univers instrumental et harmonique spécifique, associant africanisme et américanisme.
Ce livre complète les biographies existantes sur John Coltrane, met l’accent sur son inventivité et l’expressivité caractérisant son jeu, sa pensée et son imaginaire, qui font de ce saxophoniste (1926-1967) l’une des figures marquantes de l’histoire du jazz. Ses Blues témoignent de sa foi et de la ferveur des Églises noires.
Roland Guillon fait généreusement bénéficier les lecteurs de sa vaste connaissance de l’homme, en illustre les différentes étapes et l’évolution élargie. En parfaite symbiose avec Coltrane, il a réalisé « une geste coltranienne ». Du vécu.

Après ses études à Moscou, au Conservatoire Tchaikowski, Olga Garbuz a séjourné à Paris pour compléter ses recherches sur Pascal Dusapin et révéler l’ampleur de la démarche de ce compositeur-photographe-mathématicien et philosophe prolifique. Elle a préparé sa Thèse de Doctorat en co-tutelle avec le Conservatoire de Moscou et l’Université Paris VIII. Elle s’appuie sur des sources authentiques : interviews et commentaires de Pascal Dusapin et, surtout, ses archives (Centre de documentation de la musique contemporaine). De plus, elle a bénéficié de ses remarques si judicieuses.


Mythe : ce sous-titre qualifie par exemple l’exploitation du Mythe d’Orphée dans son Opéra éponyme (p. 243). Algorithme : concerne un postulat préalable, l’existence d’un modèle qui sous tend l’œuvre de Dusapin, autrement dit un « pré-texte » (p. 48). Palimpseste : ce mot désigne — en codicologie — un manuscrit délavé et effacé pour supporter un nouveau texte. Ici, il s’agit d’un nouveau texte avec des « strates anciennes » (cf. théorie de Gérard Genette).
Pascal Dusapin, né à Nancy, le 29 mai 1955, élève à la Schola Cantorum (Paris), a aussi étudié les arts plastiques et sciences de l’art. Il a occupé la chaire de Création

Alan Fraser s’est inspiré du thème du Colloque international (Paris, Collège de France, 2008) : Le corps en acte ayant, dans une optique intradisciplinaire, réuni des spécialistes de la physiologie de la perception de l’action ; des neuroscientifiques, psychologues, philosophes, esthéticiens et praticiens intéressés à la philosophie du corps, de la perception et de l’action à la suite de Maurice Merleau-Ponty. Dans le cadre de sa pensée toujours en mouvement, l’auteur a donc voulu traiter « le corps en acte ». Le plan de cet ouvrage étant très dense, les lecteurs auraient intérêt à prendre d’abord connaissance de la Liste (p. XII-XIII).


Étant quelque sorte le pendant de l’Art de toucher le clavecin (François Couperin, 1716), mais en tenant évidemment compte des préoccupations du XXIe siècle, dans une orientation anatomique, phénoménologique, cinétique et kinesthésique, cette publication sous-titrée : Le squelette en acte dans la technique du piano, a fait l’objet d’une traduction française littérale, très proche de la version originale et occasionnellement maladroite en raison d’une terminologie très spécifique. L’auteur place au premier plan la conscience et l’expérience sensorielle ; il suggère des exercices pratiques, c’est-à-dire une démarche intellectuelle précise avec essentiellement des

Préfacé par Bruce Swedien qui a enregistré Michael Jackson et suivi son itinéraire pendant 30 ans, ce livre est assorti du sous-titre explicatif : De Motown au studio de Bruce Swedien précisant, en outre : les contours expressifs et techniques d’une voix hors du commun et du temps… : ce qui sera démontré par Isabelle Petitjean. Elle s’attaque à un « monument », ce qui lui a valu toutes les félicitations de John Bähler, arrangeur vocal, chanteur et compositeur, l’ayant suivi de 1971 jusqu’à sa mort en 2009.
De formation classique, professeur d’éducation musicale, elle a consacré ses Mémoires de Maîtrise et de Master en Musicologie à ce chanteur exceptionnel et si profondément humain, ainsi que sa Thèse de Doctorat (Université Paris-Sorbonne).

L’auteur a le don de poser des questions pertinentes sur la voix extraordinaire de Michael Jackson, son origine (« cadeau du ciel ou de la nature ») et sur son message. Structuré en 10 chapitres, terminé par une coda, l’ouvrage hautement spécialisé notamment sur le plan technique et analytique (par exemple : la tessiture vocale de

Voici un numéro aussi original qu’inattendu, compte tenu des bienfaits reconnus de la musicothérapie et des effets bénéfiques de interventions de musiciens dans les hôpitaux et maisons de retraite, ou encore du livre déjà ancien de Georges Duhamel : La musique consolatrice (1944). De nos jours, les méfaits de la musique proviennent notamment de l’acoustique, des vibrations, des instruments à percussion, bref du bruit omniprésent.
Dès la Préface, les responsables éditoriaux Nathalie Vincent-Arnaud et Frédéric Sonnac, rattachés à l’Université Toulouse-Jean Jaurès, lancent les notions de « mélomanie » et de « mélophobie », car la musique peut représenter un danger : cave musicam. Elle renferme en elle un pouvoir de corruption et de malédiction, par exemple avec le thème de l’or (cf. Tétralogie de Richard Wagner).

L’orgue est notamment un instrument des monstres de cinéma ; le diable est aussi présent dans le théâtre musical (Höllenfürst und Satans Braten). La folie peut découler du chant des syrènes dans La mise à mort (Louis Aragon). La terrible fanfare du chasseur noir dans le Freischütz (Carl Maria von Weber) exerce un effet envoûtant. Au

Ce livre se lit comme un roman, truffé d’anecdotes et de souvenirs authentiques, relatant les innombrables rencontres d’un éditeur de disques passionné par son métier : Jacques Le Calvé à l’origine de 500 productions discographiques (depuis les premiers 45 t/m en 1962), est titulaire du Grand Prix du Président de la République pour le Centenaire du Disques en 1977 avec son Livre d’or de l’Orgue français. Ce disquaire sans relâche depuis 40 ans, d’abord vendeur à mi-temps chez PAN (maison de disques parisienne) puis installé à son propre compte (Columbia), a collaboré avec les meilleurs preneurs de son.


Ce témoignage vibrant concerne « 45 années en 78 chapitres », allant des 78 tours aux 33 tours à travers une riche autobiographie faisant revivre ses moments de « fou de la Musique », les noms d’éditeurs, d’interprètes et de critiques musicaux et notamment ceux de l’incontournable Tribune des Critiques de disques, autour d’Antoine Goléa. Il est impossible de détailler les principaux chapitres entre Prélude et Envoi. Chacun possède un éclairage particulier, attachant et très révélateur. Leur formulation baigne dans l’originalité, ils concernent des faits, l’évolution de sa carrière : premiers pas, premier disque, centième disque ; des compositeurs : Grigny, Bach, Ravel… ; des

Cette revue très professionnelle s’adresse non seulement aux membres de cette association mais aussi aux historiens, facteurs, instrumentistes. Elle propose entre autres des entretiens sur la « culture du son », l’histoire du tango d’Astor Piazzolla (1921-1992), avec notamment les différences entre le manuscrit et l’édition (cf. recension du CD JADE : La Trilogie de l’ange, LI n°115). Elle aborde aussi la facture : les embouchures de Tobias Mancke (lors d’une visite chez ce fabricant). Plusieurs flûtistes font part de leurs expériences en milieu hospitalier (Rouen). Enfin, la rubrique d’actualité signalant les dernières parutions (disques, partitions, livres) sera très bienvenue. Tout à l’honneur de la flûte française.

Avec Cadence secrète, Paul Greveillac n’a écrit ni une biographie ni un roman, mais un récit, la narration d’une histoire vraie sous titrée :“La vie invisible d’Alfred Schnittke“.
Invisible parce que toute sa vie, Schnittke a résisté. Il s’est battu contre l’ennemi bureaucratique, contre le régime qui voulait museler sa musique, exigeant qu’elle soit à l’image de ce réalisme et ce formalisme soviétiques qui furent catastrophiques pour l’art d’un pays tout entier. Le récit présente un avantage énorme, celui de fictionner la réalité sans jamais être faux.
Pour dérouler le fil de cette vie à double face, Paul Greveillac manie l’image comme un cinéaste, il écrit des scènes dont Schnittke est toujours le héros. Il en imagine aussi. Il met ainsi en miroir l’œuvre plus ou moins clandestine, l’état psychologique du compositeur, sa situation matérielle, les commandes, les vrais amis et les faux, les refus, et les humiliations dans un Moscou où le compositeur vit avec Irina sa femme, son fils, sa famille et ses amis.

La recherche, qui s’est longuement méfiée de l’« émotion », commence à comprendre son importance et à élaborer les moyens intellectuels permettant de la définir. Cette publication est supervisée par des spécialistes se réclamant de plusieurs disciplines : philosophie, esthétique, musicologie, littérature et littérature comparée. Les investigations ne concernent que l’Occident et ne tiennent pas vraiment compte du dernier état de la question (d’ailleurs une bibliographie raisonnée fait défaut).

La quatrième de couverture, très abstraite, n’annonce pas de découverte majeure, elle se contente de donner le point de vue actuel.

Toutefois, cette publication a le mérite de présenter l’émotion dans tous ses états : dans le jazz, la musique populaire, la musique contemporaine, à l’opéra, pour le compositeur ; et finalement, elle « dégage le pouvoir de la musique, avec ses enjeux conceptuels, culturels, artistiques et sociaux ; cependant il ne faut pas perdre de vue premièrement que l’œuvre existe quand elle réussit à créer une vraie émotion selon la théorie de « l’effet de vie » lancée il y a une vingtaine d’années par le professeur de Littérature comparée, Marc-Mathieu Münch, qu’il a largement expérimentée en musique, art, peinture et sculpture. En fait, le vrai problème se ramène à la

René Gerber est né à Travers (Canton de Neuchâtel), le 29 juin 1908 et mort le 21 octobre 2006. À Paris, il a été l’élève de Paul Dukas, Nadia Boulanger et Robert Siohan. Après avoir enseigné au Collège Latin de Neuchâtel de 1940 à 1947, il a été directeur du Conservatoire de cette ville (1947-1951) et a fondé une Galerie d’art. Son Catalogue comporte 233 œuvres ; dans le sillage du néoclassicisme et de la « clarté française », il a composé des œuvres symphoniques, 15 Concertos de chambre, des pièces vocales et pour piano, une seule œuvre d’orgue. Il pratique à la fois tonalité, modalité et, occasionnellement, polytonalité.



Ce livre (accompagné de la liste d’errata et de remarques diverses) — aboutissement de quelque 60 ans d’expérience — comporte des réflexions authentiques, des jugements personnels ainsi que quelques vérités premières. En fait, il ne prend en considération que l’objet d’art sans tenir vraiment compte de son effet sur le récepteur. L’auteur s’interroge sur l’essence même de l’art qui est, selon lui, paradoxalement « indéfinissable dans son essence, sa source affective et imaginative et, en même temps, définissable dans sa réalisation, dans la chose faite. » Il pose la question : « qu’est-ce qui fait qu’une œuvre est un chef-d’œuvre ? ». Quatre conditions doivent

Ce livre mûrement réfléchi concerne l’acquisition de la liberté scénique. Agnès de Brunhoff — à la fois auteur et compositeur, chanteuse et pianiste — est actuellement « professeur de Technique Alexander, et coach vocal, instrumental et scénique ». Son itinéraire est extraordinaire ; elle fait travailler les personnes et leur permet d’acquérir cette indispensable liberté scénique vocale et musicale ; elle leur permet ainsi de « se construire, en repensant leur corps comme un remarquable partenaire ».

La Technique Alexander relève de 5 principes : « l’inhibition, le contrôle primaire, les directions, la force des habitudes et la perception sensorielle non fiable » (p. 9). Bref, il s’agit essentiellement de la prise de « conscience globale de soi ». L’auteur a réalisé un « manifeste qui parle de l’urgence de repenser le corps comme un véritable partenaire de notre fonctionnement aussi bien dans les domaines musicaux et les métiers de la scène que dans la vie quotidienne en général ».



Au fil des pages, il y est question autant du sport, de la danse, que de la préparation des auditeurs… et surtout de l’« être déployé ». Cet ouvrage concerne les musiciens, comédiens, danseurs, autrement dit ceux qui pratiquent des « métiers de représentation ». Voici de nouveaux outils et une conception novatrice de la

L’auteur, Docteur en Musicologie et Agrégée, a été professeur d’éducation musicale dans 3 Lycées internationaux au Québec, au Brésil et en France. Elle enseigne actuellement la musicologie à l’Université de Reims. En 1986, à la demande de Simone Musson, alors directrice de L’Éducation musicale, Denise Claisse a interviewé Jacques Castérède à l’occasion de ses 60 ans. Ce fut d’ailleurs leur première rencontre. Elle était tout à fait qualifiée pour le présenter, sous le générique : Toute une vie en musique. Né à Paris en 1926, il est mort à Dijon en 2014. Après ses études au CNSMDP où il a obtenu les Premiers Prix de Piano, Musique de chambre, Harmonie, Composition et Analyse musicale, le Premier Grand Prix de Rome lui a été décerné en 1960, ce qui lui a permis de résider quatre ans à la Villa Médicis.

À son retour, il sera immédiatement nommé professeur de formation musicale au CNSMDP, puis il sera Conseiller aux études et enseignera l’analyse musicale et la composition aussi à l’École Normale de Musique de Paris. Il est professeur honoraire du CNSM. Il a même été invité à deux reprises au Conservatoire de Pékin et a assuré des master-classes de composition à l’Université de Sao Paolo.

Préfacé par le violoncelliste Philippe Muller et réalisé sous la direction du Département Musique et Musicologie de l’Université Lumière Lyon II, cet ouvrage fait l’apologie des compositions pour violoncelle et piano. En raison de sa sonorité profonde, le premier s’est imposé en soliste de longue date, par exemple avec les redoutables Suites pour violoncelle seul de Jean Sébastien Bach. Dans son association avec le piano, le problème de la préséance ou non d’un instrument sur l’autre se pose. Ce livre — le premier sur ce sujet — propose une approche multiple sur les origines et l’évolution de ce genre ; il se présente comme une anthologie sous les divers aspects organologique, historique, esthétique, analytique ou encore sociologique.



Le CIMCL (Concours International de Musique de Chambre de Lyon) est soutenu par de nombreux mécènes : Université Lumière II, Opéra, Conservatoire, Orchestre National et Ville de Lyon, l’Association française du violoncelle, l’Atelier de lutherie Alexandre Snitkovski… ayant facilité la publication de ce livre structuré en deux grandes parties : « I. Regards sur le genre : de l’affirmation à la transgression » mettant l’accent sur Beethoven, Brahms et posant le problème : « Peut-on saturer sans sacrilège

Les multiples orientations de La Flûte enchantée de Mozart ont suscité de nombreux travaux et discussions, voire des polémiques sous divers angles. Par exemple, le regretté Jacques Chailley (1910-1999), dans La Flûte enchantée, opéra maçonnique (1968, 2002), a dégagé les intentions franc-maçonniques du livret et de sa traduction musicale. En 2017, son presque homonyme suisse, Éric Chaillier, professeur d’Histoire de la musique à l’Université populaire de Lausanne, a mis l’accent sur l’aspect ésotérique, après avoir établi la genèse du livret d’Emanuel Schikaneder.

L’auteur propose plusieurs niveaux de perception, une nouvelle approche de cette œuvre si énigmatique depuis deux siècles de spéculations. Il en relève l’aspect populaire, féérique, procède à une initiation philosophique et se demande s’il s’agit d’une « farce », d’un conte, d’un rêve... Il insiste aussi sur la diversité stylistique et l’entité sémantique « musique-texte-action ». Pour Wilhelm Furtwängler, la Flûte enchantée est « le plus beau chant sacré de l’amour humain ». Quant à Éric Chaillier, il projette un autre regard sur « le merveilleux [qui] l’emporte sur le symbolisme, l’humain est plus important que l’aspect rituel ». Il réussit à dégager cet « hymne à la vie »

Le professionnalisme est un terme « à la mode » dans de nombreux domaines. Comme le précise le titre, ce livre concerne globalement les professeurs de musique (au sens large). Cette étude collective porte sur trois pays : France, Belgique et Suisse. Elle reproduit les Actes du Colloque international (Paris, 15-16 décembre 2014), à l’initiative du CNSMDP, en collaboration avec l’Université de Marseille, la Haute École de Musique/Vaud Valais Fribourg (Suisse) et la Haute École Pédagogique des Cantons de Berne, Jura et Neuchâtel.



Onze auteurs se réclament d’une démarche pluridisciplinaire autour de l’internationalisation de la profession (selon les pays), du lien entre le « musicien-interprète » et le « musicien-enseignant ». Ils abordent, entre autres, la préparation au métier ; l’évaluation du professionnalisme ; la définition des identités professionnelles. Ils traitent des cas particuliers : instrumentistes professionnels se réorientant vers l’enseignement à l’école ; adultes reprenant leurs études en vue d’une nouvelle orientation ; développement du sens artistique et rôle de la vocation. Les auteurs appartiennent à plusieurs catégories : formateurs, musiciens-instrumentistes, professeurs de didactique de l’éducation musicale et de sciences de l’éducation, sciences sociales. Ce Colloque — avec une large présence internationale (Allemagne, Belgique, France, Luxembourg et Suisse) — était organisé autour de conférences, tables rondes, témoignages permettant une approche méthodologique selon les pays et leurs institutions, et de fructueux échanges.

Jules Massenet (1842-1912), célèbre par ses Opéras à succès, l’est moins par ses écrits et souvenirs. Né à Saint-Étienne, admis au Conservatoire de Paris à 11 ans, il y suit une formation très complète ; il y obtiendra de nombreux Prix ainsi que le Grand Prix de Rome (1863). En 1878, il sera professeur au Conservatoire. Jean-Christophe Branger, professeur à l’Université de Lorraine, spécialiste de la vie musicale française à la charnière entre le XIXe et le XXe siècle, regroupe des documents dispersés, parfois méconnus auxquels il joint de judicieuses annotations. Jules Massenet a dédié ses souvenirs (1848-1912) à ses petits-enfants ; peu après sa disparition, l’éditeur Pierre Lafitte les a publiés.



La première partie intitulée « Mes souvenirs » comporte XXI chapitres, et se présente comme une autobiographie depuis son admission au Conservatoire, puis évoque ses années de jeunesse, son séjour à la Villa Médicis, le retour à Paris, les débuts à l’Opéra avec un clin d’œil institutionnel sur le Conservatoire et l’Institut, ses collaborations et voyages (Milan, Londres, Bayreuth). Ce n’est qu’au Chapitre XVIII qu’il s’extériorise sur ses émotions. Ce parcours chronologique se situe dans les contextes historiques,

Le constat de « circulation » et de mobilité engendre une foultitude de renseignements d’une étonnante diversité. Ce livre, très bien présenté (avec quelques illustrations et exemples musicaux) est limité à la France. Selon leurs affinités, les lecteurs et spécialistes seront intéressés par les Actes du Colloque (Montpellier, 2013). Ils concernent des musiciens (Georges Martin, André Campra, Jean-Philippe Rameau, Henri Madin et Pierre Robert)  et des lieux (Avignon, Cambrai, Dôle, Lyon, Rouen, Toul, ainsi qu’Alsbach et Kaisersberg en Alsace, Cuzco en Amérique latine). Les métiers évoqués comprennent des compositeurs, maîtres de chapelle, maîtres des enfants, « vicariés », prêtres-musiciens, chantres et organistes, y compris leurs statuts respectifs (recrutement, exercice de la profession) et l’aspect économique (rémunération). À noter l’apport de récits personnels ou encore le clin d’œil sur les monastères féminins (Clarisses).



Les musicologues et hymnologues apprécieront les analyses d’œuvres, partitions, livres liturgiques (prosaires…) ; les formes : Motets à grand chœur (ceux de la Chapelle royale ont été entendus à la Cour de Dresde), Te Deum, Noëls… et — d’une manière générale — le retour aux sources. Les coordinateurs Xavier Bisaro (Université de

Un alchimiste musical à Hollywood. 1 vol. L’Harmattan, collection Univers musical, 218 pages, 21€.

Lui aussi, pour beaucoup, John Williams est seulement le compositeur de Star Wars, d’Indiana Jones, d’E.T, de Jaws, de Superman ! Mais depuis les années cinquante, il compose, du jazz, de la musique de concert, des musiques de films. Il était le dernier représentant d’un courant musical de l’âge d’or d’Hollywood. Mais des jeunes, malgré le succès de la musique électronique (moins coûteuse), ont repris le flambeau (bel article de Cécile Carayol sur « Exemple de symphonisme à la manière de John Williams dans le cinéma français contemporain »). Ce livre propose plusieurs textes d’auteurs : Stéphane Adballah, Olivier Desbrosses, Florent Groult, Stéphanie Personne, journalistes musicaux, Alan Silvestri, Mario Litwin, Jérôme Rossi, Erwann Kermovant, Bruno Coulais, Philippe Gonin, compositeurs, Michel Chion, Cécile Carayol, Alexandre Tylski, auteurs de livres sur la musique au cinéma. Cet ouvrage permet de mieux connaître, comprendre, ce grand compositeur de musique. Une musique que l’on commence à prendre au sérieux.