René Gerber est né à Travers (Canton de Neuchâtel), le 29 juin 1908 et mort le 21 octobre 2006. À Paris, il a été l’élève de Paul Dukas, Nadia Boulanger et Robert Siohan. Après avoir enseigné au Collège Latin de Neuchâtel de 1940 à 1947, il a été directeur du Conservatoire de cette ville (1947-1951) et a fondé une Galerie d’art. Son Catalogue comporte 233 œuvres ; dans le sillage du néoclassicisme et de la « clarté française », il a composé des œuvres symphoniques, 15 Concertos de chambre, des pièces vocales et pour piano, une seule œuvre d’orgue. Il pratique à la fois tonalité, modalité et, occasionnellement, polytonalité.



Ce livre (accompagné de la liste d’errata et de remarques diverses) — aboutissement de quelque 60 ans d’expérience — comporte des réflexions authentiques, des jugements personnels ainsi que quelques vérités premières. En fait, il ne prend en considération que l’objet d’art sans tenir vraiment compte de son effet sur le récepteur. L’auteur s’interroge sur l’essence même de l’art qui est, selon lui, paradoxalement « indéfinissable dans son essence, sa source affective et imaginative et, en même temps, définissable dans sa réalisation, dans la chose faite. » Il pose la question : « qu’est-ce qui fait qu’une œuvre est un chef-d’œuvre ? ». Quatre conditions doivent

Ce livre mûrement réfléchi concerne l’acquisition de la liberté scénique. Agnès de Brunhoff — à la fois auteur et compositeur, chanteuse et pianiste — est actuellement « professeur de Technique Alexander, et coach vocal, instrumental et scénique ». Son itinéraire est extraordinaire ; elle fait travailler les personnes et leur permet d’acquérir cette indispensable liberté scénique vocale et musicale ; elle leur permet ainsi de « se construire, en repensant leur corps comme un remarquable partenaire ».

La Technique Alexander relève de 5 principes : « l’inhibition, le contrôle primaire, les directions, la force des habitudes et la perception sensorielle non fiable » (p. 9). Bref, il s’agit essentiellement de la prise de « conscience globale de soi ». L’auteur a réalisé un « manifeste qui parle de l’urgence de repenser le corps comme un véritable partenaire de notre fonctionnement aussi bien dans les domaines musicaux et les métiers de la scène que dans la vie quotidienne en général ».



Au fil des pages, il y est question autant du sport, de la danse, que de la préparation des auditeurs… et surtout de l’« être déployé ». Cet ouvrage concerne les musiciens, comédiens, danseurs, autrement dit ceux qui pratiquent des « métiers de représentation ». Voici de nouveaux outils et une conception novatrice de la

L’auteur, Docteur en Musicologie et Agrégée, a été professeur d’éducation musicale dans 3 Lycées internationaux au Québec, au Brésil et en France. Elle enseigne actuellement la musicologie à l’Université de Reims. En 1986, à la demande de Simone Musson, alors directrice de L’Éducation musicale, Denise Claisse a interviewé Jacques Castérède à l’occasion de ses 60 ans. Ce fut d’ailleurs leur première rencontre. Elle était tout à fait qualifiée pour le présenter, sous le générique : Toute une vie en musique. Né à Paris en 1926, il est mort à Dijon en 2014. Après ses études au CNSMDP où il a obtenu les Premiers Prix de Piano, Musique de chambre, Harmonie, Composition et Analyse musicale, le Premier Grand Prix de Rome lui a été décerné en 1960, ce qui lui a permis de résider quatre ans à la Villa Médicis.

À son retour, il sera immédiatement nommé professeur de formation musicale au CNSMDP, puis il sera Conseiller aux études et enseignera l’analyse musicale et la composition aussi à l’École Normale de Musique de Paris. Il est professeur honoraire du CNSM. Il a même été invité à deux reprises au Conservatoire de Pékin et a assuré des master-classes de composition à l’Université de Sao Paolo.

Préfacé par le violoncelliste Philippe Muller et réalisé sous la direction du Département Musique et Musicologie de l’Université Lumière Lyon II, cet ouvrage fait l’apologie des compositions pour violoncelle et piano. En raison de sa sonorité profonde, le premier s’est imposé en soliste de longue date, par exemple avec les redoutables Suites pour violoncelle seul de Jean Sébastien Bach. Dans son association avec le piano, le problème de la préséance ou non d’un instrument sur l’autre se pose. Ce livre — le premier sur ce sujet — propose une approche multiple sur les origines et l’évolution de ce genre ; il se présente comme une anthologie sous les divers aspects organologique, historique, esthétique, analytique ou encore sociologique.



Le CIMCL (Concours International de Musique de Chambre de Lyon) est soutenu par de nombreux mécènes : Université Lumière II, Opéra, Conservatoire, Orchestre National et Ville de Lyon, l’Association française du violoncelle, l’Atelier de lutherie Alexandre Snitkovski… ayant facilité la publication de ce livre structuré en deux grandes parties : « I. Regards sur le genre : de l’affirmation à la transgression » mettant l’accent sur Beethoven, Brahms et posant le problème : « Peut-on saturer sans sacrilège

Les multiples orientations de La Flûte enchantée de Mozart ont suscité de nombreux travaux et discussions, voire des polémiques sous divers angles. Par exemple, le regretté Jacques Chailley (1910-1999), dans La Flûte enchantée, opéra maçonnique (1968, 2002), a dégagé les intentions franc-maçonniques du livret et de sa traduction musicale. En 2017, son presque homonyme suisse, Éric Chaillier, professeur d’Histoire de la musique à l’Université populaire de Lausanne, a mis l’accent sur l’aspect ésotérique, après avoir établi la genèse du livret d’Emanuel Schikaneder.

L’auteur propose plusieurs niveaux de perception, une nouvelle approche de cette œuvre si énigmatique depuis deux siècles de spéculations. Il en relève l’aspect populaire, féérique, procède à une initiation philosophique et se demande s’il s’agit d’une « farce », d’un conte, d’un rêve... Il insiste aussi sur la diversité stylistique et l’entité sémantique « musique-texte-action ». Pour Wilhelm Furtwängler, la Flûte enchantée est « le plus beau chant sacré de l’amour humain ». Quant à Éric Chaillier, il projette un autre regard sur « le merveilleux [qui] l’emporte sur le symbolisme, l’humain est plus important que l’aspect rituel ». Il réussit à dégager cet « hymne à la vie »

Le professionnalisme est un terme « à la mode » dans de nombreux domaines. Comme le précise le titre, ce livre concerne globalement les professeurs de musique (au sens large). Cette étude collective porte sur trois pays : France, Belgique et Suisse. Elle reproduit les Actes du Colloque international (Paris, 15-16 décembre 2014), à l’initiative du CNSMDP, en collaboration avec l’Université de Marseille, la Haute École de Musique/Vaud Valais Fribourg (Suisse) et la Haute École Pédagogique des Cantons de Berne, Jura et Neuchâtel.



Onze auteurs se réclament d’une démarche pluridisciplinaire autour de l’internationalisation de la profession (selon les pays), du lien entre le « musicien-interprète » et le « musicien-enseignant ». Ils abordent, entre autres, la préparation au métier ; l’évaluation du professionnalisme ; la définition des identités professionnelles. Ils traitent des cas particuliers : instrumentistes professionnels se réorientant vers l’enseignement à l’école ; adultes reprenant leurs études en vue d’une nouvelle orientation ; développement du sens artistique et rôle de la vocation. Les auteurs appartiennent à plusieurs catégories : formateurs, musiciens-instrumentistes, professeurs de didactique de l’éducation musicale et de sciences de l’éducation, sciences sociales. Ce Colloque — avec une large présence internationale (Allemagne, Belgique, France, Luxembourg et Suisse) — était organisé autour de conférences, tables rondes, témoignages permettant une approche méthodologique selon les pays et leurs institutions, et de fructueux échanges.

Jules Massenet (1842-1912), célèbre par ses Opéras à succès, l’est moins par ses écrits et souvenirs. Né à Saint-Étienne, admis au Conservatoire de Paris à 11 ans, il y suit une formation très complète ; il y obtiendra de nombreux Prix ainsi que le Grand Prix de Rome (1863). En 1878, il sera professeur au Conservatoire. Jean-Christophe Branger, professeur à l’Université de Lorraine, spécialiste de la vie musicale française à la charnière entre le XIXe et le XXe siècle, regroupe des documents dispersés, parfois méconnus auxquels il joint de judicieuses annotations. Jules Massenet a dédié ses souvenirs (1848-1912) à ses petits-enfants ; peu après sa disparition, l’éditeur Pierre Lafitte les a publiés.



La première partie intitulée « Mes souvenirs » comporte XXI chapitres, et se présente comme une autobiographie depuis son admission au Conservatoire, puis évoque ses années de jeunesse, son séjour à la Villa Médicis, le retour à Paris, les débuts à l’Opéra avec un clin d’œil institutionnel sur le Conservatoire et l’Institut, ses collaborations et voyages (Milan, Londres, Bayreuth). Ce n’est qu’au Chapitre XVIII qu’il s’extériorise sur ses émotions. Ce parcours chronologique se situe dans les contextes historiques,

Le constat de « circulation » et de mobilité engendre une foultitude de renseignements d’une étonnante diversité. Ce livre, très bien présenté (avec quelques illustrations et exemples musicaux) est limité à la France. Selon leurs affinités, les lecteurs et spécialistes seront intéressés par les Actes du Colloque (Montpellier, 2013). Ils concernent des musiciens (Georges Martin, André Campra, Jean-Philippe Rameau, Henri Madin et Pierre Robert)  et des lieux (Avignon, Cambrai, Dôle, Lyon, Rouen, Toul, ainsi qu’Alsbach et Kaisersberg en Alsace, Cuzco en Amérique latine). Les métiers évoqués comprennent des compositeurs, maîtres de chapelle, maîtres des enfants, « vicariés », prêtres-musiciens, chantres et organistes, y compris leurs statuts respectifs (recrutement, exercice de la profession) et l’aspect économique (rémunération). À noter l’apport de récits personnels ou encore le clin d’œil sur les monastères féminins (Clarisses).



Les musicologues et hymnologues apprécieront les analyses d’œuvres, partitions, livres liturgiques (prosaires…) ; les formes : Motets à grand chœur (ceux de la Chapelle royale ont été entendus à la Cour de Dresde), Te Deum, Noëls… et — d’une manière générale — le retour aux sources. Les coordinateurs Xavier Bisaro (Université de

Un alchimiste musical à Hollywood. 1 vol. L’Harmattan, collection Univers musical, 218 pages, 21€.

Lui aussi, pour beaucoup, John Williams est seulement le compositeur de Star Wars, d’Indiana Jones, d’E.T, de Jaws, de Superman ! Mais depuis les années cinquante, il compose, du jazz, de la musique de concert, des musiques de films. Il était le dernier représentant d’un courant musical de l’âge d’or d’Hollywood. Mais des jeunes, malgré le succès de la musique électronique (moins coûteuse), ont repris le flambeau (bel article de Cécile Carayol sur « Exemple de symphonisme à la manière de John Williams dans le cinéma français contemporain »). Ce livre propose plusieurs textes d’auteurs : Stéphane Adballah, Olivier Desbrosses, Florent Groult, Stéphanie Personne, journalistes musicaux, Alan Silvestri, Mario Litwin, Jérôme Rossi, Erwann Kermovant, Bruno Coulais, Philippe Gonin, compositeurs, Michel Chion, Cécile Carayol, Alexandre Tylski, auteurs de livres sur la musique au cinéma. Cet ouvrage permet de mieux connaître, comprendre, ce grand compositeur de musique. Une musique que l’on commence à prendre au sérieux.

Perspective d’une œuvre. 1 vol. L’Harmattan, collection Univers musical, 212 pages, 22,50€.

L’auteur suit la carrière du compositeur depuis 35 ans. Il a tout vu, tout entendu et parle avec beaucoup de justesse du travail de cet immense compositeur aux 500 films et qui reste pour beaucoup l’auteur des musiques de Sergio Leone ! Par chapitres il analyse les films qui correspondent Le cinéma de genre (western, giallo, guerre, érotisme, religion..) Le cinéma de l’esprit (philosophie, romantisme, mélancolie, vengeance..) Derrière le cinéma (Rota ou Morricone ? Autour de Pasolini, opéra permanent, référence classique..), Jean-Blaise Collombin, dont c’est le premier ouvrage, montre a quel point, Morricone est un compositeur de musique dont la création artistique est une des plus fascinantes du monde contemporain et une source inépuisable d’analyses. 

 

 

Michèle BUS-CAPORALI : Les Orgues de la République. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), BDT00964, 2017, 284 p. - 16 €.

Il ne s’agit pas d’un ouvrage d’organologie ou d’un état des orgues, mais d’un roman reposant sur des sources historiques solides : Archives de l’Hôtel de Ville de Saint-Maximin et articles concernant cette ville, sa Basilique et son Orgue monumental qu’« un stratagème de Lucien Bonaparte a sauvé de la folie destructrice propagée en l’An II ». Ce livre est préfacé par Louis Napoléon Bonaparte-Wyse. L’auteur — pianiste, chanteuse, chef de choeur et professeur —projette un éclairage neuf et à bâtons rompus sur Lucien Bonaparte (1775-1840), principal protagoniste, le situe dans son contexte familial et aussi dans l’entourage du Cardinal Fesch, du Pape Pie VII, des frères Robespierre qui avaient interdit les cultes. Bien qu’acquis aux idées de la Révolution, il est — selon le préfacier — « déjà un partisan de la paix civile », un « protecteur du patrimoine et des arts » restant « attaché aux valeurs traditionnelles… telle que la religion, la fidélité à ses principes et son idéal républicain » (p. 11).

Antonia SOULEZ : Sons voisés. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editionsdelatour.com ), Collection « Quatuor », 2017, 74 p. - 11 €.

« Sons voisés, ou ici manière de faire jouer ensemble des sons de diverses textures, autour des possibilités douces ou dures, sourdes, fuyantes ou vives de composer quelques figures avec langue » (selon la dernière de couverture) : telle est la démarche des textes en prose associés à des collages de Natalia Smolyanskaya. Ils évoquent le vent, l’ouragan, le silence de mort : C’était en 1919, mais aussi l’extase, grâce à des illustrations dynamiques pleines d’élan ou encore le souffle de l’âme (die Seele). Textes des poèmes « intonés » (à lire à haute voix) et dessins (à admirer conjointement) sont indissociables : l’un renforçant l’autre et vice versa, le plus impressionnant étant Auschwitz avec ses nuances de gris, de gris violacé et barrées d’un trait noir ascendant fort significatif. Euphonie, rythme des phrases, musique des mots convergent en un agréable bouquet de sons et de couleurs.

Sylvie DOUCHE : Le mélodrame français Belle Époque. 1 Vol. Antipode-Éditions du Puits de Roulle (www.puitsderoulle.com ), 2016, 409 p. — 29, 90 €.

En 1772, dans son Traité du mélo-drame ou réflexions sur la musique dramatique (Paris), Laurent Garcin affirme que « la musique française n’a point de rivale dans le chant composé » : c’est ce que Sylvie Douche tend à démontrer par rapport à la « Belle Époque », à l’engouement du « public de salons » et à la société en mutation.

Le sous-titre : Résurgences, métamorphoses et enjeux. Le cas de l’adaptation musicale sert de motif conducteur à cette vaste étude sur ce « genre réputé hybride ». Il est en plein essor au XIXe siècle, d’abord en Allemagne — dans le cadre de l’Empfindsamkeit autour de W. A. Mozart (Semiramis), de Carl Loewe (1796-1869), entre autres —, puis en France. Il recoupe divers aspects : monodrame, monologue récité proche de la pantomime ou du vaudeville, « parlé, chanté, dansé, mimé » et implique une grande souplesse formelle.

Daniel MOULINET : La liturgie catholique au XX° siècle. Croire et participer. Bibliothèque Beauchesne : Religion – Société – Politique. 1 vol. Beauchesne, 329

« La question [de l’évolution de la liturgie au XX° siècle] représente aujourd’hui dans l’Eglise catholique un sujet fréquemment polémique ». En commençant son introduction par cette phrase, l’auteur ne cache pas la difficulté de son entreprise. En effet, toucher à la liturgie revient à toucher au contenu de la foi. « Lex orandi, lex credendi » : cette maxime attribuée au Pape Célestin 1er au V° siècle a été souvent citée et reprise par de nombreux papes jusqu’au XX° siècle. L’auteur, prêtre catholique et professeur à la Faculté de Théologie de l’Université Catholique de Lyon, est également historien, spécialisé notamment dans l’étude du Concile Vatican II. C’est dire qu’il connait de l’intérieur les problèmes soulevés par cette étude. L’intérêt évident de ce livre est d’être une étude historique remontant jusqu’à la fin du XIX° siècle pour montrer les racines de l’évolution de la liturgie à partir de Dom Guéranger, fondateur en 1833 de

Bruno SERROU (recueillis par) : Entretiens de Pierre BOULEZ 1983-2013. Château Gontier, Éditions AEDAM MUSICAE (www.musicae.fr ), 2017, 269 p.

La mémoire de Pierre Boulez (1925-2016) perdure : début mars 2017, Berlin a inauguré une nouvelle Salle de concerts à son nom et Daniel Barenboïm, dirigé un concert pour la circonstance. Parallèlement, en février 2017, les Éditions Aedam Musicae ont publié ces Entretiens recueillis par Bruno Serrou. Ce dernier réagit en journaliste (La Croix), en collaborateur de Revues musicales (La Lettre du Musicien…), en participant à des émissions radiophoniques (Radio France, France Culture) et en filmographe (Institut National de l’Audiovisuel) ; de plus, il compte une importante bibliographie à son actif.

Karol BEFFA : Parler,Composer, Jouer. Sept leçons sur la musique. 1 vol, Éditions du Seuil, 230 pages, 21€

Karol Beffa est un compositeur, pianiste, musicologue élu « meilleur compositeur » aux Victoires de la musique (2013) et Grand Prix Lycéen des Compositeurs (2016). Il est un acteur de la scène musicale d’aujourd’hui. Personnalité hors norme, il a dispensé des cours dans le cadre de la chaire annuelle de création artistique au Collège de France en 2012-2013. l’intitulé était « Musique : art, technique, savoir ». Les sept leçons, qui forment les chapitres de ce livre, ont pour intitulé : « Comment parler musique ? », « Qu’est-ce que l’improvisation ? », « Clocks and Clouds ? », « Musique et Imposture », « Comment accompagner un film muet ? », « Bruit et musique », « Y-a-til un postmodernisme musical ? ».

Introduction à J.-S. Bach.

Boris de SCHLŒZER : Introduction à J.-S. Bach.  Essai d’esthétique musicale.  Édition établie & présentée par Pierre-Henry Frangne.  Presses universitaires de Rennes (www.pur-editions.fr).  17 x 21 cm, 306 p., ex. mus.  18 €.

Publié en 1947, mais épuisé depuis plus de vingt ans, quasi mythologique était devenu ce brillant essai.  Trois parties : L’idée concrète (Compréhension & connaissance de l’œuvre), La forme (Aspects rythmique, harmonique & mélodique), Le mythe (Signes expressifs. Sens psychologique.  Sens spirituel & rationnel.  Moi mythique).  Merci aux PUR d’avoir pris l’initiative de cette précieuse réédition - augmentée d’une présentation par Pierre-Henry Frangne, d’un index et d’une postface du regretté Gaëtan Picon intitulée : « Les formes et l’esprit.  La pensée de Boris de Schlœzer ».

 Études germaniques, n°4, octobre-décembre 2016 (études réunies par Peter ANDERSEN et Barbara LAFOND-KETTLITZ), Paris, Klincksieck, 2017, p. 417-714.

Aux XVIe puis XVIIe siècles, le théâtre scolaire – dans la double perspective de l’Humanisme préconisant le « retour à l’Antiquité gréco-latine » et de la Réforme — occupe une large place dans la vie culturelle et sociale à Strasbourg. Il est encouragé par les réformateurs Martin Bucer, Jean Calvin (alors réfugié) et le Recteur Jean Sturm. Caspar Brülow (1585-1627), parmi d’autres auteurs, a joué un rôle considérable dans l’évolution du genre.

Beat FÖLLMI, Jacques VIRET (dir.) Paris, Éditions HERMANN (www.editions-hermann.fr), Coll. du GREAM, 2016, 342 p.

Ce volume de la Collection du Groupe de Recherches Expérimentales sur l’Acte Musical (Université de Strasbourg) est placé sous le signe de nombreuses et incontestables dualités. Il est publié par les Professeurs Beat Föllmi et Jacques Viret et reproduit 14 communications de spécialistes. Il projette un regard neuf sur le passé et la tradition : chant grégorien multiséculaire et Réforme ayant préconisé le chant en langue vernaculaire ; sur le présent avec les répercussions du Concile Œcuménique de l’Église catholique (Vatican II, 1962-1965). À partir de textes concernant la constitution de la liturgie : Musicae sacrae disciplina du Pape Pie XII (1955) et Sacrosanctum Concilium (1963) souhaitant un chant liturgique au service de l’action liturgique avec un renouvellement du cantique en langue française.

Bernard FOURNIER- Paris, FAYARD (www.fayard.fr/). Coll. « Les Chemins de la Musique », 2016, 439 p. - 23 €.

Dès le premier concert auquel, alors âgé de 8 ans, il a assisté, Bernard Fournier a été fasciné par Beethoven et, en particulier, par sa 7e Symphonie qui, selon ses dires, fut une « vraie illumination ». Par la suite, il a affirmé : « Beethoven est ma grande passion », au point de s’imposer comme analyste avisé, interprète (quatuor semi-professionnel) et chercheur. Il lui a consacré son premier article et, surtout, sa thèse de Doctorat ès-lettres sur la modernité du compositeur, gravitant autour de trois paramètres : énergie — comme il le rappelle dans son entretien avec Dominique Prévot, membre de l’Association Beethoven France —, espace, temps sur lesquels repose le présent livre. À partir de cet original plan tripartite, il élargit la première notion en « énergie extériorisée ».

Pascal GRESSET (éd.) : Tempo Flûte. Paris, Revue de l’Association d’Histoire de la Flûte française (www.tempoflute.com ; Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ; 7, rue Louis Pasteur 95777 Saint-Clair-sur-Epte), numéro 15, premier semestre 2017, 8e année, 68 p. – 8 € (+ frais de port).

Fondée en 2009, organe de l’Association d’Histoire de la Flûte française, présentée à plusieurs reprises dans la Lettre d’information, cette Revue s’adresse aux spécialistes. Le numéro concerne une personne, une œuvre, un article de fond, une facture (flûtes Parmenon), un concours, le souvenir d’Aurèle Nicolet et des informations concernant l’actualité.
Pascal Gresset a réalisé l’entretien avec Gaby Pas-Van Riet qui, en septembre 2016, vient de prendre sa retraite de flûte solo à l’Orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart, où elle a été active pendant 33 ans, sans pour autant interrompre ses activités artistiques et pédagogiques (enseignement en Belgique, à l’Université de Stuttgart, puis d’Anvers, où elle a formé de nombreux professeurs). Elle relève que, si le niveau général est plus élevé, « il existe moins de fortes personnalités » et conclut que « le goût de la virtuosité, comme le goût de l’ordinateur, peuvent entraîner un manque de patience dans le travail. » Son parcours y est résumé de façon très vivante.

Association Beethoven France et Francophonie : Beethoven, sa vie, son œuvre Ablis, ABF (19, rue de l’Étang, 78660 ABLIS, www.beethoven-france.org ), n°18, 1er semestre 2016, 136 p. 10 €.

Toujours très active, l’Association Beethoven France et Francophonie (ABFF) a publié son bulletin du premier semestre 2016 avec ses rubriques habituelles concernant l’homme, le compositeur, l’œuvre et des dossiers plus ponctuels.
Raymond Lefèvre évoque les divers domiciles de Beethoven à Vienne et dans les environs, car, ayant si souvent changé de lieux de vie, il est difficile de le suivre dans ses déplacements et déménagements. Il lui arrivait de louer « simultanément plusieurs logements, mais il conservait son appartement en ville quand il s’abstentait pendant l’été ». C’est ainsi que, pendant dix ans, « il résida à la Pasqualati-Haus ». Ces déménagements ont été source de nombreuses confusions dans sa biographie, comme le souligne l’auteur qui signale aussi de nombreuses autres résidences, par exemple en 1808 à Heiligenstadt, « bastion de la Nature et de la Paix pendant les interminables promenades où il travaille ou compose ». De nombreuses illustrations émaillent le propos qui sera suivi de la troisième partie : « Les domiciles de Beethoven (de 1817 à 1827) ».