La Grande Guerre en musique.

Florence DOÉ DE MAINDREVILLE, Stéphan ETCHARRY (dir.) : La Grande Guerre en musique. Vie et création musicales en France pendant la Première Guerre mondiale. P. I. E. Peter Lang (www.peterlang.com ), Bruxelles, Collection « Études de musicologie » n°4, 2014, 381 p. –  €.

 

En cette année 2014, l’histoire et les manifestations de la Grande Guerre (1914-1918) ont suscité de nombreuses publications et rappels historiques. Florence Doé de Maindreville (Docteur en musicologie de l’Université Paris-Sorbonne et Agrégée de musique) et Stéphan Etcharry (lui aussi Docteur et Agrégé) ­— tous les deux maîtres de conférences à l’Université de Reims Champagne-Ardenne et rattachés au Centre d’Études et de Recherche en Histoire Culturelle (CERHIC, EA 2616) — se sont associés pour démontrer la « singularité des sensibilités musicales dans l’ensemble des cultures de guerre, de cette singularité française dans ces singularités musicales », selon l’expression d’Annette Becker (Institut universitaire de France) dans son Avant-Propos (p. 11).

Théâtralité de la musique et du concert des années 1980 à nos jours.

Revue Musicorum (www.revuemusicorum.com ) n°15, Laurine QUETIN (dir.), Tours, Université François-Rabelais de Tours, 2014, 170 p. – 29 €.

Cette publication de la Revue Musicorum (dirigée par Laurine Quetin) gravite autour de la problématique de « la théâtralité de la musique savante ou populaire et/ou de la théâtralisation du concert, de musique aussi bien classique que contemporaine, jazz, rock ou pop » (musique religieuse exclue). Résultant de deux Journées d’études organisées par l’Institut de Recherche Pluridisciplinaire en Arts, Lettres et Langues à l’Université de Toulouse-Le Mirail,

Tristan et Isolde. L'amour, la mort et le nirvâna

Serge Gut : Tristan et Isolde. L'amour, la mort et le nirvâna. 1 vol Fayard, 2014, 271 p. 17,- €

 

« Tristan est et reste pour moi un miracle ! Comment ai-je pu faire quelque chose de semblable, je le comprends de moins en moins ». Ainsi s'exprime Richard Wagner dans une lettre à Mathilde Wesendonck du 10 août 1860. Outre le formidable ego qu'il manifeste, de telles paroles révèlent l'absolue perfection dont est entouré Tristan und Isolde, et la fascination qu'exerce cette pièce sur son créateur.

Une histoire du piano au Conservatoire de musique de Paris. 1795-1850

Frédéric de LA GRANDVILLE : Une histoire du piano au Conservatoire de musique de Paris. 1795-1850. Paris, L’Harmattan (www.harmattan.fr ), 2014, 291 p. – 30 €.

Le Conservatoire de Musique a été créé le 3 août 1795 par la fusion entre l’école Royale de chant (François-Joseph Gossec) remontant à 1784 et l’Institut National de Musique (de Bernard Sarrette) de 1792 avec, pour objectif, de former des chanteurs et des clavecinistes. En fin connaisseur et s’appuyant sur de minutieuses recherches d’archives, Frédéric de La Grandville a en rédigé une histoire institutionnelle à partir d’un critère

La musique et l’axiome. Création musicale et néo-positivisme au 20e siècle

Nicolas VIEL : La musique et l’axiome. Création musicale et néo-positivisme au 20e siècle. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Musique/Sciences, 2014, 393 p. – 28 €.

 

La création musicale, son abord, sa perception, sa finalité et sa compréhension à partir d’axiomes, figurent au centre de cet ouvrage très dense, faisant appel à tant de concepts. Ce livre retrace, en fait, leur histoire et leur succession, et illustre les déplacements culturels dans la longue durée (plus d’un siècle) autour de la notion de « calculabilité du musical ».

Dans l'intimité des maîtres.

Paul BADURA-SKODA  : Dans l'intimité des maîtres. Entretiens avec Antonin Scherrer. 1 vol 14x22 cm, La Bibliothèque des Arts, Lausanne (www.bibliotheque-des-arts.com), 166 p, 19 €.

 

Paul Badura-Skoda, un des grands vétérans du piano, aime à se confier. N'est-il pas l'auteur de nombreux articles et ouvrages, notamment sur l'Art de jouer Mozart au piano ? Ses entretiens avec l'écrivain et chroniqueur musical suisse Antonin Scherrer sont révélateurs d'une nature résolument optimiste et ouverte sur le monde. Paul Badura-Skoda (*1927) aura traversé le XX ème siècle et en particulier connu les horizons sans limites de l'immédiat après-guerre où les musiciens étaient accueillis à bras ouverts.

Chanter sur le livre à la Renaissance. Les traités de contrepoint de Vicente Lusitano.

Philippe CANGUILHEM (dir.) : Chanter sur le livre à la Renaissance. Les traités de contrepoint de Vicente Lusitano. Turnhout, Brepols (www.brepols.com ), Collection Épitome musical, 2013, 410 p.

 

L’Agence Nationale de la Recherche a soutenu le projet de recherche FABRICA, ayant permis à l’Université de Toulouse-Le Mirail de réunir étudiants, musiciens et musicologues français et italien autour de la traduction des Traités de Vicente Lusitano, peu connus des historiens de la musique, ainsi que de leur réédition. Dans le cadre de son Séminaire, Philippe Canguilhem s’est donc penché sur la pratique du contrepoint et du chant à la Renaissance. Il en retrace d’abord la genèse, faisant la distinction entre la musique composée et la musique improvisée.

Anne PIÉJUS : Musique et dévotion à Rome à la fin de la Renaissance. Les Laudes à l’Oratoire. Turnhout, BREPOLS (www.brepols.com ), Collection Épitome musical, 2013, 549 p.

 

Lors d’un séjour en Italie, Anne Piéjus a pu, avec le concours du CNRS-INSHS, réaliser un projet de l’Académie de France à Rome, s’inscrivant dans le cadre de l’histoire musicale et religieuse posttridentine, à l’époque de la Contre-Réforme. Elle a minutieusement exploité les fonds de bibliothèques (Rome, Bologne) et d’Archives et, tout particulièrement, ceux de l’Archivio della Congregazione dell’Oratorio di S. Filippo Neri qui, en 1575, a lancé la laude polyphonique destinée à susciter la dévotion,

Les corpus de l’oralité.

Mondher AYARI, Antonio LAI (dir.) : Les corpus de l’oralité. Sampzon, DELATOUR France (www.editions-delatour.com ), Collection Culture et cognition musicales, 2014, DLT2388,  338 p. –  35  €.

 

D’entrée de jeu, Michel Imberty, philosophe, psychologue et musicologue, spécialiste des processus cognitifs, rappelle que « la plupart des grandes cultures musicales ne sont pas de tradition écrite ». Le texte écrit dans le Traité de Boèce ne permet pas aux musicologues de reconstituer le texte de la musique ; par ailleurs, plus proches de nous, Simka Arom, spécialiste des musiques d’Afrique Centrale, soulève la problématique de la « fixation par l’écrit d’un répertoire complètement oral et transmis de génération en génération ».

La musique au risque des images

Françoise ZAMOUR (dir.) : La musique au risque des images. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Filigrane, 2014, DLT2405, 223 p. – 23 €.

 

La notion d’« image » regroupe aussi bien les enluminures, les caricatures que la sculpture, les représentations de musiciens (guitariste, pianistes, violoncelliste, homme-orchestre) que la dramaturgie, le cinéma, le jazz. Les exemples examinés se situent aux XIIIe-XIVe siècles, au XIXe siècle et à l’époque contemporaine. Autrement dit, sous un titre surprenant au premier abord, 13 auteurs faisant appel à des documents significatifs, étudient systématiquement —

Leçons de ténèbres.

Jean-Yves HAMELINE : Leçons de ténèbres. Ambronay, Ambronay Éditions. Distribution Symétrie (www.symetrie.com ), 2014,  269 p. – 35 €.

Le regretté Jean-Yves Hameline — faisant encore bénéficier les hymnologues de sa très vaste culture historique, théologique et musicale et exploitant son importante Bibliothèque personnelle — s’adresse aux musiciens d’Église, chanteurs et instrumentistes soucieux d’interpréter en connaissance de cause les Leçons de Ténèbres (Lamentations de Jérémie) exploitées par de nombreux compositeurs.

La musique est un tout.

Daniel Barenboim : La musique est un tout. Éditions Fayard, 2014, 1 vol, 173 p., 15 €.

 

Comme dans ses précédents ouvrages, Parallèles et paradoxes et La Musique éveille le temps, Daniel Barenboim s'attache dans le présent livre à défendre une thèse, laquelle est accompagnée de digressions sur la musique et son interprétation. Partant du constat que « la musique est infiniment plus grande et plus riche que ce que notre société veut qu'elle soit » et qu'elle « est une partie essentielle de la dimension physique de l'esprit humain », le pianiste-chef d'orchestre précise sa pensée sur ses engagements esthétiques et éthiques.

Critique musicale (7e Volume. 1849-1851)

Hector BERLIOZ. Critique musicale (7e Volume. 1849-1851). 1 Vol. Éditions Symétrie. Société Française de Musicologie, 2013, 713 p, 55 €.

 

 

 

Véritable leçon de critique musicale, ce septième volume d’Hector Berlioz (sur les dix prévus par la SFM) relate la vie musicale entre 1849 et 1851. Cinquante neuf articles publiés et toujours la même sûreté de jugement, la même facilité d’écriture, le même humour qui ne peuvent laisser le critique musical (obligé de rendre compte aussi vite que possible de ce qu’il ne connait parfois qu’à peine…) que béat d’admiration devant tant de talent ! Vingt cinq créations d’opéra, de nombreuses reprises d’ouvrages lyriques dont Berlioz fera la recension minutieuse comprenant toujours un résumé,

De la musique au son.

Makis SOLOMOS. De la musique au son. L’émergence du son dans la musique des XXe et XXI e siècles. Collection «  AEsthetica » 1 Vol Presses Universitaires de Rennes, 2013, 547 p, 24 €. www.pur-editions.fr.

 

 

 

Le son est omniprésent dans la vie des hommes. L’enregistrement en se substituant à la mémoire a permis l’émergence d’une culture audio nouvelle, centrée sur le son et l’écoute, dans des domaines différents, comme la pratique fonctionnelle (musique d’ambiance par exemple) ou artistique. Quels rapports existent-ils entre son et musique ? Dans certaines musiques le son reste une matière inerte qu’animent mélodie, harmonie, rythme ou instrumentation. Dans d’autres, comme la musique contemporaine, il existe un recentrement sur le son, expliquant notamment l’important travail sur le timbre.

Musique transitive.

Simon STEEN-ANDERSEN. Musique transitive. 1 Vol bilingue Français-Anglais. Ensemble 2e2m. Collection  « A la ligne ». 2014, 171p, 10€.

 

 

 

Un livre qui permettra à l’amateur de musique contemporaine de poursuivre plus avant une réflexion déjà entamée depuis l’époque où se fit le passage de la musique tonale à la musique « sonale », y adjoignant aujourd’hui la composante visuelle. Musique transitive, musique qui met en relation le sonore et le visuel. Dans une approche performative, Simon Steen-Andersen, compositeur danois, maîtrise tous les possibles du sonore, compositions, performances et sound art.

Un patient nommé Wagner

Pascal BOUTELDJA. Un patient nommé Wagner. 1 Vol Symétrie, 2014, 314 p, 40 €.

 

Un livre dont le titre accrocheur ne manquera pas d’attirer le regard du wagnérien passionné à la recherche de la dernière nouveauté publiée dans l’immense corpus déjà existant, consacré au maître de Bayreuth. De nouveauté, avouons le, il n’y en a guère dans cet ouvrage se présentant comme la première biographie médicale dédiée à Richard Wagner, basée sur l’étude rétrospective, donc contestable, d’écrits autobiographiques ou d’échanges épistolaires. Un livre qui se compose de trois parties principales :

Jean-Pierre BARTOLI, Jeanne ROUDET : L’essor du Romantisme

L’essor du Romantisme : la Fantaisie pour clavier de Carl Philipp Emanuel Bach à Franz Liszt, 1 Vol. Paris, VRIN, Collection « Musicologies», 2013, 387 p. -32 €.

Deux auteurs se penchent sur l’essor du Romantisme en étudiant la Fantaisie pendant presque deux siècles. Ils révèlent l’importance insoupçonnée de la pratique de l’improvisation faisant appel à la virtuosité et proposent une véritable typologie de la Fantaisie à partir du stylus fantasticus dans la musique baroque nord-allemande, reposant sur le contrepoint mais faisant aussi appel à « l’imagination spontanée ».

Odile CHARLES : Les Oratorios de Georges Migot.

Paris, L’Harmattan (www.librairieharmattan.com ), 2014,  389 p.  38, 50  €.

L’auteur est spécialiste de l’œuvre et de la pensée de Georges Migot, secrétaire générale de l’Association éponyme et rédactrice du Bulletin annuel. Elle a obtenu son Doctorat avec une thèse consacrée aux Oratorios du maître. Avec le recul du temps, elle livre le résultat de ses investigations approfondies. Georges Migot (1891-1976) est un compositeur indépendant, multiforme, un grand penseur d’une haute spiritualité défendant un idéal tout à fait original.

Mélisande CHAUVEAU : Moi, NIJINSKI

Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Raconte-moi…, 2014, 89 p. – 8 €.

Mélisande Chauveau poursuit avec bonheur sa formule de « Journal imaginaire » qui, à l’aide de souvenirs authentiques, lui permet de présenter des artistes, de retracer leur vie et carrière et de les situer dans les contextes sociaux et économiques de leur temps. Avec Vaslav Nijinski, c’est le monde de la danse au début du XXe siècle qui émerge.

Lin-Ni LIAO, Marc BATTIER (dir.) : Fusion du temps.

Passé-Présent  Extrême Orient -Extrême Occident. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Pensée Musicale, 2014, 156 p. – 25 €.

Cette publication réunit des textes prononcés lors de la Conférence organisée en 2012 à la Maison de la Recherche (Université Paris-Sorbonne) et regroupés par Lin-Ni Liao (Taiwan) et Marc Battier (Professeur à l’université Paris-Sorbonne) portant sur la « Modernité du Nanguan [ou encore Nanyin,

Yvette CARBOU : Pierre COCHEREAU – Un art d’illusionniste.

Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), 2014, 393 p. – 39 €.

En 1989, la Revue L’Orgue avait consacré un numéro spécial à Pierre Cochereau. Dix ans après, Yvette Carbou, productrice et animatrice des Disques SOLSTICE, avait édité des Témoignages chez Zurfluh. Elle vient d’en réaliser une nouvelle édition dans laquelle elle exploite en connaissance de cause quelques 80 documents et jugements portés sur le célèbre organiste, improvisateur, compositeur, pédagogue (directeur des Conservatoires du Mans, puis de Nice jusqu’en 1979) et, dès 1955, titulaire des Grandes Orgues de Notre-Dame (Paris).

Jean-Nicolas de Surmont (dir.) et Serge Gauthier : M’amie, faites-moi un bouquet.

Mélanges posthumes autour de l'œuvre de Conrad Laforte. Presses de l’Université Laval / Éditions Charlevoix, coll. « Les Archives de folklore 30 », 2011, 339 p.

 

Rien de plus charmant que ce titre, « M’amie, faites-moi un bouquet… », fleurant bon le double exotisme d’un temps – en l’occurrence, médiéval – et d’un espace – celui qui défie les frontières continentales. Nulle surprise en cela si l’on considère que ce pénétrant recueil de témoignages et d’analyses constitue l’hommage posthume d’une large communauté musicale et universitaire à Conrad Laforte (1921-2008),