Michèle LHOPITEAU-DORFEUILLE : Jean-Sébastien BACH : un sacré tempérament. Lormont, Éditions Le Bord de L'eau (www.editionsbdl.com ), 2014,  246 p. –32 €. (avec 2 CDs encartés : 2 h 40).

La « dynastie Bach » et Jean Sébastien en particulier ont suscité une multitude de publications en tous genres, depuis la Bachbiographie de Johann Nikolaus Forkel (1749-1818), celle (1873) de Ph. Spitta ou encore L'esthétique de Jean-Sébastien Bach (1907) d'André Pirro,  sans oublier l'intérêt que lui a témoigné L. Chr. Mizler (1711-1778)… jusqu'aux bandes dessinées ou même la « jazzification » de sa musique, en passant par tant de monographies, analyses, études, enregistrements… D'abord tombée dans l'oubli, puis « ressuscitée » par Felix Mendelssohn (Passion selon Saint Matthieu), son œuvre fait le tour du monde.

Nikolaus HARNONCOURT : « La parole musicale. Propos sur la musique romantique ».Traduction de l'allemand et préface de Sylvain Fort (« Mozart Dialoge & ' Töne sind höhere Worte' », Residenz Verlag, 2005/2007). 1 vol. Actes Sud, 2014, 234 p., 22 €.

Troisième volume d'une trilogie qui comprend déjà « Le Discours musical », 1984, et « Le Dialogue musical », 1985, parus en français chez Gallimard, ce nouvel ouvrage est un florilège d'entretiens accordés par le grand chef d'orchestre autrichien dans les années 2004/2005. Avec Harnoncourt la parole est franche et le discours sans ambages. Il y a chez lui quelque chose de professoral, que l'on perçoit d'ailleurs lorsqu'il prend la parole en début de concert, devant un public germanique, pour résumer en quelques phrases bien senties les grandes lignes de l'œuvre jouée.

Jean-Michel MOLKHOU. Les grands violonistes du XXe siècle. Tome II (1948-1985). 1 Vol.  Éditions Buchet Chastel, collection Musique, 1CD inclus, 2014, 475 p, 23 €.

Deuxième tome très attendu de cette très belle étude que Jean-Michel Molkhou consacre aux grands violonistes du XXe siècle. Après un premier tome traitant de la période 1875-1947, voici aujourd'hui le deuxième volet intéressant la période plus « contemporaine » de 1948 à 1985. Comme  le signale l'auteur, le recul peut paraitre parfois insuffisant pour juger du talent de tel ou tel interprète, alors que l'histoire avait eu le temps de faire son tri dans les générations précédentes,

Association Maurice & Marie-Madeleine Duruflé : Bulletin n°13/2013, Paris, Association Maurice & Marie-Madeleine Duruflé (www.durufle.org ), 2013, 240 p. + CD encarté (66’ 40).

Selon sa formule habituelle, ce Bulletin comprend d’abord une partie consacrée à des œuvres de Maurice Duruflé. Il est illustré par un CD avec son Prélude, Adagio et Choral varié sur le Veni Creator (op. 4), en trois versions enregistrées : celles de 1931 par Ronald Ebrecht (en 2014), de 1956 par Maurice Duruflé (en 1959) et par Marie-Madeleine Duruflé (en 1966) — sur des instruments différents.

Béatrice RAMAUT-CHEVASSUS, Anne DAMON-GUILLOT (dir.) : Dire/Chanter : passages. Études musicologiques, ethnomusicologiques et poétiques (XXe et XXIe siècles). Publications de l’Université de Saint-Étienne (http://publications.univ-st-etienne.fr ), Collection « Musique et musicologie », 2014, 351 p. – 25  €.

Les problèmes d’identité, de réception, de transmission de la musique préoccupent les chercheurs depuis plusieurs décennies. Ils sont surtout du ressort de trois disciplines : musicologie, ethnomusicologie et poétique, et gravitent autour de plusieurs notions : la « représentation de la parole », la « vocalité » et le « chant des mots » faisant l’objet de 17 études.

François NICOLAS : Le Monde-Musique I. L'Œuvre musicale et son écoute. Château-Gontier,  Éditions Aedam Musicae (www.musicae.fr  ), 2014, 259 p. – 25 €.

L’auteur — polytechnicien, compositeur, organiste, philosophe, chercheur à l’IRCAM et Professeur — met sa vaste érudition au service d’une meilleure compréhension du discours musical et d’une écoute attentive et soutenue permettant de révéler des surprises cachées au musicien que François Nicolas considère comme «  un passeur de musique » (p. 39).

Vincent COTRO, Véronique MEYER, Marie-Luce PUJALTE-FRAYSSE (dir.) : La première œuvre. Arts et musique (XVe-XXIe siècles). Rennes, Presses Universitaires de Rennes (www.pur-editions.fr ), Collection « Art & Société », 2014, 325 p. – 21  €.

Le titre sollicite à la fois l’histoire de l’art et la musicologie, et porte sur la longue durée. Il implique, en fait, la « première œuvre », au sens de premier aboutissement déjà annonciateur d’un avenir (peut-être prometteur). Elle est donc tributaire d’une identité esthétique. Ces 23 études, publiées avec soin sous la direction de deux historiens de l’art et d’un musicologue, gravitent autour du « rôle crucial que joue la première œuvre [aboutie] dans les stratégies de carrière des musiciens et artistes ».

Monette VACQUIN : « Grave, ma non troppo ». Beethoven, dernier mouvement.

Paris, Penta Éditions (www.penta-editions.fr ), 2013, Diffusion L’Harmattan (www.editions-harmattan.fr ), 326 p. – 29 €.

Ce livre — baignant dans le monde musical et se lisant comme une roman — ne correspond à aucun genre littéraire classé. Il tient certes de la « fiction » ; pourtant, le principal protagoniste est réel : Ludwig (van Beethoven), il est, en effet, présent au fil des pages, des dialogues, des anecdotes, des événements de la vie quotidienne et de ses œuvres. Sa production musicale est située par rapport au Zeitgeist (à l’esprit du temps) : liberté, fraternité entre les hommes.

Jean GRIBENSKI et Patrick TAÏEB (dir. ) : Mozart et la France De l'enfant prodige au génie (1764-1830).

1 vol. Éditions Symétrie, collection Recherche, 2014, 254 p. 17x24 cm, 39 €.

Cet ouvrage a pour ambition d'éclairer notre connaissance de Mozart quant à l'image qui en a peu à peu émergé en France à l'occasion de ses visites et durant les années qui ont suivi sa mort. Comment Mozart a-t-il été « reçu » dans la conscience française, comment s'est forgé le « mythe Mozart ». Les sources sont l'édition et bien sûr le concert public. Les sept concerts données par Wolfgang lors de se deux séjours français (d'une part, en 1764/1766, à Paris, Dijon et Lyon et, d'autre part, 1778, à Strasbourg), ne font connaître Mozart qu'auprès de ses confrères et de la bonne société.

Igor MINAEV & Olga MIKHAILOVA : Madame TCHAÏKOVSKI.

1 vol Éditions Astrée, 2014, 142 p. 16 €.

Voila un livre qui ne fera pas date dans l’immense littérature consacrée au compositeur russe ! Rien qu’on ne sache déjà dans cet ouvrage qui traite de façon romancée du mariage désastreux et  des rapports  houleux entre Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) et Antonina Ivanovna Milioukova (1848-1917). 

La Grande Guerre en musique.

Florence DOÉ DE MAINDREVILLE, Stéphan ETCHARRY (dir.) : La Grande Guerre en musique. Vie et création musicales en France pendant la Première Guerre mondiale. P. I. E. Peter Lang (www.peterlang.com ), Bruxelles, Collection « Études de musicologie » n°4, 2014, 381 p. –  €.

 

En cette année 2014, l’histoire et les manifestations de la Grande Guerre (1914-1918) ont suscité de nombreuses publications et rappels historiques. Florence Doé de Maindreville (Docteur en musicologie de l’Université Paris-Sorbonne et Agrégée de musique) et Stéphan Etcharry (lui aussi Docteur et Agrégé) ­— tous les deux maîtres de conférences à l’Université de Reims Champagne-Ardenne et rattachés au Centre d’Études et de Recherche en Histoire Culturelle (CERHIC, EA 2616) — se sont associés pour démontrer la « singularité des sensibilités musicales dans l’ensemble des cultures de guerre, de cette singularité française dans ces singularités musicales », selon l’expression d’Annette Becker (Institut universitaire de France) dans son Avant-Propos (p. 11).

Théâtralité de la musique et du concert des années 1980 à nos jours.

Revue Musicorum (www.revuemusicorum.com ) n°15, Laurine QUETIN (dir.), Tours, Université François-Rabelais de Tours, 2014, 170 p. – 29 €.

Cette publication de la Revue Musicorum (dirigée par Laurine Quetin) gravite autour de la problématique de « la théâtralité de la musique savante ou populaire et/ou de la théâtralisation du concert, de musique aussi bien classique que contemporaine, jazz, rock ou pop » (musique religieuse exclue). Résultant de deux Journées d’études organisées par l’Institut de Recherche Pluridisciplinaire en Arts, Lettres et Langues à l’Université de Toulouse-Le Mirail,

Tristan et Isolde. L'amour, la mort et le nirvâna

Serge Gut : Tristan et Isolde. L'amour, la mort et le nirvâna. 1 vol Fayard, 2014, 271 p. 17,- €

 

« Tristan est et reste pour moi un miracle ! Comment ai-je pu faire quelque chose de semblable, je le comprends de moins en moins ». Ainsi s'exprime Richard Wagner dans une lettre à Mathilde Wesendonck du 10 août 1860. Outre le formidable ego qu'il manifeste, de telles paroles révèlent l'absolue perfection dont est entouré Tristan und Isolde, et la fascination qu'exerce cette pièce sur son créateur.

Une histoire du piano au Conservatoire de musique de Paris. 1795-1850

Frédéric de LA GRANDVILLE : Une histoire du piano au Conservatoire de musique de Paris. 1795-1850. Paris, L’Harmattan (www.harmattan.fr ), 2014, 291 p. – 30 €.

Le Conservatoire de Musique a été créé le 3 août 1795 par la fusion entre l’école Royale de chant (François-Joseph Gossec) remontant à 1784 et l’Institut National de Musique (de Bernard Sarrette) de 1792 avec, pour objectif, de former des chanteurs et des clavecinistes. En fin connaisseur et s’appuyant sur de minutieuses recherches d’archives, Frédéric de La Grandville a en rédigé une histoire institutionnelle à partir d’un critère

La musique et l’axiome. Création musicale et néo-positivisme au 20e siècle

Nicolas VIEL : La musique et l’axiome. Création musicale et néo-positivisme au 20e siècle. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Musique/Sciences, 2014, 393 p. – 28 €.

 

La création musicale, son abord, sa perception, sa finalité et sa compréhension à partir d’axiomes, figurent au centre de cet ouvrage très dense, faisant appel à tant de concepts. Ce livre retrace, en fait, leur histoire et leur succession, et illustre les déplacements culturels dans la longue durée (plus d’un siècle) autour de la notion de « calculabilité du musical ».

Dans l'intimité des maîtres.

Paul BADURA-SKODA  : Dans l'intimité des maîtres. Entretiens avec Antonin Scherrer. 1 vol 14x22 cm, La Bibliothèque des Arts, Lausanne (www.bibliotheque-des-arts.com), 166 p, 19 €.

 

Paul Badura-Skoda, un des grands vétérans du piano, aime à se confier. N'est-il pas l'auteur de nombreux articles et ouvrages, notamment sur l'Art de jouer Mozart au piano ? Ses entretiens avec l'écrivain et chroniqueur musical suisse Antonin Scherrer sont révélateurs d'une nature résolument optimiste et ouverte sur le monde. Paul Badura-Skoda (*1927) aura traversé le XX ème siècle et en particulier connu les horizons sans limites de l'immédiat après-guerre où les musiciens étaient accueillis à bras ouverts.

Chanter sur le livre à la Renaissance. Les traités de contrepoint de Vicente Lusitano.

Philippe CANGUILHEM (dir.) : Chanter sur le livre à la Renaissance. Les traités de contrepoint de Vicente Lusitano. Turnhout, Brepols (www.brepols.com ), Collection Épitome musical, 2013, 410 p.

 

L’Agence Nationale de la Recherche a soutenu le projet de recherche FABRICA, ayant permis à l’Université de Toulouse-Le Mirail de réunir étudiants, musiciens et musicologues français et italien autour de la traduction des Traités de Vicente Lusitano, peu connus des historiens de la musique, ainsi que de leur réédition. Dans le cadre de son Séminaire, Philippe Canguilhem s’est donc penché sur la pratique du contrepoint et du chant à la Renaissance. Il en retrace d’abord la genèse, faisant la distinction entre la musique composée et la musique improvisée.

Anne PIÉJUS : Musique et dévotion à Rome à la fin de la Renaissance. Les Laudes à l’Oratoire. Turnhout, BREPOLS (www.brepols.com ), Collection Épitome musical, 2013, 549 p.

 

Lors d’un séjour en Italie, Anne Piéjus a pu, avec le concours du CNRS-INSHS, réaliser un projet de l’Académie de France à Rome, s’inscrivant dans le cadre de l’histoire musicale et religieuse posttridentine, à l’époque de la Contre-Réforme. Elle a minutieusement exploité les fonds de bibliothèques (Rome, Bologne) et d’Archives et, tout particulièrement, ceux de l’Archivio della Congregazione dell’Oratorio di S. Filippo Neri qui, en 1575, a lancé la laude polyphonique destinée à susciter la dévotion,

Les corpus de l’oralité.

Mondher AYARI, Antonio LAI (dir.) : Les corpus de l’oralité. Sampzon, DELATOUR France (www.editions-delatour.com ), Collection Culture et cognition musicales, 2014, DLT2388,  338 p. –  35  €.

 

D’entrée de jeu, Michel Imberty, philosophe, psychologue et musicologue, spécialiste des processus cognitifs, rappelle que « la plupart des grandes cultures musicales ne sont pas de tradition écrite ». Le texte écrit dans le Traité de Boèce ne permet pas aux musicologues de reconstituer le texte de la musique ; par ailleurs, plus proches de nous, Simka Arom, spécialiste des musiques d’Afrique Centrale, soulève la problématique de la « fixation par l’écrit d’un répertoire complètement oral et transmis de génération en génération ».

La musique au risque des images

Françoise ZAMOUR (dir.) : La musique au risque des images. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), Collection Filigrane, 2014, DLT2405, 223 p. – 23 €.

 

La notion d’« image » regroupe aussi bien les enluminures, les caricatures que la sculpture, les représentations de musiciens (guitariste, pianistes, violoncelliste, homme-orchestre) que la dramaturgie, le cinéma, le jazz. Les exemples examinés se situent aux XIIIe-XIVe siècles, au XIXe siècle et à l’époque contemporaine. Autrement dit, sous un titre surprenant au premier abord, 13 auteurs faisant appel à des documents significatifs, étudient systématiquement —

Leçons de ténèbres.

Jean-Yves HAMELINE : Leçons de ténèbres. Ambronay, Ambronay Éditions. Distribution Symétrie (www.symetrie.com ), 2014,  269 p. – 35 €.

Le regretté Jean-Yves Hameline — faisant encore bénéficier les hymnologues de sa très vaste culture historique, théologique et musicale et exploitant son importante Bibliothèque personnelle — s’adresse aux musiciens d’Église, chanteurs et instrumentistes soucieux d’interpréter en connaissance de cause les Leçons de Ténèbres (Lamentations de Jérémie) exploitées par de nombreux compositeurs.

La musique est un tout.

Daniel Barenboim : La musique est un tout. Éditions Fayard, 2014, 1 vol, 173 p., 15 €.

 

Comme dans ses précédents ouvrages, Parallèles et paradoxes et La Musique éveille le temps, Daniel Barenboim s'attache dans le présent livre à défendre une thèse, laquelle est accompagnée de digressions sur la musique et son interprétation. Partant du constat que « la musique est infiniment plus grande et plus riche que ce que notre société veut qu'elle soit » et qu'elle « est une partie essentielle de la dimension physique de l'esprit humain », le pianiste-chef d'orchestre précise sa pensée sur ses engagements esthétiques et éthiques.