Jon LAUKVIK (éd.) : Orgelschule zur historischen Aufführungspraxis . Teil 3 : Die Moderne, Stuttgart, CARUS Verlag (www.carus-verlag.com ), 2014, CV 60.006, 351 p. – 80, 50 €.

Chez le même éditeur, ce deuxième volume concerne les critères d'interprétation de la musique d'orgue allemande et française à l'époque « moderne ». Sept chapitres réalisés par sept auteurs proposent un parcours chronologique commençant avec l'esthétique néoclassique représentée en Allemagne par Paul Hindemith (1895-1963), Hugo Distler (1908-1942), Johann Nepomuk David (1895-1977) et Kurt Hessenberg (1908-1994). Ces compositeurs sont introduits par Armin Schoof, professeur et concertiste international. Après quelques précisions biographiques, les interprètes et concertistes trouveront de précieux renseignements sur la composition des instruments pour lesquels les œuvres ont été pensées, un aperçu du répertoire avec indications des registrations d'époque, des citations de quelques incipit, et toutes les précisions indispensables (tempo, dynamique, indications métronomiques, phrasés), parfois, source hymnologique des mélodies de chorals et quelques portraits (compositeurs aux claviers).

Brice GÉRARD : Histoire de l'ethnomusicologie en France (1929-1961). Paris, L'Harmattan (www.harmattan.fr ), 2014, 363 p. 37, 50 €.

En France, l'Ethnomusicologie a été lancée dès 1926 par André Schaeffner. Cette future discipline concerne d'une part la tradition orale et sa réception, d'autre part l'exploitation des fonds organologiques groupant des instruments de diverses provenances géographiques. Elle mise sur l'identité culturelle, les patrimoines, les langages musicaux en fonction des spécificités nationales. Elle fait appel, entre autres, au comparatisme, à l'ethnographie, aux monographies.

Xavier HASCHER, Mondher AYARI et Jean-Michel BARDEZ (dir.) : L'analyse musicale aujourd'hui. Music Analysis Today, Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2015, BDT0005, 478 p. - 35 €.

Depuis plusieurs décennies, les critères de l'analyse musicale ont évolué considérablement et « aujourd'hui », « Today » (c'est-à-dire vers 2014-15), la Collection « Pensée musicale » propose un bilan des tendances représentées par 23 auteurs. Les débats (en français et en anglais) présentent les différentes étapes de la recherche depuis la set theorie de Célestin Deliège et le premier Congrès d'analyse musicale (Colmar) en 1989, à travers l'analyse formalisée, l'analyse modélisée, l'analyse des musiques contemporaines, des musiques populaires modernes jusqu'à l'analyse post-schenkérienne.

Joseph Colomb : Janacek en France. De l'indifférence à la reconnaissance. 1 Vol Les éditions de l'ïle bleue, 2014, 564 p, 35 €.

Cet imposant ouvrage est celui d'un mélomane, non d'un musicologue. D'un amoureux de la musique de Janacek. Un amoureux qui emporté par sa passion pour son sujet, ne ménage pas la critique...des critiques musicaux, trop frileux à son goût, trop lents à déclarer leur intérêt, sinon leur enthousiasme, pour un musicien essentiel du XX ème siècle. Ce livre qui n'a pas pour titre « Janacek et la France », mais « Janacek en France », se propose de décortiquer les étapes de la réception française de la musique de ce compositeur.

Philippe Entremont : Piano ma non troppo. Souvenirs. 1 Vol. Editions de Fallois, Paris, 2015. 140 p., 16€.

Philippe Entremont est un homme qui s'épanche peu et un pianiste discret à l'aune du battage médiatique ambiant. A l'automne d'un carrière remarquable, il se livre pourtant. De bonne grâce et avec une forme d'absence d'ego qui fait plaisir à lire. Né d'une mère pianiste et d'un père chef d'orchestre, il deviendra l'un puis l'autre. Témoin des grands, telle Marguerite Long, qui lui « fichait le trac », on savoure quelques portraits de musiciens, qui ont le mérite de la concision : de chefs, comme Eugène Ormandy qui « conçoit le concerto comme une conversation », Leonard Bernstein qui « a montré au monde qu'on pouvait être magnifique sans être précis », Pierre Boulez, Igor Stravinsky encore, qu'il a connu sur le tard de la carrière du maître.

Jean-Yves Clément. Alexandre Scriabine. 1 Vol Actes Sud. Collection Classica, 2015, 208 p, 18,50€.

A l'occasion du centenaire de sa mort, Jean-Yves Clément nous propose cette courte et agréable biographie d'Alexandre Scriabine (1872-1915) comme une première approche de ce pianiste et compositeur russe, encore mal connu du grand public, personnalité atypique, volontiers mystique, véritable passeur, assurant la charnière entre les mondes du XIXe et du XXe siècle, repoussant résolument toutes les limites expressives et formelles entre romantisme total et modernisme radical.

Tempo Flûte. Revue de l'Association d'histoire de la flûte française, n°11 (www.tempoflute.com ), 1er Semestre 2015, 64 p. (Abonnement un an : membre actif France 16 €, étranger 20 €), 8 €.

Outre l'information concernant les parutions récentes (disques, partitions et livres), ainsi que des offres discographiques, les amateurs comme les spécialistes de la flûte trouveront de précieux renseignements techniques et organologiques sur « Les flûtes Abell et les étapes de leur fabrication » ;

 La musique spectrale. Une révolution épistémologique

Hugues DUFOURT : La musique spectrale. Une révolution épistémologique. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2014, DLT2348, 485 p. - 17 €.

Depuis la fin du XIXe siècle, la musicologie — au départ, science historique, musicale et littéraire — s'est rapidement orientée au siècle suivant vers l'esthétique, l'ethnologie, la sociologie, la politique, puis la théorie de la réception, les recherches sur la perception ; au gré des progrès technologiques et grâce à l'informatique : elle est devenue pluridisciplinaire.

 Musique, Pouvoir, Écriture

Hugues DUFOURT : Musique, Pouvoir, Écriture. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2014, DLT2336, 417 p. - 25 €.

Hugues Dufourt, philosophe et compositeur, pose, dans ce second livre, la question fondamentale : « Faut-il, pour expliquer la musique de notre siècle, suivre le pessimisme apocalyptique d'Adorno pour qui le formalisme n'est qu'une réaction autodestructive devant les diktats de la société de masse ?

Émile GOUE, chaînon manquant de la musique française

Philippe Malhaire (éd. et dir. ) : Émile GOUE, chaînon manquant de la musique française. 1Vol L 'Harmattan, collection L'Univers musical, 2014, 267 p, 28 €

Destin singulier que celui d'Émile Goué (1904-1946), qui malgré leur caractère restreint, une cinquantaine, a laissé des compositions aussi intéressantes que le sont ses écrits théoriques. Formé auprès de Charles Koechlin, il développe vite une esthétique très personnelle, qui en fait un des compositeurs les plus prometteurs de sa génération.

Jules Demersseman (1833-1866). La vie et l'œuvre

Raymond LAPIE : Jules Demersseman (1833-1866). La vie et l'œuvre, Tempo Flûte. Revue de l'Association d'histoire de la flûte française. Deux figures du XIXe siècle, Volume I, (www.tempoflute.com ), 2014,  64 p. (Abonnement un an : membre actif France 16 €, étranger 20 €).

 

Le Volume I (n° spécial) de la Revue Tempo flûte, organe de l'Association d'Histoire de la Flûte Française (fondée en 2009), rend hommage à Jules Demersseman (1833-1866) ayant vécu à l'époque des bouleversements techniques,

Theobald BÖHM (1794-1881). Les compositions et arrangements

Pascal GRESSET : Theobald BÖHM (1794-1881). Les compositions et arrangements, Tempo Flûte. Revue de l'Association d'histoire de la flûte française. Deux figures du XIXe siècle, Volume II, (www.tempoflute.com ), 2014, 84 p. (Abonnement un an : membre actif France 16 €, étranger 20 €).

Le second numéro spécial de la même Revue présente Theobald Böhm (1794-1881) — généralement plus connu que Jules Demersseman — car, à la fois flûtiste, compositeur, facteur et acousticien, il a repensé le principe de la flûte et mis au point un nouveau système facilitant sa justesse.

Jean-François ALIZON : Aborder le répertoire baroque sur la flûte

Jean-François ALIZON : Aborder le répertoire baroque sur la flûte. 1 vol. Paris, L'HARMATTAN (www.harmattan.fr), 2014, BDT0002, 316 p. - 33 €.

 

Après ses études — notamment de flûte à bec — au Conservatoire de Strasbourg, ensuite auprès de Hans-Martin Linde à la Schola Cantorum de Bâle, et après avoir participé à des stages de Bartold Kuijken, Jean-François Alizon propose un remarquable bilan de sa vaste expérience tant artistique que pédagogique.

Michaël ANDRIEU : Le Conservatoire de musique : l'art et la manière…

Michaël ANDRIEU : Le Conservatoire de musique : l'art et la manière…, 1vol. Rennes, HISTOIRES ORDINAIRES ÉDITIONS (www.histoiresordinaires.fr), 2014, 138 p. - 10 €.

Après, entre autres, les travaux bien connus de Pierre Constant au tout début du XXe siècle, dès le sous-titre, Michaël Andrieu révèle ainsi sa démarche et son propos : Réflexions sur l'évolution des établissements d'enseignement spécialisé de la musique. Il s'interroge sur l'avenir de cette institution, car ce problème est aussi ressenti par les directeurs, collègues, élèves et élus.

Jacques Hiver : MAURICE JARRE.  un livre d'Hiver pour cet automne et pour toutes les saisons.

Jacques Hiver : MAURICE JARRE.  un livre d'Hiver pour cet automne et pour toutes les saisons.

Maurice Jarre est peut-être un des compositeurs les plus populaire de musique de films, avec Ennio Morricone et Michel Legrand. La musique de « Laurence d'Arabie », de « Paris Brûle-t-il ? » et surtout le thème « La Chanson de Lara » du « Docteur Jivago » ont fait le tour du monde. On peut aussi citer les musiques des films de Peter Weir (« Witness », « Le Cercle des Poètes Disparus », « Gorilles dans la Brume »…).

Préfacé par Alain Poirier, directeur de la recherche au CNSMD de Lyon, ce volume regroupe les communications présentées par treize auteurs d'horizons divers, lors des journées professionnelles organisées par l'Association des Professeurs de Culture Musicale (APCM), à Paris en 2012. Dans la conception actuelle, « la culture musicale recouvre l'ensemble des disciplines — histoire, analyse, esthétique… — qui donnent sens aux pratiques des musiciens, amateurs comme professionnels : écoute, interprétation, création ».

« Musique, foi et raison. Correspondante inédite Gabriel Renoud/Camille Saint-Saëns 1914-1921 » recueillie, introduite et annotée par Pierre GUILLOT. Paris, L'Harmattan (www.editions-harmattan.fr ), 237 p. -25 €.

Pierre Guillot — Professeur émérite à l'Université Paris-Sorbonne, organiste émérite de la Collégiale Notre-Dame de Bourg (Ain) où la vocation musicale et religieuse du prêtre Gabriel Renoud s'est déclarée — a, avec patience et minutie, regroupé pour la première fois (d'après des autographes conservés dans le Fonds Saint-Saëns du Château-Musée de Dieppe) 116 lettres du prêtre incitant son destinataire à la conversion et 25 réponses de Camille Saint-Saëns. Cet échange épistolaire pendant sept ans couvre la Première Guerre mondiale et l'après-guerre. Il est introduit et annoté avec beaucoup de soin par Pierre Guillot et présenté sous trois rubriques circonstanciées : musique, foi et raison.

Marc-Mathieu MÜNCH : La beauté artistique. L'impossible définition indispensable. Prolégomènes pour une « artologie » future. Paris, Honoré Champion (www.honorechampion.com ), 2014, 155 p. 22 €.

Marc-Mathieu Münch, Professeur émérite de littérature générale et comparée à l'Université de Lorraine, et mélomane averti, depuis sa découverte de l'invariant de l'effet de vie, poursuit inlassablement ses recherches. Dans ce nouvel ouvrage, après tant d'auteurs dans le sillage de Baudelaire, il tente de définir la beauté artistique, démarche certes indispensable mais quasi impossible.

André TUBEUF : Hommages. Portraits de musiciens. 1 vol. Actes Sud, 2014, 523 p, 25 €.

Mieux que quiconque, André Tubeuf sait communiquer une vraie passion pour les interprètes. Depuis quelques décennies, infatigable, le journaliste livre des analyses perspicaces sur les grands de l'opéra et du Lied, et scrute l'horizon musical à l'affût des talents émergents. Cette passion pour la musique déborde le chant bien sûr.

Stéphane GENDRON : Enseigner le piano aujourd'hui. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2014, 95 p. –19 €.

Dans le cadre de sa Collection « Musique/Pédagogie », Jean-Michel Bardez a fait appel à Stéphane Gendron, musicologue et littéraire de formation, pour — à la lumière de son expérience — évoquer les tendances de l'enseignement du piano depuis plus de trois décennies. Ce livre, qui n'est pas une « méthode » comme, entre autres, les écrits de Marie Jaël ou encore Les principes rationnels de la technique pianistique d'Alfred Cortot (Salabert, 1928)…,

Antonia SOULEZ : Qualia. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2014, 1 vol 65 p. –12 €.

Une explication s'impose comme préalable : « Qualia désigne ici la qualité faite matière en l'absence de substrat ». Dans le Petit manifeste initial, Yves Bonnefoy s'interroge : « Écrit parlé, le poème est-t-il vocalité d'une trace ? ».

Pascal TERRIEN (dir.) : Une histoire du saxophone par les méthodes parues en France : 1846-1942. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2014, DLT2428, 273 p. –25 €.

Le saxophone — au départ instrument privilégié par les musiques militaires, populaires, les harmonies municipales, les fanfares dans les villages et par l'Orchestre de la Garde Républicaine — s'est ensuite imposé grâce à l'évolution de sa facture entraînant des progrès dans la technique et l'élargissement du répertoire (d'abord lié à l'exotisme). Il est associé à l'orchestre classique vers le milieu du XIXe siècle.