La traduction des émotions dans les musiques de films.

Muriel JOUBERT, Bertrand MERLIER (dir.) : La traduction des émotions dans les musiques de films. 1 vol Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2015, 325 p. – 25 €.

 

Placée sous le double signe de la transdisciplinarité et de la complémentarité, cette publication très originale et neuve sur le plan méthodologique est centrée sur les effets de la musique de film, présentés lors des journées d'étude organisées les 18 et 19 décembre 2012 à l'Université de Lyon II.

Le Souffle en musique.

Muriel JOUBERT et Denis LE TOUZÉ (dir.), Le Souffle en musique. 1Vol Lyon, PUL mélotonia, 2015, 198 pages, 18 €.

 

 

Le souffle ; matériel, immatériel… quelle place pour lui dans la musique ? La forme et l'esthétique le sollicitent, presque tous les grands symboles latents le revendiquent, aucun compositeur n'a songé à faire l'économie d'une réflexion sur sa fonctionnalité… Dans cet ouvrage collectif, plusieurs contributeurs traquent toutes les hypostases de son improbable statut.

Francis Poulenc et ses mélodies.

Pierre BERNAC : Francis Poulenc et ses mélodies. 1 vol 255 p, Paris, Buchet & Chastel, collection Musique, 18 €.

 

 

Qui mieux que Pierre Bernac (1899-1979) pouvait parler des mélodies de Francis Poulenc ! Durant 25 ans, le chanteur les a portées aux quatre coins du monde après avoir créé la plupart d'entre elles aux cotés de leur auteur. Comme le souligne Bernard Gavoty, « une œuvre née d'une symbiose », car « non content de chanter Poulenc, il stimulait son imagination ». Fait rare dans l'histoire que cette féconde collaboration qui débuta en 1934, au festival de Salzbourg.

JARDIN (Étienne) et TAÏEB (Patrick), dir. : Archives du concert. La vie musicale française à la lumière de sources inédites (XVIIIe-XIXe siècles). Paris, ACTES SUD, LE MÉJAN/PALAZZETTO BRU ZANE Centre de Musique romantique française (www.actes-sud.fr ), 2015, 379 p. - 39 €.

Cet ouvrage — révélant un vaste répertoire des Concerts parisiens de 1822 à 1848 d'après, entre autres, les Archives du droit des pauvres (p. 155-310) et comprenant des articles de fond étayés de figures, statistiques et affiches — prouve une fois de plus combien les sources de première main peuvent éclairer l'Histoire et, en particulier, restituer la vie musicale et sociale à une époque donnée.

ORLANDO (Stéphane), WUIDAR (Laurence), éd. : Les XIV Sequenze de Luciano BERIO. Quatorze analyses en séquence. Sampzon, DELATOUR FRANCE, (www.editions-delatour.com), 2015, 259 p. – 29, 90 €.

La Société Belge d'Analyse Musicale a organisé, les 22, 23 et 24 mars 2011, un Colloque et plusieurs concerts proposant l'intégrale des Sequenze de Luciano Berio (1925-2003). Ces 24 Séquences ont fait l'objet de quatorze « Analyses en séquence » hautement spécialisées et élaborées par des musicologues et théoriciens de réputation internationale.

Serge DONVAL : Histoire  universelle de la musique et de la théorie musicale. 1Vol L'HARMATTAN (www.harmattan.fr ), 2015, 244 p. – 25, 50 €.

À la fois professeur à la Faculté des Sciences et au Conservatoire, luthiste et compositeur, Serge Donval associe avec bonheur les spéculations théoriques et pratiques, musicales et instrumentales, aux contextes historiques, dont la chronologie est parfois quelque peu malmenée. Il en résulte non pas une Histoire de plus, mais une « histoire pas comme les autres » accompagnée de judicieuses illustrations : exemples musicaux, reproductions d'instruments orientaux anciens, miniatures, pages de titre, schémas, tableaux (notations de la musique, râgas avec leur mode principal, division de l'octave en 53 commas holderiens)… Sa curiosité et son érudition l'amènent à se pencher sur des musiques rarement analysées et d'origines diverses : turque, perse, arabe, indienne, chinoise généralement peu abordées par certains musicologues européens

Melanie von GOLDBECK : Lettres de Charles GOUNOD à Pauline Viardot. 1 vol ACTES SUD, LE MÉJAN/PALAZZETTO BRU ZANE, Centre de Musique romantique française (www.actes-sud.fr ), 2015, 443 p. – 45 €.

Préfacée par Gérard de Condé, publiée avec le soutien de la Fondation d'entreprise La Poste, cette importante contribution à l'historiographie plonge le lecteur dans le milieu lyrique et mondain français pendant la deuxième moitié du XIXe siècle. Selon Melanie von Goldberg, Docteur en musicologie, chercheur à l'Université d'Oxford, spécialiste de Pauline Viardot (1821-1910) et des pratiques musicales européennes, cette cantatrice exceptionnelle a facilité l'entrée de Charles Gounod (1818-1893) à l'Opéra ; elle tiendra le rôle titre de Sapho, œuvre créée à l'Opéra de Paris en 1851. Elle en avait d'ailleurs suivi les étapes compositionnelles. En 1848, Gounod ayant quitté le Séminaire, ils se retrouvèrent fréquemment, comme il ressort de leur correspondance comprenant essentiellement des lettres de la main du compositeur. Celles de Pauline ne nous sont pas parvenues, à part quatre. Ce duo, quelque peu perturbé par le mariage de Gounod en mai 1852, s'est poursuivi jusqu'à sa mort en 1893.

Simha AROM et Denis-Constant MARTIN : L'enquête en Ethnomusicologie. Préparation, terrain, analyse. Paris, VRIN (www.vrin.fr ), Collection MusicologieS, 2015, 285 p. – 15 €.

Deux chercheurs : un ethnomusicologue spécialiste de la musique de Centre-Afrique et un socio-anthropologue font part de leur vaste expérience pratique (sur le terrain), puis méthodologique et analytique. Ce manuel contient de solides recommandations pour les étudiants et, dans  certains cas, les professionnels, selon trois étapes : préparation, terrain, analyse qui débouchent sur les objectifs de « l'analyseur social ». Ils ouvrent de nouvelles perspectives encore accrues par les progrès techniques d'enregistrement sur le vif et des possibilités ouvertes par l'informatique.

Ziad KREIDY : Les avatars du piano. 1 vol Éditions Beauchesne, 2012, 80 p 14,50 €.

Le point de vue de l'auteur : pourquoi j'ai écrit ce livre.

 

 

 

         En 2004, commençant mon doctorat de musicologie sur le compositeur japonais Tôru Takemitsu, j'envisageai déjà d'écrire un livre novateur sur le piano. L'interaction entre écriture musicale et timbre me passionnait depuis mes études d'orchestration commencées en 1999. À l'époque, les pianos anciens que j'avais la chance de jouer m'intriguaient. J'y pensais continuellement. Captivé par leur musicalité, différente d'un instrument à l'autre, je me posais de multiples questions musicales et sociologiques. Pourquoi sont-ils si méconnus et jugés à coup sûr défaillants ? Pourquoi ce consensus sur l'idéalisation du grand piano à queue d'aujourd'hui ?

Jacques LONCHAMPT : La musique au jour le jour. Bouquets de Fleurs 1 1961-1973. 1vol L'Harmattan, 2015, 303 p, 28€.

« Que deviennent nos souvenirs de concerts ?» Sans doute plus que l'impression du moment, glanée au sortir d'une soirée qu'on pense être marquée d'une pierre blanche... ou embrumée par quelque déception. S'ils ont tendance à s'estomper au fil inexorable du temps, le mérite de cet ouvrage est de les raviver. Car voici réuni un florilège de papiers de Jacques Lonchampt, éminent critique musical du journal Le Monde des années durant, récemment disparu. Et tournés avec la fine plume qu'on lui connut. Ce sont finalement autant de moments essentiels où le mot culture prend tout son sens. Pour qui a vécu ces années bénies, de 1961 à 1973, où l'on abordait bien des œuvres pour la première fois, c'est une mine d'enseignements.

Noémi LEFEBVRE : Marcel Landowski – une politique de l'enseignement musical – 1966/1974. Cahiers de recherches du Cefedem Rhône-Alpes et Comité d'histoire du ministère de la Culture et de la Communication, "Enseigner la musique numéro 12", Lyon, 2014,  358p. 21 euros.

Après un premier ouvrage consacré à Maurice Fleuret et publié en collaboration avec Anne Veitl, Noémi Lefebvre s'attaque à une autre figure de la politique musicale française, Marcel Landowski. Tout comme pour son ouvrage précédent, Noémie Lefebvre a bénéficié du soutien du Comité d'histoire du ministère de la Culture et de la Communication, soutien perceptible notamment dans la richesse des sources exploitées. L'auteure nous livre une étude très bien informée, très détaillée et nuancée qui témoigne d'une grande connaissance des problématiques de la politique de l'enseignement musical où elle aborde successivement la politique musicale et l'action culturelle (1962-1966), le conservatoire national supérieur de musique, la réforme de l'enseignement musical spécialisé, l'action en faveur de la musique dans l'enseignement scolaire et la politique d'animation musicale. Ce livre est publié à point nommé, tout d'abord parce qu'il permet de célébrer le centenaire de la naissance d'un homme cardinal pour le développement de la politique musicale française de la seconde moitié du XXe siècle et ensuite parce qu'on assiste progressivement au démantèlement de l'œuvre d'aménagement et de développement culturel du territoire qu'il avait participé à mettre en place, notamment avec la diminution des dotations budgétaires de certains conservatoires.

  Juliette AUBRUN, Catherine BRUANT et alia (dir.) : Silences et bruits du Moyen-Âge à nos jours.

Sous-titré : « Perceptions, identités sonores et patrimonialisation », cet ouvrage collectif réunit des communications présentées par douze intervenants, en 2012, lors d'une rencontre à l'Université de Saint-Quentin-en-Yvelines et à l'Institut National de l'Audiovisuel. Ils proviennent d'horizons très variés : musicologie et ethnomusicologie ; organologie, acoustique et informatique musicales ; histoire médiévale et contemporaine ; environnement sonore, urbanisme et architecture ; lexicographie et linguistique ; archéologie et ethnologie

« Cahiers de conversation de BEETHOVEN (1819-1827) » traduits et présentés par Jacques-Gabriel PROD'HOMME. Édition révisée par Nathalie Krafft. Paris, BUCHET-CHASTEL, LIBELLA (www.libella.fr ), 2015, 448 p. – 23 €.

Cette nouvelle édition — révisée et introduite par Nathalie Krafft — remet à la disposition des musicologues et amateurs francophones ces documents (indisponibles depuis un demi-siècle) illustrant les dernières années de la vie de Beethoven. À partir de 1818, atteint de surdité, l'écriture était alors son seul moyen de communiquer avec son entourage, par le jeu de questions et de réponses.

Jacinthe HARBEC, Marie-Noëlle LAVOIE et alia :  Darius Milhaud, compositeur et expérimentateur. Paris, VRIN (www.vrin.fr ), Collection MusicologieS, 2014, 286 p. – 30 €.

Darius Milhaud (1892-1974), « Français de Provence et de religion israélite », — auteur d'une œuvre prolifique (443 numéros d'opus), largement diffusée, contemporain de Maurice Ravel, Charles Koechlin, Oswaldo Guerra — a très largement contribué au rayonnement international de la musique française. Toutefois, certains aspects de sa forte personnalité et de son esthétique restent encore à découvrir. Jacinthe Harbec et Marie-Noëlle Lavoie ont regroupé onze études et réuni un important corpus documentaire inédit : lettres (Pierre Monteux), correspondances (Milhaud-Guerra), affiches (concert, Salle Chopin, 27 avril 1936 ; Chorégies à Orange, 1936…), programmes de concerts (Galerie Montaigne, Saudades do Brazil,22. 11. 1920…), portraits, exemples musicaux…

Tom PHILLIPS : Le son dans ma vie. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), 2015, 108 p. 35 €.

Les Éditions DELATOUR FRANCE viennent de publier, avec de remarquables qualités de présentation graphique et iconographique, un ouvrage exceptionnel et original. Il met en scène « un compositeur parmi les peintres » autour du motif conducteur : la relation des peintres avec la musique telle qu'elle est vécue par Tom Phillips (né en 1937), à la fois peintre et compositeur anglais. Il est introduit par Jean-Yves Bosseur

Philippe ENTREMONT : Piano ma non troppo, Paris, Fallois, 2015, 140p, 16€.

Célèbre, adulé, encensé face au clavier comme sur le podium du chef, Philippe Entremont livre ici une chronique savoureuse, toute de simplicité nuancée d'humour et de réserve colorée d'élégance. Le lecteur soucieux de découvrir les secrets de fabrication mécanique d'un génie du piano devra cependant déchanter ; rien de plus plaisant, dans cette chronique douce-amère, que la gaîté avec laquelle le grand artiste vous confie son goût pour la désinvolture ! Désinvolture toute rossinienne, si l'on s'avise que notre oisif décroche son prix de Paris le jour de ses quinze ans, la finale du Concours Reine-Elisabeth à dix-huit ans, le sacre au « Long-Thibaud » l'année suivante ! Sollicité par les plus grands noms, Monteux, Stravinsky, Milhaud, Bernstein…

Brigitte FRANCOIS-SAPPEY : La musique au tournant du siècle. 1 vol. Éditions Fayard, collection « Les chemins de la musique ». 2015, 302 p, 20€.

Ce livre offre une perspective originale sur la production musicale. La question posée est de savoir si les tournants de siècle sont vécus dans la musique comme des moments particuliers. « Les compositeurs ont-ils eu conscience d'une mutation ?» (quatrième de couverture ), du franchissement d'un seuil ? L'aube d'un nouveau siècle apporte-t-il quelque chose de significatif dans l'évolution de la pensée musicale ? Cette clé d'analyse est prétexte un examen de ce qui peut être différent ou ne pas l'être chez les compositeurs ou en matière de compositions. En fait d'année seuil, c'est à une période plus large de gestation qu'il y a lieu de se consacrer, plus intéressante à observer. Une tranche d'histoire s'étendant entre les années « 89 » du siècle et « 14 » du siècle suivant, qui marque souvent non une rupture, mais « un nécessaire fondu enchaîné ».

Marcel Jean VILCOSQUI. Flaubert était-il sourd ? Analyse sonolittéraire de sa vie et de son œuvre. 1 Vol  Les impliqués Éditeur, 2015, 265 p. 27€.

Si l'on peut légitimement se poser la question de la surdité et de ses conséquences chez tel ou tel compositeur, il faut bien avouer que cette question se pose avec moins d'acuité concernant les écrivains… Toute la gageure d'une telle enquête étant de démontrer au lecteur le bien fondé d'une telle problématique, pour le moins surprenante !

Musique au château du ciel. Un portrait de Jean-Sébastien Bach

John Eliot GARDINER : Musique au château du ciel. Un portrait de Jean-Sébastien Bach (traduit de l'anglais par Laurent Cantagrel et Dennis Collins), Paris, FLAMMARION (www.editions.flammarion.com ), 2014, 747 p. – 35 €.

Publié en 2013, sous le titre : Music in the Castle of Heaven, ce livre est dédié « Aux compagnons de voyage dans les paysages de Bach ». John Eliot Gardiner — qui, dès son jeune âge, est fasciné par Bach, contemple deux portraits authentiques, joue ses œuvres et, par la suite, en tant que chef incontesté, les inscrira à ses programmes — fait bénéficier son lectorat de sa vaste érudition, de son esprit d'analyse très poussé et de sa grande intelligence musicale.

Léonce de Saint-Martin à Notre-Dame de Paris (1886-1954)

Jean GUÉRARD : Léonce de Saint-Martin à Notre-Dame de Paris (1886-1954),  Paris, Les Éditions de l'officine (www.leseditionsdelofficine.com ), 2005, 328 p.  22, 50 €.

 

La vie de Léonce de Saint-Martin, jalonnée par de nombreuses difficultés familiales et contrariétés professionnelles surmontées avec courage, est présentée à l'appui de documents de première main par Jean Guérard — d'abord maîtrisien, puis élève du célèbre organiste — ayant participé de près aux diverses activités liturgiques et artistiques à Notre-Dame de Paris. Il est donc particulièrement qualifié pour rédiger cette page d'histoire événementielle de Paris, de sa Cathédrale et de Léonce de Saint-Martin, son organiste actif pendant vingt ans, de 1934 à 1954.

Émile BOURDON (1884-1974), organiste et compositeur

Louis SAUVÉ : Émile BOURDON (1884-1974), organiste et compositeur, Préface de Marie-Claire Alain. Paris, Les éditions de l'officine (www.leseditionsdelofficine.com ), 2004, 342  p. – 22, 50 €.

 

Le titre significatif du chapitre IV : « Non à l'oubli !... » est explicité et réalisé en trois autres chapitres dans lesquels Louis Sauvé situe son « oncle Émile » par rapport à son environnement familial, à l'éveil de sa vocation, à ses années d'études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et surtout dans le contexte de la « Belle Époque », en France et à Monte-Carlo, puis au milieu de ses élèves, collègues et amis. Le récit de « son neveu », le Docteur Louis Sauvé, est garant d'authenticité.

Entartete Musik. Musiques interdites sous le IIIe Reich

Élise PETIT, Bruno GINER : Entartete Musik. Musiques interdites sous le IIIe Reich,  Paris, Bleu Nuit Éditeur (www.harmattan.fr ), Collection : Horizons (n°49), 2015, 176 p. – 20 €.

Sous le IIIe Reich, l'idéologie nazie s'en est aussi prise à la « musique dégénérée » et visait les musiciens, compositeurs, chefs d'orchestre, interprètes, éditeurs, metteurs en scène, comédiens, chanteurs, poètes, acteurs, journalistes d'origine juive ou étrangère, ceci au nom de la « pureté de la race ». Le régime soutenait la tradition musicale allemande et rejetait entre autres le jazz, le cabaret, certaines chansons, l'atonalité et, évidemment, la musique non-allemande.