Diabolus in Musica

François BAYLE & Jean-Christophe THOMAS : Diabolus in Musica.  Magison (31, rue de la Harpe, Paris Ve, www.magison.org).  14 x 24 cm, 174 p., ill. n&b et couleurs.  En français et en anglais.  Avec un DVD-Rom.  17 €.

Ouvert sous le signe d’une question qui hante toutes les consciences musicales depuis le second XXe siècle (« Observer l’écoute, qu’est-ce que cela veut dire ? »), cet ouvrage du grand compositeur, assisté par l’excellent Jean-Christophe Thomas, présente – chaque mot pesé – un intérêt capital, vital pour l’éventualité d’une écoute contemporaine, c’est-à-dire généreuse et sensiblement transversale.  Mi-livre mi écran, telle qu’elle est présentée par ses propres concepteurs, cette contribution superlativement inédite, sollicite le lecteur, l’auditeur, le regardeur… tous navigateurs de l’immensité sensible.  La méthode, d’une rigueur confondante et source d’un total inquantifiable de découvertes, moins inouïes qu’ouïes de façon jusque là

Écrits ou l’invention de la musique spectrale.

Gérard GRISEY : Écrits ou l’invention de la musique spectrale.  « Répercussions », MF (www.editions-mf.com).  Édition établie et préfacée par G. Lelong. 376 p., ex. mus., photos.  Catalogue des œuvres, discographie, bibliographie, filmographie, radiophonie.  22 €.

Dix ans après sa mort, G. Grisey (1946-1998) apparaît plus que jamais comme l’un des créateurs essentiels du XXe siècle.  C’est dire l’intérêt de ces écrits, auparavant dispersés ou inédits, ici impeccablement édités.  Le compositeur y expose avec une clarté remarquable ses principes de composition où l’obsession du temps et de sa perception précède les questions relatives à l’écriture spectrale dont il fut pourtant l’un des initiateurs.  Entretiens, lettres et extraits de journal, souvent fort émouvants, complètent judicieusement ce volume important.

La musique et l’altérité. Miroirs d’un style.

Gérard GRISEY : Écrits ou l’invention de la musique spectrale.  « Répercussions », MF (www.editions-mf.com).  Édition établie et préfacée par G. Lelong. 376 p., ex. mus., photos.  Catalogue des œuvres, discographie, bibliographie, filmographie, radiophonie.  22 €.

Dix ans après sa mort, G. Grisey (1946-1998) apparaît plus que jamais comme l’un des créateurs essentiels du XXe siècle.  C’est dire l’intérêt de ces écrits, auparavant dispersés ou inédits, ici impeccablement édités.  Le compositeur y expose avec une clarté remarquable ses principes de composition où l’obsession du temps et de sa perception précède les questions relatives à l’écriture spectrale dont il fut pourtant l’un des initiateurs.  Entretiens, lettres et extraits de journal, souvent fort émouvants, complètent judicieusement ce volume important.

Quand le sonore cherche noise.

Pierre Albert CASTANET : Quand le sonore cherche noise.  Pour une philosophie du bruit.  Préface de Daniel Charles : « Pour les noiseux ».  Michel de Maule (www.micheldemaule.com).  Schémas, index, table. 495 p.  30€

À la suite de Tout est bruit pour qui a peur (1999, rééd. 2007), cet ouvrage vient combler un réel manque dans les études en musicologie générale en enrichissant nos connaissances sur le statut musical du bruit.  Ce livre était donc du pain bénit pour les candidats au Capes et à l’agrégation de musique en 2007 et 2008, tant il abreuve d’informations sur le bruit & la musique et agite de réflexions aussi nouvelles qu’inattendues.  Inattendues ? C’est tout l’enjeu de cette bible : établir que cette attirance pour l’expérimentation du « son-bruit » anime les arts dès l’aube du XXe siècle et qu’aujourd’hui encore, sa « dramaturgie » met plus que jamais les créateurs, tous horizons confondus, sous tension.  Avec, à l’appui, des descriptions précises de scènes

Le chant des serpents.

Christine GUILLEBAUD : Le chant des serpents.  Musiciens itinérants du Kerala.  CNRS Éditions (www.cnrseditions.fr).  14 x 23 cm, 384 p., schémas, ill. n&b, ex. mus.  DVD-Rom inclus.  35 €.

Voilà – si m’en croyez – un livre assorti d’un DVD-Rom qui, non seulement vous apprendra mille choses sur la société et les musiques du Kerala (Inde du Sud), mais aussi vous passionnera !  Ethnomusicologue chargée de recherche au CNRS, Christine Guillebaud s’est notamment intéressée aux musiciens itinérants – à la fois officiants de rituels domestiques, chanteurs au porte-à-porte, contractuels à la radio d’État (All India Radio) ou encore musiciens invités dans les colloques de musicologie indienne.  Elle s’est attachée à comprendre in situcomment se tissent les réseaux sociaux autour de la musique et comment ses codes se redéfinissent sans cesse - en fonction des commanditaires, des temps et des lieux.  Trois grandes parties : Musique à

ean-Yves CHEVALIER & Nicolas PROST : Saxophone & Pédagogie : à vous de jouer ! Vol. 1. Delatour (www.editions-delatour.com).  17 x 21 cm, 258 p., ill. n&b, ex. mus.

Fruit de quelque 20 ans de réflexion, les neuf dossiers qui constituent cet ouvrage s’adressent principalement aux futurs enseignants : L’artiste enseignant saxophoniste / Les formations diplômantes / Histoire, facture et acoustique / Pédagogie générale / Compositeur et pédagogie / La musique minimaliste / Le concerto / Enseigner le saxophone / Tour du monde.

Hotel California.  Les années folk rock (1965-1980).

Barney HOSKYNS : Hotel California.  Les années folk rock (1965-1980). Traduit de l’anglais par François Tétreau.  Le Castor Astral (www.castorastral.com).  15 x 23 cm, 314 p., 24 €.

Après Waiting for the sun, histoire de la musique à Los Angeles (1965-1980) et San Francisco, les années psychédéliques (1965-1970), le journaliste anglais Barney Hoskyns récidive avec cette étude, d’une précision maniaque, autour de la faramineuse postérité de Hotel California, chanson du groupe The Eagles.  Où l’on croise (dans les villas de Laurel Canyon, puis bien au-delà) Neil Young et Tim Buckley, mais aussi David Ackles, Irving Azoff, Joni Mitchell, David Geffen, James Taylor, C

Jazz, musiques improvisées et écritures contemporaines

Pierre MICHEL (Sous la direction de) : Jazz, musiques improvisées et écritures contemporaines : convergences et antinomies.  Revue Filigrane n°8.  Delatour (www.editions-delatour.com).  17 x 20 cm, 204 p., ex.mus., 1CD.  20 €.

La plupart des articles de cette livraison sont issus d’une Journée d’étude qui s’était tenue, en novembre 2007, à l’Université Marc-Bloch de Strasbourg.  Contributions de Jean-Marc Foltz, Stephan Oliva, Christa Haring, Philippe Michel, Kai Lothwesen, Henry Fourès, Pierre Michel, Vincenzo Caporaletti, Jean-Luc Guionnet et Makis Solomos.  Le CD inclus (TT : 64’59) comporte des pièces de : J. Coltrane, G. Scelsi, D. Levaillant, L. Ferrari, B. Phillips, etc.

L’Office des Oracles de Maurice Ohana

Mathieu TOUZOT : L’Office des Oracles de Maurice Ohana.  « Développons », The Book Edition (tél. : 06 25 55 56 69. www.thebookedition.com).  14,5 x 20 cm, 40 p., 10 €.

Dans L’Office des Oracles (œuvre chorale en douze séquences, créée en 1974), Maurice Ohana intégrait, à son propre langage, les influences de nombreux mythes et traditions.  Le compositeur & guitariste classique Mathieu Touzot nous en propose une analyse éminemment personnelle.

André David (1922-2007).

Mireille GAUDIN : André David (1922-2007).  Préface de Charles Chaynes.  « Musiciens français, n°12 », Les Amis de la musique française (Jardin des Rolphies, 24110 Montrem. http://musiquefrancaise.asso.fr).  14,5 x 21 cm, 58 p., 8 €.

Au pianiste d’exception et compositeur d’une rare fécondité que fut le docteur André David (consulter son blog : http://andre-david.blogspot.com), Mireille Gaudin rend ici un bel et juste hommage.  Dans le droit fil de la préface de l’académicien Charles Chaynes, elle a pieusement rédigé des mémoires imaginaires signés d’une auditrice, mais aussi de Maurice et Simone David, père et sœur du compositeur.  Pierrette David, épouse d’André, évoque la création de nombre de ses ouvrages.  Puis ce sont les souvenirs de trois de ses interprètes d’élection : la pianiste Geneviève Ibanez, le violoniste Alexis Galpérine et le chef d’orchestre Jean-Yves Gaudin.  Analyses & commentaires de Décan (1986), Anaglyphe (1985), Écart (1984), Eunode (1996), Naufrage (1988), Rai (1991).  Catalogue de l’œuvre, bibliographie, discographie.  D’une pierre blanche !

Actes du colloque de Lyon (23 janvier 2008)

Bruit et Musique.  Actes du colloque de Lyon (23 janvier 2008).  Textes recueillis & présentés par Gérard Le Vot, publiés par Gérard Streletski.  Commandes auprès de : Pierre Saby, département « Musique et Musicologie » de l’Université Lumière Lyon 2 (18, quai Claude-Bernard, 69007 Lyon).  326 p., illustrations.  25 €.

Intitulé des communications : Le bruit dans les chansons de Clément Janequin (Jean Duchamp), La musique est le silence du bruit (Jean-Marc Warszawski), Réflexion autour de deux fragments de Fr. Schubert : le chant, le bruit et l’inscription linguistique du musical (Pierre Saby), Le bruit comme perturbation ou dissolution de la sphère de cohérence tonale (Denis Le Touzé), Les « Bruits de guerre » aux XVIIe et XVIIIe siècles : du signal fonctionnel à la musique (Mylène Pardoen), Le

Vers une sémiotique générale du temps dans les arts.

Emmanuelle RIX & Marcel FORMOSA : Vers une sémiotique générale du temps dans les arts.  « Recherche & création musicales », Ircam/Delatour (www.editions-delatour.com).  18 x 25,5 cm, 340 p., ill. n&b, schémas, ex. mus., 1CD-Rom (83 plages).

Il s’agit là des actes du colloque « Les unités sémiotiques temporelles (UST), nouvel outil d’analyse musicale : théories et applications » qui s’était tenu à Marseille, les 7, 8 et 9 décembre 2005, sous la présidence d’Henry Fourès & Costin Miereanu.  Y participaient des chercheurs, artistes et pédagogues de disciplines aussi différentes que musique, arts plastiques, multimédia, danse, littérature, graphisme, mathématiques, sciences cognitives, neurosciences… Actes qui rendent compte de cette diversité d’approches et dessinent les contours d’une sémiotique générale du temps dans les arts.  Sous quatre rubriques : « Les UST comme outil d’analyse », « Approches théoriques », « UST et applications pédagogiques », « UST comme outil de création et d’interprétation ».

Reynaldo Hahn.

acques DEPAULIS : Reynaldo Hahn.  « Empreinte », Séguier (www.atlantica.fr).  16 x 24 cm, 184 p., cahier de photos n&b, 20 €.

Trop exclusivement connu pour Ciboulette - l’une de ses meilleures opérettes certes -, le compositeur Reynaldo Hahn n’en a pas moins laissé une œuvre considérable, que l’on redécouvre avec bonheur : mélodies, pièces pour piano, musique de chambre, œuvres symphoniques, musiques de scène, ouvrages lyriques...  La vie du compositeur est précisément retracée auprès de ses amis : Alphonse Daudet, Pierre Loti, Sarah Bernhardt, Édouard Risler, la princesse de Polignac et… Marcel Proust.  Catalogue de l’œuvre, bibliographie, discographie.

Felix Mendelssohn (1809-1847). Un intercesseur multiculturel ?

Philippe OLIVIER : Felix Mendelssohn (1809-1847). Un intercesseur multiculturel ?  « Points d’orgue », Hermann, éditeur.  14 x 21 cm, 140 p., 22 €.

Bien que converti au protestantisme, le petit-fils du célèbre philosophe Moses Mendelssohn (1729-1786) fut classé, par les nazis, au nombre des artistes dégénérés - donc mis à l’index.  Le présent essai révèle, à cet égard, de tout nouveaux éléments.  Est, en outre, mise en lumière la personnalité culturellement multiple du musicien : pianiste, organiste, directeur de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, auteur d’oratorios comme Elias, Christus et Paulus où se croisent les enseignements de l’Ancien et du Nouveau Testament.  Index nominum, index rerum.

La musique dans l’Allemagne roman

Brigitte FRANÇOIS-SAPPEY : La musique dans l’Allemagne romantique.  Fayard.  15 x 23,5 cm, 960 p., ill. n&b, ex. mus., 35 €.

Pagination certes en accord avec l’ambition de cette magistrale synthèse, où la musique est judicieusement resituée au cœur du romantisme allemand, où est clairement fait le départ entre idéologies - parfois douteuses - et corpus des œuvres elles-mêmes.  Deux grands volets : L’Allemagne romantique et les arts (L’effervescence romantique / Le romantisme dans les lettres et les arts / Le romantisme dans la musique), La musique dans l’Allemagne romantique (Du salon au concert / Concerts symphoniques / De l’église aux concerts spirituels / Représentations lyriques).  Une somme sans précédent.

Déracinements.

maury du CLOZEL & Philippe OLIVIER (Sous la direction de) : Déracinements. Exil et déportation des musiciens sous le Troisième Reich.  Essai historique « Voix étouffées », Hermann (www.editions-hermann.fr).  14 x 21 cm, 300 p., 30 €.

Dans cet essai historique, constitué de quatorze contributions, sont relatées les conditions dans lesquelles le national-socialisme aura interdit la publication, l’enregistrement, la radiodiffusion et l’exécution d’œuvres de musiciens juifs ou d’avant-garde, tels que Mendelssohn, Mahler, Weill, Schönberg… Est aussi évoqué le sort tragique d’artistes contraints à l’exil ou déportés, voire assassinés.  Où l’on croise des personnalités telles qu’Artur Schnabel, Theodor Adorno, Norbert Glanzberg, Salvador Bacarisse, Erich Itor Khan, Alfred Tokayer, Aldo Finz

Le Cœur de l'horloge, une dédicace cachée dans la musique de Ravel.

David LAMAZE : Le Cœur de l'horloge, une dédicace cachée dans la musique de Ravelwww.thebookedition.com 280 p., 20 €.

A-t-on trop vite voulu expliquer l’absence de relation sentimentale dans la vie de Maurice Ravel ? Après l’avoir révélé dans un roman (Le Cygne de Ravel, Michel de Maule), David Lamaze, professeur d’écriture au Conservatoire de Rennes, l’affirme dans cet essai qui argumente une découverte étonnante à plus d'un titre : la présence d’une transcription des mots « Misia » « Godebska » dans la quasi-totalité de la musique ce compositeur.  De nombreux exemples musicaux (plus de 200) et une recherche biographique précise étayent l’hypothèse de cette dédicace cachée, qui expliquerait entre autres : la réserve de Ravel, la force de ses liens avec la famille Godebski, l’occultation de ses liens par Misia dans son autobiographie, l’existence d'un reflet littéraire de Ravel dans une pièce décrivant Misia (le Foyer) et l’omniprésence de deux groupes de notes dans la musique de Ravel, transcrivant le prénom et le nom d’une seule et même personne.  Table des matières consultable sur la page http://le-cygne-de-ravel.com/LeCoeur.html

La musique à l’esprit. Enjeux éthiques du phénomène musical.

Jean DURING (et alii) : La musique à l’esprit. Enjeux éthiques du phénomène musical. L’Harmattan. 146 p. 14 €.

Un livre très intéressant qui ouvre la voie à de nombreuses réflexions sur les rapports entre musique & éthique dans leurs acceptions les plus larges. S’agissant d’un ouvrage collectif, les différents intervenants explorent des facettes spécifiques : philosophiques, musicologiques, ethnomusicologiques, psychanalytiques, thérapeutiques ou sociologiques de cette problématique centrée sur l’homme et les rapports interhumains, donc politiques.  L’éthique y est envisagée dans le sens deleuzien du terme, c’est-à-dire se référant à l’immanence, à l’opposé de la morale qui se rapporte toujours à des valeurs transcendantes. Sont successivement envisagés : les relations indissociables entre le « je » (qui joue) et le « nous » (qui écoute), les rapports du

Écrits et paroles.

Morton FELDMAN : Écrits et paroles. Les Presses du réel (www.lespressesdureel.com). Trad. (américain) : J.-Y. Bosseur et alii.  Préface : Danièle Cohen-Lévinas.  Monographie : Jean-Yves Bosseur.  464 p., ill. n&b.  Catalogue des œuvres, bibliographie, discographie, index.  19 €.

Réédition des écrits du compositeur new-yorkais (1926-1987), proche de Cage et surtout de nombreux peintres : Guston, Rothko, etc.  Obsédé par la « surface », ses œuvres sont « toiles de temps », en notes douces, sans attaque, serties de silence. Pas plus de concept dans cette musique « gelée et vibrante » que de clé définitive dans ces propos, souvent déroutants et truffés d’anecdotes parfois caustiques (pauvre Karlheinz !), mais l’affirmation réitérée de la primauté de la sensation physiologique du son, qui requiert rigueur et concentration.

Musique, sémiotique et pulsion.

Morton FELDMAN : Écrits et paroles. Les Presses du réel (www.lespressesdureel.com). Trad. (américain) : J.-Y. Bosseur et alii.  Préface : Danièle Cohen-Lévinas.  Monographie : Jean-Yves Bosseur.  464 p., ill. n&b.  Catalogue des œuvres, bibliographie, discographie, index.  19 €.

Réédition des écrits du compositeur new-yorkais (1926-1987), proche de Cage et surtout de nombreux peintres : Guston, Rothko, etc.  Obsédé par la « surface », ses œuvres sont « toiles de temps », en notes douces, sans attaque, serties de silence. Pas plus de concept dans cette musique « gelée et vibrante » que de clé définitive dans ces propos, souvent déroutants et truffés d’anecdotes parfois caustiques (pauvre Karlheinz !), mais l’affirmation réitérée de la primauté de la sensation physiologique du son, qui requiert rigueur et concentration.

Ocean of sound.  Ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther.

David TOOP : Ocean of sound.  Ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther. Traduction : A. Réveillon.  Kargo/L’éclat. Bibliographie, discographie, index.  384 p., 13 €.

Réédition d’un déjà classique (1996).  D. Toop, musicien anglais de l’électronique expérimentale, nous invite à y parcourir les ramifications de son écoute : Debussy, Cage, Pandit Pran Nath, Stockhausen, La Monte Young, gamelan balinais, Miles Davis, J. Zorn, chamans Yanomani, Beatles, B. Eno, paysages sonores, The Orb, Aphex Twin... un fabuleux réseau à la bigarrure postmoderne mais thématisé avec précision et lucidité en des confins où pourtant « tout ce qui est solide se fond dans l’éther ».  Hors analyse et catégories se développe ainsi - dans l’union d’archétypes anthropologiques, de rêves et de technologie avancée - l’ambient music, « sons qui existent pour nous permettre de mieux entendre le silence ».

À voix basse.  Entretiens avec Franck Médioni.

Joëlle LÉANDRE : À voix basse.  Entretiens avec Franck Médioni.  Préface de Philippe Fénelon « Léandre ou la ferveur ».  Éditions MF (www.editions-mf.com).  Œuvres commandées, discographie, index, table. 160 p. 10 €.

Autant dire que Joëlle Léandre renouvelle ici le genre de l’entretien. La narratrice n’a pas d’autre interlocuteur que le lecteur à qui elle relate sa carrière de musicienne, compositrice, improvisatrice, contrebassiste et performeuse, sur les plus grandes scènes internationales. Mais beaucoup plus que le simple témoignage d’une vie de labeur, de contraintes, de rigueur mais aussi de bonheurs et de rencontres passionnantes, la force des textes qui se succèdent en tableaux et défilent comme un diaporama impressionne : les images qui jaillissent des mots projettent non seulement les sons mais aussi le rythme frénétique qui animent la riche pensée créatrice de la musicienne.  De ses années de formation au CNSMDP jusqu’à son « exil » forcé