Actes du colloque de Lyon (23 janvier 2008)

Bruit et Musique.  Actes du colloque de Lyon (23 janvier 2008).  Textes recueillis & présentés par Gérard Le Vot, publiés par Gérard Streletski.  Commandes auprès de : Pierre Saby, département « Musique et Musicologie » de l’Université Lumière Lyon 2 (18, quai Claude-Bernard, 69007 Lyon).  326 p., illustrations.  25 €.

Intitulé des communications : Le bruit dans les chansons de Clément Janequin (Jean Duchamp), La musique est le silence du bruit (Jean-Marc Warszawski), Réflexion autour de deux fragments de Fr. Schubert : le chant, le bruit et l’inscription linguistique du musical (Pierre Saby), Le bruit comme perturbation ou dissolution de la sphère de cohérence tonale (Denis Le Touzé), Les « Bruits de guerre » aux XVIIe et XVIIIe siècles : du signal fonctionnel à la musique (Mylène Pardoen), Le

Vers une sémiotique générale du temps dans les arts.

Emmanuelle RIX & Marcel FORMOSA : Vers une sémiotique générale du temps dans les arts.  « Recherche & création musicales », Ircam/Delatour (www.editions-delatour.com).  18 x 25,5 cm, 340 p., ill. n&b, schémas, ex. mus., 1CD-Rom (83 plages).

Il s’agit là des actes du colloque « Les unités sémiotiques temporelles (UST), nouvel outil d’analyse musicale : théories et applications » qui s’était tenu à Marseille, les 7, 8 et 9 décembre 2005, sous la présidence d’Henry Fourès & Costin Miereanu.  Y participaient des chercheurs, artistes et pédagogues de disciplines aussi différentes que musique, arts plastiques, multimédia, danse, littérature, graphisme, mathématiques, sciences cognitives, neurosciences… Actes qui rendent compte de cette diversité d’approches et dessinent les contours d’une sémiotique générale du temps dans les arts.  Sous quatre rubriques : « Les UST comme outil d’analyse », « Approches théoriques », « UST et applications pédagogiques », « UST comme outil de création et d’interprétation ».

Reynaldo Hahn.

acques DEPAULIS : Reynaldo Hahn.  « Empreinte », Séguier (www.atlantica.fr).  16 x 24 cm, 184 p., cahier de photos n&b, 20 €.

Trop exclusivement connu pour Ciboulette - l’une de ses meilleures opérettes certes -, le compositeur Reynaldo Hahn n’en a pas moins laissé une œuvre considérable, que l’on redécouvre avec bonheur : mélodies, pièces pour piano, musique de chambre, œuvres symphoniques, musiques de scène, ouvrages lyriques...  La vie du compositeur est précisément retracée auprès de ses amis : Alphonse Daudet, Pierre Loti, Sarah Bernhardt, Édouard Risler, la princesse de Polignac et… Marcel Proust.  Catalogue de l’œuvre, bibliographie, discographie.

Felix Mendelssohn (1809-1847). Un intercesseur multiculturel ?

Philippe OLIVIER : Felix Mendelssohn (1809-1847). Un intercesseur multiculturel ?  « Points d’orgue », Hermann, éditeur.  14 x 21 cm, 140 p., 22 €.

Bien que converti au protestantisme, le petit-fils du célèbre philosophe Moses Mendelssohn (1729-1786) fut classé, par les nazis, au nombre des artistes dégénérés - donc mis à l’index.  Le présent essai révèle, à cet égard, de tout nouveaux éléments.  Est, en outre, mise en lumière la personnalité culturellement multiple du musicien : pianiste, organiste, directeur de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, auteur d’oratorios comme Elias, Christus et Paulus où se croisent les enseignements de l’Ancien et du Nouveau Testament.  Index nominum, index rerum.

La musique dans l’Allemagne roman

Brigitte FRANÇOIS-SAPPEY : La musique dans l’Allemagne romantique.  Fayard.  15 x 23,5 cm, 960 p., ill. n&b, ex. mus., 35 €.

Pagination certes en accord avec l’ambition de cette magistrale synthèse, où la musique est judicieusement resituée au cœur du romantisme allemand, où est clairement fait le départ entre idéologies - parfois douteuses - et corpus des œuvres elles-mêmes.  Deux grands volets : L’Allemagne romantique et les arts (L’effervescence romantique / Le romantisme dans les lettres et les arts / Le romantisme dans la musique), La musique dans l’Allemagne romantique (Du salon au concert / Concerts symphoniques / De l’église aux concerts spirituels / Représentations lyriques).  Une somme sans précédent.

Déracinements.

maury du CLOZEL & Philippe OLIVIER (Sous la direction de) : Déracinements. Exil et déportation des musiciens sous le Troisième Reich.  Essai historique « Voix étouffées », Hermann (www.editions-hermann.fr).  14 x 21 cm, 300 p., 30 €.

Dans cet essai historique, constitué de quatorze contributions, sont relatées les conditions dans lesquelles le national-socialisme aura interdit la publication, l’enregistrement, la radiodiffusion et l’exécution d’œuvres de musiciens juifs ou d’avant-garde, tels que Mendelssohn, Mahler, Weill, Schönberg… Est aussi évoqué le sort tragique d’artistes contraints à l’exil ou déportés, voire assassinés.  Où l’on croise des personnalités telles qu’Artur Schnabel, Theodor Adorno, Norbert Glanzberg, Salvador Bacarisse, Erich Itor Khan, Alfred Tokayer, Aldo Finz

Le Cœur de l'horloge, une dédicace cachée dans la musique de Ravel.

David LAMAZE : Le Cœur de l'horloge, une dédicace cachée dans la musique de Ravelwww.thebookedition.com 280 p., 20 €.

A-t-on trop vite voulu expliquer l’absence de relation sentimentale dans la vie de Maurice Ravel ? Après l’avoir révélé dans un roman (Le Cygne de Ravel, Michel de Maule), David Lamaze, professeur d’écriture au Conservatoire de Rennes, l’affirme dans cet essai qui argumente une découverte étonnante à plus d'un titre : la présence d’une transcription des mots « Misia » « Godebska » dans la quasi-totalité de la musique ce compositeur.  De nombreux exemples musicaux (plus de 200) et une recherche biographique précise étayent l’hypothèse de cette dédicace cachée, qui expliquerait entre autres : la réserve de Ravel, la force de ses liens avec la famille Godebski, l’occultation de ses liens par Misia dans son autobiographie, l’existence d'un reflet littéraire de Ravel dans une pièce décrivant Misia (le Foyer) et l’omniprésence de deux groupes de notes dans la musique de Ravel, transcrivant le prénom et le nom d’une seule et même personne.  Table des matières consultable sur la page http://le-cygne-de-ravel.com/LeCoeur.html

La musique à l’esprit. Enjeux éthiques du phénomène musical.

Jean DURING (et alii) : La musique à l’esprit. Enjeux éthiques du phénomène musical. L’Harmattan. 146 p. 14 €.

Un livre très intéressant qui ouvre la voie à de nombreuses réflexions sur les rapports entre musique & éthique dans leurs acceptions les plus larges. S’agissant d’un ouvrage collectif, les différents intervenants explorent des facettes spécifiques : philosophiques, musicologiques, ethnomusicologiques, psychanalytiques, thérapeutiques ou sociologiques de cette problématique centrée sur l’homme et les rapports interhumains, donc politiques.  L’éthique y est envisagée dans le sens deleuzien du terme, c’est-à-dire se référant à l’immanence, à l’opposé de la morale qui se rapporte toujours à des valeurs transcendantes. Sont successivement envisagés : les relations indissociables entre le « je » (qui joue) et le « nous » (qui écoute), les rapports du

Écrits et paroles.

Morton FELDMAN : Écrits et paroles. Les Presses du réel (www.lespressesdureel.com). Trad. (américain) : J.-Y. Bosseur et alii.  Préface : Danièle Cohen-Lévinas.  Monographie : Jean-Yves Bosseur.  464 p., ill. n&b.  Catalogue des œuvres, bibliographie, discographie, index.  19 €.

Réédition des écrits du compositeur new-yorkais (1926-1987), proche de Cage et surtout de nombreux peintres : Guston, Rothko, etc.  Obsédé par la « surface », ses œuvres sont « toiles de temps », en notes douces, sans attaque, serties de silence. Pas plus de concept dans cette musique « gelée et vibrante » que de clé définitive dans ces propos, souvent déroutants et truffés d’anecdotes parfois caustiques (pauvre Karlheinz !), mais l’affirmation réitérée de la primauté de la sensation physiologique du son, qui requiert rigueur et concentration.

Musique, sémiotique et pulsion.

Morton FELDMAN : Écrits et paroles. Les Presses du réel (www.lespressesdureel.com). Trad. (américain) : J.-Y. Bosseur et alii.  Préface : Danièle Cohen-Lévinas.  Monographie : Jean-Yves Bosseur.  464 p., ill. n&b.  Catalogue des œuvres, bibliographie, discographie, index.  19 €.

Réédition des écrits du compositeur new-yorkais (1926-1987), proche de Cage et surtout de nombreux peintres : Guston, Rothko, etc.  Obsédé par la « surface », ses œuvres sont « toiles de temps », en notes douces, sans attaque, serties de silence. Pas plus de concept dans cette musique « gelée et vibrante » que de clé définitive dans ces propos, souvent déroutants et truffés d’anecdotes parfois caustiques (pauvre Karlheinz !), mais l’affirmation réitérée de la primauté de la sensation physiologique du son, qui requiert rigueur et concentration.

Ocean of sound.  Ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther.

David TOOP : Ocean of sound.  Ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther. Traduction : A. Réveillon.  Kargo/L’éclat. Bibliographie, discographie, index.  384 p., 13 €.

Réédition d’un déjà classique (1996).  D. Toop, musicien anglais de l’électronique expérimentale, nous invite à y parcourir les ramifications de son écoute : Debussy, Cage, Pandit Pran Nath, Stockhausen, La Monte Young, gamelan balinais, Miles Davis, J. Zorn, chamans Yanomani, Beatles, B. Eno, paysages sonores, The Orb, Aphex Twin... un fabuleux réseau à la bigarrure postmoderne mais thématisé avec précision et lucidité en des confins où pourtant « tout ce qui est solide se fond dans l’éther ».  Hors analyse et catégories se développe ainsi - dans l’union d’archétypes anthropologiques, de rêves et de technologie avancée - l’ambient music, « sons qui existent pour nous permettre de mieux entendre le silence ».

À voix basse.  Entretiens avec Franck Médioni.

Joëlle LÉANDRE : À voix basse.  Entretiens avec Franck Médioni.  Préface de Philippe Fénelon « Léandre ou la ferveur ».  Éditions MF (www.editions-mf.com).  Œuvres commandées, discographie, index, table. 160 p. 10 €.

Autant dire que Joëlle Léandre renouvelle ici le genre de l’entretien. La narratrice n’a pas d’autre interlocuteur que le lecteur à qui elle relate sa carrière de musicienne, compositrice, improvisatrice, contrebassiste et performeuse, sur les plus grandes scènes internationales. Mais beaucoup plus que le simple témoignage d’une vie de labeur, de contraintes, de rigueur mais aussi de bonheurs et de rencontres passionnantes, la force des textes qui se succèdent en tableaux et défilent comme un diaporama impressionne : les images qui jaillissent des mots projettent non seulement les sons mais aussi le rythme frénétique qui animent la riche pensée créatrice de la musicienne.  De ses années de formation au CNSMDP jusqu’à son « exil » forcé

La Pensée musicale espagnole à la Renaissance

Paloma OTAOLA GONZÁLEZ : La Pensée musicale espagnole à la Renaissance. Héritage antique et tradition médiévale.  L’Harmattan.  285 p.  27,50 €.

L’auteur étudie tout d’abord les sources de la pensée musicale dans le monde antique (Pythagore, Platon, Aristote), puis dans le Moyen Âge chrétien (saint Augustin, Boèce, Cassiodore) et enfin l’aboutissement de cette pensée dans la musique de la Renaissance espagnole.  La pensée humaniste de la Renaissance espagnole est caractérisée par son retour aux sources classiques et à l’imitation des Anciens. Juan Bermudo et Francisco Salinas en suivant la méthode aristotélicienne réaffirment la nécessité de l’union de la raison et des sens (l’oreille) dans la connaissance musicale. Le développement de la polyphonie et de la pratique instrumentale vont nécessiter d’importantes modifications dans la théorie musicale (gamme et division d’octave,

Argument son.  De Britney Spears à Helmut Lachenmann

Diedrich DIEDERICHSEN : Argument son.  De Britney Spears à Helmut Lachenmann : critique électro-acoustique de la société.  Les Presses du réel/JRP/Ringier. 252 p. 15 €.

De lecture difficile, ce livre regroupe un ensemble de textes écrits entre 1998 et 2003, d’où son aspect un peu déroutant et complexe.  Il s’appuie sur la certitude de l’auteur : notre manière de recevoir la musique est une manière de recevoir le monde.  Diederichsen se met à l’écoute de toutes les musiques et, à travers ces musiques, c’est la société qu’il écoute, sous tous ses aspects, historiques, sociaux, économiques, religieux ou politiques.  L’erreur serait de croire qu’une théorie générale, une

Eros Vinyls.  Histoire de l’érotisme à travers 60 ans de vinyles.

Bernard MARCADÉ, Dominique DUPUIS, Cécile FEBVRE & Matthieu FLORY : Eros Vinyls.  Histoire de l’érotisme à travers 60 ans de vinyles.  Ereme (9, avenue de l’Observatoire, Paris VIe. www.ereme.monsite.wanadoo.fr).

Rien moins que 400 pochettes composent ce réjouissant kaléïdoscope qui, des nus artistiques de David Hamilton aux couvertures diversement gratinées de l’histoire du rock (Hendrix, Queen, le Velvet, les Scorpions, Clapton…), font voisiner, sans vergogne, bon et mauvais goût.  Où, de 1950 à nos jours, l’on croisera Marilyn, Bardot, Birkin… sans jamais donner toutefois dans le porno.  Après un « art poétique » introductif signé du critique d’art Bernard Marcadé, l’ensemble est regroupé sous

L’opéra tout simplement !

Sylvie OUSSENKO : L’opéra tout simplement !  Préface de Michel Sénéchal.  16 x 22 cm, 210 p., 1CD, 20 €.  Chopin, vie et œuvre.  Préface de Dominique Fanal.  15 x 21 cm, 190 p., 1CD.  10 €.  Eyrolles (www.editions-eyrolles.com).

Que voilà de l’intelligente et plaisante vulgarisation !  Signées de la cantatrice et musicologue Sylvie Oussenko, ces deux publications permettront à tout néophyte peu versé en ces domaines d’en découvrir les principaux arcanes.  Pour l’opéra : de l’éclosion du genre aux ouvrages majeurs du XXe siècle (le disque comportant des extraits de Platée, Fidelio, der Freischütz, Le Barbier de Séville, Simone Boccanegra, Le Crépuscule des dieux, Boris Godounov).  De Chopin, le parcours intime et musical

Dictionnaire superflu de la musique classique.

Pierre BRÉVIGNON & Olivier PHILIPPONAT : Dictionnaire superflu de la musique classique.  Nouvelle édition augmentée.  Le Castor Astral (www.castorastral.com).  17 x 24 cm, 352 p., ill. n&b, 20 €.

En ces temps d’extrême morosité, est-il quelque chose de moins superflu que le sourire ?  Au hasard des quelque 900 entrées de ce célèbre dictionnaire (mis à jour), votre abattement ne tiendra pas la distance.  Où vous découvrirez, en outre, bien des épisodes méconnus de cet univers impitoyable qu’est la musique classique - avatars souvent fort pittoresques.  Une merveille de feuillettement - plaisamment émaillée de plus de 200 illustrations.  Bibliographie, index des noms.

 Le toucher des philosophes.

François NOUDELMANN : Le toucher des philosophes.  Sartre, Nietzsche et Barthes au piano.  Essai.  NRF/Gallimard.  180 p., 16 €.

Il y aurait certes eu bien d’autres pianistes-philosophes à citer (Rousseau, Wittgenstein, Adorno, Jankélévitch…), mais Sartre, Nietzsche et Barthes sont emblématiques d’intimes contradictions.  Si Sartre, par exemple, se plaisait à discourir sur Schönberg, Xenakis ou Stockhausen, c’est toujours vers Chopin ou Debussy – ses compositeurs de prédilection - que ses doigts l’entraînaient.  Anti-modernisme inavouable ?  Peut-être…  « L’unité du moi est une construction qui masque des dissonances et des rythmes intimes avec lesquels nous ne cessons de composer » note fort justement François Noudelmann, philosophe lui-même, enseignant à Paris VIII.  Et de développer la thèse selon laquelle les activités érotico-musicales intimes de Sartre, Nietzsche et Barthes contrevenaient étrangement à leurs préoccupations affichées.  Iconoclaste et passionnant !

De la musique avant toute chose.

Michel TABACHNIK : De la musique avant toute chose.  Préface de Régis Debray.  Buchet/Chastel.  14 x 20,5 cm, 506 p., 24 €.

Manière de plaidoyer pour la musique contemporaine, cet ouvrage propose au lecteur le « concert idéal » de qui fut successivement le disciple de Markevitch, Karajan puis Boulez.  Ce dernier ne lui confia-t-il pas la création de l’Ensemble Intercontemporain ?  Concert virtuel certes, programmant : Terretektorh du « frère aîné » Xenakis, Les Noces de Stravinsky, Le Marteau sans maître du « père spirituel » Boulez, Musique pour instruments à cordes, percussion et célesta de Bartók et « œuvre absolue » : Vier letzte Lieder de Richard Strauss.  Livre également de souvenirs, où ne sont qu’en creux évoqués les médiatiques déboires dont une quête spirituelle ingénue aura été le catalyseur...  Éblouissante préface, à l’ordinaire du « médiologue » Régis Debray.

Chantez au Seigneur un cantique nouveau.

James LYON : Chantez au Seigneur un cantique nouveau.  Introduction à l’hymnologie.  Éditions Olivétan (20, rue Calliet BP 4464 - 69241 Lyon Cedex 04.  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), 2008, 176 p. (CD encarté).  29,50 €.

Plus qu’une « introduction à l’hymnologie », ce volume, très bien présenté et illustré, est, en fait, une introduction au répertoire de plus de dix siècles de chants religieux. Il prend pour modèles le dernier « recueil de chants au service des Églises francophones » : Alléluia (Olivétan, 2005).  Au fil des pages, J. Lyon révèle l’importance chronologique de ce fonds, de l’Antiquité vétérotestamentaire, à travers les Pères de l’Église, les Réformateurs, l’Orthodoxie et le siècle des Lumières… jusqu’au XXIe siècle, le XIXe siècle marquant un temps de renouveau.  Il précise les sources allant de la musique populaire à la musique sacrée, en passant par l’Allemagne, la Suisse, la France, la Scandinavie ainsi que l’Angleterre, et rappelle la diversité des sensibilités

Le chant des moteurs. Du bruit en musique.

Louis CHRÉTIENNOT : Le chant des moteurs. Du bruit en musique.  L’Écarlate/L’Harmattan.  218 p., bibliographie.  17 €.

Contrairement à ce qu’annonce son titre, cet essai vulgarise d’un ton clair et spontané des données diverses sur le pythagorisme musicien ou sur certains courants de la musique récente. Mais ces généralités alignent les approximations (la forme-sonate comme cadre contraint dans lequel le compositeur « injecte » des contenus, etc.).  On regrette d’autant plus que l’ouvrage, sympathique par ailleurs et même s’il peine à définir son sujet, semble sous-tendu d’une idée prometteuse : réévaluer les musiques populaires modernes en les inscrivant dans l’histoire générale de la musique et relire celle-ci à l’écoute de celles-là.  Dommage.

Le présent décomposé.

enis COHEN : Le présent décomposé.  Entretien avec Michel Rigoni.  Préface de Pierre Albert Castanet.  « Univers musical », L’Harmattan.  230 p., ex. mus., glossaire, catalogue des œuvres, bibliographie.  21 €.

L’œuvre de D. Cohen, dans les sillages divergents de Zimmermann et Stockhausen, réfléchit ses désirs et moyens entre rigueur postsérielle et souci de la perception, se délectant du mixte et du multiple.  Mais, autour d’un long entretien, sont surtout ici approfondis les rapports problématiques du créateur aux institutions françaises de la création musicale qui, sans projet, multiplient les incohérences.  Le compositeur met par ailleurs cette compétence critique au service de vues historiques inédites, hors des taxinomies convenues et réductrices.  Et la réflexion de haut niveau se pimente de formules acérées comme ces « gentils paysagistes de la place du ‘‘Teurtre’’ » pour les anti avant-garde ou, moins acide, « l’art est le domaine de la pensée sensible et il a besoin de s’adosser à l’éducation ».