Cet ouvrage s’étale dans la longue durée, de la Renaissance à la fin du XXe siècle. Il a pour objet de relater les événements, de définir les mouvements, les idéologies qui, depuis l’Europe, ont façonné le monde contemporain. La modernité européenne est étudiée sur les plans philosophique, politique, sociologique et artistique. L’auteur s’interroge : « La modernité a-t-elle (ou non) nourri le monstre du totalitarisme par le biais de sa définition abstraite de l’État ? » « Le modernisme en Art contenait-il (ou non) des éléments du fascisme via l’instauration d’une dictatures des médiocres et des sans-talent ? » (dernière de couverture). La modernité s’est efforcée d’émanciper l’homme et de proposer un discours de raison. Nicolas Papadimitriou — Professeur de Civilisation européenne moderne à l’Université Ionienne — considère la modernité « comme une expérience de vie pour atteindre la création artistique… » ou encore « comme espérance, déception, acte engagé, interprétation » et observe qu’il s’est attaché « à la décrire pour la retrouver. » (p. 7). Il définit donc la modernité européenne « comme position philosophique, bouleversement politique, point de vue social et perspective artistique ».



Dans la Première Partie (non intitulée), le premier chapitre est consacré à des définitions et questions relatives au modernisme, à la culture, à la civilisation en Europe (elle-même questionnée sur sa constitution). Le deuxième, historique, concerne un survol chronologique –avec les principaux événements (prise de Constantinople, invention de l’imprimerie, découverte du Nouveau Monde, le rôle des encyclopédistes…). Le troisième chapitre est d’ordre sociologique et ausculte la libération de l’individu, l’égalité, la justice, la bourgeoisie, les sociétés autogérée et laïque… (p. 23). Le quatrième, économique, aborde le capitalisme, la révolution industrielle, le libéralisme, mais aussi les marginaux… Le suivant, de caractère politique et juridique, revient sur la présomption d’innocence. Le sixième chapitre : « Philosophie » traite la désacralisation, la laïcisation et également la théologie. Le 7e s’attache à l’Art : figuratif/non figuratif ; personne/hermétique ;… la fin de l’art et le dernier art… avec des exemples précis (littérature, musique, poésie surréaliste). Les chapitres suivants abordent la morale, la condition postmoderne après les Lumières… (p. 49) et concluent sur « la revanche de la métaphysique ». Enfin, Post-scriptum (ch. 10) relève la perte du sens invalidant toute recherche de compréhension du monde. L’auto-accomplissement est la réponse de la modernité. La barbarie pétrie de certitude s’oppose à l’héritage européen en proie au doute. La Deuxième Partie : « Du bouleversement moderne à la condition postmoderne », avec des brefs textes épars, réexamine et exemplifie la problématique de la première partie en 6 chapitres. La Postface de Jean-Michel Bardez, directeur de la Collection, décentre sur la musique le questionnement de la modernité. Assertion conclusive et réponse à la problématique : « En proposant l’universel en face du globalisé, l’esprit européen moderne peut demeurer lucide, actuel et nécessaire ».
Édith Weber
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