Laurine Quetin, qui dirige avec tant d’autorité la Revue Musicorum, a confié la responsabilité éditoriale du numéro 20 à Pierre Degott et Albert Gier, spécialistes de la civilisation anglophone et du théâtre musical particulièrement vivant et populaire Outre-Manche. Aux XIXe et XXe siècle, la comédie musicale en français est cultivée par Adolphe Adam (1803-1856), Jacques Offenbach (1819-1880), Louis Aubert (1877-1968) ; le genre en allemand est représenté par Johann Strauss (1825-1899) puis Franz Lehar (1870-1948).

En Angleterre, la comédie musicale persiste et se renouvelle dans la plus grande diversité, son pouvoir de fascination est démontré dans les 19 études spécifiques, témoins de l’histoire sociale, culturelle, littéraire et musicale. La visée pluridisciplinaire sert de motif conducteur, dans les articles en français, anglais et allemand. Ce numéro est structuré en 3 parties. La première concerne « Les fondements du genre de James Robinson PLANCHÉ (1796-1880) à G[ILBERT] & S[ULLIVAN] », le théâtre musical,

l’équipe des « Blondes » (actrices, cf. illustration, p. 31), les œuvres de Sir William GILBERT (1836-1911) et Sir Arthur SULLIVAN (1842-1900). La deuxième partie aborde l’évolution du genre « de l’ère post-victorienne au modernisme » avec, entre autres, l’attrait de l’Orient — avec La Geisha, 1896, de Sidney JONES (1861-1946) — et des sujets exotiques, ainsi que la problématique : SHAKESPEARE : « présence/absence à l’époque édouardienne ». La troisième partie traite, en guise de conclusion, les trois aspects : « popularité, modernité et nouvelles perspectives, de l’après-guerre à aujourd’hui ».

Ces études s’inscrivent dans une solide perspective anglophone et intradisciplinaire. En 277 pages avec illustrations, exemples musicaux et résumés en anglais : un niveau de recherches complémentaires rarement atteint dans les revues scientifiques spécialisées.
Édith Weber
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