La carrière de l’auteur de Coppelia — entre la Révolution de 1848 et la Guerre de 1870 — sort de l’ordinaire. Né en 1836 à Saint-Germain du Val (Sarthe), il est mort à Paris en 1891. Son itinéraire artistique le mènera du Théâtre des Bouffes-parisiens au Conservatoire National, puis, en 1884, à l’Institut de France. De son vivant, il avait été quelque peu affublé d’une image dégradante baignant dans l’incompréhension.

Pauline Girard, spécialiste de l’histoire des spectacles, a été Conservateur en chef de la Bibliothèque Historique de Paris et a aussi travaillé à celle de l’Opéra. Ces deux expériences et sa solide formation de chartiste lui ont permis d’aborder avec sérieux et opiniâtreté un sujet aussi neuf que complexe et de rendre justice à Léo Delibes. Ce compositeur a pris ses distances vis à vis de Jacques Offenbach (1819-1880) et deviendra un révélateur de ballets original et un homme de théâtre soucieux de plaire au grand public. Ses œuvres marquées par une certaine complaisance et sentimentalité se distinguent par leur facture vocale souple et font preuve d’un bon sens de la chorégraphie.



Les lecteurs seront orientés par l’Annexe avec une iconographie significative (affiches, répertoire, costumes, place de l’Opéra Comique…) représentant une vivante mise en situation selon les contextes de l’époque. Les Généalogies sont très instructives. La Chronologie concerne sa formation (études au Conservatoire auprès d’Adolphe Adam), ses activités (choriste à la Madeleine, organiste, professeur au Conservatoire où il a formé de nombreux élèves : Maurice-Emmanuel, Jaques Dalcroze…), voyages, séjours. Le Catalogue des œuvres est très copieux et très minutieux.

À partir de sources de toute première main exploitées avec une méthodologie exemplaire, Pauline Girard a signé une remarquable défense et réhabilitation de Léo Delibes faisant aussi, grâce à la présentation typographique de haute qualité, honneur aux Éditions Vrin.
Édith Weber
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