Arnold SCHOENBERG : Fonctions structurelles de l’harmonie, traduction et commentaire de Bernard FLOIRAT. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ). BDT 0083. 2018. 229 p. – 29 €.

Dans l’optique d’Arnold Schoenberg (1874-1957), il s’agit d’un « livre pour enseigner et apprendre en autodidacte ». Il considère cette publication comme un complément à son traité d’harmonie (Harmonielehre) écrit à l’âge de 36 ans, terminé en 1911 et réédité entre 1937 et 1941. Elle représente, en fait, la synthèse de plus de 50 ans d’expériences, de constats et de réflexions. Ses qualités sont indéniables : plus d’exemples musicaux que de commentaires ; remarquable qualité de la traduction française de Bernard Floirat, spécialiste du maître viennois, effectuée à partir de l’édition révisée par Schoenberg entre 1954 et 1969 aux États-Unis où il s’était installé en 1933 et où il a enseigné dès 1939 à Los Angeles puis Boston, New York.



Schoenberg considère son traité : Fonctions structurelles de l’Harmonie comme « quelque chose de parfaitement nouveau dans le domaine de la théorie musicale » et précise (en 1948) : « Je tiens particulièrement à attirer votre attention sur l’Évalutation des Régions (chapitre IX) tant son efficacité est importante pour l’analyse (chapitre X, etc…). Je souhaite évoquer également les conseils théoriques et pratiques concernant le traitement des progressions harmoniques (chapitre XI), un des points les plus importants de la construction formelle. En effet, ce livre donne des descriptions et des définitions de nombreuses formes qui n’ont pas encore été traitées » (dernière page de couverture).

Les autres chapitres concernent notamment un aperçu des Principes de l’harmonie ; les substituts et régions…, les Harmonies vagabondes, l’interchangeabilité du majeur et du mineur, les rapports indirects mais proches. Le dernier chapitre (XII) propose une Évaluation apollinienne d’une époque dionysiaque. Les chapitres bénéficiant d’une disposition typographique très claire sont complétés de graphiques, tableaux, illustrations, documents autographes, chronologie des traités, d’une abondante Bibliographie et d’un judicieux Glossaire indispensables à la compréhension de la démarche schoenbergienne reflétant l’évolution de sa réflexion théorique depuis 1911 et placée sous le signe de la cohérence et de la logique musicale. Le souhait exprimé en 1969 par Leonard Stein, musicologue et pianiste : « …Par-dessus tout, les Fonctions Structurelles devraient être abordées comme un défi pour tout musicien qui désire approfondir et enrichir la compréhension et la pratique de son art » reste encore valable au XXIe siècle.
Édith Weber