TEMPO FLÛTE, n°17, 1er semestre 2018, TEMPO FLÛTE (www.tempoflute.com ), 68 p.

Cette Revue, fonctionnelle et technique, est destinée aux flûtistes, facteurs et interprètes. Elle débute par un entretien entre le directeur de la publication Pascal Gresset et Antonio Arias à propos de l’Orchestre National d’Espagne, de l’essor actuel de la flûte dans ce pays et résume aussi l’exceptionnelle carrière et les divers engagements de ce flûtiste espagnol formé par Alain Marion au CRR de Rueil-Malmaison.

L’apport technique concerne « L’ivoire dont on faisait les flûtes », sujet traité par Philippe Ragault, interviewé par P. Gresset. Il s’agit de l’un des derniers ivoiriers français (réalisateur de bâteaux…) victime d’un décret de 2016 à propos du travail de l’ivoire. Pourtant, ce matériau a été largement exploité pour les flûtes à bec, flûtes traversières « baroques » (à une ou plusieurs clés), notamment pour leur embouchure.

Un troisième entretien : « Des flûtes anciennes et Renaissance » à l’époque de Louis XIV, aborde la flûte traversière dans le sillage de Jacques Hotteterre (1673-1763), de Pierre-Gabriel Buffardin (1689-1768) et même Johann Joachim Quantz (1697-1773). Il est présenté par Philippe Allain-Dupré. Formé par Jean-Pierre Bourillon en France puis à Bruxelles, il a copié des flûtes anciennes « à peu près en bon état ». Son bilan descriptif et précis — en sa triple qualité de facteur, d’interprète et de formateur — intéressera aussi les historiens de la flûte Renaissance (jusqu’en 1650).

Enfin, les problèmes d’interprétation sont soulevés à juste titre dans la seconde contribution d’Antonio Arias relative à l’utilisation d’une « flûte d’amour » dans la Passion selon Saint Matthieu de J. S. Bach (BWV 244). Cette étude, très technique, avec de nombreux exemples à l’appui, rappelle que la flûte d’amour est en La, comme le hautbois d’amour — privilégié par J. S. Bach — et utilisée pour ses Airs. Elle est associée à un très intéressant tableau des flûtes traversières Renaissance, baroques et classiques (p. 40).

L’actualité porte sur les activités d’associations d’artistes au service des publics empêchés (GRADISCA), évoque les Festivals de flûte, le Concours de Cracovie et contient des critiques : sélections de disques, de partitions, de livres et recommande des professeurs. Même la publicité y est bienvenue. Une Revue exemplaire par sa présentation, son remarquable apport iconographique (interprètes, personnalités, instruments, orchestres, facteurs au travail).
Édith Weber