Gilles CANTAGREL : J.-S. BACH, L’œuvre instrumentale. Paris, BUCHET-CHASTEL (www.buchetchastel.fr ), 2017, 475 p. – 27 €.

De très longue date, les enseignants et discophiles bénéficient des introductions et commentaires de Gilles Cantagrel qui n’est plus à présenter aux mélomanes. Après les Cantates (2010) et les Passions, Messes et Motets (2011) — parus chez Fayard — le présent volume, édité chez Buchet-Chastel, concerne l’Œuvre instrumentale de Jean Sébastien Bach, (toutefois à compléter, pour l’orgue, par le Guide de la musique d’orgue dont il a assumé la direction en 1994).

Après avoir présenté Jean Sébastien Bach et l’orgue, rappelé qu’il est un organiste virtuose doublé d’un fin connaisseur de facture d’orgue et un excellent orchestrateur, l’auteur détaille — en suivant la chronologie et ses lieux d’activité — les œuvres de jeunesse, puis de la maturité, ainsi que les pièces ultimes et quelques pages diverses et apocryphes. Il introduit les principaux Recueils de Chorals pour orgue : ceux de Neumeister et de Kirnberger, l’Orgelbüchlein (Petit Livre d’orgue), les Chorals Schübler, les 18 Chorals de l’autographe de Leipzig, des Chorals divers, les Partitas (ou Variations) ainsi que la Troisième Partie de la Clavierübung, sans oublier ses transcriptions de Concertos et ses Six Sonates en trio. La troisième partie — particulièrement importante — est dévolue au clavecin et à des œuvres pédagogiques (Clavierbüchlein pour Wilhelm Friedemann, Clavierbüchlein et Notenbüchlein pour Anna Magdalena). Parmi les autres formes, figurent les nombreuses Suites, les Partitas, le Clavier bien tempéré, des Toccatas, Préludes et Fugues… et, plus en détail, les Variations Goldberg ainsi que l’Art de la Fugue. Les parties suivantes concernent les œuvres pour instrument seul : luth, violon, violoncelle, flûte. L’auteur aborde ensuite la musique de chambre : Sonates…, L’offrande musicale, enfin la musique concertante et pour ensemble et, en conclusion, les Canons. Toutes ces œuvres bénéficient de mises en situation historique, de commentaires analytiques circonstanciés (à lire en suivant les partitions ou en écoutant des enregistrements ou en préparant un concert). Outre les Références bibliographiques, les Repères chronologiques situent judicieusement les diverses œuvres instrumentales par rapport à sa vie, à sa formation, à ses postes d’organiste successifs : Arnstadt, Mühlhausen, Weimar, Coethen (en tant que Director musices de la Cour et Capellmeister), puis Leipzig où il est Cantor de Saint Thomas et Director musices de la ville. À consulter avec profit l’Index des œuvres (p. 441-455) renvoyant aux numéros du Catalogue BWV et l’Index des œuvres par ordre alphabétique (p. 457-470).

L’auteur rappelle qu’après sa mort, la musique de Bach n’est pas vraiment tombée dans l’oubli ; qu’au XVIIIe siècle, ses Motets sont chantés à Leipzig où Mozart les a découverts en 1789 ; que sa Messe en si a fait l’objet de nombreuses copies et que Mendelssohn y a dirigé en 1829 sa Passion selon saint Matthieu. Il affirme que « cette notoriété qui ne cessa de croître, c’est bien en bonne partie à la diffusion de ses œuvres instrumentales dans la seconde moitié du XVIIIe siècle que Bach la doit. » C’est aussi grâce à Gilles Cantagrel que la totalité de l’œuvre vocale, organistique et instrumentale de Jean Sébastien Bach sera actuellement mieux comprise par les mélomanes, discophiles, chefs, interprètes et professeurs d’Éducation musicale.
Édith Weber