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artistique au Collège de France. Son œuvre prolifique et très diversifiée concerne tous les genres : solo, concerto, musique de chambre, opéra, film. Parmi ses multiples sources d’inspiration, figurent cinéma, photographie, peinture, théorie fractale de Benoît Mandelbrot, concepts philosophiques de Gilles Deleuze, morphogenèse de René Thom. Il est aussi sociologue et auteur d’articles.
À retenir au sujet de sa méthodologie créative : Aspects formels et structurels de la composition musicale (avec exemples musicaux précis, Ch. II) ; Singularités du langage musical (système d’organisation modale et harmonique, Ch. III, à partir d’œuvres) ; Les opéras (7 œuvres, ch. IV) et, d’une manière générale, ses analyses intertextuelles de la musique. La Melancolia (1991) repose sur des sources multiséculaires : Homère, Hésiode, Hildegard von Bingen, Saint Ambroise, Chaucer, Shakespeare… ou encore Penthesilea d’après Heinrich von Kleist. Sa méthodologie personnelle élargie dépasse le cadre de la musicologie traditionnelle. Sont également très révélateurs : l’impressionnant Catalogue des partitions (p. 257-277), la Bibliographie raisonnée (p. 279-294), l’Index des noms très riche (personnalités artistiques, musicales, philosophiques et littéraires) concernant de nombreux noms de notre époque, mais aussi de l’Antiquité grecque et de diverses nationalités). Les compositeurs cités vont de Ockeghem et Monteverdi à Bach et Beethoven, jusqu’à Luciano Berio, Karlheinz Stockhausen et George Benjamin. Les Photos en appendice retiendront l’attention, car Pascal Dusapin fait preuve d’un extraordinaire flair pour découvrir des sites originaux ; ses prises de vue privilégient les différentes nuances entre le noir, le gris, le blanc, entre ombre et lumière, et il a le sens de la profondeur (ex. Charleston) et du mouvement (ex. tonnerre, très suggestif).
En résumé, Pascal Dusapin est une personnalité originale et polyvalente qui se considère comme un « écrivain de la musique ». À son sujet, il n’existe d’ailleurs qu’une seule monographie : celle de Jacques Amblard (2002). On ne peut que souscrire à l’affirmation de François Meïmoun, directeur de la Collection Musiques XXe-XXIe siècles : « L’œuvre fait figure de modèle, non à imiter, mais à accompagner. Un modèle de compagnonnage, de complicité et de partage. » (cf. Préface, p. 11).

Édith Weber