Pierre-Henry FRANGNE, Hervé LACOMBE, Marianne MASSIN, Timothée PICARD (dir.) : La valeur de l’émotion musicale. Rennes, Presses Universitaires de Rennes (www.pur-editions.fr ). Coll. « Aesthetica », 2017, 267 p. -  22€.

La recherche, qui s’est longuement méfiée de l’« émotion », commence à comprendre son importance et à élaborer les moyens intellectuels permettant de la définir. Cette publication est supervisée par des spécialistes se réclamant de plusieurs disciplines : philosophie, esthétique, musicologie, littérature et littérature comparée. Les investigations ne concernent que l’Occident et ne tiennent pas vraiment compte du dernier état de la question (d’ailleurs une bibliographie raisonnée fait défaut).

La quatrième de couverture, très abstraite, n’annonce pas de découverte majeure, elle se contente de donner le point de vue actuel.

Toutefois, cette publication a le mérite de présenter l’émotion dans tous ses états : dans le jazz, la musique populaire, la musique contemporaine, à l’opéra, pour le compositeur ; et finalement, elle « dégage le pouvoir de la musique, avec ses enjeux conceptuels, culturels, artistiques et sociaux ; cependant il ne faut pas perdre de vue premièrement que l’œuvre existe quand elle réussit à créer une vraie émotion selon la théorie de « l’effet de vie » lancée il y a une vingtaine d’années par le professeur de Littérature comparée, Marc-Mathieu Münch, qu’il a largement expérimentée en musique, art, peinture et sculpture. En fait, le vrai problème se ramène à la beauté de l’œuvre.

Publié avec le soutien de l’EA 3552 (Université de Paris-Sorbonne) et de l’EA HCA (Université de Rennes II), le volume est organisé autour de 4 parties : 1. Approches conceptuelles et définitionnelles ; 2. Variations temporelles et culturelles ; 3. Pratiques et effets culturels ; 4. Territoires de l’émotion. La conclusion de Bernard Sève se présente comme une synthèse portant sur « l’orchestre des émotions ». Au final : appréhension historique et conceptuelle de la relation entre musique et émotion. Le débat reste ouvert autour de ce regard sur l’émotion esthétique et musicale.