Éric CHAILLIER : La flûte enchantée, opéra merveilleux et multiple. Paris, FAYARD  (www.fayard-durable.fr ). 2017, 265 p. -  16 €.

Les multiples orientations de La Flûte enchantée de Mozart ont suscité de nombreux travaux et discussions, voire des polémiques sous divers angles. Par exemple, le regretté Jacques Chailley (1910-1999), dans La Flûte enchantée, opéra maçonnique (1968, 2002), a dégagé les intentions franc-maçonniques du livret et de sa traduction musicale. En 2017, son presque homonyme suisse, Éric Chaillier, professeur d’Histoire de la musique à l’Université populaire de Lausanne, a mis l’accent sur l’aspect ésotérique, après avoir établi la genèse du livret d’Emanuel Schikaneder.

L’auteur propose plusieurs niveaux de perception, une nouvelle approche de cette œuvre si énigmatique depuis deux siècles de spéculations. Il en relève l’aspect populaire, féérique, procède à une initiation philosophique et se demande s’il s’agit d’une « farce », d’un conte, d’un rêve... Il insiste aussi sur la diversité stylistique et l’entité sémantique « musique-texte-action ». Pour Wilhelm Furtwängler, la Flûte enchantée est « le plus beau chant sacré de l’amour humain ». Quant à Éric Chaillier, il projette un autre regard sur « le merveilleux [qui] l’emporte sur le symbolisme, l’humain est plus important que l’aspect rituel ». Il réussit à dégager cet « hymne à la vie » et ce « testament spirituel de Mozart » ainsi que tous les stades de l’émotion humaine et le « pouvoir magique de la musique ».