François JOLIAT, Angelika GÜSEWELL, Pascal TERRIEN : Les identités des professeurs de musique. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), BDT 0128, 2017, 195 p. – 16 €.

Le professionnalisme est un terme « à la mode » dans de nombreux domaines. Comme le précise le titre, ce livre concerne globalement les professeurs de musique (au sens large). Cette étude collective porte sur trois pays : France, Belgique et Suisse. Elle reproduit les Actes du Colloque international (Paris, 15-16 décembre 2014), à l’initiative du CNSMDP, en collaboration avec l’Université de Marseille, la Haute École de Musique/Vaud Valais Fribourg (Suisse) et la Haute École Pédagogique des Cantons de Berne, Jura et Neuchâtel.



Onze auteurs se réclament d’une démarche pluridisciplinaire autour de l’internationalisation de la profession (selon les pays), du lien entre le « musicien-interprète » et le « musicien-enseignant ». Ils abordent, entre autres, la préparation au métier ; l’évaluation du professionnalisme ; la définition des identités professionnelles. Ils traitent des cas particuliers : instrumentistes professionnels se réorientant vers l’enseignement à l’école ; adultes reprenant leurs études en vue d’une nouvelle orientation ; développement du sens artistique et rôle de la vocation. Les auteurs appartiennent à plusieurs catégories : formateurs, musiciens-instrumentistes, professeurs de didactique de l’éducation musicale et de sciences de l’éducation, sciences sociales. Ce Colloque — avec une large présence internationale (Allemagne, Belgique, France, Luxembourg et Suisse) — était organisé autour de conférences, tables rondes, témoignages permettant une approche méthodologique selon les pays et leurs institutions, et de fructueux échanges.

Le lectorat ciblé concerne les professionnels de l’enseignement musical, directeurs d’établissements, formateurs, pédagogues, mais aussi les chercheurs et étudiants. Ils seront sensibles aux aspects sociologiques, historiques et critiques (première partie de ces Actes) ; à l’aspect psychologique et aux questions du praticien et de l’étudiant (deuxième partie) ; enfin au problème de la construction de l’identité et, éventuellement, de la réorientation. Ils seront impressionnés par la Bibliographie très conséquente (p. 171-195), si elle n’aborde pas directement les institutions et le contenu des examens et qualifications en vue de l’exercice des diverses professions musicales, elle a le double mérite d’associer « musiciens » et « professeurs de musique », de suggérer des stratégies de formation autour du dénominateur commun « les formes identitaires ».

Il y va de l’avenir du cursus de formation. Ce livre, publié sous la direction attentive de François Joliat, Angelika Güsewell et Pascal Terrien, rectifiera la confusion des idées mais aussi les limites du professionnalisme. Questionnement réflexif oblige.