Xavier  BISARO, Gisèle CLÉMENT, Fanch THORAVAL (dir.): La circulation de la musique et des musiciens d’église. France, XVIe-XVIIIe siècles. Paris, Éditions Classiques GARNIER (www.classiques-garnier.com ), Coll. Musicologie (dirigée par Philippe VENDRIX), vol. 3, 2017, 395 p. — 48 €.

Le constat de « circulation » et de mobilité engendre une foultitude de renseignements d’une étonnante diversité. Ce livre, très bien présenté (avec quelques illustrations et exemples musicaux) est limité à la France. Selon leurs affinités, les lecteurs et spécialistes seront intéressés par les Actes du Colloque (Montpellier, 2013). Ils concernent des musiciens (Georges Martin, André Campra, Jean-Philippe Rameau, Henri Madin et Pierre Robert)  et des lieux (Avignon, Cambrai, Dôle, Lyon, Rouen, Toul, ainsi qu’Alsbach et Kaisersberg en Alsace, Cuzco en Amérique latine). Les métiers évoqués comprennent des compositeurs, maîtres de chapelle, maîtres des enfants, « vicariés », prêtres-musiciens, chantres et organistes, y compris leurs statuts respectifs (recrutement, exercice de la profession) et l’aspect économique (rémunération). À noter l’apport de récits personnels ou encore le clin d’œil sur les monastères féminins (Clarisses).



Les musicologues et hymnologues apprécieront les analyses d’œuvres, partitions, livres liturgiques (prosaires…) ; les formes : Motets à grand chœur (ceux de la Chapelle royale ont été entendus à la Cour de Dresde), Te Deum, Noëls… et — d’une manière générale — le retour aux sources. Les coordinateurs Xavier Bisaro (Université de Tours), Gisèle Clément (Université de Montpellier) et Fanch Thoraval (Université de Louvain-la-Neuve) ont judicieusement structuré ce livre en 4 parties bien délimitées : 1. Sources, 2. Répertoire, 3. Structures, 4. Études de cas. Ils démontrent les implications de la « distillation par circulation » selon l’expression de Bernard Dompnier. Découvertes inattendues à ne pas manquer.