Maurice RAVEL : Écrits et propos sur la musique et les musiciens. 1Vol Bibliothèque Ombres, 320p, 20€.

En 2007, jean Echenoz publiait Ravel , un livre attachant, une “biographie fictionnée“ du compositeur où il se livrait avec une précision horlogère à une analyse quasi clinique de l’homme Ravel et des circonstances qui selon lui, l’ont amené à composer une œuvre plutôt qu’une autre. Avec le Maurice Ravel paru le mois dernier aux éditions Ombres, le propos est bien différent. Ce livre ne contient que des écrits de l’auteur du Boléro et des textes le concernant. Ici pas de roman, pas de biographie. Les textes et les divers propos sont signés ou prononcés intégralement par Ravel et l’ensemble est complété par un appareil critique érudit et détaillé.

Frédéric ROBERT : La musique française dans l’Europe musicale entre Berlioz et Debussy. 1863-1894. Paris, L’HARMATTAN (www.harmattan.fr), Coll. Univers musical, 2017, 416 p. – 39 €.

Auteur prolifique, spécialiste de la musique française moderne, Frédéric Robert vient de signer un ouvrage très bien délimité dans le temps et par rapport à deux œuvres butoir : Les Troyens (1863) et le Prélude à l’après-midi d’un faune (1894).
Dans ce parcours (p.11-207) solidement documenté, l’auteur évoque l’héritage historique avec « l’accomplissement gigantesque » de Richard Wagner, les figures d’Anton Bruckner, Johannes Brahms, Carl Reinecke jusqu’à Hugo Wolf, sans oublier les « audaces insolites du vieux Liszt », puis l’École russe dans le sillage de Modeste Moussorgski, d’Alexandre Borodine, de Nicolaï Rimski-Korsakov, Mili Alexeïevitch Balakirev jusqu’à Piotr Ilitch Tchaïkovski, ainsi que l’École tchèque avec Bedrich Smetana et Antonin Dvorak ou encore Edvard Grieg pour l’identité culturelle norvégienne, et l’époque du Vérisme.

Denis HUNEAU, Nathalie LE LUEL, Laura NAUDEIX, Anne VINCENT (dir.): L’œuvre d’art dans le discours : Projet, signe, forme. Sampzon, DELATOUR FRANCE, (www.editions-delatour.com), DLT0118, 2017, 270 p. – 29 €.

Depuis le milieu du XXe siècle, les sciences humaines tendent vers la pluridisciplinarité puis l’inter (ou l’intra)-disciplinarité. Cette publication collective de l’UCO (Université Catholique de l’Ouest) émane de spécialistes en art plastique (peinture, sculpture, architecture), théâtre, cinéma et aussi musique marquant ainsi une large ouverture dont fait preuve l’équipe de recherche GRILHAM (Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Lettres, Histoire, Arts et Musique).
La problématique de ce livre consiste à « dire l’œuvre d’art » et à évoluer « de la forme vers la pensée » dans le cadre d’un discours, à la décrire et à en rendre compte : programme ambitieux nécessitant des chercheurs expérimentés et polyvalents dépassant très largement la traditionnelle « critique d’art » traitée sous l’angle historique ou la critique artistique en tant que genre littéraire.

Roland GUILLON : L’univers de John COLTRANE. Paris, L’HARMATTAN, (www.editions-harmattan.fr ), Coll. Univers musical, 2017, 81 p. – 11, 50 €.

L’auteur, Docteur en sociologie, est un spécialiste reconnu et passionné de jazz, hard, bop, free jazz cultivés au milieu du XXe siècle. Il s’intéresse non seulement à cette nouvelle vague, mais aussi à cet univers instrumental et harmonique spécifique, associant africanisme et américanisme.
Ce livre complète les biographies existantes sur John Coltrane, met l’accent sur son inventivité et l’expressivité caractérisant son jeu, sa pensée et son imaginaire, qui font de ce saxophoniste (1926-1967) l’une des figures marquantes de l’histoire du jazz. Ses Blues témoignent de sa foi et de la ferveur des Églises noires.
Roland Guillon fait généreusement bénéficier les lecteurs de sa vaste connaissance de l’homme, en illustre les différentes étapes et l’évolution élargie. En parfaite symbiose avec Coltrane, il a réalisé « une geste coltranienne ». Du vécu.

Olga GARBUZ : Pascal DUSAPIN. Mythe Algorithme Palimpseste. Château-Gontier, Éditions AEDAM MUSICAE (www.musicae.fr ), Coll. Musiques XXe-XXIe siècles. 2017, 314 p. (+illustrations). 26 €.

Après ses études à Moscou, au Conservatoire Tchaikowski, Olga Garbuz a séjourné à Paris pour compléter ses recherches sur Pascal Dusapin et révéler l’ampleur de la démarche de ce compositeur-photographe-mathématicien et philosophe prolifique. Elle a préparé sa Thèse de Doctorat en co-tutelle avec le Conservatoire de Moscou et l’Université Paris VIII. Elle s’appuie sur des sources authentiques : interviews et commentaires de Pascal Dusapin et, surtout, ses archives (Centre de documentation de la musique contemporaine). De plus, elle a bénéficié de ses remarques si judicieuses.

Alan FRASER  : Affiner l’image du soi pianistique. (traduction : Yveline Ciazynski, illustrations par Sonya Ardan). Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), 2017, réf. BDT0129,  403 p. — 29 €.

Alan Fraser s’est inspiré du thème du Colloque international (Paris, Collège de France, 2008) : Le corps en acte ayant, dans une optique intradisciplinaire, réuni des spécialistes de la physiologie de la perception de l’action ; des neuroscientifiques, psychologues, philosophes, esthéticiens et praticiens intéressés à la philosophie du corps, de la perception et de l’action à la suite de Maurice Merleau-Ponty. Dans le cadre de sa pensée toujours en mouvement, l’auteur a donc voulu traiter « le corps en acte ». Le plan de cet ouvrage étant très dense, les lecteurs auraient intérêt à prendre d’abord connaissance de la Liste (p. XII-XIII).

Isabelle PETITJEAN : Michael Jackson. Il était une voix. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), 2017, réf. BDT0121, 389 p. — 25 €.

Préfacé par Bruce Swedien qui a enregistré Michael Jackson et suivi son itinéraire pendant 30 ans, ce livre est assorti du sous-titre explicatif : De Motown au studio de Bruce Swedien précisant, en outre : les contours expressifs et techniques d’une voix hors du commun et du temps… : ce qui sera démontré par Isabelle Petitjean. Elle s’attaque à un « monument », ce qui lui a valu toutes les félicitations de John Bähler, arrangeur vocal, chanteur et compositeur, l’ayant suivi de 1971 jusqu’à sa mort en 2009.
De formation classique, professeur d’éducation musicale, elle a consacré ses Mémoires de Maîtrise et de Master en Musicologie à ce chanteur exceptionnel et si profondément humain, ainsi que sa Thèse de Doctorat (Université Paris-Sorbonne).

Laure QUETIN (éd.) : La musique et le mal : figures, lectures, représentations. Musicorum, n°18, Tours, Université François-Rabelais de Tours (www.revuemusicorum.com ), 2017, 221 p. – 29 €.

Voici un numéro aussi original qu’inattendu, compte tenu des bienfaits reconnus de la musicothérapie et des effets bénéfiques de interventions de musiciens dans les hôpitaux et maisons de retraite, ou encore du livre déjà ancien de Georges Duhamel : La musique consolatrice (1944). De nos jours, les méfaits de la musique proviennent notamment de l’acoustique, des vibrations, des instruments à percussion, bref du bruit omniprésent.
Dès la Préface, les responsables éditoriaux Nathalie Vincent-Arnaud et Frédéric Sonnac, rattachés à l’Université Toulouse-Jean Jaurès, lancent les notions de « mélomanie » et de « mélophobie », car la musique peut représenter un danger : cave musicam. Elle renferme en elle un pouvoir de corruption et de malédiction, par exemple avec le thème de l’or (cf. Tétralogie de Richard Wagner).

Jacques Le CALVÉ : 33 Tours et puis s’en vont. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), 2017, réf. BDT0120, 285 p. — 20 €.

Ce livre se lit comme un roman, truffé d’anecdotes et de souvenirs authentiques, relatant les innombrables rencontres d’un éditeur de disques passionné par son métier : Jacques Le Calvé à l’origine de 500 productions discographiques (depuis les premiers 45 t/m en 1962), est titulaire du Grand Prix du Président de la République pour le Centenaire du Disques en 1977 avec son Livre d’or de l’Orgue français. Ce disquaire sans relâche depuis 40 ans, d’abord vendeur à mi-temps chez PAN (maison de disques parisienne) puis installé à son propre compte (Columbia), a collaboré avec les meilleurs preneurs de son.

Pascal GRESSET (éd.) : Tempo Flûte. Paris, Revue de l’Association d’Histoire de la Flûte française (www.tempoflute.com ; Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ; 7, rue Louis Pasteur 95777 Saint-Clair-sur-Epte), numéro 16, second semestre 2017, 8e année,  65 p. – 11, 80 €.

Cette revue très professionnelle s’adresse non seulement aux membres de cette association mais aussi aux historiens, facteurs, instrumentistes. Elle propose entre autres des entretiens sur la « culture du son », l’histoire du tango d’Astor Piazzolla (1921-1992), avec notamment les différences entre le manuscrit et l’édition (cf. recension du CD JADE : La Trilogie de l’ange, LI n°115). Elle aborde aussi la facture : les embouchures de Tobias Mancke (lors d’une visite chez ce fabricant). Plusieurs flûtistes font part de leurs expériences en milieu hospitalier (Rouen). Enfin, la rubrique d’actualité signalant les dernières parutions (disques, partitions, livres) sera très bienvenue. Tout à l’honneur de la flûte française.

Paul Greveillac : Cadence Secrète. La vie invisible d'Alfred Schnittke, Récit. Nrf Gallimard, 2017, 176 p, 16,50 €

Avec Cadence secrète, Paul Greveillac n’a écrit ni une biographie ni un roman, mais un récit, la narration d’une histoire vraie sous titrée :“La vie invisible d’Alfred Schnittke“.
Invisible parce que toute sa vie, Schnittke a résisté. Il s’est battu contre l’ennemi bureaucratique, contre le régime qui voulait museler sa musique, exigeant qu’elle soit à l’image de ce réalisme et ce formalisme soviétiques qui furent catastrophiques pour l’art d’un pays tout entier. Le récit présente un avantage énorme, celui de fictionner la réalité sans jamais être faux.
Pour dérouler le fil de cette vie à double face, Paul Greveillac manie l’image comme un cinéaste, il écrit des scènes dont Schnittke est toujours le héros. Il en imagine aussi. Il met ainsi en miroir l’œuvre plus ou moins clandestine, l’état psychologique du compositeur, sa situation matérielle, les commandes, les vrais amis et les faux, les refus, et les humiliations dans un Moscou où le compositeur vit avec Irina sa femme, son fils, sa famille et ses amis.

Pierre-Henry FRANGNE, Hervé LACOMBE, Marianne MASSIN, Timothée PICARD (dir.) : La valeur de l’émotion musicale. Rennes, Presses Universitaires de Rennes (www.pur-editions.fr ). Coll. « Aesthetica », 2017, 267 p. -  22€.

La recherche, qui s’est longuement méfiée de l’« émotion », commence à comprendre son importance et à élaborer les moyens intellectuels permettant de la définir. Cette publication est supervisée par des spécialistes se réclamant de plusieurs disciplines : philosophie, esthétique, musicologie, littérature et littérature comparée. Les investigations ne concernent que l’Occident et ne tiennent pas vraiment compte du dernier état de la question (d’ailleurs une bibliographie raisonnée fait défaut).

La quatrième de couverture, très abstraite, n’annonce pas de découverte majeure, elle se contente de donner le point de vue actuel.

René GERBER : Les exigences de l’art. Drize (Suisse), Éditions Papillon (www.editionspapillon.ch ), 2003, 223 p. - 50,- CHF

René Gerber est né à Travers (Canton de Neuchâtel), le 29 juin 1908 et mort le 21 octobre 2006. À Paris, il a été l’élève de Paul Dukas, Nadia Boulanger et Robert Siohan. Après avoir enseigné au Collège Latin de Neuchâtel de 1940 à 1947, il a été directeur du Conservatoire de cette ville (1947-1951) et a fondé une Galerie d’art. Son Catalogue comporte 233 œuvres ; dans le sillage du néoclassicisme et de la « clarté française », il a composé des œuvres symphoniques, 15 Concertos de chambre, des pièces vocales et pour piano, une seule œuvre d’orgue. Il pratique à la fois tonalité, modalité et, occasionnellement, polytonalité.

Agnès de BRUNHOFF : Les coulisses de l’être déployé : de l’infini possible du corps allié à la pensée. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), 2017, réf. BDT0122, 160 p. — 16 €.

Ce livre mûrement réfléchi concerne l’acquisition de la liberté scénique. Agnès de Brunhoff — à la fois auteur et compositeur, chanteuse et pianiste — est actuellement « professeur de Technique Alexander, et coach vocal, instrumental et scénique ». Son itinéraire est extraordinaire ; elle fait travailler les personnes et leur permet d’acquérir cette indispensable liberté scénique vocale et musicale ; elle leur permet ainsi de « se construire, en repensant leur corps comme un remarquable partenaire ».

La Technique Alexander relève de 5 principes : « l’inhibition, le contrôle primaire, les directions, la force des habitudes et la perception sensorielle non fiable » (p. 9). Bref, il s’agit essentiellement de la prise de « conscience globale de soi ». L’auteur a réalisé un « manifeste qui parle de l’urgence de repenser le corps comme un véritable partenaire de notre fonctionnement aussi bien dans les domaines musicaux et les métiers de la scène que dans la vie quotidienne en général ».

Denise CLAISSE : Jacques Castérède, toute une vie en musique. Vie et œuvre du compositeur. Sampzon, Éditions DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com ), 2017, réf. BDT0030, 346 p. — 20 €.

L’auteur, Docteur en Musicologie et Agrégée, a été professeur d’éducation musicale dans 3 Lycées internationaux au Québec, au Brésil et en France. Elle enseigne actuellement la musicologie à l’Université de Reims. En 1986, à la demande de Simone Musson, alors directrice de L’Éducation musicale, Denise Claisse a interviewé Jacques Castérède à l’occasion de ses 60 ans. Ce fut d’ailleurs leur première rencontre. Elle était tout à fait qualifiée pour le présenter, sous le générique : Toute une vie en musique. Né à Paris en 1926, il est mort à Dijon en 2014. Après ses études au CNSMDP où il a obtenu les Premiers Prix de Piano, Musique de chambre, Harmonie, Composition et Analyse musicale, le Premier Grand Prix de Rome lui a été décerné en 1960, ce qui lui a permis de résider quatre ans à la Villa Médicis.

Mélanie GUÉRIMAND, Muriel JOUBERT, Denis LE TOUZÉ (dir.) : Le duo violoncelle piano. Approches d’un genre . Lyon, MICROSILLON Éditions (www.microsilloneditions.fr ), Coll. CIMCL, 2017, 263 p. — 27 €.

Préfacé par le violoncelliste Philippe Muller et réalisé sous la direction du Département Musique et Musicologie de l’Université Lumière Lyon II, cet ouvrage fait l’apologie des compositions pour violoncelle et piano. En raison de sa sonorité profonde, le premier s’est imposé en soliste de longue date, par exemple avec les redoutables Suites pour violoncelle seul de Jean Sébastien Bach. Dans son association avec le piano, le problème de la préséance ou non d’un instrument sur l’autre se pose. Ce livre — le premier sur ce sujet — propose une approche multiple sur les origines et l’évolution de ce genre ; il se présente comme une anthologie sous les divers aspects organologique, historique, esthétique, analytique ou encore sociologique.

Éric CHAILLIER : La flûte enchantée, opéra merveilleux et multiple. Paris, FAYARD  (www.fayard-durable.fr ). 2017, 265 p. -  16 €.

Les multiples orientations de La Flûte enchantée de Mozart ont suscité de nombreux travaux et discussions, voire des polémiques sous divers angles. Par exemple, le regretté Jacques Chailley (1910-1999), dans La Flûte enchantée, opéra maçonnique (1968, 2002), a dégagé les intentions franc-maçonniques du livret et de sa traduction musicale. En 2017, son presque homonyme suisse, Éric Chaillier, professeur d’Histoire de la musique à l’Université populaire de Lausanne, a mis l’accent sur l’aspect ésotérique, après avoir établi la genèse du livret d’Emanuel Schikaneder.

François JOLIAT, Angelika GÜSEWELL, Pascal TERRIEN : Les identités des professeurs de musique. Sampzon, DELATOUR FRANCE (www.editions-delatour.com), BDT 0128, 2017, 195 p. – 16 €.

Le professionnalisme est un terme « à la mode » dans de nombreux domaines. Comme le précise le titre, ce livre concerne globalement les professeurs de musique (au sens large). Cette étude collective porte sur trois pays : France, Belgique et Suisse. Elle reproduit les Actes du Colloque international (Paris, 15-16 décembre 2014), à l’initiative du CNSMDP, en collaboration avec l’Université de Marseille, la Haute École de Musique/Vaud Valais Fribourg (Suisse) et la Haute École Pédagogique des Cantons de Berne, Jura et Neuchâtel.

Jean-Christophe BRANGER (éd.) : Jules MASSENET. Mes souvenirs et autres écrits. Paris, VRIN (www.vrin.fr ), Coll. MusicologieS, 2017, 350 p. — 30 €.

Jules Massenet (1842-1912), célèbre par ses Opéras à succès, l’est moins par ses écrits et souvenirs. Né à Saint-Étienne, admis au Conservatoire de Paris à 11 ans, il y suit une formation très complète ; il y obtiendra de nombreux Prix ainsi que le Grand Prix de Rome (1863). En 1878, il sera professeur au Conservatoire. Jean-Christophe Branger, professeur à l’Université de Lorraine, spécialiste de la vie musicale française à la charnière entre le XIXe et le XXe siècle, regroupe des documents dispersés, parfois méconnus auxquels il joint de judicieuses annotations. Jules Massenet a dédié ses souvenirs (1848-1912) à ses petits-enfants ; peu après sa disparition, l’éditeur Pierre Lafitte les a publiés.

Xavier  BISARO, Gisèle CLÉMENT, Fanch THORAVAL (dir.): La circulation de la musique et des musiciens d’église. France, XVIe-XVIIIe siècles. Paris, Éditions Classiques GARNIER (www.classiques-garnier.com ), Coll. Musicologie (dirigée par Philippe VENDRIX), vol. 3, 2017, 395 p. — 48 €.

Le constat de « circulation » et de mobilité engendre une foultitude de renseignements d’une étonnante diversité. Ce livre, très bien présenté (avec quelques illustrations et exemples musicaux) est limité à la France. Selon leurs affinités, les lecteurs et spécialistes seront intéressés par les Actes du Colloque (Montpellier, 2013). Ils concernent des musiciens (Georges Martin, André Campra, Jean-Philippe Rameau, Henri Madin et Pierre Robert)  et des lieux (Avignon, Cambrai, Dôle, Lyon, Rouen, Toul, ainsi qu’Alsbach et Kaisersberg en Alsace, Cuzco en Amérique latine). Les métiers évoqués comprennent des compositeurs, maîtres de chapelle, maîtres des enfants, « vicariés », prêtres-musiciens, chantres et organistes, y compris leurs statuts respectifs (recrutement, exercice de la profession) et l’aspect économique (rémunération). À noter l’apport de récits personnels ou encore le clin d’œil sur les monastères féminins (Clarisses).

Un alchimiste musical à Hollywood. 1 vol. L’Harmattan, collection Univers musical, 218 pages, 21€.

Lui aussi, pour beaucoup, John Williams est seulement le compositeur de Star Wars, d’Indiana Jones, d’E.T, de Jaws, de Superman ! Mais depuis les années cinquante, il compose, du jazz, de la musique de concert, des musiques de films. Il était le dernier représentant d’un courant musical de l’âge d’or d’Hollywood. Mais des jeunes, malgré le succès de la musique électronique (moins coûteuse), ont repris le flambeau (bel article de Cécile Carayol sur « Exemple de symphonisme à la manière de John Williams dans le cinéma français contemporain »). Ce livre propose plusieurs textes d’auteurs : Stéphane Adballah, Olivier Desbrosses, Florent Groult, Stéphanie Personne, journalistes musicaux, Alan Silvestri, Mario Litwin, Jérôme Rossi, Erwann Kermovant, Bruno Coulais, Philippe Gonin, compositeurs, Michel Chion, Cécile Carayol, Alexandre Tylski, auteurs de livres sur la musique au cinéma. Cet ouvrage permet de mieux connaître, comprendre, ce grand compositeur de musique. Une musique que l’on commence à prendre au sérieux.

Perspective d’une œuvre. 1 vol. L’Harmattan, collection Univers musical, 212 pages, 22,50€.

L’auteur suit la carrière du compositeur depuis 35 ans. Il a tout vu, tout entendu et parle avec beaucoup de justesse du travail de cet immense compositeur aux 500 films et qui reste pour beaucoup l’auteur des musiques de Sergio Leone ! Par chapitres il analyse les films qui correspondent Le cinéma de genre (western, giallo, guerre, érotisme, religion..) Le cinéma de l’esprit (philosophie, romantisme, mélancolie, vengeance..) Derrière le cinéma (Rota ou Morricone ? Autour de Pasolini, opéra permanent, référence classique..), Jean-Blaise Collombin, dont c’est le premier ouvrage, montre a quel point, Morricone est un compositeur de musique dont la création artistique est une des plus fascinantes du monde contemporain et une source inépuisable d’analyses.