Francis KLEYNJANS : 6 variations caractéristiques sur un chant traditionnel de l’Aubrac pour guitare. Lemoine : 29 488 H.L.

Voici un thème et variation composés par Francis Kleynjans sur un thème traditionnel originaire d’Auvergne. Le caractère populaire de cette danse paysanne à 3 temps est valorisé par la guitare.
Dans les 6 variations qui vont suivre, le compositeur emploie pour chaque variation des techniques peu orthodoxes et élargit ainsi le champs des possibilités de la guitare. Il y a du « taping » avec les deux mains dans la première variation, caractérisant les deux lignes mélodiques.
La deuxième variation prend une touche humoristique grâce a l’emploi de glissandi et de coulés en appogiatures.
On trouvera dans la troisième variation un mode de jeu utilisant une technique rare. Celle-ci consiste à jouer des notes derrière la main gauche qui appuie sur certaines notes. Ainsi, on obtient un son très doux, « en son de mandoline », comme le mentionne l’auteur.
Chaque variation utilise une technique très particulière et nécessite une grande attention pour produire l’effet souhaité.
L’ingéniosité réside dans les différentes techniques employées dans ces variations offrant des sonorités nouvelles et permettant d’aborder de nouveaux effets sur la guitare.
Cette musique laisse paraître clairement l’empreinte du guitariste Francis Kleynjans maîtrisant parfaitement les possibilités de son instrument.
Ce nouveau chef-d’oeuvre va permettre d’enrichir le répertoire moderne de la guitare. Effet de surprise garanti ! Cette pièce pourra être jouée par un élève de milieu de deuxième cycle.
Lionel Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

Anthony GIRARD, Philippe MALHAIRE (dir.) : Pour les sonorités opposées. Revue d’Esthétique et d’analyse musicales des XXe et XXIe siècles. Paris, L’HARMATTAN (www.editions-harmattan.fr ). n°3, 2019. 162 p. 18, 50 €.

Cette revue est dirigée par Anthony Girard, compositeur, spécialisé en analyse, orchestration et esthétique, ainsi que par Philippe Malhaire, compositeur, musicologue, professeur agrégé et docteur. Elle comprend deux articles scientifiques de fond avec un remarquable état des questions et 4 interviews prises sur le vif.
Jacques Viret met à profit son savoir encyclopédique et établit une synthèse typologique autour de 3 concepts : tonalité, atonalité et atonalisme, avec exemples musicaux à l’appui. Il se situe dans le sillage de la philologie musicale jadis lancée en Sorbonne par Jacques Chailley. Son étude richement documentée (multitude de notes infrapaginales) suscite de nouveaux points de vue. Anthony Girard définit Une autre perspective. Le choix d’une esthétique musicale : liberté ou illusion ? Ce questionnement insiste sur la richesse des « sonorités opposées » (p. 133 sq.). En fait, il s’agit de les réconcilier ; il rappelle ses affinités personnelles et précise (p. 140) que « l’objection principale est la suivante : pourquoi la musique ne serait-elle pas le fruit d’une invention personnelle ? D’une construction mentale ? La transposition d’un état émotionnel ? L’équivalence sonore d’une image intérieure qui ne demande qu’à se déployer ? » Et surtout : « comment savoir où se situe exactement la limite entre la fabrication individuelle et la réceptivité ? » Le compositeur ne peut-il concevoir autre chose que ce qu’il écrit ? » (p. 149). Pour conclure, l’auteur affirme que les points de vue opposés sont inévitables. bra Quatre intervenants ouvrent des horizons variés : Guy Sacre évoque « l’image du passé » ; dans Clocks & Clouds (allusion à l’œuvre de LIGETI, 1972-73), Karol Beffa récapitule son parcours musical et ses choix esthétiques ; dans « Affaire de style, non de langage », Stéphane Delplace explicite que l’évolution du langage « est certaine, mais n’est évidemment pas synonyme de progrès » (p. 90) ; enfin, avec « Dans les murs », Thierry Machuel et Philippe Hersant rendent compte de leur expérience musicale en milieu carcéral.
Décidément, en ce début de XXIe siècle, cette revue pas comme les autres se place à l’avant-garde des réflexions analytiques et esthétiques.
Édith WEBER
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Claude DEBUSSY : Prélude à l’après-midi d’un faune pour piano. Transcription d’Alexandre Tharaud. Lemoine : 29 400 H.L.

Il fallait oser… Et Alexandre Tharaud s’y est essayé avec bonheur. On sait qu’il a réalisé d’autres transcriptions, comme l’Andante du concerto BWV 979 ou la Sicilienne du concerto en ré mineur BWV 596. Ici, il s’attaque à forte partie. Il est inutile de préciser qu’il faut faire preuve, pour interpréter cette transcription, d’une redoutable virtuosité doublée d’une musicalité à toute épreuve et la capacité de mettre en valeur les timbres et les différents plans sonores que nécessite l’œuvre originale. Quoi qu’il en soit, c’est toujours passionnant de pouvoir, à travers des transcriptions, pénétrer à l’intérieur d’une œuvre, surtout de cette importance…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Daniel BLACKSTONE,  Édition musicale, Recensions
Philippe MORANT, Éducation Musicale, Baccalauréat, Piano
Édith WEBER, Édition Musicale, Histoire de la Musique, Hymnologie, Recensions
Sophie JOUVE-GANVERT, Pédagogie Musicale, Recensions
Bernard PATARY, Rédacteur
Jonathan BELL, Rédacteur en chef
Marie FRASCHINI, Recensions
Lionel FRASCHINI, Recensions
Tom MÉBARKI, Rédacteur
Alexandre CRAMAN, Diffusion
Sylvain BRÉTÉCHÉ,
Rédacteur, Musicologie
Carlos De CASTELLARNAU, Rédacteur, Musicologie
Etienne KIPPELEN, Rédacteur, Musicologie
Tom MÉBARKI, Rédacteur, Musicologie
Alessandro MILIA, Rédacteur, Musicologie

Jean-Luc PERROT

6 pièces pour carillon. Delatour : DLT1780.

Ces pièces ont été écrites pour le carillon de l’Eglise Notre Dame à Saint Etienne, redécouvert et restauré il y a peu. Elles sont l’œuvre de l’organiste de l’église, pour mettre en valeur ce patrimoine trop longtemps délaissé. L’instrument est petit, puisqu’il ne comporte que dix cloches. Mais cela a donné envie à l’auteur d’écrire pour ce carillon des pièces faciles pour débutant. Il y a pleinement réussi et on découvrira avec grand plaisir ces pages pleines de fraicheurs et de souvenirs.