Camille SAINT- SAËNS : Sonate pour violoncelle et piano en ré Majeur. Première édition. Urtext. Bärenreiter : BA 10910.

Cette sonate, éditée par Denis Herlin, est une vraie découverte. Retrouvée en 1996 par Yves Gérard, elle provient de la rencontre entre le compositeur et le violoncelliste Pierre Destombes (1874-1917). L’histoire de cette sonate est racontée en détail dans la très intéressante préface qui figure – en français – dans la partition. Nous ne possédons malheureusement de cette œuvre que le premier mouvement et une partie du second. Elle a pourtant été écrite et jouée en entier en 1919, après la mort de Pierre Destombes, mais le seul manuscrit existant est malheureusement incomplet. Telle quelle, cette œuvre tardive (commencée en 1913) mérite d’être redécouverte. Si elle figure déjà dans le volume III/6 BA 10318 des Œuvres instrumentales complètes de Camille Saint-Saëns, elle n’avait jamais été éditée pour elle-même.
Daniel Blackstone

Jean-Baptiste BRÉVAL : Sonate in C – Dur. Op. 40/1. Concert pieces. Bärenreiter : BA 10698.

On ne présente pas Jean-Baptiste Bréval, auteur incontournable, mais à juste titre, pour les jeunes violoncellistes. La partition mentionne « Transkribiert für Cello und Piano von Christoph Sassmannshaus. On reste un peu perplexe devant cette mention, car il semble bien que cette sonate soit d’origine pour violoncelle et piano. Il s’agit donc d’un travail d’édition et pas vraiment de transcription, même si on note de notables différences dans la partie de piano avec d’autres éditions. Peu importe : cette édition est tout à fait recommandable par sa clarté et sa précision, et il est important qu’une telle œuvre soit désormais à la portée de tous les violoncellistes. Rappelons qu’elle comporte deux mouvements : un allegro de forme classique et un Rondo grazioso à 6/8 très chantant et permettant au violoncelliste de faire preuve à la fois de sa musicalité et de sa technique.
Daniel Blackstone

Fernand de LA TOMBELLE : Variations en forme de chaconne pour violoncelle avec accompagnement de piano. Édité par Jean-Emmanuel Filet. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0843-8

On pourra lire sur le site de l’éditeur la très intéressante et copieuse notice consacrée à Fernand de La Tombelle (1854 – 1928). Co-fondateur de la Schola Cantorum, ce fut un compositeur abondant (le terme « prolixe » pourrait paraître péjoratif) et de qualité. Son nom est attaché aussi bien à ses œuvres pour orgue qu’à ses œuvres vocales profanes ou religieuses ou à ses notations et harmonisations de mélodies populaires en particulier du Périgord, terroir auquel il était profondément attaché. Les Variations en forme de chaconne montrent tout l’intérêt que le compositeur portait à la musique ancienne, notamment celle de Couperin et de Rameau. Il s’agit d’une pièce brillante et virtuose pour le concert qui met en valeur l’interprète. Le tout semble aller de soi… mais cette apparente simplicité cache bien des pièges.
Daniel Blackstone

Francis COITEUX : Giovana pour violoncelle et piano. Fin de 1er cycle. Sempre più : SP0283.

L’indication « allegro delicato » placée en tête de cette pièce en décrit bien le caractère. Le début est primesautier avec un passage plus rythmé et plus agité. La deuxième partie est constituée d’une « valse cantabile » à trois temps rapides et qui a parfois des allures de valse musette. Tout cela respire la bonne humeur et la joie de vivre. Piano et violoncelle dialoguent avec bonheur. L’ensemble est très bon enfant.

Max MÉREAUX : Remember pour violoncelle et piano. Moyen. Lafitan : P.L.3181.

Voilà un titre qui ne peut manquer, pour les lecteurs assidus d’Alexandre Dumas père, d’évoquer un dramatique chapitre de Vingt ans après où un roi d’Angleterre perd la tête… Mais sans doute, cette référence n’est-elle plus de saison ! En tout cas cette jolie mélodie mélancolique fait penser à un ballade anglaise ou irlandaise ou à une élégie… Bref, tout cela est plein de charme un peu languissant mais sans mièvrerie. Le piano est ici essentiellement accompagnateur. Le violoncelliste pourra y épanouir tout son lyrisme à condition de rester dans les limites du bon goût, ce qui n’est, malheureusement, pas le cas de tous les instrumentistes et pas seulement des violoncellistes… Non, nous ne citerons personne !

Abdel Rahman EL BACHA : Nocturne pour violoncelle et piano. Assez facile. Delatour : DLT2740.

Y a-t-il vraiment dans cette douce méditation des influences de Gabriel Fauré et de Richard Strauss, comme le suggère l’éditeur ? Sans doute, mais il s’agit néanmoins d’une œuvre originale et qui possède son langage propre. Piano et violoncelle dialoguent dans un contrepoint plus ou moins affirmé, à la fois mélancolique et aérien. C’est une très belle pièce, techniquement peu difficile mais qui demande une grande maîtrise de l’instrument pour en exprimer tout le charme et toute la poésie. Ce nocturne existe également dans une version pour alto et piano DLT1709 qu’on peut écouter intégralement sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=YborN07ziZA

Rose-Marie JOUGLA : Duocordes. 15 duos pour violoncelle. Facile. Delatour : DLT2754.

Ces duos pour deux élèves partent des fondamentaux puisque les trois premiers sont entièrement écrits sur les cordes à vide. Puis premier, deuxième troisième et quatrième doigt entrent en suite en scène. Bien loin d’être des exercices, ces petits duos sont autant d’ambiances sonores expressives. S’ils ne comportent pas de nom, ils sont en revanche très caractérisés par leur tempo, leurs nuances… Il pourra être intéressant de rechercher avec les élèves un titre qui leur permettra de créer en eux un paysage musical propice à la richesse de l’interprétation. Une fois de plus, Rose-Marie Jougla nous prouve qu’on peut faire de l’excellente musique même avec les cordes à vide !

Franz SCHUBERT : Sonate für Arpeggione und Klavier D 821. Version pour Violoncelle et piano, éditée d’après les sources par Christa Jost et Gerhart Darmtadt. Wiener Urtext Edition, Schott/Universal Edition : UT 50402.

Comme toujours chez Schott, nous avons, et c’est bien agréable, une édition trilingue. La préface est signée des deux éditeurs et traduite par Geneviève Geffray. Elle reprend en détail l’histoire de cette œuvre d’abord oubliée de Schubert avant de devenir l’une de ses plus célèbres. L’édition présente s’appuie en règle générale sur l’autographe de Schubert conservé à la Bibliothèque Nationale de France. Il faut en louer par ailleurs la clarté notamment dans la graphie : les indications critiques ne gênent en rien la lisibilité de cette partition vraiment faite pour le confort des instrumentistes.

Mihály TEMESVÁRI : Ma première année de violoncelle. Delatour : DLT2468.

La préface de Renaud Déjardin résume bien le propos de cette méthode : « Ces cahiers ne sont pas l’oeuvre inspirée d’un nouveau professeur visionnaire mais le résultat de nombreuses années d’un travail pédagogique acharné par quelqu’un qui est né pédagogue. » Quant à l’auteur, il précise : « Dans le flot des méthodes récentes, le présent ouvrage peut sembler rébarbatif et peu ludique. C’est un choix assumé ». Au professeur de donner une chaire musicale à ces exercices par le choix judicieux d’oeuvres musicales adaptées. Cette méthode peut paraître un squelette, mais là où il n’y a pas de squelette, il n’y a qu’un amas de chair informe. La technique n’est pas une fin en soi, mais sans elle, il n’y a pas de musique non plus. C’est donc un ouvrage fondamental pour l’apprentissage de l’instrument.

Mihály TEMESVÁRI : Les positions au violoncelle. Etude progressive. Delatour : DLT2707.

Précisons que ce volume est la suite du précédent. Consacré entièrement à la main gauche, il explore systématiquement et de façon détaillée toutes les positions y compris celles du pouce. Plus que jamais, le travail du professeur est indispensable pour permettre à l’élève de tirer tout le fruit de ce remarquable ouvrage. A lui de doser, de choisir les morceaux en rapport avec les techniques mises en oeuvre. Mais comme nous le disions dans le compte-rendu du premier volume, sans technique, la musique ne peut s’exprimer.

DVOŘÁK : Concerto en si mineur pour violoncelle et orchestre op. 104. Bärenreiter : TP620.

Nous avons rendu compte dans notre lettre de décembre 2016 de la parution de cette œuvre chez Bärenreiter. La partition recensée ici est donc la partition de poche réalisée par le même éditeur, Jonathan Del Mar. On y retrouve la copieuse introduction ainsi que la préface de la partition d’orchestre. Réalisée avec le même soin que celle-ci, elle rendra les précieux services qu’on attend de ce format de partition.

Piotr MOSS : « 125 » pour violoncelle seul. Collection pour les enfants « Violoncelle mon ami ». Fortin-Armiane : EFA 110.

Attention, il ne s’agit pas vraiment d’une pièce pour enfant ! Le titre, au premier abord assez mystérieux, fait allusion au fait que les deux dédicataires fêtent à la fois leurs cinquante ans et leur vingt-cinquième anniversaire de mariage (50+50+25=125). Ce court récit lyrique est en plus écrit sur six notes, tirées du nom de ces mêmes destinataires : c, d, es, e, f, a. autrement dit ut, ré mib mi fa et la. Ceci dit, au-delà des circonstances particulières de sa composition et de sa création, cette pièce mérite d’être jouée pour elle-même, dans sa sobriété pleine de charme. Elle pourra être abordée par un violoncelliste de niveau moyen.

Max MÉREAUX : Malinconia pour violoncelle et piano. Elémentaire. Lafitan : P.L.3036.

Mélancolique, cette œuvre l’est manifestement, mais aussi mouvementée. Elle l’est tant par ses couleurs harmoniques, fort peu classiques, que par ses rythmes et la véhémence du discours. Le violoncelliste pourra et devra exprimer tout son lyrisme dans l’ensemble de la pièce mais plus encore dans la cadence qui forme en quelque sorte le centre du propos. Cette œuvre tourmentée mais pleine de grâce, spécialement dans les treize mesures qui suivent la cadence est d’un intérêt certain. Bien loin du « morceau d’étude », c’est une véritable œuvre à découvrir en audition ou en concert.

Dominique de WILLIENCOURT : L’envol. Opus 30. Pour violoncelle et piano. Fortin-Armiane : EFA113.

Ecrite au cours de l’année 2016, cette œuvre poursuit un double but : d’abord de proposer une pièce de concert. La pièce a donc été créée le 25 juin 2016 pour le Festival du Vexin. D’autre part, elle a été proposée pour le concours des Jeunes Violoncellistes de Violoncellenseine en décembre 2016. Hommage à Claude Debussy, mais avec le langage musical de l’auteur, cet « envol » évoque à la fois l’histoire d’un petit oiseau, mais aussi l’envol des propres enfants de l’auteur ainsi que celui des jeunes violoncellistes du concours…

Dominique de WILLIENCOURT : Je m’appelle… op. 31 pour violoncelle et piano. Fin de cycle 1. Fortin-Armiane : EFA114.

Ecrite pour le concours Violoncellenseine 2016, cette pièce se rattache à la précédente par la reprise des thèmes de celle-ci. Ces morceaux « aux couleurs orientales et chatoyantes, nostalgiques et rythmées » font partie d’un ensemble. Celui-ci a la particularité de permettre à l’élève de se présenter à la fois en paroles et en musique.

Antonín DVOŘÁK : Concerto pour violoncelle en si mineur op. 104. Bärenreiter Urtext. Partition de poche : TP 620.

Nous avons rendu compte dans notre lettre n° 55 de janvier 2012 de cette remarquable publication. A l’ensemble des partitions déjà recensée s’ajoute aujourd’hui cette partition de poche éditée également par Jonathan Del Mar avec une copieuse préface. Voici donc complète cette édition d’une page centrale de l’œuvre du compositeur. Inutile de préciser qu’on y retrouve toutes les qualités graphiques des autres partitions.

Tomaso ALBINONI : Adagio et Allegro de la sonate pour violon et basse continue op.6 n°6. Transcription pour violoncelle et piano de Laurent Rannou. Préparatoire. Lafitan : P.L.2772.

Si l’éditeur fait paraître cette pièce dans sa collection « Musique de chambre », c’est que la partie de piano est destinée à être jouée par un pianiste de même niveau que le violoniste. La transcription est en tout point remarquable car il s’agit d’un véritable « trio » : le piano joue constamment à deux voix, ce qui rend sa partie particulièrement intéressante. Cette pièce constitue donc une remarquable introduction à la musique de chambre.

Frédéric BORSARELLO : les cahiers du violoncelle. Volume 2. 1 vol. 1 DVD. Sempre più : SP061.

 

Comme dans le premier volume, dont nous avons rendu compte en novembre 2014, le DVD contenu dans ce volume constitue une pièce maîtresse de la méthode. Explorant toutes les positions, cette méthode conduit pas à pas le violoncelliste jusqu’aux techniques les plus avancées de son instrument. Il s’agit donc d’un outil remarquable au service des élèves et de leur professeur.

 

César FRANCK : Sonate Version violoncelle et piano. Mélancolie pour violoncelle et piano. Urtext. Bärenreiter : BA10917.

En même temps que la version originale pour violon, les éditions Bärenreiter publient les versions pour alto et pour violoncelle de l’œuvre. S’y ajoute ici la Mélancolie pour violon. On lira avec beaucoup de profit les commentaires sur cette version ajoutés à la préface originelle. Ni l’une ni l’autre de ces transcriptions n’ont été effectuées par l’auteur, mais en ce qui concerne la sonate, on sait que Franck connut et approuva la version réalisée par Jules Delsart et publiée ici.

Patmos

Christophe PICOT : Patmos pour violoncelle et piano. Fin 2ème cycle. Sempre più : SP0203.

Voici une pièce lyrique et tourmentée aux accents tragiques. Est-ce une allusion à l'Apocalypse que l'apôtre Jean est censé avoir rédigé en exil sur cette île grecque ? En tout cas, on est entraîné dans un tourbillon qui ne peut laisser indifférent. C'est une belle œuvre qui mérite d'être donnée en concert.

 

Carrousel

Josiane DIEFFERDING : Carrousel pour violoncelle et piano. Fin de 1er cycle. Sempre più : SP0232.

Le titre correspond parfaitement au caractère de la pièce : vrais chevaux ou chevaux de bois, tout tourne avec grâce. Mais ce n'est pas pour autant que l'œuvre manque de variété, et le piano n'y a pas un simple rôle d'accompagnateur. Il y a dans cette pièce beaucoup de charme mais aussi de fantaisie.

Sirènes

Pascal PROUST : Sirènes pour violoncelle et piano. Premier cycle. Sempre più : SP0245.

Voici de bien attirantes sirènes ! Pascal Proust nous déroule un discours à la fois simple et ondoyant tandis que le piano le soutient en délicates harmonies. Si la technique est évidemment sollicitée, c'est d'abord de sens musical que devront faire preuve les jeunes interprètes.