Alexandre FLENGHI : Au royaume de la princesse Plic-Ploc pour violon et piano. Facile. Delatour : DLT2749.

Avec ce conte musical en neuf épisodes, l’auteur nous prouve que les débuts du violon ne sont pas forcément rébarbatifs ! Sans abandonner l’aspect pédagogique (les pièces sont classées en ordre progressif de difficulté), il déploie en effet toute une histoire illustrée par de petits tableaux ou de petits portraits. Différents animaux apparaissent au fil du récit et permettent de varier très efficacement les styles. L’ensemble devrait faire le bonheur et des professeurs de violons, et de leurs élèves… et aussi des auditeurs : tout cela peut être mis en scène par et pour une classe de violon dans une audition de fin d’année ou un concert d’élèves…

George Philipp TELEMANN : 12 FANTASIEN für Violine solo, (TWV 40: 14-25) Wiener Urtext Edition, Schott/Universal Edition : UT 50415

Editées d’après les sources et munies de Notes sur l’interprétation par Bernhard Moosbauer. Edition trilingue.
Telemann a composé soixante-douze pièces pour instrument seul, sous le titre de Fantaisie, les unes pour clavecin, d’autres pour flûte traversière, d’autres pour viole de gambe et enfin pour violon, parues en 1735. Elles s’apparentent au Prélude, à la Toccata, au Capriccio, à la Boutade
Quelques-unes comportent des fugues (les six premières), d’autres sont des « galanteries » selon Telemann. Tout au long du recueil, on remarque une évolution de la forme sonata da chiesa (vif-lent-vif-lent) pour la première Fantaisie, à la forme tripartite de la huitième à la douzième. Aux mouvements fugués s’ajoutent des mouvements de danses, nommées (siciliana) ou non (gigues et courantes italiennes, gavotte, sarabande).

Rose-Marie JOUGLA : Sur l’eaupour violon et piano. Premier cycle. Delatour : DLT2756.

Que le simple ne soit pas forcément simpliste, une fois de plus cette très jolie pièce le démontre. Si l’éditeur nous parle d’« harmonies modernes », nous dirons plutôt harmonies fauréennes pleines de délicatesse. Cette promenade au fil de l’eau, dans un souple tempo à trois temps, évoque une sorte de rêverie douce pleine de lyrisme. Ce sera l’occasion pour l’interprète de soigner le son et l’expression. Mais cela n’est-il pas vrai de toute musique ? Comme à l’accoutumée, la compositrice mêle avec bonheur souci pédagogique et qualité musicale.

Claude-Henry JOUBERT : Quatre fables pour violon avec accompagnement de piano : 3 – L’avocat et les Crevettes Troisième année. Lafitan : P.L.3164.

Nous retrouvons l’humour de l’auteur, mais aussi ses qualités de compositeur et de pédagogue. Le « bel avocat bavard » est doté d’un thème aussi plaisant que volubile. Les crevettes dansent joyeusement et après diverses péripéties, tout cela se termine par un mariage entre l’avocat et la reine des crevettes, mariage célébré par « Madame Cécile Mayonnaise, première adjointe au maire » sur un thème qui évoque une certaine « marche nuptiale » bien connue des organistes… Le tout est plein de fraîcheur (c’est de bon aloi pour l’ensemble des acteurs de ce conte !) On remarquera au passage que la cadence de six mesures peut être improvisée : le compositeur donne des indications pour le faire. Si le pianiste est essentiellement accompagnateur, il devra cependant déployer toutes ses qualités d’écoute pour, précisément, accompagner efficacement son compère violoniste dans toutes ses aventures.

Yves PIGNOT : Tu viens jouer ? Violon et piano. Quatre pièces pour les premières années. Les Editions Buissonnières : EB-2-236.

Ces petites pièces ont été conçues pour être jouées par deux instrumentistes de même niveau dans le but de découvrir et de « prendre goût à la musique de chambre sans être accompagné par un professionnel ». Piavioline est une très courte pièce de seize mesures en noires et en blanches. Vio-grognon se joue en doubles cordes à vide, avec un accompagnement à la rythmique répétitive. Piavioline danse le boléro est plus rapide et plus difficile. Suit Choral et variations pour Amandine et Étienne avec jeu en pizzicato, changement de mesures, et un petit air « jazzy ». Ces pièces utilisent les première et troisième positions ; les tempi et les coups d’archet sont indiqués. Dans la même série : « Tu viens jouer ? Trombone et piano ». 

Gioacchino ROSSINI : Le Barbier de Séville vol. 2 pour violon et piano. Arrangement : Régis Boulier. 3ème cycle. Sempre più : SP0197.

Nous avons rendu compte dans la lettre 106 de septembre 2016 du premier volume. Celui-ci comporte trois numéros : Almaviva, Quartetto et Finale. On y retrouve les mêmes qualités que dans le premier volume : fidélité aux originaux, science de la transcription et de l’enchainement des airs. Cette fois, tous les personnages y sont ! Nous sommes bien dans l’esprit des « paraphrases » du XIX° siècle mais, nous ne nous en plaindrons pas, pas plus que pour le premier volume… Au contraire, ce genre d’œuvre ne peut que donner envie d’aller écouter ou réécouter l’original.

Rose-Marie JOUGLA : Duocordes . 15 duos faciles pour violons. Facile. Delatour : DLT0864.

es quinze pièces ont été écrites par un professeur pour des professeurs… et leurs élèves ! Rappelons que par ailleurs, Rose-Marie Jougla est une instrumentiste de grand talent et une compositrice reconnue. Ces quinze pièces ont pour gageure d’être à la fois facile, musicales et graduées techniquement. Partant de la maîtrise des cordes à vide, s’y ajoute peu à peu celle des 1er, 2ème, 3ème et 4ème doigt. Permettre à des débutants de faire d’entrée de jeu de la musique de chambre, et d’acquérir ainsi la stabilité rythmique indispensable den même temps que le sens de la phrase musicale et de l’expression est le souci premier de ce recueil. On y retrouve toutes les qualités musicales habituelles de l’auteur. Ce recueil fera sûrement le bonheur des professeurs de violon et, espérons-le, de leurs élèves. 

Rose-Marie JOUGLA Le ruban de satin, pour violon et piano. Delatour France : DL T0861.

Pièce dans le style concertant, d’un seul mouvement, mais de tempi variés. La première partie, après l’introduction du piano, reprend continuellement la même formule rythmique accentuant ainsi le caractère mélancolique de la mélodie. La cadence qui la termine introduit la deuxième partie, beaucoup plus technique. La troisième partie, à la carrure de quatre mesures est en forme de menuet. La quatrième partie dans un tempo plus rapide alterne doubles cordes et batteries. La cinquième et dernière partie reprend la première mais à l’octave inférieure d’abord, puis à l’octave supérieure ensuite. Bien écrite pour le violon, (coups d’archets notés, indications d’interprétation indiquées), elle offre toutes les difficultés techniques attendues en troisième cycle, dont l’endurance. L’accompagnement de piano, la plupart du temps sous forme d’accords, sert essentiellement à maintenir la rythmique et la dynamique.

Philippe RIO : Suite de Danses Thérouldebourgeoises. Pièce en cinq mouvements pour violon et piano. Fin du 2ème cycle. Lafitan : P.L.3163.

Il n’est pas étonnant qu’un compositeur président de la Fédération Musicale de Haute-Normandie et vice-président de la Confédération Musicale de France nous entraine dans un bourg de Normandie, Bourgtheroulde, dont les habitants sont précisément les Thérouldebourgeois… Cette suite de danse est aussi réjouissante que variée et nous fait participer à l’histoire du village, dans un langage faussement moyenâgeux… On lira avec amusement les commentaires présentant chaque danse. Bref, on ne s’ennuiera pas à jouer cette partition pleine d’esprit et de charme.

Dominique de WILLIENCOURT : L’attente. Op. 20. Sonate pour piano et violon. Fortin-Armiane : EFA 116.

Dédiée au violoniste Gérard Poulet et au pianiste Patrick Zygmanovsky, elle constitue également un hommage à la Sonate de Debussy, dédiée il y a cent ans (1917) au père de Gérard Poulet, le violoniste et chef d’orchestre Gaston Poulet. Nous laissons ici l’auteur présenter sa sonate : « Basée sur le thème de l’attente, cette sonate en trois mouvements recherche une mélopée mélancolique que l’on découvre au cours du mouvement et qui trouve sa réalisation dans une phrase simple harmonisée à la française. Pour étirer le temps, le temps de l’attente, la passacaille s’ornemente d’une longue pédale de ré. Les deux trios et les variations reprennent son thème en le métamorphosant, plus rapide, moins vif, furieux, plaintif… de façon poétique et aléatoire » Il était inutile de paraphraser cette rigoureuse description. Les trois mouvements sont donc : L’attente - passionnément mélancolique, Passacaille et trio double – Furieusement plaintif et Final – un peu plus vite. L’ensemble est écrit dans un langage très personnel, très prenant, très lyrique aussi. C’est une très belle oeuvre qu’il faut faire découvrir au plus vaste public.

Gjovalin NONAJ : Musique des Balkans pour violon. Lemoine : HL 29285.

Ce recueil contient onze pièces originales d’inspiration folklorique : mélodies, danses, trois rhapsodies et un duo pour violons (à la tierce, en homorythmie). Comme dans toute musique issue du folklore, on y retrouve dynamisme, tournures mélodiques répétitives et modales, rythmiques irrégulières, dans un caractère alternativement festif et nostalgique. Cette tradition orale se traduit à l’écrit par l’utilisation de nombreuses valeurs à la croche (5/8+7/8) ou à la double-croche (11/16+7/16), ce qui rend la lecture mal aisée pour de jeunes élèves. Ces pièces n’ont pas la « clarté », ni la précision de notation efficace d’un Bartok. La difficulté de lecture ne doit pas faire oublier de rendre l’interprétation « libre » si l’on veut respecter l’esprit de cette musique. Notons que le recueil n’est pas progressif, qu’il comporte des chiffrages anglo-saxons pour un éventuel accompagnement. Quelques mauvaises « tournes » regrettables. A proposer en 2ème cycle.

Max MÉREAUX : Andantino pour violon et piano. Elémentaire. Lafitan : P.L.3030.

Cette charmante pièce à 12/8 en la mineur permettra au violoniste comme au pianiste de s’initier véritablement à la musique de chambre. La partie de piano est assez facile mais dialogue constamment avec celle du partenaire, soit en lui répondant soit en la suivant fidèlement. Nul décalage n’est donc possible et une parfaite entente est de mise, ce qui n’est pas toujours facile à réaliser. L’écoute sera donc primordiale entre violon et piano. Aux coups d’archet du violoniste devra répondre le phrasé du pianiste. L’ensemble est très chantant, très poétique et comporte une cadence qui permettra au violoniste de montrer encore plus sa sensibilité.

István NAGY : Introduction to the Great Composers pour violon et piano. Bärenreiter : BA 10633.

Ces quinze pièces ne sont pas d’une grande difficulté. Certaines peuvent être jouées entièrement en première position. De Purcell à Tchaïkovski, c’est tout un répertoire de pièces connues ou moins connues qui est proposé au jeune violoniste. L’auteur de cette compilation explique en « épilogue » ses principes, fort louables : respecter autant que faire se peut le texte originel et ne simplifier qu’avec beaucoup de prudence. On peut dire que le pari est tout à fait réussi. Si la partie de violon est bien destinée à un élève, celle de piano sera souvent plutôt destinée à un grand élève ou à un pianiste accompagnateur.

Pascal PROUST : Fantaisie sur « La danse de l’ours ». pour ensemble de violons (6 ou multiple). Premier cycle. Sempre più : SP0270.

Cette « Danse de l’Ours » est un thème anonyme du XIV° siècle sur lequel l’auteur a brodé des variations aux caractères variés même si le thème est toujours parfaitement présent et reconnaissable. Jouant tantôt en tutti, tantôt par ensembles plus réduits, les six violons terminent dans une apothéose « Grandioso » du meilleur aloi ! Voici une bien agréable et bien utile initiation à la musique d’ensemble, exigeant de chacun des interprètes une écoute attentive. Le langage en est « moyenâgeux » sans excès. Le tout doit sonner de façon franche et très agréable. Rythme et justesse seront de mise !

Philippe RIO : Musicordes pour violon et piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.3079.

Cette « Danse de l’Ours » est un thème anonyme du XIV° siècle sur lequel l’auteur a brodé des variations aux caractères variés même si le thème est toujours parfaitement présent et reconnaissable. Jouant tantôt en tutti, tantôt par ensembles plus réduits, les six violons terminent dans une apothéose « Grandioso » du meilleur aloi ! Voici une bien agréable et bien utile initiation à la musique d’ensemble, exigeant de chacun des interprètes une écoute attentive. Le langage en est « moyenâgeux » sans excès. Le tout doit sonner de façon franche et très agréable. Rythme et justesse seront de mise !

Pascal PROUST : David et Goliath. 3 pièces brèves pour violon solo (cycle 1) et accompagnement d’un 2e violon (grand élève ou professeur). Sempre più : SP0234.

Faut-il voir dans les trois pièces brèves trois aspects du fameux combat entre le petit David et le géant Goliath ? Quoi qu’il en soit, ce pourra être l’occasion de faire découvrir ou redécouvrir aux élèves un épisode sans doute bien oublié aujourd’hui. Sic transit… La première pièce est un « Assez allant » martial, la seconde, un « Lent » méditatif et lyrique et la troisième une sorte de danse de victoire. L’accompagnement, fort bien écrit, pourrait-être aussi joué, pourquoi pas, par un jeune pianiste.

Gabriel DURLIAT : David et Goliath pour violon et piano. Préparatoire. Lafitan : P.L.3084.

D’abord, il y a la présentation des acteurs. Le thème de David est pétillant à souhait. Celui de Goliath est « grave et inquiétant ». Quant au face à face, il demandera que les deux interprètes nous fassent participer au combat : les thèmes s’entrechoquent avec violence. Le tout se termine évidemment par l’issue attendue : « David lance une pierre, elle vole et assomme Goliath ». Trémolo et glissando du violon nous font vivre la scène en direct…  La victoire de David s’exprime dans un ré majeur à la fois majestueux et primesautier pour se terminer par un sol Majeur « Plus lent et majestueux ». L’ensemble est plein d’humour, très expressif et devrait plaire autant à l’interprète qu’à ses auditeurs.

 

Marlijn HELDER : Choral Fantasie I & II pour violon seul. Paris, Le Chant du Monde (www.lechantdumonde.com ), 2016, VS4984, 7 p.

 

Marlijn HELDER : Choral Fantasie I & II pour alto seul. VS4983, 7 p.

 

Les Éditions Le Chant du Monde, ont publié en 2016 les Choral Fantasie I & II respectivement pour violon seul et alto seul composées par la pianiste hollandaise Marlijn Helder, Lauréate en 2015 du 3e Concours international de Composition, spécialisé dans la musique de notre temps.

Le Barbier de Séville

Gioacchino ROSSINI : Le Barbier de Séville vol.1 pour piano et violon. Arrangement : Régis Boulier. 3ème cycle. Sempre più : SP0196.

Il s'agit en fait d'une de ces « paraphrases » sur des airs d'opéra comme on les aimait au XIX° siècle. Mais la mode revient, et qui s'en plaindrait ? C'est une manière bien agréable de pénétrer dans le monde de l'auteur. Pourquoi volume 1 ? C'est que Régis Boulier traite son arrangement par personnage. Et dans ce premier volume figurent seulement Rosine, Bartolo et Figaro. L'ensemble, bien réjouissant, respecte tout à la fois la lettre et l'esprit de l'original en même temps qu'il est tout à fait adapté au duo piano violon. On peut attendre le deuxième volume avec confiance !

 Rêve d'étoiles

Jean-Paul HOLSTEIN : Rêve d'étoiles pour violon solo ou violon et piano. Moyen. Delatour : DLT2620.

Le fait qu'on puisse se passer de la partie de piano pourrait laisser croire que celle-ci n'est qu'un faire-valoir plus ou moins facultatif. Il n'en est rien. Si l'œuvre possède sa plénitude avec le violon seul, le piano n'est pas un rajout mais concourt à donner à l'œuvre un autre visage tout aussi intéressant. Le langage est libre, mais le système tonal n'est jamais loin. L'interprétation demande à la fois beaucoup de lyrisme et beaucoup de retenue… Il faut faire preuve de bon goût, tout simplement !

 

Deux portraits.

Yves BOUILLOT : Deux portraits. Pièce en deux mouvements pour violon et piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.2976.

Ces deux portraits, l'un romantique et l'autre rustique s'appuient sur des thèmes connus. Le premier emprunte sa structure mélodique au célèbre nocturne en mi bémol de Chopin, le deuxième à à un chant populaire. L'ensemble est fort plaisant et laisse au piano une place intéressante qui fait de ces portraits de vraies œuvres de musique de chambre.

 

Capriccio

Youli GALPERINE : Capriccio Opus 37 n° 2 pour violon solo. Difficile. Delatour : DLT2630.

Ce capriccio mérite bien son nom : changements de caractère, changements de rythme, de mesure, il offre une variété très grande et très séduisante mais demande une technique éprouvée. A la fois lyrique et rythmé, il nous emporte dans un tourbillon plein de surprises.