MENDELSSOHN BARTHOLDY : Concerto in E minor op.64 pour violon et orchestre. Bärenreiter : TP 394.

Le concerto pour violon de Mendelssohn a toujours eu une position privilégiée au panthéon des concertos du 19ème siècle pour l’instrument.
Il est dédié à son ami violoniste Ferdinand David en 1844. La première eut lieu le 13 mars 1845 au Leipzig Gewandhaus où David, le concertmeister a introduit l’œuvre. La création a demandé sept ans d’efforts à Mendelssohn, de l’imagination à la conception. Cette nouvelle édition est très fonctionnelle. L’écriture du compositeur est mise en valeur car on a une praticité de l’édition permettant par exemple à plusieurs systèmes de cohabiter sur une même page, enlevant les voix inutiles. L’édition Bärenreiter garantie les dernières études faites sur le sujet, en accord avec des lignes directrices éditoriales clairement définies. Cela facilite grandement le travail du musicien.
Marie Fraschini

Edmund SEVERN : Dance polonaise pour violon et piano. Bärenreiter’s Concert Pieces, édité par Kurt Sassmannshaus. Bärenreiter : BA 10750.

Cette danse polonaise est la pièce la plus connue de Severn. Ecrite dans un style de mazurka, cette danse nous invite à entrer dans les couleurs locales du pays. Cette œuvre en un seul mouvement est de forme rondo, comprenant un thème enjoué revenant après chaque interlude musical. Des ralentis et rubatos épicent le tout ; de grands sauts et des accords à deux et trois notes assurent une mélodie et une harmonie magnifiquement mises en valeur. Des dynamiques expressives offrent de l’énergie à l’ensemble de cette danse polonaise. Espérons que les violonistes confirmés seront prêts à danser !
Marie Fraschini

W.A. MOZART : Eine kleine Nachtmusik, Allegro de la Serenade n°13 KV 525 arrangé pour violon solo par Roman Kim. Bärenreiter : BA 10933.

On aurait pu croire qu’avec Paganini et Ernst on avait accompli la technique du violon, il n’en est rien ! Dans cet arrangement pour violon solo de la petite musique de nuit de Mozart, Roman Kim invente d’autres techniques qui feront fuir plus d’un violoniste ! Mais si vous êtes courageux et aventurier, laissez-vous tentez par ce challenge de jouer une oeuvre pour orchestre en un seul violon. Cela demande une technique main gauche hors norme : comme l’utilisation du pouce, l’arrêt de résonnances des cordes par certains doigts notés, ou encore l’utilisation de tous les doigts pour les pizzicati. La main droite n’est pas laissée pour compte : elle doit mettre en dehors la mélodie tout en continuant les doubles pendant presque toute l’oeuvre. Cela demande une grande endurance. Mais à en croire l’enregistrement que vous pouvez écouter sur youtube, le jeu en vaut la chandelle ! https://www.youtube.com/watch?v=KsxY3WL1cP8
Marie Fraschini

Aleksey IGUDESMAN : Christmas Confusion pour violon et piano. Universal Edition : UE 38029.

Comme toujours Igudesman est à la fois perspicace et délirant. Dans cet air qui a pour indication : « sorte de Noël avec une touche d’Hannukah », le violoniste est particulièrement sollicité. En effet avec excentricité et joie il nous dévoile les faces cachées les plus obscures et les plus lumineuses des religions chrétienne et juive pour une fête particulièrement bien réussie du point vue virtuosité ! Enchaînant des mélodies toutes aussi connues les unes que les autres, les doubles cordes et les traits d’une rapidité déconcertante se succèdent. Il serait bienvenu de jouer cette œuvre bien entendu à Noël, mais aussi au cours de n’importe quelle réunion festive. Vous pouvez écouter la version deux violon piano sur Youtube avec Joshua Bell, Igudesman & Joo. https://www.youtube.com/watch?v=RyW-Jz3FECs
Marie Fraschini

Henri-Jean SCHUBNEL : Passacaille et fugue op. 31 pour violon et piano. Assez difficile. Delatour : DLT1967.

Les éditions Delatour nous offrent l’occasion de découvrir un compositeur dont l’œuvre est d’autant plus rare qu’il est en même temps un éminent minéralogiste en retraite, professeur au Muséum d’Histoire Naturelle, auteur de poèmes et de nombreux ouvrages sur la minéralogie… Son œuvre de musicien ne peut laisser indifférent. Lui-même présente ainsi son œuvre : «  Composer de la musique est pour moi un besoin vital. Langage venu du plus profond de l’être, mystérieuse alchimie de sublimations entre essence et existence située aux frontières de l’entendement, mon langage musical n’est pas le produit de recherches intellectuelles sur l’étrangeté des sons : je me laisse tout simplement guider par l’insistance des rythmes et des mélodies qui parviennent à ma conscience  ». Écrire une passacaille et fugue montre également une science de l’écriture indiscutable ! L’auteur maitrise parfaitement l’art de l’ornementation et de la variation… Comme il se doit, le thème de la fugue est le même que l’ostinato de la passacaille. C’est une œuvre belle, attachante : c’est avant tout de la bonne musique ! Pour en savoir plus sur ce compositeur savant et savant compositeur, on peut aller sur son site : http://www.hjschubnel.com/
Daniel Blackstone

David BROOKER : Italian classics Favourite Italian melodies arrangées pour violon et piano. Universal Edition : UE 38027.

Classiques, ces mélodies le sont : la couverture précise que le recueil contient O sole mio, La donna è mobile, Funiculi Funicula, et bien d’autres… Citons encore Santa Lucia… Cela dit, les autres airs contenus sont non moins connus et ne manquent pas d’intérêt. Quant aux arrangements, ils sont fort bien faits et sans être d’une grande difficulté, ils ne cèdent pas à un simplisme réducteur et ne sont pas si faciles tant pour le pianiste que pour le violoniste. L’un et l’autre devraient prendre le plus grand plaisir à jouer ces pièces qui leur garantissent un succès assuré, mais sont en même temps de la très bonne musique.
Daniel Blackstone

Cette petite pièce de 2’30 de niveau milieu de deuxième cycle pour violon est dédiée à Laure Baran. On y retrouve la même envie de ballade dans Paris que dans l’oeuvre pour clarinette recensée cidessous. Mais bien qu’il y ait toujours une forme Sonate, cette fois le thème est en do Majeur, donnant un air plus gai à la promenade. Cette pièce, assez simple pour la main gauche, monte jusqu’en neuvième position. On entend une valse mélodieusement accompagnée, rappelant le vieux Paris des bals musette d’avant-guerre. Dans la seconde partie se trouvent des techniques de main droite pas évidentes : des liaisons décalées terminant piquées, mélangées à du spiccato. La mélodie du début revient, amenant cette fois-ci une coda toujours en do majeur avec une longue tenue sur un do deux octaves au-dessus de la portée. Espérons que ce morceau donne envie aux jeunes interprètes de valser un peu !
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Introduction et danse est une courte pièce d’environ 2’50’’. De tempo assez lent : 66 à la noire environ, l’introduction chante au violon, pendant que le pianiste joue toujours les mêmes deux croches au premier temps et arpège des accords à la main droite sur les deuxièmes temps. Au violon on trouve quelques pizziccati dans l’introduction et dans la partie Vif dans un tempo de valse à 160 à la noire. Également quelques trilles donnent de l’excitation à ce passage se terminant en tournoyant autour des mêmes notes : la, sol et ré avant de revenir au tempo primo dans le premier thème. Puisse cette oeuvre faire la joie des seconds cycles qui veulent danser !
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

« Cette oeuvre très brève est une douce méditation où l’on peut déceler des influences non intentionnelles de G. Fauré et R. Strauss ».
Les compositions de ce pianiste renommé ne cherchent pas la nouveauté ; simplicité formelle, tonalité et modalité font partie de son langage.
« La plupart de mes pièces sont une mise en forme de quelques improvisations, inspirées par la vie et sorties du coeur ; musique sans apprêts, parfois simple comme une chanson. Le style voyage entre le Proche-Orient qui m’a donné le jour, l’Espagne, et un doux romantisme redevable à Schumann ».
Ce Nocturne s’adresse à des élèves de second cycle (pour la partie de violon).
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Il s’agit à la fois d’un concerto et d’une sorte de poème symphonique. C’est une musique à programme, d’où le titre… L’auteur ne précise pas quoi faire du texte qui commente ou même fait partie intégrante du morceau. On peut supposer que, comme à l’habitude, il laisse toute latitude aux interprètes, y compris celle de faire de ce concerto un mini opéra… comique ! L’ensemble est, bien entendu, de grande qualité musicale et n’engendre pas la mélancolie. On remarquera en particulier le « Cours de mathématique » où l’on a retenu l’air mais pas les paroles… Bref, comme souvent, l’auteur montre qu’humour et musique peuvent faire bon ménage. Pour la culture des interprètes et des auditeurs, il sera bon de leur rafraichir la mémoire à propos d’Adam de la Halle et du Jeu de Robin et Marion…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Dans ce troisième volume sur la période baroque de Maica Brandao, le violon est, comme à l’accoutumée, sollicité en deux phases : la partie technique où l’on étudie entre autres les arpèges et les variations pour l’archet, puis la partie chansons. C’est la période où le violon devient le roi des instruments mélodiques dans toute l’Europe. Au programme : « La Mantovana, Woodycock, Stingo, Nobody’s Jig, Marche pour la cérémonie des turcs, Menuet, Les sauvages, If Love’s a Sweet Passion, Canon, Bist du bei mir, Sarabande, Fantasia. » On y trouve des doubles cordes et beaucoup de virtuosité, aussi bien d’archet que de main gauche. Une partie violoncelle est fournie pour la basse continue.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Ce deuxième cahier en deux phases, traite en premier de la technique du violon à la Renaissance et en second de morceaux pour élèves débutants. Ils sont écrits à partir de chansons de la Renaissance en Italie, en France, en Angleterre et en Allemagne. On y trouve : Haimé, perché m’hai privo – improvisation, Hélas Madame, Pavana del fior, Branle du chandelier, Nasce la speme mia da un dolce riso, The frog Gaillard, Pavane anglaise à 4 voix, Branle des chevaux, Pavane, La bataille, Gavottes Terpsichore et Doen Daphne d’over schoone. Les morceaux vont de 1 à 5 violons et peuvent être accompagnés d’une partie de violoncelle. De quoi s’amuser en découvrant tout un répertoire très peu utilisé dans l’étude du violon dit « classique ».
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Ce premier livre de Maica Brandao sur le violon en trois temps traite de la période du moyen âge. En ce temps-là le violon n'existait pas encore, mais son ancêtre la vièle à archet était l'instrument de prédilection des ménestrels, qui s’en servaient pour accompagner les chansons et faire danser. Ce livre est construit en deux temps : On y trouve d’abord des exercices qui font travailler les aspects du rythme, du sentiment modal et de la mélodie. Ensuite il y a les chansons : Sing cucu – canon, Polorum Regina – Llibre Vermell de Montserrat, Christus Patris gratie- rondeau, Vineam meam plantavi- rondeau, Offerat ecclesia- rondeau, Imperatriz de la Ciutat Joyosa – Llibre Vermell de Montserrat, Tant me sui de dire teüs – lai monodique, Danse du Morholt – P.Hamon, Ay mi ! Dame de valour – Guillaume de Machaut, Trotto – Italie XIVe siècle. Les oeuvres sont écrites pour des ensembles de 1 à 4 violons, avec un accompagnement au violoncelle.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette œuvre de 3 min.20 dans un style « lent et mélancolique » dévoile plusieurs modes de jeux au violon. En effet, le violon commence en pizz, puis passe en doubles cordes et utilise également quelques harmoniques. Nous avons une première partie lente, s’exprimant par un chant plaintif, passionné, se terminant par une montée ad libitum. Puis une deuxième partie plus pétillante, s’intitulant « modéré et dansant », utilisant des notes piquées, « bien soutenues », avant de se décliner par des harmoniques en pizz et une mélodie légato très détendue pour revenir sur le premier thème. Apparait pour conclure cette pièce une petite coda, d’abord pianissimo, puis triple piano sur une harmonique, appelant la rêverie solitaire.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette œuvre « en mémoire de Maurice Ravel » en trois mouvements : Preludio maestoso, Rêverie après Forlane, Vivace Tempo di Toccata nous rappelle la recherche constante du timbre chez Ravel.
Compositeur, minéralogiste et écrivain, H.J.Schubnel s'inspire ici tout particulièrement du Tombeau de Couperin, notamment par les rythmes de danse folklorique italienne de Forlane dans le second mouvement et de sa Toccata pour le troisième mouvement. Virtuose dans tous les sens du terme, cette pièce dégage une sensibilité et une fraicheur bienfaisante.
Marie Fraschini

Cette pièce comporte deux parties. La première, un andantino, est construit sur une cellule mélodique et rythmique récurrente. D’abord legato, le discours devient plus sautillant pouir revenir à une expression plus lyrique. La deuxième partie, en 6/8, nous entraine sur un rythme de tarentelle dans une danse endiablée bien vivante et bien agréable même si elle demandera à l’interprète une grande agilité d’archet. Mais le plaisir sera à ce prix !
Daniel Blackstone

En fait, la pièce nous fait aller de la chrysalide, en ré mineur, au papillon, en ré majeur, en passant par quelques mesures de métamorphose. Le langage privilégie l’usage des demi-tons et demandera donc un grand travail de justesse. Mais c’est la musique qui est reine : un andante cantabile très chantant et d’une grande fluidité permet au violoniste de montrer toutes ses qualités de timbre et de limpidité du discours. Le lyrisme est évident. La partie de piano exploite les harmonies parallèles et permettra des rapprochements significatifs avec notamment Debussy. Cette pièce très riche mérite donc d’être étudiée et jouée par nos jeunes instrumentistes.

Vous souvenez-vous de cette comète qui défraya la chronique il y a quelques années ainsi que de la sonde Rosetta qui devait l’explorer ? C’est à cette aventure que les auteurs nous convient. La pièce est composée de trois parties qui s’enchainent : A – Approche et atterrissage de la sonde sur la comète Tchouri, B – La sonde s’endort faute de lumière. C – Réveil de la sonde jusqu’à sa destruction par le soleil. La première partie est un moderato espressivo, la deuxième une valse lente, quant au troisième, il s’agit d’un « Swing ! » bien balancé. Les trois paysages ainsi créés permettent aux interprètes de montrer leur capacité à épouser différents styles. Bien sûr, le tout est empreint d’un humour certain : le premier mouvement est très « classique », la valse lente commence bien sagement avant de moduler dangereusement… le troisième nous emporte dans une toute autre ambiance. Il s’agit donc d’une pièce bien plaisante et pleine de variété aussi bien dans le style que dans le caractère.

Avec ce conte musical en neuf épisodes, l’auteur nous prouve que les débuts du violon ne sont pas forcément rébarbatifs ! Sans abandonner l’aspect pédagogique (les pièces sont classées en ordre progressif de difficulté), il déploie en effet toute une histoire illustrée par de petits tableaux ou de petits portraits. Différents animaux apparaissent au fil du récit et permettent de varier très efficacement les styles. L’ensemble devrait faire le bonheur et des professeurs de violons, et de leurs élèves… et aussi des auditeurs : tout cela peut être mis en scène par et pour une classe de violon dans une audition de fin d’année ou un concert d’élèves…

Editées d’après les sources et munies de Notes sur l’interprétation par Bernhard Moosbauer. Edition trilingue.
Telemann a composé soixante-douze pièces pour instrument seul, sous le titre de Fantaisie, les unes pour clavecin, d’autres pour flûte traversière, d’autres pour viole de gambe et enfin pour violon, parues en 1735. Elles s’apparentent au Prélude, à la Toccata, au Capriccio, à la Boutade
Quelques-unes comportent des fugues (les six premières), d’autres sont des « galanteries » selon Telemann. Tout au long du recueil, on remarque une évolution de la forme sonata da chiesa (vif-lent-vif-lent) pour la première Fantaisie, à la forme tripartite de la huitième à la douzième. Aux mouvements fugués s’ajoutent des mouvements de danses, nommées (siciliana) ou non (gigues et courantes italiennes, gavotte, sarabande).


« Brèves, concises, avec leur caractère propre, elles [les Fantaisies] sont une mine inépuisable […] ; elles possèdent en outre une grande valeur artistique et didactique ».
Composées pour des amateurs, ces pièces malheureusement trop méconnues exigent un certain niveau technique, bien que les changements de position ne dépassent pas la

Que le simple ne soit pas forcément simpliste, une fois de plus cette très jolie pièce le démontre. Si l’éditeur nous parle d’« harmonies modernes », nous dirons plutôt harmonies fauréennes pleines de délicatesse. Cette promenade au fil de l’eau, dans un souple tempo à trois temps, évoque une sorte de rêverie douce pleine de lyrisme. Ce sera l’occasion pour l’interprète de soigner le son et l’expression. Mais cela n’est-il pas vrai de toute musique ? Comme à l’accoutumée, la compositrice mêle avec bonheur souci pédagogique et qualité musicale.

Nous retrouvons l’humour de l’auteur, mais aussi ses qualités de compositeur et de pédagogue. Le « bel avocat bavard » est doté d’un thème aussi plaisant que volubile. Les crevettes dansent joyeusement et après diverses péripéties, tout cela se termine par un mariage entre l’avocat et la reine des crevettes, mariage célébré par « Madame Cécile Mayonnaise, première adjointe au maire » sur un thème qui évoque une certaine « marche nuptiale » bien connue des organistes… Le tout est plein de fraîcheur (c’est de bon aloi pour l’ensemble des acteurs de ce conte !) On remarquera au passage que la cadence de six mesures peut être improvisée : le compositeur donne des indications pour le faire. Si le pianiste est essentiellement accompagnateur, il devra cependant déployer toutes ses qualités d’écoute pour, précisément, accompagner efficacement son compère violoniste dans toutes ses aventures.