Cette petite pièce de 2’30 de niveau milieu de deuxième cycle pour violon est dédiée à Laure Baran. On y retrouve la même envie de ballade dans Paris que dans l’oeuvre pour clarinette recensée cidessous. Mais bien qu’il y ait toujours une forme Sonate, cette fois le thème est en do Majeur, donnant un air plus gai à la promenade. Cette pièce, assez simple pour la main gauche, monte jusqu’en neuvième position. On entend une valse mélodieusement accompagnée, rappelant le vieux Paris des bals musette d’avant-guerre. Dans la seconde partie se trouvent des techniques de main droite pas évidentes : des liaisons décalées terminant piquées, mélangées à du spiccato. La mélodie du début revient, amenant cette fois-ci une coda toujours en do majeur avec une longue tenue sur un do deux octaves au-dessus de la portée. Espérons que ce morceau donne envie aux jeunes interprètes de valser un peu !
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Introduction et danse est une courte pièce d’environ 2’50’’. De tempo assez lent : 66 à la noire environ, l’introduction chante au violon, pendant que le pianiste joue toujours les mêmes deux croches au premier temps et arpège des accords à la main droite sur les deuxièmes temps. Au violon on trouve quelques pizziccati dans l’introduction et dans la partie Vif dans un tempo de valse à 160 à la noire. Également quelques trilles donnent de l’excitation à ce passage se terminant en tournoyant autour des mêmes notes : la, sol et ré avant de revenir au tempo primo dans le premier thème. Puisse cette oeuvre faire la joie des seconds cycles qui veulent danser !
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

« Cette oeuvre très brève est une douce méditation où l’on peut déceler des influences non intentionnelles de G. Fauré et R. Strauss ».
Les compositions de ce pianiste renommé ne cherchent pas la nouveauté ; simplicité formelle, tonalité et modalité font partie de son langage.
« La plupart de mes pièces sont une mise en forme de quelques improvisations, inspirées par la vie et sorties du coeur ; musique sans apprêts, parfois simple comme une chanson. Le style voyage entre le Proche-Orient qui m’a donné le jour, l’Espagne, et un doux romantisme redevable à Schumann ».
Ce Nocturne s’adresse à des élèves de second cycle (pour la partie de violon).
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Il s’agit à la fois d’un concerto et d’une sorte de poème symphonique. C’est une musique à programme, d’où le titre… L’auteur ne précise pas quoi faire du texte qui commente ou même fait partie intégrante du morceau. On peut supposer que, comme à l’habitude, il laisse toute latitude aux interprètes, y compris celle de faire de ce concerto un mini opéra… comique ! L’ensemble est, bien entendu, de grande qualité musicale et n’engendre pas la mélancolie. On remarquera en particulier le « Cours de mathématique » où l’on a retenu l’air mais pas les paroles… Bref, comme souvent, l’auteur montre qu’humour et musique peuvent faire bon ménage. Pour la culture des interprètes et des auditeurs, il sera bon de leur rafraichir la mémoire à propos d’Adam de la Halle et du Jeu de Robin et Marion…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Dans ce troisième volume sur la période baroque de Maica Brandao, le violon est, comme à l’accoutumée, sollicité en deux phases : la partie technique où l’on étudie entre autres les arpèges et les variations pour l’archet, puis la partie chansons. C’est la période où le violon devient le roi des instruments mélodiques dans toute l’Europe. Au programme : « La Mantovana, Woodycock, Stingo, Nobody’s Jig, Marche pour la cérémonie des turcs, Menuet, Les sauvages, If Love’s a Sweet Passion, Canon, Bist du bei mir, Sarabande, Fantasia. » On y trouve des doubles cordes et beaucoup de virtuosité, aussi bien d’archet que de main gauche. Une partie violoncelle est fournie pour la basse continue.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Ce deuxième cahier en deux phases, traite en premier de la technique du violon à la Renaissance et en second de morceaux pour élèves débutants. Ils sont écrits à partir de chansons de la Renaissance en Italie, en France, en Angleterre et en Allemagne. On y trouve : Haimé, perché m’hai privo – improvisation, Hélas Madame, Pavana del fior, Branle du chandelier, Nasce la speme mia da un dolce riso, The frog Gaillard, Pavane anglaise à 4 voix, Branle des chevaux, Pavane, La bataille, Gavottes Terpsichore et Doen Daphne d’over schoone. Les morceaux vont de 1 à 5 violons et peuvent être accompagnés d’une partie de violoncelle. De quoi s’amuser en découvrant tout un répertoire très peu utilisé dans l’étude du violon dit « classique ».
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Ce premier livre de Maica Brandao sur le violon en trois temps traite de la période du moyen âge. En ce temps-là le violon n'existait pas encore, mais son ancêtre la vièle à archet était l'instrument de prédilection des ménestrels, qui s’en servaient pour accompagner les chansons et faire danser. Ce livre est construit en deux temps : On y trouve d’abord des exercices qui font travailler les aspects du rythme, du sentiment modal et de la mélodie. Ensuite il y a les chansons : Sing cucu – canon, Polorum Regina – Llibre Vermell de Montserrat, Christus Patris gratie- rondeau, Vineam meam plantavi- rondeau, Offerat ecclesia- rondeau, Imperatriz de la Ciutat Joyosa – Llibre Vermell de Montserrat, Tant me sui de dire teüs – lai monodique, Danse du Morholt – P.Hamon, Ay mi ! Dame de valour – Guillaume de Machaut, Trotto – Italie XIVe siècle. Les oeuvres sont écrites pour des ensembles de 1 à 4 violons, avec un accompagnement au violoncelle.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette œuvre de 3 min.20 dans un style « lent et mélancolique » dévoile plusieurs modes de jeux au violon. En effet, le violon commence en pizz, puis passe en doubles cordes et utilise également quelques harmoniques. Nous avons une première partie lente, s’exprimant par un chant plaintif, passionné, se terminant par une montée ad libitum. Puis une deuxième partie plus pétillante, s’intitulant « modéré et dansant », utilisant des notes piquées, « bien soutenues », avant de se décliner par des harmoniques en pizz et une mélodie légato très détendue pour revenir sur le premier thème. Apparait pour conclure cette pièce une petite coda, d’abord pianissimo, puis triple piano sur une harmonique, appelant la rêverie solitaire.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette œuvre « en mémoire de Maurice Ravel » en trois mouvements : Preludio maestoso, Rêverie après Forlane, Vivace Tempo di Toccata nous rappelle la recherche constante du timbre chez Ravel.
Compositeur, minéralogiste et écrivain, H.J.Schubnel s'inspire ici tout particulièrement du Tombeau de Couperin, notamment par les rythmes de danse folklorique italienne de Forlane dans le second mouvement et de sa Toccata pour le troisième mouvement. Virtuose dans tous les sens du terme, cette pièce dégage une sensibilité et une fraicheur bienfaisante.
Marie Fraschini

Cette pièce comporte deux parties. La première, un andantino, est construit sur une cellule mélodique et rythmique récurrente. D’abord legato, le discours devient plus sautillant pouir revenir à une expression plus lyrique. La deuxième partie, en 6/8, nous entraine sur un rythme de tarentelle dans une danse endiablée bien vivante et bien agréable même si elle demandera à l’interprète une grande agilité d’archet. Mais le plaisir sera à ce prix !
Daniel Blackstone

En fait, la pièce nous fait aller de la chrysalide, en ré mineur, au papillon, en ré majeur, en passant par quelques mesures de métamorphose. Le langage privilégie l’usage des demi-tons et demandera donc un grand travail de justesse. Mais c’est la musique qui est reine : un andante cantabile très chantant et d’une grande fluidité permet au violoniste de montrer toutes ses qualités de timbre et de limpidité du discours. Le lyrisme est évident. La partie de piano exploite les harmonies parallèles et permettra des rapprochements significatifs avec notamment Debussy. Cette pièce très riche mérite donc d’être étudiée et jouée par nos jeunes instrumentistes.

Vous souvenez-vous de cette comète qui défraya la chronique il y a quelques années ainsi que de la sonde Rosetta qui devait l’explorer ? C’est à cette aventure que les auteurs nous convient. La pièce est composée de trois parties qui s’enchainent : A – Approche et atterrissage de la sonde sur la comète Tchouri, B – La sonde s’endort faute de lumière. C – Réveil de la sonde jusqu’à sa destruction par le soleil. La première partie est un moderato espressivo, la deuxième une valse lente, quant au troisième, il s’agit d’un « Swing ! » bien balancé. Les trois paysages ainsi créés permettent aux interprètes de montrer leur capacité à épouser différents styles. Bien sûr, le tout est empreint d’un humour certain : le premier mouvement est très « classique », la valse lente commence bien sagement avant de moduler dangereusement… le troisième nous emporte dans une toute autre ambiance. Il s’agit donc d’une pièce bien plaisante et pleine de variété aussi bien dans le style que dans le caractère.

Avec ce conte musical en neuf épisodes, l’auteur nous prouve que les débuts du violon ne sont pas forcément rébarbatifs ! Sans abandonner l’aspect pédagogique (les pièces sont classées en ordre progressif de difficulté), il déploie en effet toute une histoire illustrée par de petits tableaux ou de petits portraits. Différents animaux apparaissent au fil du récit et permettent de varier très efficacement les styles. L’ensemble devrait faire le bonheur et des professeurs de violons, et de leurs élèves… et aussi des auditeurs : tout cela peut être mis en scène par et pour une classe de violon dans une audition de fin d’année ou un concert d’élèves…

Editées d’après les sources et munies de Notes sur l’interprétation par Bernhard Moosbauer. Edition trilingue.
Telemann a composé soixante-douze pièces pour instrument seul, sous le titre de Fantaisie, les unes pour clavecin, d’autres pour flûte traversière, d’autres pour viole de gambe et enfin pour violon, parues en 1735. Elles s’apparentent au Prélude, à la Toccata, au Capriccio, à la Boutade
Quelques-unes comportent des fugues (les six premières), d’autres sont des « galanteries » selon Telemann. Tout au long du recueil, on remarque une évolution de la forme sonata da chiesa (vif-lent-vif-lent) pour la première Fantaisie, à la forme tripartite de la huitième à la douzième. Aux mouvements fugués s’ajoutent des mouvements de danses, nommées (siciliana) ou non (gigues et courantes italiennes, gavotte, sarabande).


« Brèves, concises, avec leur caractère propre, elles [les Fantaisies] sont une mine inépuisable […] ; elles possèdent en outre une grande valeur artistique et didactique ».
Composées pour des amateurs, ces pièces malheureusement trop méconnues exigent un certain niveau technique, bien que les changements de position ne dépassent pas la

Que le simple ne soit pas forcément simpliste, une fois de plus cette très jolie pièce le démontre. Si l’éditeur nous parle d’« harmonies modernes », nous dirons plutôt harmonies fauréennes pleines de délicatesse. Cette promenade au fil de l’eau, dans un souple tempo à trois temps, évoque une sorte de rêverie douce pleine de lyrisme. Ce sera l’occasion pour l’interprète de soigner le son et l’expression. Mais cela n’est-il pas vrai de toute musique ? Comme à l’accoutumée, la compositrice mêle avec bonheur souci pédagogique et qualité musicale.

Nous retrouvons l’humour de l’auteur, mais aussi ses qualités de compositeur et de pédagogue. Le « bel avocat bavard » est doté d’un thème aussi plaisant que volubile. Les crevettes dansent joyeusement et après diverses péripéties, tout cela se termine par un mariage entre l’avocat et la reine des crevettes, mariage célébré par « Madame Cécile Mayonnaise, première adjointe au maire » sur un thème qui évoque une certaine « marche nuptiale » bien connue des organistes… Le tout est plein de fraîcheur (c’est de bon aloi pour l’ensemble des acteurs de ce conte !) On remarquera au passage que la cadence de six mesures peut être improvisée : le compositeur donne des indications pour le faire. Si le pianiste est essentiellement accompagnateur, il devra cependant déployer toutes ses qualités d’écoute pour, précisément, accompagner efficacement son compère violoniste dans toutes ses aventures.

Yves PIGNOT : Tu viens jouer ? Violon et piano. Quatre pièces pour les premières années. Les Editions Buissonnières : EB-2-236.

Ces petites pièces ont été conçues pour être jouées par deux instrumentistes de même niveau dans le but de découvrir et de « prendre goût à la musique de chambre sans être accompagné par un professionnel ». Piavioline est une très courte pièce de seize mesures en noires et en blanches. Vio-grognon se joue en doubles cordes à vide, avec un accompagnement à la rythmique répétitive. Piavioline danse le boléro est plus rapide et plus difficile. Suit Choral et variations pour Amandine et Étienne avec jeu en pizzicato, changement de mesures, et un petit air « jazzy ». Ces pièces utilisent les première et troisième positions ; les tempi et les coups d’archet sont indiqués. Dans la même série : « Tu viens jouer ? Trombone et piano ». 

Gioacchino ROSSINI : Le Barbier de Séville vol. 2 pour violon et piano. Arrangement : Régis Boulier. 3ème cycle. Sempre più : SP0197.

Nous avons rendu compte dans la lettre 106 de septembre 2016 du premier volume. Celui-ci comporte trois numéros : Almaviva, Quartetto et Finale. On y retrouve les mêmes qualités que dans le premier volume : fidélité aux originaux, science de la transcription et de l’enchainement des airs. Cette fois, tous les personnages y sont ! Nous sommes bien dans l’esprit des « paraphrases » du XIX° siècle mais, nous ne nous en plaindrons pas, pas plus que pour le premier volume… Au contraire, ce genre d’œuvre ne peut que donner envie d’aller écouter ou réécouter l’original.

Rose-Marie JOUGLA : Duocordes . 15 duos faciles pour violons. Facile. Delatour : DLT0864.

es quinze pièces ont été écrites par un professeur pour des professeurs… et leurs élèves ! Rappelons que par ailleurs, Rose-Marie Jougla est une instrumentiste de grand talent et une compositrice reconnue. Ces quinze pièces ont pour gageure d’être à la fois facile, musicales et graduées techniquement. Partant de la maîtrise des cordes à vide, s’y ajoute peu à peu celle des 1er, 2ème, 3ème et 4ème doigt. Permettre à des débutants de faire d’entrée de jeu de la musique de chambre, et d’acquérir ainsi la stabilité rythmique indispensable den même temps que le sens de la phrase musicale et de l’expression est le souci premier de ce recueil. On y retrouve toutes les qualités musicales habituelles de l’auteur. Ce recueil fera sûrement le bonheur des professeurs de violon et, espérons-le, de leurs élèves. 

Rose-Marie JOUGLA Le ruban de satin, pour violon et piano. Delatour France : DL T0861.

Pièce dans le style concertant, d’un seul mouvement, mais de tempi variés. La première partie, après l’introduction du piano, reprend continuellement la même formule rythmique accentuant ainsi le caractère mélancolique de la mélodie. La cadence qui la termine introduit la deuxième partie, beaucoup plus technique. La troisième partie, à la carrure de quatre mesures est en forme de menuet. La quatrième partie dans un tempo plus rapide alterne doubles cordes et batteries. La cinquième et dernière partie reprend la première mais à l’octave inférieure d’abord, puis à l’octave supérieure ensuite. Bien écrite pour le violon, (coups d’archets notés, indications d’interprétation indiquées), elle offre toutes les difficultés techniques attendues en troisième cycle, dont l’endurance. L’accompagnement de piano, la plupart du temps sous forme d’accords, sert essentiellement à maintenir la rythmique et la dynamique.

Philippe RIO : Suite de Danses Thérouldebourgeoises. Pièce en cinq mouvements pour violon et piano. Fin du 2ème cycle. Lafitan : P.L.3163.

Il n’est pas étonnant qu’un compositeur président de la Fédération Musicale de Haute-Normandie et vice-président de la Confédération Musicale de France nous entraine dans un bourg de Normandie, Bourgtheroulde, dont les habitants sont précisément les Thérouldebourgeois… Cette suite de danse est aussi réjouissante que variée et nous fait participer à l’histoire du village, dans un langage faussement moyenâgeux… On lira avec amusement les commentaires présentant chaque danse. Bref, on ne s’ennuiera pas à jouer cette partition pleine d’esprit et de charme.

Dominique de WILLIENCOURT : L’attente. Op. 20. Sonate pour piano et violon. Fortin-Armiane : EFA 116.

Dédiée au violoniste Gérard Poulet et au pianiste Patrick Zygmanovsky, elle constitue également un hommage à la Sonate de Debussy, dédiée il y a cent ans (1917) au père de Gérard Poulet, le violoniste et chef d’orchestre Gaston Poulet. Nous laissons ici l’auteur présenter sa sonate : « Basée sur le thème de l’attente, cette sonate en trois mouvements recherche une mélopée mélancolique que l’on découvre au cours du mouvement et qui trouve sa réalisation dans une phrase simple harmonisée à la française. Pour étirer le temps, le temps de l’attente, la passacaille s’ornemente d’une longue pédale de ré. Les deux trios et les variations reprennent son thème en le métamorphosant, plus rapide, moins vif, furieux, plaintif… de façon poétique et aléatoire » Il était inutile de paraphraser cette rigoureuse description. Les trois mouvements sont donc : L’attente - passionnément mélancolique, Passacaille et trio double – Furieusement plaintif et Final – un peu plus vite. L’ensemble est écrit dans un langage très personnel, très prenant, très lyrique aussi. C’est une très belle oeuvre qu’il faut faire découvrir au plus vaste public.