Louis-Noël BELAUBRE : 12ème Sonate  pour piano. Assez difficile. Delatour : DLT1700.

Cette sonate est la dernière d'un cycle de douze. Elle est composée de trois parties enchainées : - 1° Une introduction et un mouvement modéré, - 2° Un scherzo, - 3° Un récitatif enchaîné à une ariette avec variations. On pourra lire sur le site de l'éditeur l'ensemble de la présentation faite de son œuvre par l'auteur. Cet op. 96 est dédié à Nicolas Bacri. C'est une œuvre contrastée, en deux climats successifs, le premier assez dramatique, le second plus apaisé.

Jean-Charles GANDRILLE : Comandon  pour violon et piano. Assez difficile. Delatour : DLT2445.

Ce titre fait référence au docteur Jean Comandon qui est accueilli par Charles Pathé dès la fin de 1908 pour développer le service de cinématographie scientifique au sein de la société Pathé frères. En 2009, une projection de certains de ses films réalisés entre 1910 et 1914 fut accompagnée par cette composition. C'est donc une sorte de « musique de film » que nous offre l'auteur mais qui mérite d'avoir sa vie propre. La musique, qui fait écho à la beauté des images, est parfois statique, le plus souvent onirique… C'est en tout cas à découvrir !

Louis-Noël BELAUBRE : 13ème Sonate  pour piano. Assez difficile. Delatour : DLT2282. 14ème Sonate  pour piano. Delatour : DLT2283.

Si nous avons regroupé ces deux sonates, c'est qu'elles forment en quelque sorte les deux termes d'un même projet. Laissons la parole à l'auteur : « Cette sonate et la sonate 14 ont été composées en Janvier 2011 en réponse à une suggestion de mon ami Nicolas Bacri. Celui-ci, intéressé par la présentation de mes douze premières sonates réalisée par les musicologues Philippe Malhaire, Ludovic Florin, Lionel Pons et Mireille Tendero  et parue aux éditions Delatour,  opuscule dans lequel je proposais ma définition de la sonate, me proposa d'écrire deux sonates très différenciées, l'une de coupe très classique, l'autre d'allure très libre. » Ce sont donc ces deux sonates qui sont proposées ici : la première écrite sur le modèle mozartien de la sonate classique, l'autre, au contraire, de forme plus libre, certes, mais non moins structurée. Mais dans l'une et l'autre s'exprime le langage si personnel de l'auteur.

WERNER (Jean-Jacques) : Spiridonsong pour piano. Paris, Le Chant du Monde (www.lechantdumonde.com ), SP 4947, 2015, 5 p. – 15, 95 € (hors frais de port).

ean-Jacques Werner, compositeur et chef d'orchestre français né en 1935, rend hommage au peintre franco-serbe Spiridon, très admiré, entre autres, par Salvador Dali. Il s'inspire des toiles de ce maître et traduit musicalement l'émotion qu'il a ressentie en contemplant ses tableaux. Le compositeur mise avant tout sur « la luminosité, le lyrisme et la force tranquille ». Composée en 2014, cette œuvre fait appel à des rythmes complexes et variés, à une dynamique fouillée allant du piano comodo quasi recitativo au vehemente fff pour aboutir à la nuance mp diminuendo et — après six accords plaqués répétés et progressivement allégés (à la main gauche) — pour se fondre al niente (« en mourant ») sur une seule note : la note supérieure. Cette partition originale, en un langage très personnel, s'adresse à de bons solfégistes et pianistes expérimentés, sensibles et capables de recréer l'émotion voulue par J.-J. Werner.

Des six pièces pour piano op. 32 de ce compositeur norvégien à cheval sur le XIX° et le XX° siècle (1856 – 1941), seule la troisième, Frühlingsrauschen  (Souffle du printemps) est encore couramment jouée aujourd'hui et c'est dommage. Espérons que cette nouvelle édition permettra de les tirer d'un oubli injuste. On pourra lire avec beaucoup d'intérêt la préface de Michael Kube et les notes sur l'interprétation par Peter Roggenkamp, grâce aux traductions françaises de Geneviève Geffray.

  Anne-Virginie MARCHIOL : Jardin secret  pour piano. Elémentaire. Lafitan : P.L.2835.

Ce « jardin secret » se décline en trois tableautins. Le premier, « Rêveur », déroule une jolie mélodie sur des arpèges de main gauche dans une sorte de promenade intérieure pleine de charme. Un dernier arpège enchaine sur une deuxième partie, caractérisée par l'indication « d'humeur joyeuse » et une modulation de fa Majeur vers ré bémol Majeur dans un rythme ternaire. La troisième partie est un retour à la première et le tout se termine en une explosion de joie bien roborative.

Thierry DELERUYELLE : Il était une fois  pour piano. Débutant. Lafitan : P.L.2885.

Ce joli conte badin permettra de donner libre cours à l'imagination de l'interprète. Il permettra aussi au professeur de disserter sur les différentes sortes de broderies…C'est en tout cas tout à fait charmant et montre comment, avec des moyens simples, on peut former le goût des jeunes élèves.

BEETHOVEN : Konzert Nr. 5 in Es  pour piano et orchestre op 73. Bärenreiter : BA9025.

Bärenreiter termine sa monumentale intégrale des concertos pour piano de Beethoven édités par Jonathan Del Mar par l'emblématique cinquième. Nous ne redirons pas ici toutes les qualités de cette édition, et notamment l'importance du copieux commentaire critique publié séparément (BA9025-40) sans oublier, bien entendu la pertinente préface. Rappelons nos commentaires des autres concertos (N° 1 – Lettre 72, n° 2 – 80, N° 3 – 84, N° 4 – 88).

Johann Friedrich Franz BURGMÜLLER : Twenty-five easy etudes op. 100 pour piano. 1 vol. 1 CD. Kalmus : K03274X. (Alfred éditions).

Ces délicieuses études (mais oui, il y en a, et pas seulement chez Chopin) devraient faire le bonheur des jeunes pianistes. Les titres attirants correspondent bien au contenu. On sait que ce compositeur allemand du XIX° siècle fit toute sa carrière à Paris où il connut un succès certain. Le CD joint fait de ces études une lecture très vivante et très délicate. S'il n'est pas fait pour servir de modèle, il faut avouer qu'il est cependant bien remarquable et qu'il sera difficile de ne pas s'en inspirer. Il est interprété par la pianiste américano-canadienne Valery Lloyd-Watts.

Jean-Sébastien BACH : Eighteen little preludes  pour piano. Edités par Dr. Hans Bischoff. 1 vol. 1 CD. Kalmus : K02000X. (Alfred éditions).

Comme dans les autres volumes de la collection, un CD  contenant l'intégralité des pièces complète l'album, non pour servir de modèle mais pour être un point de départ pour une réflexion sur l'interprétation. L'enregistrement de la pianiste Kim O'Reilly est fort intéressant par les partis-pris inévitable dans ce genre d'œuvres, mais qui permettent précisément de réfléchir avec profit.

Stéphane DELPLACE : Préludes & Fugues dans les Trente Tonalités  pour clavier, premier livre, se succédant dans la plus grande alternance de bémols et de dièses, chaque tonalité majeure étant suivie de sa relative mineure. Ut, seule tonalité pouvant revêtir les trois formes, bémol, bécarre et dièse, est placée au centre. Delatour : DLT2207.

Si cela ne vous rappelle rien… L'auteur, dans sa présentation ne cache pas la filiation, même s'il précise bien qu'il ne s'agit en rien d'un pastiche. Chacune des pièces est présentée par l'auteur de façon succincte mais précise. Techniquement, cela reste abordable, du même niveau que son modèle. Avouons que l'entreprise est originale et mérite d'être écoutée… et jouée !

Franz SCHUBERT : Impromptus op. 90 et op. post. 142 – Moments musicaux  op. 94.  Wiener Urtext Edition, Schott/Universal Edition : UT50297.

Certes, si l'on considère les œuvres publiées, il ne s'agit pas vraiment d'une nouveauté, mais en réalité, cette nouvelle édition vaut par le soin qui y a été apporté et par les spécialistes qui l'ont préparée et commentée. Edité d'après les sources par Ulrich Leisinger, elle comporte des notes sur l'interprétation de Robert D. Levin, particulièrement judicieuses, et les doigtés ont été établis par Paul Badura-Skoda. Dans les notes sur l'interprétation, on notera spécialement le premier paragraphe sur le piano à l'époque de Schubert.

CHOPIN –LISZT – HILLER : Pièces faciles pour piano  choisies et annotées par Nils Franke. Wiener Urtext Edition, Schott/Universal Edition : UT 52010.

Voici une collection très intéressante par l'éclectisme et la pertinence du choix présenté. Chaque œuvre est par ailleurs l'objet d'une présentation très intéressante. Et on rendra grâce à l'éditeur de ne pas avoir oublié de donner de cette présentation un texte en français. L'auteur de la collection justifie le but de celle-ci et ses choix en tête de son commentaire.

Jean-Charles GANDRILLE : Quatre Préludes-Poèmes  pour piano. Delatour : DLT2453.

Ne demandant pas de virtuosité, ces œuvres peuvent donc être abordées par des amateurs de bon niveau ou des élèves avancés. Mais ce n'est pas pour cela qu'elles en sont moins intéressantes ! « Doux, rêveur », « Tendre », « Onirique », « Tendre et mélancolique », ces indications en tête de chacune des pièces indiquent bien l'esprit dans lequel elles ont été composées. L'auteur a l'art d'enchainer des harmonies subtiles sous des mélodies attachantes dans un discours qui, pour être compréhensible, n'en est pas moins contemporain.

DVOŘÁK : Aus dem Böhmerwalde / Ze Šumavy pour piano à quatre mains op. 68. Bärenreiter : BA9565.

Écrites autour des années 1883-1884, ces « pièces de caractère » forment le troisième recueil publié par l'auteur après le succès des Dances slaves et des Légendes. Il est inutile d'en préciser l'intérêt. Cette édition est établie d'après l'édition complète des œuvres de Dvořák et inclut une nouvelle présentation tout à fait intéressante d'Ivan Rentsch et Hans-Joachim Hinrichsen ainsi que des doigtés remis à jour.

Instants oniriques  pour piano

Jean-Charles GANDRILLE : Instants oniriques  pour piano. Delatour : DLT2528.

Notons qu'il est beaucoup plus facile de jouer ces pièces si on dispose d'une pédale de sostenuto. La première pièce, Grappes, joue, comme son nom l'indique sur les effets sonores, les résonnances, créant une émotion qui s'appuie sur la couleur harmonique. La deuxième, Raga, fait appel davantage à un langage monodique mais qui s'enrichit de toutes les résonnances créées par les agrégats sonores tenus et non joués. Ce sont des ambiances sonores à découvrir, qui incitent au rêve… comme le suggère l'auteur !

ean-Marie MACHADO : Machado piano  Book # 1. Niveau moyen. Dhalmann : FD0467.

On connait les qualités rares de ce pianiste compositeur, en partie autodidacte, mais aussi élève de Catherine Collard. On ne sera pas déçu par cet album aussi varié qu'intéressant contenant dix pièces allant du rythme le plus effréné à une méditation pleine de résonances étranges (Les œillets papillon). Ce n'est pas inabordable, mais il faudra un bon sens du rythme et une bonne connaissance du jazz pour en tirer tout le suc.

Bel air for piano

Hervé CELCAL : Bel air for piano.  Delatour : DIS0001.

Peut-on donner une note de « difficulté » à un tel album ? C'est avant tout l'esprit qu'il faut avoir pour se lancer dans cette musique aussi originale qu'attachante. Hervé Celcal donne à tous les pianistes, amateurs comme professionnels, les clés pour découvrir grâce à des partitions écrites comme des pièces classiques pour piano, et d'autres en version « partition jazz », la musique traditionnelle de la Martinique. Pour en savoir plus, il suffit de consulter la présentation passionnante faite par l'auteur, soit sur le site de l'éditeur, soit directement sur You Tube : https://www.youtube.com/watch?v=3BmJzfwa6DU

Fortissimo 2

Béatrice QUONIAM, Béata SURANYI  et Marie-Josée SALADIN DE NUGLAR : Fortissimo 2. Le répertoire du pianiste. Lemoine : 29083 HL

Le mois qu'on puisse dire, c'est qu'il ne s'agit pas de pièces pour débutants. De Bach à Yuyama, le choix est éclectique et copieux puisqu'il ne comporte pas moins de vingt-six pièces. Il a aussi l'avantage de ne comporter que des pièces courtes et de permettre d'explorer ainsi tous les styles et toutes les époques. Il y a un CD en option qu'on regrette de ne pas avoir entendu : c'est toujours intéressant d'avoir une interprétation pour servir non de modèle mais d'incitation à la réflexion pour construire sa propre interprétation.

Children's corner  Suite pour piano.

Claude DEBUSSY : Children's corner  Suite pour piano. 1 vol. 1 CD. Kalmus : K09956X.

Cette édition suit fidèlement les éditions habituelles de cette œuvre. Le CD en donne une vision tout à fait intéressante. Il est bien sûr un exemple – excellent – mais ne doit en aucun cas être imité. Il doit constituer un outil de réflexion pour construire sa propre interprétation, toujours dans le respect du texte, bien sûr ! Le CD est enregistré par Scott Price, pianiste et compositeur canadien de premier plan.

Two- and three-part inventions (Inventions à deux et trois voix)

BACH : Two- and three-part inventions (Inventions à deux et trois voix)  éditées par Hans Bishoff. 1 vol. 1 CD. Kalmus : K03044X.

Cette édition des Inventions et des Sinfonias est confrontée à des choix éditoriaux que respecte ou ne respecte pas le CD, ce qui est tout à fait légitime. L'interprétation du CD est très convaincante même si l'éditeur précise bien qu'elle n'est qu'une interprétation parmi d'autres possibles. C'est le lot de la musique – mais aussi du théâtre – de pouvoir donner lieu à des interprétations aussi remarquables que différentes. Ce sera une excellente occasion pour les interprètes de se forger à leur tour « leur » interprétation à condition qu'elle reste humble, et respectueuse du texte original.