Nikolaï KAPUSTIN : Oeuvres pour piano, Sunrise, Op. 26, Suite in the Old Style, Op. 28, Toccatina, Op. 26, Variations, Op. 41, Motive Force, Op. 45, Big Band Sounds, Op. 46, Contemplation, Op. 47, Schott : ED 22929.

Ce recueil rassemble des œuvres populaires de N. Kapustin, composées entre 1977 et 1987. Sunrise (Daybreak) était à l’origine une pièce orchestrale, pour big band et orchestre à cordes, publiée en 1976. La présente version pour piano date de 1982. De style jazzy, la pièce apparaît comme improvisée.
La Suite in the Old Style est la première œuvre écrite pour piano solo. Elle date de 1977. Inspirée de la suite de danse française du XVIIIème siècle, elle se compose d’une allemande, de deux gavottes, d’une sarabande, de deux bourrées, d’une gigue aux caractéristiques facilement identifiables.


La Toccatina (1983) est construite en deux thèmes, sur une rythmique rock et une variation comme improvisée, à la technique éprouvée. La coda rappelle le style d’Oscar Peterson.
Si le titre n’indique que Variations (1984), cette pièce présente un thème swing suivi de six variations très contrastées, aux tonalités variées.
Motive Force (1985), pièce la plus courte de l’auteur, dans un très large ambitus, est écrite dans un style jazz rock endiablé (132 à la blanche).
Big Band Sounds (1986) est une troisième version de celle publiée en 1961 et d’une autre pour big band et ensemble à cordes, qui avait été écrite en 1973.
Contemplation (1987), sur un thème et variations est une ballade.
Cette ballade d’une durée de cinq minutes, composée en 1987, se déroule en trois sections dans une atmosphère «  solennelle et digne  » : Lento, Tempo giusto et retour au lento en coda, Come prima. La structure et l’écriture en est classique, le langage harmonique et la rythmique jazz.
On notera la précision de l’écriture rythmique et l’abondance des doigtés (pratiquement à chaque note) qui, non seulement guident l’interprète, mais déterminent l’articulation minutieuse voulue par le compositeur : répétition du cinquième doigt sur deux notes conjointes, passage du troisième doigt sur le quatrième doigt, du quatrième sur le cinquième en mouvement ascendant (comme chez les virginalistes du XVIe siècle). En conséquence, on pourrait reprocher la notation excessive des doigtés «  évidents  » (laissant croire qu’il suffit de lire les doigtés et non la musique) qui noie la vision des doigtés «  intéressants  ».
Comme toujours, l’écriture de Kapustin est très virtuose, difficile, dense et précise, inspirée du jazz et de l’improvisation, bien qu’il s’en défende. «  Je n’ai jamais été un musicien de jazz. Je n’ai jamais essayé d’être un vrai pianiste de jazz, mais j’y ai été contraint pour mes compositions. L’improvisation ne m’intéresse pas […]. Toutes mes improvisations sont écrites […], cela les a améliorées  ».
Sophie Jouve-Ganvert