Ludwig van BEETHOVEN : Sonate in e, op. 90 pour piano Éditée par Jonathan Del Mar. Bärenreiter Urtext : BA 11809.

Ce n’est qu’en 1814, soit cinq ans après la sonate opus 81, «  les adieux  », que Beethoven revient à la sonate pour piano. Sonate en deux mouvements, elle est dédiée à son mécène le comte Moritz Lichnowsky, à l’occasion de son mariage. Le comte avait déjà reçu les Eroïca-Variations op.35. Cette œuvre comporte deux mouvements intitulés pour la première fois en allemand. Le premier mouvement Mit Lebhaftigkeit und durchhaus mit Empfindung und Ausdruck (Avec vivacité et avec sentiment et expression d’un bout à l’autre) est assez austère et le second, très schubertien, Nicht zu geschwind und sehr singbar vorgetragen (A jouer sans trop de rapidité et très chantant) est à l’homonyme majeur. Cette nouvelle édition Urtext est basée sur quatre sources consultées : sur le manuscrit autographe, daté de 1814 dont deux feuillets sont reproduits, sur une copie du manuscrit, sur la première édition, enfin sur une copie de la première édition. Il est indispensable de consulter la préface, les commentaires critiques pour se renseigner sur l’interprétation, sur les habitudes d’écriture de Beethoven (différence entre point et tiret, écriture des liaisons, les ornements, emploi de la pédale…). Beethoven étant à une époque charnière, les questions d’interprétation doivent être étudiées avec prudence, intuition et goût.
Sophie Jouve-Ganvert