Le manuscrit de ce concerto en trois mouvements (Allegro, Larghetto, Allegretto), dit du « Couronnement », porte la date de 1788. La première audition eut lieu, à la hâte, le 14 avril 1789, en comité restreint dans l’appartement de l’électrice Amalie Auguste, et en trio ! Mozart avait pour partenaire le Prince, à la flûte, et un petit garçon de neuf ans, Kraft, au violoncelle. Ce concerto fut ensuite joué à Leipzig le 12 mai 1789 (avec deux autres concertos), puis à Dresde. Il fut exécuté ensuite à Francfort pour le couronnement de Léopold II le 15 octobre 1790, mais le succès n’a été que pour l’honneur et la gloire. Les difficultés financières de Mozart ne seront pas aplanies. En 1795, soit quatre ans après la mort de Mozart, Johann André, célèbre éditeur d'Offenbach, publie deux concertos (K. 459 et K. 537). Comment a-t-il obtenu les manuscrits ? Par l’intermédiaire d’un compagnon de loge de Mozart, Paul Wranitzky, qui connaissait sa veuve ?


Une des curiosités de cette partition est le nombre impressionnant de portées vides (les parties de main gauche). Ces manques engendrent

beaucoup de commentaires, de suppositions, de questions. Certains y voient une preuve du caractère improvisé de l’œuvre, d’autres une preuve de la peur de Mozart de voir son œuvre copiée… Mais vers qui l’éditeur se tourna-t-il pour compléter la partition ? Vers son propre fils, compositeur émérite ? La question n’est pas résolue.
Deux volumes composent cette édition Urtext : l’un contient la partie de piano, avec trois exemples de cadence pour le premier mouvement et une pour le deuxième et l’autre la partie concertante et la réduction d’orchestre. Les parties « manquantes » sont dans cette édition, signalées en petits caractères.
Sophie Jouve-Ganvert