« Je n’ai jamais été un musicien de jazz. Je n’ai jamais essayé d’être un vrai pianiste de jazz, mais j’y ai été contraint pour mes compositions. L’improvisation ne m’intéresse pas […]. Toutes mes improvisations sont écrites […], cela les a améliorées ».
Cette ballade d’une durée de cinq minutes, composée en 1987, se déroule en trois sections : Lento, Tempo giusto et retour au lento en coda, Come prima. La structure et l’écriture en est classique, le langage harmonique et rythmique jazz.
On notera la précision de l’écriture rythmique et l’abondance des doigtés (pratiquement à chaque note) qui, non seulement guident l’interprète, mais déterminent l’articulation minutieuse voulue par le compositeur : répétition du cinquième doigt sur deux notes conjointes, passage du troisième doigt sur le quatrième doigt, du quatrième sur le cinquième en mouvement ascendant (comme chez les virginalistes du XVIe siècle). On pourrait reprocher la notation excessive des doigtés « évidents » (on pourrait croire qu’il suffit de lire les doigtés et non la musique) qui noie la vision des doigtés « intéressants ».
Sophie Jouve-Ganvert