Olivier BOUET : Le piano de ma grand-mère op.22. Elémentaire. Lafitan : P.L.3150.

Comment ne pas citer intégralement la présentation de l’auteur qui explique ce titre un peu sibyllin : « Comme dans beaucoup de foyers, il y avait chez ma grand-mère un piano droit qui ornait le salon. Le meuble était très beau, mais l’instrument, quant à lui, était divinement faux. Difficile de trouver un unisson sur tout le clavier. Les frottements semblaient être la règle pour ce messager des artistes passés. C’est en souvenir de ce piano que j’ai écrit ce prélude où les dissonances involontaires sont la règle et où les intervalles harmonieux finissent par paraître suspects. » Comment ne pas avoir une pensée émue pour ces instruments, le plus souvent munis de mécaniques à « baïonnettes), remplacés aujourd’hui par d’affreux cercueils imputrescibles souvent « numériques », mais qui gardent l’accord pour les siècles des siècles à défaut de faire de la musique.

Ceci dit, la pièce d’Olivier Bouet nous offre des dissonances pas si involontaires que cela, qui restituent bien l’ambiance dont il parle et qui sont en fait pleines de charme. Ajoutons que le tout est mené dans un rythme endiablé et qu’on ne saurait trop conseiller aux jeunes (et moins jeunes) pianistes de se jeter sur cette pièce tout à fait roborative qui pourrait même constituer un amusant « bis » de récital.