La sonate pour piano n°26 en mi bémol fut dédiée à l’élève et ami de Beethoven : l'archiduc Rodolphe d'Autriche, plus jeune frère de l'Empereur. Son sous-titre de sonate « Les Adieux » (en allemand Lebewohl) se réfère au départ de l'archiduc Rodolphe en 1809, contraint de quitter Vienne occupée avec sa famille à la suite de la guerre de Wagram. Le premier mouvement symbolise l'exil et les regrets. Il débute adagio espressivo par trois notes descendantes sous-titrées par le compositeur lui-même le-be-wohl (adieux). Après seize mesures débute allegro le thème principal, toujours construit sur le même motif rythmique de trois notes. Les deuxième et troisième mouvements, intitulés respectivement L'absence et Le retour, Andante espressivo et Vivacissimamente, ont été écrits peu après le retour de l'archiduc dans la capitale autrichienne. Le troisième mouvement est enjoué et éloquent. Cette nouvelle édition de Bärenreiter est très belle et très facile à manipuler. Les tournes sont placées stratégiquement pour favoriser une aisance optimale.
Marie Fraschini

On pourra être surpris, de prime abord, de ne trouver dans ce recueil que la seule ligne mélodique surmontée des « accords de guitare ». En fait, cela permet, à partir des mélodies proposées, et dont on a l’original en tête, de reconstituer sur un piano, un orgue électronique ou n’importe quel clavier les mélodies proposées. Le choix est éclectique puisqu’il va de Vivaldi au rock en passant par la valse viennoise ou la chanson des années trente. Ce pourra être très intéressant pour faire travailler l’oreille et sortir les élèves de leurs partitions toute faites ! Etre capable de reconstituer au clavier ce qu’il a dans la tête n’est-il pas un des grands plaisirs du musicien ?
Daniel Blackstone

Si la sonate est « monumentale », cette nouvelle édition l’est aussi. Elle nous propose en effet non seulement un texte établi sur la base d’une évaluation nouvelle mais aussi une édition destinée au concert. Plusieurs musicologues ont contribué à cette édition : Peter Hauschild en a établi le texte, qui a été révisé par Jochen Reutter, Johann Sonnleitner nous propose de copieuses notes sur les tempi et indications métronomiques chez Beethoven, et Alexander Jenner a établi les doigtés. On appréciera d’autant plus ces textes qu’ils sont présents non seulement en allemand et en anglais, mais en français dans leur intégralité dans une remarquable traduction de Geneviève Geffray. Que dire de plus sinon que la partition est extrêmement agréable à lire et qu’il s’agit là d’une édition de travail en tous les sens du terme, aussi bien pour les interprètes que les musicologues.
Daniel Blackstone

Les dernières sonates pour piano de Haydn réunies dans ce volume sont les trois cotées Hob. XVI:40-42 (1784), les deux sonates Hob. XVI:48 et 49 « Genzinger » (1789) ainsi que les trois sonates Hob. XVI:50-52 « London » (1794/1795). Ces sonates étaient « destinées aux dames », dans l’esprit de C.P.E. Bach.
Les trois premières sonates (n°s 54, 55, 56) sont dédiées à la très jeune princesse Marie Esterhazy, née Princesse de Liechtenstein, épouse du futur Nicolas II. Composées de deux mouvements chacune, ces sonates apparemment « sans prétention » reprennent le principe de la variation déjà utilisé avec beaucoup d’habileté dans les sonates dites « Esterhazy » Hob. XVI:21-26 (1773). La sonate en Ut Majeur, Hob. XVI:48, commandée par Breitkopf pour un « Pot-pourri », date de 1789. Elle aussi comporte deux mouvements, un Andante con espressione à variations et un Rondo. La suivante, en Mi b Majeur, Hob. XVI:49, est dédiée à Anna de Jerlisckek la commanditaire, mais c’est à Maria Anna von Genzinger que Haydn la destinait, en témoignage affectueux comme le montre une lettre de 1790. Les trois dernières sonates, Hob. XVI:50-52 datent du deuxième séjour londonien du compositeur, en 1794/1795.

Le manuscrit de ce concerto en trois mouvements (Allegro, Larghetto, Allegretto), dit du « Couronnement », porte la date de 1788. La première audition eut lieu, à la hâte, le 14 avril 1789, en comité restreint dans l’appartement de l’électrice Amalie Auguste, et en trio ! Mozart avait pour partenaire le Prince, à la flûte, et un petit garçon de neuf ans, Kraft, au violoncelle. Ce concerto fut ensuite joué à Leipzig le 12 mai 1789 (avec deux autres concertos), puis à Dresde. Il fut exécuté ensuite à Francfort pour le couronnement de Léopold II le 15 octobre 1790, mais le succès n’a été que pour l’honneur et la gloire. Les difficultés financières de Mozart ne seront pas aplanies. En 1795, soit quatre ans après la mort de Mozart, Johann André, célèbre éditeur d'Offenbach, publie deux concertos (K. 459 et K. 537). Comment a-t-il obtenu les manuscrits ? Par l’intermédiaire d’un compagnon de loge de Mozart, Paul Wranitzky, qui connaissait sa veuve ?


Une des curiosités de cette partition est le nombre impressionnant de portées vides (les parties de main gauche). Ces manques engendrent

Cette édition Urtext est basée sur la première édition de Leipzig, en deux volumes, datée de1883, le manuscrit n’ayant pas été retrouvé. L’auteur (1819-1905) fut élève (tout comme Felix et Fanny Mendelssohn) de Ludwig Berger, l’un des plus remarquables professeurs de piano de Berlin dans les années 1815, puis de R. Killitschgy à qui il succèdera à l’Académie Royale de musique sacrée. Les quarante études pour débutants, écrites en grosses notes sur deux pages, proposent chacune un exercice technique précis, présenté par paire (une étude pour la main droite, l’autre pour la main gauche) : exercices avec les doigtés utiles pour deux doigts, pour trois, pour quatre puis cinq doigts, exercices en triolets, en notes répétées, en deux en deux, pour le travail du passage du pouce, de la vélocité, pour le travail d’accords et d’arpèges, pour la découverte du chromatisme et de la gamme. Ces études à l’ambitus restreint n’utilisent que les tonalités de Do, de Sol et de Fa majeur et de la, mi et do mineur. L’auteur n’indique aucun tempo ni nuance. On note seulement quelques accents. Il est dommage que cette édition ne reproduise pas les conseils donnés par l’auteur dans les préfaces de ses deux volumes, auxquels Ruth Taneda renvoie, mais que l’on ne peut pas consulter.
Sophie Jouve-Ganvert

Le titre complet de ce recueil est : 32 pièces faciles pour piano avec conseils pour l’exécution. Pièces choisies et commentées par Nils Franck. Le but de ce recueil est de fournir une transition entre les méthodes de piano traditionnelles et l’étude du répertoire. Ces trente-deux pièces assez courtes peuvent jouer parfaitement ce rôle. Si on y retrouve en n° 2 l’inusable – mais bien agréable – sonatine de Clémenti, les autres pièces sont en général peu connues et peu jouées. De Czerny et Cramer, ce ne sont pas, sauf exception, les études que l’on trouve ici mais des pièces moins connues et tout à fait intéressante. Le commentaire – en français – qui se trouve à la fin du volume comporte à la fois l’explication des buts de la collection Urtext Primo et de ses choix, une brève biographie (pas si brève que ça…) des compositeurs du volume, leur contribution à l’enseignement du piano, et de précieux conseils d’interprétation et d’exercices : toucher et articulation, qualité sonore, ornements, utilisation de la pédale ainsi que des conseils particuliers pour l’étude. Tout cela sera fort utile tant pour les élèves que pour les professeurs. Il s’agit donc d’une collection tout à fait intéressante et à conseiller vivement à tous.
Daniel Blackstone

Ces seize belles mélodies sont toutes connues et bien belles : de Heal The World à We shall overcome à What a wonderfull World en passant par Over the Rainbow, Amazing grace, Blow’in The Wind et toutes les autres, la nostalgie est au rendez-vous ! Les arrangements sont faits avec beaucoup de goût et de respect des originaux. Le CD, très joliment enregistré, comporte, en plus de la partie de piano, qui se suffit, de jolis agréments orchestraux qu’on pourra facilement introduire puisque la partition est entièrement chiffrée. Que l’on se contente de la partie de piano ou qu’on l’agrémente dans l’esprit du CD, on trouvera beaucoup de plaisir à interpréter ces mélodies porteuses de tant de souvenirs et de tant d’espoirs…
Daniel Blackstone

L’auteur n’est pas un inconnu : ce remarquable pédagogue né en 1955 est l’auteur de nombreuses méthodes de piano pour tous publics ainsi que d’œuvres pédagogiques et notamment de remarquables adaptations et transcriptions. Ces vingt pièces mystérieuses ont la qualité habituelle des compositions de l’auteur. Leur facilité technique n’ôte rien à leur charme musical. Elles nous promènent dans tous les recoins de la forêt de Brocéliande mais aussi de Stonehenge ou du Machu Picchu. Il s’agit, nous dit l’auteur, d’un « outil parfaitement adapté pour amener les débutants de tous âges à jouer des compositions modernes qui se prêtent également très bien aux premières auditions. » L’auteur appelle son recueil « un grand cinéma musical imaginaire ». On ne saurait mieux dire. Ajoutons que le CD joint, qui reprend toutes les pièces, a été enregistré avec beaucoup de goût et de sens musical par Samantha Ward, jeune pianiste anglaise de grand avenir.
Daniel Blackstone

Publié en 1841 à Vienne, joué en décembre 1859 par Carl Debrois van Bruyk, puis par Clara Schumann en mars 1860, le « Faschingsschwank est une pièce spirituelle et riche en détails émotionnels » (Schumann avait écrit à Clara : « il t’amusera sûrement beaucoup »), mais qui « n’apporta pas la satisfaction intérieure » au public viennois.
Ce Carnaval, désigné à Vienne par le mot « Fasching », grande « sonate romantique » pour Schumann, est composé de cinq mouvements. Le premier, Allegro, est un rondo où alternent un refrain énergique et cinq couplets parmi lesquels on reconnaît un hommage à Schubert, un autre à Beethoven après sept mesures de la Marseillaise (censurée par Metternich). Le deuxième mouvement est une Romanze au thème plaintif, le troisième un Sherzino espiègle au rythme pointé qui s’achève par une pirouette. L’Intermezzo passionné qui suit, noie sa mélodie dans des triolets de doubles croches, dans un esprit mendelssohnien. Un Finale volubile de forme sonate, dans un tempo extrêmement vif conclut ce Carnaval de Vienne.


Tout interprète scrupuleux aura la curiosité de jouer sur un instrument contemporain de cette œuvre. Il constatera que l’interprétation est plus aisée (différents registres et légèreté

P. Boesmans « intègre […] la référence aux musiques du passé à travers trois gestes compositionnels : l’écriture en palimpseste, les libres réminiscences et les citations assumées » écrit Cécile Auzolle dans un article de 2016 « Composer avec ce qui existe […]».

Cette nouvelle parution Tunes, pour piano, est en fait une reprise remaniée de son Love and Dance Tunes créée en 1993. Cette œuvre pour baryton et piano regroupe sept pièces, trois pour piano solo, quatre pour baryton elles-mêmes inspirées de quelques Sonnets de Shakespeare : « Round », « Sonnet XVII », « About Sonnet CLIII », « Short Dance », « Sonnet LIV », « Ornamented piece », « Sonnet LXII », « Round ». Chaque pièce « pour piano solo revêt la forme d’une danse de caractère différent : joyeuse, grave… ».


La présente édition de Tunes est un recueil de six courtes pièces (difficiles) numérotées, sans titre, composées entre 1994 et 2004. Cette œuvre s’est constituée en plusieurs étapes (création d’une première version en 2001, d’une version augmentée en 2004).

Cent soixante œuvres, dont vingt sonates pour piano, figurent au catalogue de N. Kapustin.
La sonate n° 8, datée de 1995, précédemment éditée par A-Ram Moscow, vient d’être publiée chez Schott, le nouvel éditeur du compositeur russe depuis 2013.
Cette sonate (d’une durée de treize minutes) n’a de sonate que le nom (« sonner »). Elle est formée d’un seul mouvement à trois séquences : une ouverture Allegro, tantôt agito, tantôt tranquillo en forme de rhapsodie aux accents scriabiniens, un sherzo « décalé et capricieux », très jazzy. Suit un largo, écrit comme un adagio varié de Bach, toujours jazzy., puis nous voilà entraînés dans trois mesures de valse à quatre temps (!). Nous plongeons ensuite dans une atmosphère ravélienne avec une agitation qui nous rappelle Laideronnette, Impératrice des pagodes. Un décalage des accents renvoie à Bartok sur une succession de mesures répétitives. Le retour à la première séquence, avec quelques variations dans ’accompagnement conclut cette pièce de niveau difficile.
Sophie Jouve-Ganvert

« Je n’ai jamais été un musicien de jazz. Je n’ai jamais essayé d’être un vrai pianiste de jazz, mais j’y ai été contraint pour mes compositions. L’improvisation ne m’intéresse pas […]. Toutes mes improvisations sont écrites […], cela les a améliorées ».
Cette ballade d’une durée de cinq minutes, composée en 1987, se déroule en trois sections : Lento, Tempo giusto et retour au lento en coda, Come prima. La structure et l’écriture en est classique, le langage harmonique et rythmique jazz.
On notera la précision de l’écriture rythmique et l’abondance des doigtés (pratiquement à chaque note) qui, non seulement guident l’interprète, mais déterminent l’articulation minutieuse voulue par le compositeur : répétition du cinquième doigt sur deux notes conjointes, passage du troisième doigt sur le quatrième doigt, du quatrième sur le cinquième en mouvement ascendant (comme chez les virginalistes du XVIe siècle). On pourrait reprocher la notation excessive des doigtés « évidents » (on pourrait croire qu’il suffit de lire les doigtés et non la musique) qui noie la vision des doigtés « intéressants ».
Sophie Jouve-Ganvert

Esquissée dès 1800, cette Grande Sonate en La b Majeur, dédiée au Prince Charles de Lichnowsky, mécène de Beethoven depuis 1792, est publiée en 1802, chez Cappi, à Vienne. Elle est la seule dont le premier mouvement s’ouvre par un thème varié (cinq variations) : Andante con Variazioni, rappelant ainsi par la forme la fameuse sonate « Alla Turca », K 331 de Mozart et annonçant le thème de l’Impromptu n° 2 D 935 de Schubert. Le Sherzo, au tempo très rapide (Allegro molto) à l’articulation détachée, joue dans un flou tonal avec un ré tantôt bécarre, tantôt bémol. Son Trio en Ré b M tranche par son sempre ligato et renvoie au début du sherzo par un jeu d’articulation et d’harmonies inversées judicieux. Le troisième mouvement Marcia funebre sulla morte d’un Eroe (Marche funèbre sur la mort d’un héros), qui a inspiré Chopin, fut jouée aux funérailles de Beethoven, dans la version qu’il avait lui-même orchestrée (dans cette unique orchestration de l’auteur, les tremolos imagés du piano sont facilement transposés en roulements de tambour). Le quatrième mouvement Allegro est un rondo en arpèges brisés de doubles croches continuelles. [Cette sonate porte le numéro 12 dans les catalogues].
La notation est dans son ensemble conservée. Quelques indications sont modernisées (cresc., soufflets, grupettos, abréviations) et signalées entre crochets. Des liaisons (évidentes)

La seule source de la présente parution, dénommée Grande Sonate par Beethoven lui-même, est la première édition, chez Artaria, à Vienne, en octobre 1797. L’œuvre, dédiée à la comtesse Anna-Luisa de Keglevics (dite Babette), élève talentueuse de Beethoven et dédicataire également du Concerto pour piano n° 1 en Do Majeur op. 15, fut publiée séparément, et non dans un recueil, fait rare à l’époque. Cette sonate [qui porte le numéro 4 dans les catalogues] comporte quatre mouvements :
1. Allegro molto e con brio
2. Largo, con gran espressione
3. Allegro
4. Rondo. Poco allegretto e grazioso

Le premier mouvement, ternaire, à deux thèmes, enchaîne différentes rythmiques, avec sauts d’intervalles redoublés, batteries, accents, interrompues par un bref passage en la

Cette courte pièce d'une durée d'une minute vingt est éditée dans la Série « Nos amis les oiseaux ». Très ludique, cette œuvre imaginative dépeint le pivert dans tous ses états : picotant un arbre, câliner, se fâcher, etc. Il y a une certaine égalité technique entre les deux mains, bien que leur indépendance soit mise à l'épreuve. On a, de fait, des articulations contrastées : par exemple pendant que la main droite « picore », la gauche chante. Ou encore on passe d'une nuance forte à un piano subito. Tout cela est facilement amusant.
Marie Fraschini

« La costumière s'est endormie ; toutes les robes à crinolines s'en sont allé... au Bal des crinolines ». Cette valse pédagogique rappelant les bals des années victoriennes, permet sous un air enjoué de travailler plus particulièrement les empreintes à la main droite. En effet au travers d'accords successifs et d'octaves à tenir tout en jouant d'autres accords, la main droite est tout particulièrement sollicitée pendant que la main gauche l'accompagne d'accords ponctuels. De plus cette courte pièce de 2'25'' permet d'accroitre le caractère impétueux du comédien que chaque artiste se doit de faire resurgir en lui !
Marie Fraschini

On verra dans la présentation toujours aussi pertinente et rigoureuse de Michael Bulley que ce titre traditionnel ne figure pas dans l’édition originale, seule source disponible pour cette édition. Peu importe que ce thème soit de Grétry ou non, ces 57 variations sont aussi variées qu’intéressantes. Elles sont une démonstration à la fois du savoir et du goût de leur auteur. Signalons que l’ensemble de l’œuvre pour piano d’Antoine Reicha a été enregistré par le pianiste Henrik Löwenmark chez Toccata Classics, une maison de disques spécialisée dans les œuvres rares https://toccataclassics.com/product/antoine-reicha-piano-music-two/ . On peut également écouter les enregistrements ou les télécharger sur cette même page.
Daniel Blackstone

Michael Bulley continue donc sa remarquable édition des œuvres pour piano d’Antoine Reicha. C’est à bon droit que cette édition est qualifiée de « scientifique ». On pourra lire sur le site de l’éditeur la présentation détaillée de la collection et de l’œuvre éditée. Bien sûr, l’analyse pièce à pièce se trouve dans le recueil lui-même. Rappelons que ce compositeur d’origine tchèque a fréquenté Haydn et Beethoven et, qu’émigré à Paris en 1808 et professeur de contrepoint et de fugue en 1818, il a eu pour élèves Berlioz, Liszt, Gounod et Franck… Né en 1770, il meurt en 1736. Il a été naturalisé français en 1829. Cette œuvre très importante mérite vraiment d’être redécouverte. Ces trente quatre études dans le genre fugué recouvrent des pièces très diverses : sous l’apparence de préludes et fugues en toutes les tonalités, elles ne ressemblent en rien au clavier bien tempéré de Bach. Mélodies savantes, airs populaires, le tout fugué canoniquement ou non, se succèdent dans ces études pleines de surprise.
Daniel Blackstone

Olivier GEOFFROY : La musique pour les cinq doigts pour pianistes débutants. Bayard-Nizet : BN1728.

C’est la première fois que nous recevons des partitions de cette maison d’édition belge qui offre par ailleurs des services tout à fait intéressants à découvrir sur leur site : http://www.bayard-nizet.com/Contact_fr.html
Le sous-titre indique le propos du recueil : « Comptines traditionnelles et pièces classiques simples à deux parties sans passage de pouce. » Et l’auteur précise : « Une fois le premier doigt posé, les autres trouvent leur place naturellement ». On retrouve « Fais dodo » mais aussi une « Gavotte » ou « Le bouvier » et même le début du 2ème mouvement de la symphonie du Nouveau Monde. L’ensemble des dix-neuf pièces proposées permet donc au professeur de situer chaque pièce dans l’histoire de la musique et l’intérêt culturel du recueil est certain. Ajoutons que le compositeur nous prouve qu’on peut faire simple sans être simpliste : plus les contraintes sont grandes plus le savoir faire est indispensable, ainsi que le bon goût. Et c’est bien ce que l’on trouve dans ce recueil.
Daniel Blackstone

Les éditions Bärenreiter nous offrent donc cinq sonates de Beethoven. L’opus 31 comporte trois sonates : en sol Majeur, en ré mineur (dite « la tempête ») et mi bémol majeur. L’opus 78
est la sonate en fa # Majeur et l’opus 79 la sonate en sol Majeur dite « facile ». Nous ne reviendrons pas sur ces sonates… Ce qui fait l’intérêt de cette édition est d’abord le soin apporté tout simplement à la lisibilité de la partition. Mais c’est aussi et surtout le travail remarquable d’édition réalisé par Jonathan Del Mar. Celui-ci a effectué un travail de première main pour reprendre l’ensemble des sources disponibles et sait allier un vrai travail de musicologue à une réalisation faite pour être jouée. Introduction et préface débouchent sur des conseils d’interprétation très détaillés établis à partir de la critique du texte : quel instrument utiliser, utilisation des

Précisons tout de suite que cette partition est trilingue : tchèque, anglais et allemand. J’assume la paternité du titre français du recueil. Nous avons ici l’occasion de découvrir ce compositeur tchèque (1913-1974) à travers ces petites pièces très originales qui parcourent tous les styles, du plus classique au tango, au tcha-tcha-tcha, au boogie… le tout dans une dimension miniature, certes, mais pleine de musique. Chaque page est en plus un petit portrait musical. Attention : contrairement à ce qui est écrit parfois, ce n’est quand même pas pour débutant même si c’est le cas pour certaines pièces. D’autres demandent déjà un bon niveau d’instrument. Ajoutons enfin que la présentation et les illustrations contribuent au plaisir qu’on peut avoir à jouer ces pièces même si on est… professeur !
Daniel Blackstone