Eclats de cristal est une petite pièce d’une durée de 2’30 pour fin de premier cycle, début de deuxième cycle. Elle commence en la mineur et se termine en la majeur dans un mode lumineux et rêveur tout du long. On y trouve des doubles sons aux deux mains mais pas au même moment. Pendant que la main gauche fait son rôle de basse, la main droite chante, puis on a des arpèges à la main gauche accompagnant des doubles sons à la main droite, rendant le chant plus passionné. Quelques envolées à la main droite donnent un peu d’élan à l’ensemble. On passe ensuite à un meno mosso court, donnant l’impression de mélancolie passagère avant d’accélérer en arpège aux deux mains vers la coda finale, rappelant l’éclat du début. Cette pièce amènera un peu de lumière aux musiciens qui voudront bien l’apprivoiser.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

1. Bilboquet est un joyeux caprice à la formule rythmique répétitive. 2. Marionnette est bâti, telle une passacaille, sur un thème de basse chromatique en valeurs longues. 3. Théâtre d’ombres glisse en croches chromatiques. 4. Yo-yo au tempo rapide s’articule sur un « jeu de poignet » grazioso. 5. Chasse aux papillons est écrite en motifs ternaires sur une basse pédale en octave. Le large ambitus utilisé représente une difficulté certaine. Ces pièces comportent de nombreux doigtés qui obligent à l’utilisation de la main gauche seule. (On se souvient d’un illustre concerto !) Elles sont jouables en second cycle.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Nous trouvons bien optimiste la réflexion de l’auteur sur le fait que « les très jeunes enfants accèdent à la musique généralement par le biais des comptines populaires. » Les institutions officielles n’ont que trop souvent essayé de rompre cette tradition… Accueillons donc ce volume avec joie et reconnaissance pour un compositeur qui nous offre pas moins de trente cinq comptines (on pourrait plutôt, d’ailleurs, parler ici de chansons) harmonisées sans déformation, mais avec une délicatesse à la fois savante et simple du meilleur aloi. Espérons que grâce à ce recueil les jeunes pianistes français retrouveront le chemin de ces chansons qu’on pourra aussi leur faire chanter avant de les leur faire jouer. Nous avions dit le mois dernier tout le bien que nous pensions du disque d’Eric Lebrun Sur l’air de… On retrouve ici le même esprit de sublimation par l’harmonie et de respect que nous avions salué dans ce disque. On souhaiterait que ce recueil soit une base pour la formation culturelle et musicale des jeunes pianistes… La liste des 35 morceaux se trouve sur le site de l’éditeur. Citons seulement Frère Jacques, Compère Guilleri, A la claire fontaine… et tant d’autres ! Signalons aussi les délicieuses illustrations d’Alexandre Flenghi.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

 

Il fut un temps – heureusement révolu – où ce recueil aurait été considéré comme un sacrilège… Reprenant le fait que Beethoven lui-même était passé maître dans les variations sur des thèmes connus, et que les musiciens de jazz utilisent constamment la même technique pour composer et improviser, l’auteur a repris un certain nombre de thèmes ou même d’oeuvres de Beethoven pour en faire d’authentique pièces de jazz. Les pièces de ce volume ont été composées en vue du 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven, en 2020. Les titres annoncent, si j’ose dire, la couleur. Ces sept pièces sont à la fois pleines d’humour et pleines de musique. Une présentation tout à fait intéressante en est faite en fin de volume et pourra ainsi guider les interprètes.
L’auteur termine par cette note que nous traduisons de notre mieux : « En vous souhaitant de joyeux moments de musique ! » Il sera certainement exaucé !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

 

Même si elle peut être utilisée comme « oeuvre pédagogique », cette pièce est d’abord et avant tout une oeuvre musicale que bien des pianistes pourraient mettre à leur répertoire. Le langage original de cette grande pianiste et pédagogue, mais aussi compositrice s’expriment dans cette pièce originale. On pourra trouver sur le site des éditions Delatour un commentaire détaillé et surtout le lien vers la vidéo pour entendre cette pièce https://www.youtube.com/watch?v=BGefZS82yv0 Mais l’essentiel est d’en sentir toute l’expressivité, toute la densité musicale qui exprime si bien « l’atmosphère « frissonnante » de « créatures » nocturnes apparaissant peu à peu pour entamer une danse endiablée interrompue dans l’affolement par les premières lueurs de l’aube, et disparaissant comme elles étaient venues. »
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Nous avions écrit à propos du premier volume : « En complément des méthodes, et en alternative aux recueils de classiques, les professeurs seront heureux de trouver ces pièces originales destinées aux deux premières années de piano. Les mérites de l’auteur ne sont plus à démontrer. Ces pièces mettront en place les structures fondamentales de l’harmonie et de la mélodie tout en étant pleines de charme et d’originalité, même les plus simples. Les formes musicales se trouvent également représentées, du menuet au blues et au rock en passant par la tarentelle, assurant une belle variété stylistique. Bref, malgré sa simplicité, ce recueil offre aux débutants un excellent répertoire qui sera agréable tant pour les élèves que pour leurs auditeurs. » Ces 25 nouvelles pièces se situent tout à fait dans la lignée des premières. Le niveau s’élève doucement mais le propos reste le même Du classique au jazz et au blues en passant par le folklore, ces pièces originales, aussi variées que bien écrites, contribueront à former le goût et l’oreille des jeunes pianistes.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette très courte pièce (une minute) ne manquera pas de séduire les inconditionnels du Marsupilami. Quant aux ignares, ils pourront aller consulter Wikipédia… Bref, le sympathique animal fait des siennes pendant la brève apparition qu’il fait à nos yeux et surtout à nos oreilles. Musique descriptive ? Certes. Et le texte qui l’accompagne ne nous démentira pas. Mais qui n’est pas pour cela sans poésie. Et pas si facile ! Ce sera en tout cas un délicieux moment pour l’interprète… et pour ses auditeurs !
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Nous avons déjà recensé un premier Nocturne dans la lettre n° 123 de Novembre – Décembre 2018. Ce deuxième nocturne est dans la même veine. La main droite déroule une série continue de croches quasiment conjointes qui constituent une très jolie mélodie. C’est à peine si quelques triolets viennent troubler le cours du discours dans les dernières mesures. Les harmonies sont délicates et modulent insensiblement, créant des atmosphères diverses, pleines de délicatesse et de charme. L’accompagnement de main gauche comporte deux plans sonores qu’il faudra mettre en valeur. L’ensemble fera ressortir les qualités expressives de l’interprète, mais qui devront être servies par une technique sans faille.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Il s’agit de la version pour piano à quatre mains de l’oeuvre que nous avons recensée dans la lettre n° 32 de juin 2014 où nous écrivions ceci : « De difficulté moyenne, cette oeuvre autobiographique relève de l’atmosphère du dessin animé. Encadrés par une musique qui sert à la fois de générique de début et de fin, des portraits ou des scènes vécues se succèdent, évoquant le château de la Grand-Front d’Angoulême qui abrita la jeunesse de Francis Coiteux. Cette musique bien réjouissante est abordable par des élèves de niveau moyen. » Qu’en dire de plus sinon que des grands élèves… ou leurs professeurs auront certainement bien du plaisir à interpréter ces pièces si évocatrices et qui remontent le moral en ces temps un peu troublés…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette pièce d’une durée de presque trois minutes pourra figurer au programme de quatrième année d’études de piano. La première partie de la danse est à 3/4 en mi mineur. La seconde est une variation vivace ternaire, en tarentelle, dans le ton homonyme.
Presque entièrement doigtée, cette partition est très pédagogique, car elle regroupe un certain nombre de difficultés propres au clavier : régularités des croches à la main gauche, phrasés lié-détaché différents aux deux mains, accents, croisement de mains, passages identiques aux deux mains, gammes chromatiques en mouvements contraires, accords, particularités de doigtés…
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

 

Ce petit recueil rassemble cinq sérénades romantiques et célèbres à jouer à quatre mains : Plaisir d’amour de J.P. Martini (1784), Nola de F. Arndt (1915), Santa Lucia (mélodie napolitaine), Fascination de F. M. Marchetti (1876-1940), The Didn’t Believe Me de J. Kern (composée en 1914). Les arrangements, de niveau assez facile, sont agréables à jouer et à écouter. Le CD joint permet d’entendre une version des deux parties ensemble ; une autre version permet de jouer la première partie avec la seconde partie qui est enregistrée et inversement.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Voici une toute petite pièce de niveau de premier cycle pour découvrir le triton et la gamme par tons en blanches et en noires… en quarante secondes.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette courte pièce est d’une durée d’une minute 20 pour un niveau fin de premier cycle. Nous avons tout d’abord des chromatismes à la main droite pendant que la main gauche tient des octaves. Puis c’est la main gauche qui « chromatise », amenant des tierces en question réponse à la main droite et à la main gauche. On continue ensuite sur des chromatismes à la main droite pendant que la main gauche joue des tierces, d’abord en rondes, puis en blanches, avec quelques passages où les deux mains échangent entre elles des croches. Toute la pièce évoque le titre dans une ambiance lancinante et nostalgique, rappelant l’être aimé.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Ces pièces portent bien leur nom. Inspirées par les pierres précieuses, les pierres médicinales et les minéraux, elles sont censées explorer l’effet mystique de chaque pierre précieuse et mettre en évidence leurs caractéristiques particulières. Quel que soit la réalité de cet effet, disons simplement qu’il s’agit de pièces assez faciles au charme certain et qui se révèleront certainement apaisantes aussi bien pour les élèves que pour leur professeur. Il sera intéressant de faire découvrir à ceux qui interpréteront ces pièces les diverses pierres dont il est question dans chacune de ces pièces. C’est effectivement joli et apaisant.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Nous avons rendu compte du premier livre dans la lettre n° 96 d’octobre 2015. Nous reprenons ici ce que nous écrivions alors : Delatour : DLT2207.

« Si cela ne vous rappelle rien… L'auteur, dans sa présentation ne cache pas la filiation, même s'il précise bien qu'il ne s'agit en rien d'un pastiche. Chacune des pièces est présentée par l'auteur de façon succincte mais précise. Techniquement, cela reste abordable, du même niveau que son modèle. Avouons que l'entreprise est originale et mérite d'être écoutée… et jouée ! » Nous n’ajouterons rien sinon que chaque pièce est dédiée à un compositeur, de Martin Luther à Jimmy Hendrix… et que cette dédicace n’est pas un simple hommage mais se reconnait à l’oreille. Les commentaires aident à voir à la fois les allusions et les clins d’œil.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

 

Il s’agit en fait d’un recueil de théâtre musical : en dix tableaux nous sont présentés tous les personnages de la commedia dell’arte présentés par un Monsieur Loyal. Le jeu scénique a donc autant d’importance que les pièces musicales. Les acteurs peuvent être les différents pianistes qui se succèdent au piano à queue indispensable, ou d’autres. En plus d’un piano à queue, « il faut se munir de quelques accessoires : un boitier de CD plastique pour préparer le piano, une baguette dure, un stéthoscope en plastique, un piano jouet, un bol avec des pièces de monnaie, une caisse claire… Bref, chaque numéro apporte son lot de surprises. L’écriture va du totalement contemporain au pseudo-classique. Ce n’est pas facile, mais les participants devraient bien s’amuser à monter ce piano-spectacle. La partition donne toutes les indications nécessaires à une bonne exécution de l’œuvre. L’ensemble est original et de bon aloi…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Voici donc le troisième cahier de cette édition monumentale d’une œuvre non moins monumentale d’Antoine Reicha publiée en 1820. Nous ne reprendrons pas ici ce que nous avons dit dans notre recension des deux premiers cahiers, dans la lettre 119 d’avril dernier. On trouvera par ailleurs sur le site de l’éditeur une présentation détaillée de cette œuvre assez étonnante et qui est un véritable jalon de l’histoire de l’écriture pour piano.
https://symetrie.com/fr/titres/reicha-etudes-cahier3
Le travail remarquable de Michael Bulley pour mettre à la disposition des interprètes dans une édition scientifique l’ensemble de l’œuvre de Reicha est un véritable évènement musical.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

 

L’ensemble commence par une introduction de style choral faite de quatre séquences dont une sur deux est notée « Majestuoso ». Puis vient un moderato qu’on pourrait qualifier de cantabile. Une mélodie se développe, accompagnée par des arpèges de doubles croches. Mais qu’on ne s’y trompe pas : il va falloir que le pianiste dispose de dix doigts, et non de deux mains… et qu’il sache aussi chanter d’un doigt et accompagner d’un autre. Bref, ce n’est pas si facile que ça le parait à première vue. Qu’importe puisque la musique le mérite et c’est évidemment cela l’essentiel. Voici donc une pièce pleine d’intérêt à tous égards.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette pièce assez difficile est l’œuvre d’un compositeur né à San Sebastián (Espagne) en 1969. En 1997, il est admis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon dans la classe d’écriture de Loïc Mallié où il obtient en 2002 le certificat d'études supérieures d’écriture avec la Mention Très Bien à l’unanimité avec félicitations du jury. La pièce est dédiée à Mélina Burlaud, pianiste et organiste. La première partie, intitulée « Deciso », entièrement à la double croche, se déroule dans un rythme haletant tout en étant lyrique. Elle enchaine au bout de 276 mesures sur un « Tranquillo » de dix meures de grands accords arpégés qui débouchent sur le retour du « Deciso » initial. Soudain survient un nouveau tranquillo de six mesures qui débouche sur un court « Leggiero » rapide qui s’achève par un bref accord « pianissimo ». C’est une pièce attachante et pleine de caractère.
Daniel Blackstone

Ce volume marque aussi bien le centenaire de la mort du roi du Ragtime, Scott Joplin (1868-1917), que son 150ème anniversaire. Il présente une sélection de ses pièces dans une forme simplifiée : par exemple des octaves rapides aux deux mains ont été enlevées ; des passages difficiles, des accords et des sauts aux deux mains ont été réduits et parfois légèrement altérés, mais sans sacrifier l’essence et l’esprit des originaux. Le nom ragtime (temps en lambeaux ou déchiqueté), vient de l’utilisation décalée que l’on donne à sa main droite en effectuant des syncopes à la mélodie par rapport aux notes basses jouées à la main gauche sur les temps forts. On trouve dans ce cahier les célèbres Maple Leaf Rag, the Strenous Life, Eugenia, ainsi qu’un unique mélange de Rag et de valse : Bethena. Joplin ne voulait pas que l’on joue ses pièces trop vite : « Ce n’est jamais bon de jouer du Rag vite », un conseil avisé pour ceux qui veulent sonder ce genre unique.
Marie Fraschini

Cette valse qu’on peut facilement imaginer dans les bals musette à l’accordéon, est d’un niveau de second cycle. Elle se réalise en une durée de 4 minutes 10 environ. On entend tout d’abord un bref « lento senza rigore » qui introduit la valse qui apparaît en do majeur avec des accords aux deux mains dans une nuance soutenue. Vient ensuite une Sérénade en do mineur plus mélancolique. Elle se fait tout d’abord entendre à la main gauche en croches. Puis le deuxième thème apparaît à la main droite, initialement chantant et plaintif à la fois, puis véloce, avec des envolées en doubles croches à la main droite. On retrouve finalement le thème du début mais de manière plus triomphante, pour retourner sur la Sérénade qui conclut cette œuvre.
Marie Fraschini

Malgré son titre un peu ambigu, cette pièce n’évoque en rien l’hôpital ! Mais elle suggère en revanche un paysage contrasté mais avec les gouttelettes de pluie sur le cours d’eau qui nous est présenté au début. A propos de ce début, il est difficile en se chantant la pièce de ne pas évoquer la Berceuse op. 16 de Fauré… mais c’est plutôt un compliment ! C’est toute une histoire qui nous est contée : promenade au bord de l’eau, puis la pluie commence à tomber, la nature s’apaise et pour finir, la grenouille me regarde… et disparait dans l’eau. Bien sûr ce ne sont que des indications mais qui peuvent suggérer des images et une interprétation. Quoi qu’il en soit, l’ensemble est plein de charme et d’une écriture musicale convaincante.
D.B.