Daniel ROTH : UT,RE, MI… Fantaisie sur l'hymne à Saint Jean le Baptiste pour Grand Orgue. Organistes Alsaciens Volume 30. Delatour : DLT2425.

Il s'agit certes d'une fantaisie, mais au sens où Bach pouvait en écrire. La théologie est présente à chaque note de cette œuvre et ce n'est pas un hasard si deux citations textuelles se trouvent dans le corps de l'œuvre, celle de la deuxième strophe de l'hymne, et celle de l'incipit du Cantique de Zacharie. Mais le propos est explicité par l'auteur lui-même sur une quatrième de couverture qu'il faudra bien se garder de négliger. Si la théologie est présente, la musique ne l'est pas moins et c'est une bien belle œuvre que nous offre Daniel Roth.

Jean-Jacques WERNER : Sur une rive du fleuve Ogooué  pour flûte piccolo et orgue ou piano. Compositeurs Alsaciens Volume 33. Delatour : DLT2402.

Ecrite en hommage à Albert Schweitzer pour le centenaire de son arrivée à Lambaréné en 1913, cette pièce marie les envolées lyriques de la flûte piccolo, allant parfois jusqu'à la stridence avec les sonorités profondes de l'orgue (ou du piano). « Ombre et lumière se disputent leur place au soleil tel que Schweitzer l'évoque dans la nombreuse correspondance relatant sa vie en terre africaine. »

 

Guy MIAILLE : Second Livre de Préludes divers et Fugues pour l’Orgue, Santilly, Éditions Les Escholiers (gmiv.esg@wanadoo.fr ), 2014, 38 p. (+ CD encarté : 27’ 14).

Dans une finalité fonctionnelle et pratique, Guy Miaille — organiste, pédagogue et compositeur prenant ses distances vis-à-vis de toute école esthétique classée — vient de publier (aux Éditions Les Escholiers qu’il dirige) son Second Livre de Préludes divers et Fugues dédié à Jorris Sauquet, organiste de l’Église Notre-Dame du Rosaire (à Paris). Selon l’auteur, ce cahier comprend des « nobles formes toujours appréciées tant par les musiciens que par les mélomanes », car elles favorisent « une expression renouvelée ». Il reprend donc les formes traditionnelles : Fugues, Choral, Canzona, Scherzetto. Cette édition bien gravée fournit toutes les précisions utiles à propos du caractère des pièces et de la registration souhaitée. De plus, un CD encarté rendra de grands services aux organistes et facilitera leur choix de morceaux à des fins fonctionnelles et cultuelles.

Guy MIAILLE : Déploration à la mémoire de l’Abbé Armand ORY, Santilly, Éditions Les Escholiers (gmiv.esg@wanadoo.fr ), 2014, 2 p. (+ CD ESG06/2014AO. TT: 3’).

Guy Miaille — fidèle lecteur de la Revue trimestrielle : Musique sacrée-L’organiste, éditée par l’Association Jeanne d’Arc (88 Fontenay) — a tenu à rendre un vibrant hommage au regretté Abbé Armand Ory (décédé le 14 septembre 2013), ardent défenseur des Orgues, de la musique sacrée et de la musique liturgique en particulier, parolier et responsable de cette Revue. Sa Déploration pour orgue (2 p.) s’inspire du répons pour les Complies : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum. Son interprétation nécessite, de préférence, au Grand Orgue : les jeux de Gemshorn (Cor de chamois) et Flûte 8’ ; au récit : ceux de Bourdon 8’ et Nasard. La partition comprend des changements de mesures et de tonalités, l’alternance entre mesures binaires et ternaires. L’écriture est claire, avec des accents sincères et, vers la fin, la mélodie In manus tuas est citée. Un CD indépendant (3’) joint à la partition permettra aux interprètes de mieux comprendre les intentions du compositeur.

 

Dimitri CHOSTAKOVITCH : Confession - Cathédrale, LE CHANT DU MONDE (www.chantdumonde.com  ), OR4899,  5 p.

Ces deux pièces pour 2 claviers et pédale, dont l’abord est facile, sont extraites de la musique du film « Le Taon » réalisé par Alexander Feinzimmer. La première : Confession (3 p.), Andante, commence par un thème pp à découvert à la pédale soutenu par des accords de sixtes parallèles aux claviers, puis un mouvement de noires en triolets, crescendo aboutit à un forte avec un rythme de croches, pour retomber à pp dans la conclusion. La seconde : Cathédrale (2 p.), également Andante, s’impose par son calme, avec de longues tenues à la pédale et à la main gauche et une facture mélodique conjointe à la main droite. De caractère méditatif, elles peuvent être interprétées lors d’une Messe par un organiste débutant.

 

Régis CAMPO : Sonate pour orgue n°2 Les Couleurs, LE CHANT DU MONDE (www.chantdumonde.com  ; 31-33 rue Vendrezanne 75013 PARIS), OR4896, 6 p.

La Sonate pour orgue n°2, composée en 1996 par Régis Campo  (né en 1968) — élève d’Alain Bancquart et de Gérard Grisey (CNSMP) — s’adresse à un interprète chevronné, rompu aux subtilités rythmiques (changements de mesures  — C, 3/4, 5/4 —, notes détachées entrecoupées par des silences générant un effet de quasi staccato à la pédale). L’harmonisation complexe fait appel à des accords dissonants à la main gauche ; la facture mélodique, au chromatisme et à des intervalles augmentés, diminués. Un petit motif de doubles-croches, ascendant et descendant, circulant à travers l’œuvre, sert de conclusion à découvert et sur une seule note piquée suivie de silence. Dans l’ensemble, cette pièce calme, dont la registration n’est pas précisée, évolue dans la nuance piano. Cette partition rendra service aux organistes soucieux de varier leur répertoire.

 

Charles BALAYER : Turning Bach pour orgue

Turning Bach pour orgue Hammond B 3. Delatour : DLT2380.

Une pièce de jazz pour orgue Hammond : voilà une bien agréable surprise. La pièce de Bach exploitée est le célèbre « Choral du Veilleur », non pas le choral lui-même, mais le thème contrapunctique bien connu. C’est fait avec beaucoup de sobriété et de goût.

Jean-Christophe AURNAGUE : Fantaisie Médiévale  sur le cantique marial

« Chez nous soyez Reine » du chanoine Huet pour grand orgue. Delatour : DLT2204.

Que voilà une œuvre bien réjouissante ! Si l’auteur fait référence à la cathédrale de Bayonne, qui comporte trois claviers, il sera possible de tricher un peu à condition de posséder un instrument riche en anches et en mixtures…

Julien BRET : Sonate parisienne pour orgue à 4 mains.

LE CHANT DU MONDE (www.chantdumonde.com  ), 2013, OR4889, 25 p.

Julien Bret (*1974), élève de Louis Thiry et Susan Landal, est actuellement titulaire de l’Orgue de l’Église Saint-Ambroise à Paris. Compositeur et concertiste, il privilégie aussi les arrangements.

Valéry AUBERTIN : Ma l’ombra sol pour orgue.

Chanteloup Musique : CMP007.

Il est indispensable, avant de jouer cette œuvre, de se pénétrer de la « préface autobiographique » qui la précède et en donne la clé.

Christophe MARCHAND : Dactylopraxie.

Trois petites suites pour toucher l’orgue. Delatour : DLT2318.

Ces trois petites suites qu’on pourrait qualifier d’études si ce vocable n’était trop souvent synonyme d’ennui, sont destinées à explorer le clavier de l’orgue et ses timbres de façon tout à fait atonale, rien que pour le plaisir des sons et des rythmes, et des images qu’ils évoquent.

Paul STERNE : Berceuse

pour une enfant qui s’est endormie. Pour orgue. Delatour : DLT2320.

Quelle jolie pièce, et qui peut se contenter d’un instrument relativement modeste (deux claviers pédalier romantique).

Gustave MAHLER, Paul STERNE : Symphony n° 1 in D « Titan » pour orgue.

Delatour : DLT2331.

Précisons tout de suite que cette transcription a été conçue pour un instrument symphonique de 3 claviers. Paul Sterne précise bien qu’il s’agit d’une transcription et non d’une réduction. La mode des transcriptions pour orgue connait en ce moment de beaux jours, mais il ne faut pas s’en plaindre. L’œuvre peut être écoutée sur le site de l’éditeur. La partition porte la référence imprimée « 2321 » alors que le site la référencie sous le n° 2331.

 


Daniel ROTH : Fantaisie-Dialogue

pour deux orgues (Grand Orgue et Orgue de Chœur). Organistes Alsaciens vol. 29. Delatour : DLT2299.

Il s’agit d’une commande faite à Daniel Roth par le Directeur du Conservatoire de Mantes la Jolie à l’occasion de la restauration des deux instruments de la Collégiale. Assez peu de pièces ont été écrites au cours des âges spécifiquement pour ce dialogue entre deux instruments au caractère forcément contrasté. Celle-ci continue fort heureusement la tradition en tenant compte, bien évidemment, de la distance entre les instruments et de l’acoustique particulière de nos grands vaisseaux. On aimerait avoir en ligne ou sur CD cette œuvre jouée sur le Grand Orgue Merklin restauré et l’orgue de chœur tout neuf qui lui donne la réplique pour l’inauguration le 25 mai 2013.

Francis CHAPELET : L’œuvre pour orgue volume 2.

Pièces et improvisations dans le style modal et contemporain. Delatour : DLT1876.

On lira avec intérêt la préface de l’auteur. On aime découvrir les œuvres de ce remarquable organiste qu’est Francis Chapelet. Le sous-titre indique bien le contenu du recueil. On sera heureux d’en écouter une partie sur le site de l’éditeur, notamment l’impressionnant Etna 71 de 1972.

Wolfgang LINDNER : Quatre siècles de musique

d’orgue rare ou inconnue. 2 vol. Schola Cantorum : SC 8750 et 87553. http://www.schola-editions.com/schola/index.asp

De Kunhau et Buxtehude jusqu’à Jean Giroud et lui-même, l’auteur de ce florilège nous offre effectivement tout un lot d’œuvres peu ou pas connues et assez facilement abordables. On découvrira donc ce double recueil avec beaucoup d’intérêt.

Didier MATRY

14 méditations pour orgue. Armiane-Fortin : EAL 438.

Ces quatorze courtes pièces trouveront facilement leur place dans l’office. Deux claviers pédalier leur suffiront : un instrument moyen fera l’affaire. Ecrites dans un langage délicat et simple, elles méritent d’être connues et jouées…

Patrick CHOQUET

Trois études pour orgue. Delatour : DLT2325.

Ces trois études s’inscrivent dans la démarche des œuvres pour orgue de Patrick Choquet. Certes, l’orgue sur lequel elles ont été créées offre de nombreuses possibilités puisque, construit par Robert Chauvin en 1980 dans un beau buffet classé, il compte 47 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier de trente notes. Ces études peuvent néanmoins s’exécuter sur un instrument moins important. Les indications de registration sont données par Henry Paget, organiste titulaire de Sainte Jeanne de Chantal, qui a créé ces œuvres le 12 juin 2005, dans le commentaire qu’il fait de chacune des études. Ces pièces sont à découvrir absolument.

Thierry PALLESCO : Fantaisie pour orgue

Delatour : DLT2186.

Ecrite pour grand orgue, cette pièce met à contribution grands crescendos, tutti flamboyants mais également un fort beau et poétique récit de cornet. Flamboyante mais également méditative, l’oeuvre exploite toutes les couleurs de l’instrument. Le site de l’éditeur nous permet d’entendre intégralement cette pièce.

 

Thierry PALLESCO : 2 préludes pour orgue. Delatour : DLT2195.

 

Cette fois, même un petit instrument suffira pour ces deux préludes à condition de posséder deux claviers, un cromorne et si possible un joli salicional. On ne peut s’empêcher de penser à certaines pièces de Franck même si le langage est évidemment au-delà du tonal. Quoi qu’il en soit, l’ensemble est fort agréable à entendre. On peut d’ailleurs écouter l’intégralité sur le site de l’éditeur (ou sur YouTube).

 

 

 

 

 

Alexandre Pierre François BOËLY

Douze pièces pour l’orgue avec pédale obligée op. 18. Fac-similé de l’édition originale. Chanteloup-Musique : CMP004.

Éric Lebrun, qui présente ce recueil, pose d’emblée la question de savoir si ces pièces ont été écrites pour orgue ou pour piano pédalier. Il semble que ce soit prioritairement pour l’orgue. Mais pour bien les interpréter, il est indispensable de savoir de quels instruments Boëly a disposé. C’est à quoi s’attache Éric Lebrun avec la compétence qu’on lui connait.  D’autre part, la reproduction de l’édition originale, disponible nulle part ailleurs, rend encore plus précieuse cette publication.

Eric LEBRUN : Contes de la rue Traversière

Quinze poèmes musicaux pour les petites mains. Chanteloup musique : CMP001.

Ces quinze pièces de difficultés diverses, mais dont la plupart sont très facilement abordables par les « petites mains » (et petite jambes) auxquelles elles sont destinées sont autant de petits portraits ou de petits tableaux associés à des historiettes bien savoureuses. Au fil des pages, on trouvera des allusions qui pourront être exploitées par le professeur… Citons entre autres la pièce intitulée « Des pays lointains et mystérieux… » qui fait instinctivement penser à Schumann… et qui commence par le nom de Bach (sib la do si bécarre) ! En résumé, voici des pièces à la fois pleines d’esprit, de charme et de musique. Et qui prouvent si besoin en était, que les organistes ne sont pas forcément (malgré l’un des titres) des dinosaures… Au fait, cette « rue Traversière » est aussi l’adresse de l’église où Éric Lebrun est titulaire…

Neuf psaumes

Benoît ZIMMERMANN : Neuf psaumes pour instrument à clavier (Orgue, clavecin, virginal…) extraits du Recueil de Camphuysen, suivis d’une page profane, Daphné. [date supposée : après 1652]. Cantate Domino : CD 3099. http://www.schola-editions.com

 

Précisons tout de suite que les éditions de la Schola Cantorum, Cantate Domino et Charles Huguenin ont un seul site et une double adresse : en suisse : Rue du sapin 2a C.P. 156 CH – 2114 Fleurier ; et en France : 57, rue de Franche-Comté, 25300 Les Verrières de Joux.

La préface de Benoît Zimmermann donne toutes les explications nécessaires sur les pièces présentées ici. Il nous indique en particulier que la bibliothèque universitaire d’Utrecht a mis en ligne une reproduction du manuscrit de Camphuysen. On découvrira donc avec intérêt ces pièces qui peuvent être utilisée aussi bien en concert qu’à l’office.