Henriette PUIG-ROGET : Trois prières  pour grand orgue. Delatour : DLT2182.

Elève de Marcel Dupré et de Charles Tournemire, Henriette Puig-Roget (1910-1992) fut une musicienne accomplie. Remarquable pianiste, collaborant à de nombreuses émissions radiophoniques, elle fut aussi une non moins remarquable organiste, tant à la Grande Synagogue de la rue de la Victoire qu'à l'Eglise Réformée de l'Oratoire du Louvre. Mais elle eut aussi une activité moins connue de compositrice.

Remercions d'abord les éditions Delatour de publier pour la première fois cette œuvre monumentale d'un compositeur trop méconnu. Ce baron aux multiples talents, compositeur, pianiste et organiste, pédagogue, écrivain, poète, photographe, élève d'Alexandre Guilmant, Théodore Dubois et Camille Saint-Saëns fut un des fondateurs de la Schola Cantorum où, professeur d'harmonie, il comptera parmi ses élèves Déodat de Séverac, Blanche Selva, Auguste Le Guennant

On connait la qualité des transcriptions  pour orgue de ce remarquable organiste et professeur. Les indications de registration et de répartition des plans sont conçues pour un instrument à trois claviers, mais il sera possible d'adapter en fonction de l'instrument dont on dispose, en respectant cependant l'esthétique de ceux que Fauré à connus…Bref, c'est un grand plaisir de pouvoir aborder ainsi ce répertoire.

Espérance  pour orgue

Guy LECLERCQ : Espérance  pour orgue. Delatour : DLT2359.

Cette œuvre, à la fois lyrique et brillante ne manque pas de profondeur. On pourra l'écouter intégralement sur le site de l'éditeur (et sur You tube). Elle demande un instrument riche en couleurs et avec, si possible, trois claviers. Les recherches de timbres ne sont pas gratuites et trahissent ces élans d'espérance suggérés par le titre.

Dans le souvenir de Frescobaldi…

ean-Jacques WERNER : Dans le souvenir de Frescobaldi…  4 courtes inventions pour orgue. Organistes Alsaciens Vol. 31. Assez facile. Delatour : DLT2420.

Canzone, Ricercar, Laude, Méditation : ces quatre courtes pièces sont destinées aux élèves organistes, mais ne sont pas des œuvres « d'étude » : ce sont quatre méditations qui trouveront tout naturellement leur place dans un office. La seule exigence technique est de disposer d'un instrument à deux claviers pédalier. Quant à la qualité de la musique, qu'en dire sinon que c'est du Jean-Jacques Werner ?

 

Éric LEBRUN : Petit livre d'orgue pour Mesnil-Saint-Loup. 12 courts préludes sur des mélodies grégoriennes. Chanteloup-musique : CMP013.

Ces douze courts préludes ne sont nullement inabordables. Construits sur des « tubes » du répertoire grégorien, mélodies trop oubliées en France aujourd'hui en raison d'une application pour le moins abusive de la réforme liturgique, ils constituent en fait de courtes méditations pour introduire à la prière. Éric Lebrun a également le mérite d'avoir mis en regard de quatre de ces préludes le texte luthérien illustré par J.S. Bach. Si un petit nombre de ces pièces demandent un instrument à trois claviers, la plupart peuvent être interprétés sur deux et même un seul clavier. Il n'est pas besoin de souligner la qualité des œuvres de l'auteur. Les lecteurs de L'Education Musicale seront sensibles à la dédicace du Salve Regina : « A ma très chère amie Francine Maillard, à l'occasion de son anniversaire, dans le souvenir de Jean Maillard »

 

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Nicolas CHEVEREAU : Fantaisie de Noël  pour orgue. Difficile. Delatour : DLT2487.

Entièrement bâtie sur des chants de Noël étrangers (il nous semble abusif d'attribuer au XVI° siècle français le Veni Emmanuel, paraphrase des antiennes « O » de l'Avent), l'ensemble comporte une introduction et quatre parties ayant chacune une couleur spécifique. Il y faudra un instrument brillant, même si la partition est dépourvue de toute indication de registration. Mais faut-il s'en plaindre ? L'ensemble est séduisant et assez virtuose.

Davide PERRONE : For after  pour orgue. Assez difficile. Delatour : DLT2369.

Prévue manifestement pour un instrument à trois claviers pédalier, l'œuvre se déroule selon un schéma ABCB'AD. L'auteur le précise dans une introduction qui décrit bien l'ensemble de la pièce et qu'on pourra lire sur le site de l'éditeur.

Nicolas CHEVEREAU : Toccata  pour orgue. Difficile. Delatour : DLT2491.

Cette toccata demande un instrument (deux ou trois claviers) qui ait du coffre ! Trois moments dans cette toccata : une partie tout à fait « toccata » dans la plus pure tradition de cette forme, puis un 6/8 plus méditatif qui déroule une jolie mélodie pour revenir à une dernière partie allegro qui termine « con bravura » cette œuvre séduisante qu'on pourra écouter dans son intégralité sur le site de l'éditeur ou sur You tube interprétée en première audition par Thomas Gonder à l'orgue de la Cathédrale St James de Toronto.

 

 

 

Johannès BRAHMS – Paul STERNE : Finale from Symphony n° 1  pour orgue. Delatour : DLT2370.

Difficile techniquement et demandant un instrument important, cette œuvre, comme les autres du même auteur, n'est pas une simple transcription mais une véritable réécriture de l'œuvre originale. On pourra juger du résultat en écoutant intégralement ce Final sur le site de l'éditeur ou sur You tube, ce qui permettra à l'interprète d'affiner les indications de registration données par l'auteur.

Lieder eines fahrenden Gesellen (Chants d'un compagnon errant)  pour orgue

Gustav MALHEER – Paul STERNE : Lieder eines fahrenden Gesellen (Chants d'un compagnon errant)  pour orgue. Delatour : DLT2497.

 

Précisons tout de suite qu'il ne s'agit pas, au sens strict du terme, de transcriptions. Pensé à la manière d'un prélude de choral, chacun des quatre lieder est remodelé, réinterprété pour un instrument symphonique à trois claviers pédalier. La registration est donnée à titre indicatif mais l'auteur-adaptateur précise bien qu'il faut « éviter de se rapprocher à tout prix de la version originale mais plutôt […] rester dans le caractère propre à la littérature de l'orgue ».

 

 

Max MÉREAUX : Adagio  pour orgue. Moyen. Lafitan : P.L.2837.

Cette pièce méditative demande un instrument conséquent puisqu'il y faut trois claviers et pédalier. La régistration montre cependant qu'on pourra ruser pour une interprétation sur deux claviers… L'ensemble, atonal, se meut par chromatismes dans une ambiance de recueillement qui sera encore accentuée par l'emploi exclusif des 8 pieds, de la gambe et du salicional.

 

 

Frédéric LEDROIT : Oppositions  op.48 pour piano et orgue

Frédéric LEDROIT : Oppositions  op.48 pour piano et orgue. Delatour : DLT2141.

Exploitant à l'extrême les possibilités de puissance et de timbres des deux instruments,

Johann Jakob FROBERGER : Neue Ausgabe sämtlicher Werke Volume 2. Urtext. Bärenreiter : BA 9212.

Il est bien agréable de pouvoir bénéficier de cette remarquable édition des œuvres complètes de Johann Jakob Froberger. On lira avec beaucoup d'intérêt la préface de Siegbert Rampe, extrêmement complète. Elle comporte un examen très détaillé des sources, dont certaines sont nouvelles, un commentaire sur chacune des œuvres, et des indications d'interprétation. Le texte lui-même est à la fois extrêmement précis et fidèle, en même temps que tout à fait lisible et directement utilisable pour une interprétation commode.

 

 

 

Destinée à un important instrument symphonique, cette pièce est un hommage aux grandes improvisations de Pierre Cochereau dont elle reprend certains éléments formels et stylistiques. Le thème en est, bien sûr, celui de la célèbre chanson des trois petits enfants. L'auteur joue sur toutes les possibilités de l'instrument. Il se garde de donner des indications trop précises de registration : à chacun de trouver en fonction de son instrument et du vaisseau dans lequel celui-ci se trouve la juste mesure… Cette œuvre est en tout cas bien exaltante et séduisante.

 

 

 

Johannes BRAHMS – Paul STERNE : Symphony N° 4 in E minor pour orgue. Delatour : DLT2393.

Plus que d'une transcription, il s'agit d'une réinterprétation de cette œuvre dans le langage et avec les moyens propres de l'orgue. Le transcripteur précise bien qu'il ne faudra en aucun cas imiter l'orchestre « que ce soit par les phrasés, les tempi, ou par la registration. ». Quoi qu'il en soit, cette réinterprétation est vraiment passionnante.

 

Gérard HILPIPRE : Deuxième symphonie pour orgue. Delatour : DLT2412.

Ecrite en hommage à Albert Schweitzer, dont le nom apparaît à maints endroits selon le système de notation habituel, cette œuvre monumentale demande un instrument qui puisse soutenir cette écriture foisonnante et haute en couleurs. Fort sagement, l'auteur s'en remet à la sagacité de l'organiste pour adapter sa registration au matériel sonore dont il dispose. Les organistes apprécieront cette confiance qui vaut mieux qu'une registration ultra-précise, mais valable seulement pour l'instrument de l'auteur. Un auteur, d'ailleurs, n'est pas toujours fidèle à ses propres indications : il n'est que d'écouter Messiaen interpréter ses propres œuvres sur l'instrument pour lequel elles ont été écrites pour s'en rendre compte…

 

Deux grandes parties se succèdent, comportant chacune des facettes fort variées. C'est donc un monument à visiter de toute urgence !

 

Daniel ROTH : UT,RE, MI… Fantaisie sur l'hymne à Saint Jean le Baptiste pour Grand Orgue. Organistes Alsaciens Volume 30. Delatour : DLT2425.

Il s'agit certes d'une fantaisie, mais au sens où Bach pouvait en écrire. La théologie est présente à chaque note de cette œuvre et ce n'est pas un hasard si deux citations textuelles se trouvent dans le corps de l'œuvre, celle de la deuxième strophe de l'hymne, et celle de l'incipit du Cantique de Zacharie. Mais le propos est explicité par l'auteur lui-même sur une quatrième de couverture qu'il faudra bien se garder de négliger. Si la théologie est présente, la musique ne l'est pas moins et c'est une bien belle œuvre que nous offre Daniel Roth.

Jean-Jacques WERNER : Sur une rive du fleuve Ogooué  pour flûte piccolo et orgue ou piano. Compositeurs Alsaciens Volume 33. Delatour : DLT2402.

Ecrite en hommage à Albert Schweitzer pour le centenaire de son arrivée à Lambaréné en 1913, cette pièce marie les envolées lyriques de la flûte piccolo, allant parfois jusqu'à la stridence avec les sonorités profondes de l'orgue (ou du piano). « Ombre et lumière se disputent leur place au soleil tel que Schweitzer l'évoque dans la nombreuse correspondance relatant sa vie en terre africaine. »

 

Guy MIAILLE : Second Livre de Préludes divers et Fugues pour l’Orgue, Santilly, Éditions Les Escholiers (gmiv.esg@wanadoo.fr ), 2014, 38 p. (+ CD encarté : 27’ 14).

Dans une finalité fonctionnelle et pratique, Guy Miaille — organiste, pédagogue et compositeur prenant ses distances vis-à-vis de toute école esthétique classée — vient de publier (aux Éditions Les Escholiers qu’il dirige) son Second Livre de Préludes divers et Fugues dédié à Jorris Sauquet, organiste de l’Église Notre-Dame du Rosaire (à Paris). Selon l’auteur, ce cahier comprend des « nobles formes toujours appréciées tant par les musiciens que par les mélomanes », car elles favorisent « une expression renouvelée ». Il reprend donc les formes traditionnelles : Fugues, Choral, Canzona, Scherzetto. Cette édition bien gravée fournit toutes les précisions utiles à propos du caractère des pièces et de la registration souhaitée. De plus, un CD encarté rendra de grands services aux organistes et facilitera leur choix de morceaux à des fins fonctionnelles et cultuelles.

Guy MIAILLE : Déploration à la mémoire de l’Abbé Armand ORY, Santilly, Éditions Les Escholiers (gmiv.esg@wanadoo.fr ), 2014, 2 p. (+ CD ESG06/2014AO. TT: 3’).

Guy Miaille — fidèle lecteur de la Revue trimestrielle : Musique sacrée-L’organiste, éditée par l’Association Jeanne d’Arc (88 Fontenay) — a tenu à rendre un vibrant hommage au regretté Abbé Armand Ory (décédé le 14 septembre 2013), ardent défenseur des Orgues, de la musique sacrée et de la musique liturgique en particulier, parolier et responsable de cette Revue. Sa Déploration pour orgue (2 p.) s’inspire du répons pour les Complies : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum. Son interprétation nécessite, de préférence, au Grand Orgue : les jeux de Gemshorn (Cor de chamois) et Flûte 8’ ; au récit : ceux de Bourdon 8’ et Nasard. La partition comprend des changements de mesures et de tonalités, l’alternance entre mesures binaires et ternaires. L’écriture est claire, avec des accents sincères et, vers la fin, la mélodie In manus tuas est citée. Un CD indépendant (3’) joint à la partition permettra aux interprètes de mieux comprendre les intentions du compositeur.

 

Dimitri CHOSTAKOVITCH : Confession - Cathédrale, LE CHANT DU MONDE (www.chantdumonde.com  ), OR4899,  5 p.

Ces deux pièces pour 2 claviers et pédale, dont l’abord est facile, sont extraites de la musique du film « Le Taon » réalisé par Alexander Feinzimmer. La première : Confession (3 p.), Andante, commence par un thème pp à découvert à la pédale soutenu par des accords de sixtes parallèles aux claviers, puis un mouvement de noires en triolets, crescendo aboutit à un forte avec un rythme de croches, pour retomber à pp dans la conclusion. La seconde : Cathédrale (2 p.), également Andante, s’impose par son calme, avec de longues tenues à la pédale et à la main gauche et une facture mélodique conjointe à la main droite. De caractère méditatif, elles peuvent être interprétées lors d’une Messe par un organiste débutant.