Prélude pour orgue

Serge OLLIVE : Prélude pour orgue. Facile. Waldhorn Editions (auto-label) :

réf. : WH-459501.

On lira en tête d'article ce que recouvre ce label. Ce premier opus de l'auteur est fort agréable, limpide et dans un langage simple. Il peut être joué « manualiter » même si quelques indications de pédale en facilitent l'exécution. On peut l'écouter sur le site de Serge Ollive.

 

Ciels

Serge OLLIVE : Ciels Op. 169. Trois esquisses modales pour orgue. Difficile.  Waldhorn Editions : WH-4516169. (Pour ces éditions, voir en tête de l'article).« Ciels » est un triptyque d'évocation, écrit pour un grand orgue symphonique à trois claviers. Il décrit trois ciels aux couleurs contrastées : « Ciel marin », « Ciel d'été » et « Ciel éclatant ».On pourra lire en tête de la partition téléchargeable gratuitement une description très complète de l'œuvre. Disons seulement qu'elle a la particularité d'être écrite entièrement ou presque (les dernières mesures) sur le mode « Berta » (le mode 2 de Messiaen). L'auteur a donc joué sur les timbres, les rythmes pour évoquer les différentes atmosphères.

 

Qui cherche la vérité écoute ma voix

Frédéric LEDROIT : Qui cherche la vérité écoute ma voix. Op. 57d. La Passion du Christ selon Saint Jean pour orgue. Difficile. Delatour : DLT2663.

Il s'agit d'une commande du Festival Le Printemps des Orgues pour la finale du Grand Prix d'Orgue Jean-Louis-Florentz - Académie des Beaux-Arts. Création le dimanche 22 mai 2016 à la Cathédrale d'Angers, avec le soutien de la SACEM.

Praxipode.

Christophe MARCHAND : Praxipode.  Ensemble de trois suites pour le travail du pédalier. Delatour : DLT2618.

Après la Dactylopraxie  dont nous avons rendu compte dans la lettre 81 de mai 2014, voici le complément indispensable pour un organiste : l'étude méthodique du pédalier. Suivant le même plan que le précédent, ce recueil permet une approche progressive de l'étude du pédalier. Mais, qu'on ne s'y trompe pas, c'est en même temps de l'excellente musique et l'étude de la technique n'est absolument pas séparée de l'expressivité, du phrasé, bref de tout ce qui fait le plaisir musical.

 

 

GO !

Benoît MERNIER : GO !  10 miniatures pour organiste débutant. Delatour : DLT2658.

On  est vraiment heureux de voir combien la littérature pour organiste débutant s'enrichit journellement. C'est sans doute parce que, désormais, beaucoup de jeunes commencent directement l'orgue sans passer par le piano, et c'est bien normal et réjouissant ! Ces miniatures sont donc une invitation à aller de l'avant sur le Grand Orgue (l'auteur joue explicitement sur les deux sens possibles de son titre). Si certaines pièces sont « manualiter » la plupart comportent l'utilisation du pédalier et on ne peut que se féliciter de ce choix : la dissociation mentale nécessaire entre mains et pieds peut ainsi s'installer tout naturellement. Les pièces sont de caractère varié et font appel à toute la richesse des timbres de l'instrument.

Choral, variation et Toccata sur un cantique de la Messe des morts.

Jean-Christophe AURNAGUE : Choral, variation et Toccata sur un cantique de la Messe des morts.  Œuvre pour grand-orgue. Delatour : DLT2609.

Ce « cantique de la Messe des morts » est en fait un chant basque, et ce n'est pas pour rien que la photo de couverture représente le tombeau de Sanche le Fort, roi de Navarre, à la collégiale de Roncevaux. Si trois claviers sont souhaitables, deux peuvent tout à fait convenir. D'écriture très classique, l'œuvre est très plaisante et devrait séduire beaucoup d'interprètes. Elle joue beaucoup sur les couleurs, les timbres… Ajoutons en plus qu'elle n'offre pas de très grande difficulté.

 

Valéry AUBERTIN : Troisième Sonate

extraire du Deuxième livre d'orgue. Chanteloup-musique : CMP 031.

Il n'est pas possible de résumer ici la très intéressante présentation que l'auteur fait de son œuvre au début de la partition. On connait les qualités de coloriste de Valéry Aubertin. Cette Troisième sonate pourrait être dite « à tiroirs » car elle contient en elle plusieurs sonates. L'auteur précise la manière dont on peut jouer l'œuvre soit intégralement soit en en prenant certains mouvements dans un ordre bien défini. Il faudra, bien sûr, disposer de trois claviers et de timbres adéquats. De plus, une des pièces ne peut être jouée que sur un instrument à registration mécanique : il faut en effet qu'un des jeux soit à moitié ouvert, faisant parler les tuyaux à un diapason plus bas que le reste de l'instrument. On sent combien l'auteur est sensible aux timbres et aux couleurs, ce qui fait la richesse de son écriture.

Frédéric LEDROIT : Prélude.

Opus 57a. La Passion du Christ selon Saint-Jean pour orgue. Delatour : DLT2653.

Il est bien difficile de rendre compte en quelques lignes d'une œuvre aussi dense et spirituelle. Fort heureusement, une interprétation de l'œuvre par son auteur se trouve sur le site de l'éditeur (et sur YouTube) https://www.youtube.com/watch?v=oFCGambvraw Il sera d'autant plus important d'aller l'entendre que l'œuvre a été conçue pour le nouvel orgue de la cathédrale d'Angoulême, qui possède des possibilités de registration tout à fait spécifique. Ainsi, et selon la volonté de l'auteur, chaque organiste pourra adapter le texte aux possibilités de son propre instrument. Ajoutons que l'explication – commentaire  de l'auteur dans la partition est particulièrement intéressante et devra être méditée avant toute interprétation de cette œuvre.

HÄNDEL : Orgelwerke.

Bärenreiter : BA 11226.

Ce volume regroupe toutes les œuvres de Haendel dont on est certain qu'elles ont été écrites pour l'orgue. C'est à la fois une édition de travail et une édition critique. Les organistes envieront la composition des instruments de la Cathédrale Saint Paul de Londres et de la cathédrale de Salisbury, détaillée dans ce volume. Une sérieuse introduction permet de situer les œuvres pour une meilleure interprétation. La clarté de l'édition n'est évidemment plus à souligner…

Marta  GLIOZI & Damien SIMON : L'orgue aux mille saveurs

Volume 1. Anthologie de pièces pour les premières années au clavier. Volume 2 : Anthologie de pièces pour claviéristes gourmets. Editions Buissonnières : EB-2-179 et EB-2-244.

La démarche de cet ouvrage est très intéressante et vise à former des musiciens et non des « dactylophones » si on peut nous permettre ce néologisme. Tout est fait pour rendre intelligente l'approche de l'instrument, le tout de façon souvent humoristique, ce qui n'empêche pas la pertinence des remarques, bien au contraire. On ne peut qu'applaudir à ce que le début de l'ouvrage se nomme « De la voix au clavier ». Partant de « petites chansons connues du patrimoine pour enfants », il continue par quelques thèmes fondamentaux de Noëls, de chorals luthériens et de chant grégorien « qui ont si profondément nourri le répertoire pour orgue à travers les siècles. » Il continue par des « mélodies de nos régions et d'ailleurs ». Ajoutons que le pédalier est abordé dès le début. L'ouvrage comporte aussi une section de jeux d'improvisation tout à fait passionnante. On serait tenté de recopier toute l'introduction. On en trouvera la substantifique moelle sur le site de l'éditeur. Le deuxième volume est la suite logique du premier dans le même esprit et dans la même variété de répertoire. L'ensemble est extrêmement copieux et présenté de façon parfaite.

Jean GIROUD : Images pour un chemin de croix. (1944).

Sur le texte de Paul Claudel. Illustrations pour orgue. Chanteloup Musique : CMP025.

Voici enfin éditée cette œuvre d'un musicien élève et ami des plus grands. Composée en symbiose avec le texte du poète, ces « illustrations mystiques » ont été réalisées dans une étroite collaboration avec Paul Claudel. Que dire de plus sinon qu'on peut entendre partiellement ces « Images » sur YouTube interprétées par Jean Giroud lui-même https://www.youtube.com/watch?v=JglFyQRcooA&list=PLumjj7sttATxEbdspjeDFFIcbv0UVKVGD et qu'il en existe un CD enregistré par Philippe Brandeis avec Laurent Terzieff en récitant, au studio SM paru en février 1999 mais difficile à se procurer. Il faut lire, pour interpréter et comprendre cette œuvre, le texte de Jean Giroud dont le fac-similé se trouve en tête de la partition.

Yves LAFARGUE : Strophe  pour orgue. Difficile. Delatour : DLT2399.

Cette pièce a été écrite pour le concours de composition Dom Bedos de Bordeaux en 2002. Il s'agissait d'utiliser les sonorités typiques de l'orgue classique français représenté ici par l'orgue Dom Bedos de l'église Sainte Croix de Bordeaux, restauré par Pascal Quoirin.

Jean-François TAPRAY : 5 pièces inédites : 4 Noëls et Air de l'écho  pour orgue. Facile. Delatour : DLT2547.

Jean-François Tapray (v. 1737 – v. 1819), est une redécouverte récente. On en lira l'historique sur la partition ou le site de l'éditeur. Rendons donc grâce à Yannick Merlin de nous faire découvrir ces œuvres qui ne manquent pas d'originalité. Pour en rendre tout le suc, il faudra disposer d'un instrument haut en couleurs.

Gérard HILPIPRE : Triptyque  pour orgue. Moyen. Delatour : DLT2482.

Il s'agit de la première œuvre pour orgue écrite par l'auteur en 1986-87. Le premier volet, intitulé Genèse, s'ouvre sur de larges accords fortissimo auxquels succèdent un tempo agitato.

Yves LAFARGUE : Sur le nom de Jules Magen  pour orgue. Moyen. Delatour : DLT2398.

Avant tout commentaire, on a tout simplement envie de dire : quelle belle œuvre ! D'autant qu'on peut l'écouter intégralement sur le site de l'éditeur (et Youtube) dans une vidéo qui fait découvrir en même temps l'instrument sur lequel elle a été réalisée et l'église qui sert d'écrin à cet instrument.

Johan-Sebastian BACH : Trois mouvements extraits des sonates et partitas transcrits pour orgue  par Natacha Casagrande. Chanteloup-musique : CMP028.

On peut discuter à perte de vue de l'opportunité et de la pertinence de telles transcriptions. Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître la fidélité de celles-ci et le soin qui y a été apporté. Il s'agit de l'Adagio de la Première sonate BWV 1001 pour violon seul, de l'Andante de la  Deuxième sonate BWV 1003 et du Largo de la Troisième sonate  BWV 1005. On aurait mauvaise grâce à ne pas reconnaître l'intérêt de ces transcriptions et leur qualité. Bach lui-même n'a-t-il d'ailleurs pas souvent donné l'exemple, que ce soit pour Vivaldi ou pour certaines de ses propres œuvres ?

 

 

J.S. BACH : Troisième partie du Clavier Übung. Œuvres d'orgue vol. 4. Bärenreiter Urtext : BA5264.

Cette nouvelle édition est une mise à jour du volume correspondant de la « New Bach Edition » présentée par Manfred Tessmer en 1969. Ce volume contient une importante préface de Christoph Wolff qui non seulement décrit la genèse de l'œuvre mais apporte une mise à jour des sources. Une attention particulière a été apportée aussi aux « tournes » dans cette nouvelle édition. On notera également la présence, en tête de cette édition, des mélodies utilisées par Bach (kyrie grégorien ou chorals).

Valéry AUBERTIN :Troisième sonate.  Deuxième livre d'orgue. Chanteloup musique : CMP031.

Trois grandes parties dans cette œuvre : I – Chant général. II – Sonate sur le passage de la nuit. III Toccata. La « sonate sur le passage de la nuit se subdivise elle-même en trois parties : 1 – Nuit, 2 – Aube – 3 – Micro sonate subdivisée elle-même en trois micro mouvements.

L'ensemble  est présenté par l'auteur de façon détaillée avec les conseils de registration qui s'impose car l'œuvre repose essentiellement sur les ambiances de couleurs sonores. Il faudra donc, pour lui rendre justice, disposer d'un instrument capable de traduire toutes ces nuances de couleurs exprimées, bien sûr, par la structure rythmique, mais surtout par le chatoiement des divers timbres.

 

 

Archangelo CORELLI : Concerto grosso op. 6 n°8 pour la nuit de Noël.  Transcription pour grand orgue de Georges Bessonnet. Delatour : DLT1736.

Beaucoup d'organistes seront certainement très heureux de pouvoir mettre à leur répertoire cette très agréable transcription de ce célèbre concerto de Corelli. Deux claviers pédalier peuvent suffire. Un troisième clavier de gâchera rien… La transcription joue sur les différents plans sonores existant déjà dans l'œuvre orchestrale mais qui sont ici encore davantage mis en valeur par une régistration subtile. Bien sûr, un instrument baroque rendra au mieux les couleurs de cette œuvre, mais il serait dommage de s'en priver si on dispose d'un autre instrument ! Cette transcription est en tout cas une excellente idée remarquablement réalisée.

Gabriel FAURÉ : Requiem.  Arrangement pour orgue de Christina Harmon. Delatour : DLT2529.

Beaucoup d'organistes n'ont pas attendu cette transcription pour mettre à leur répertoire telle ou telle partie du célèbre Requiem. Mais rendons grâce à Christina Harmon de nous en donner ici une transcription intégrale, tout à fait respectueuse du style de l'œuvre. Bien sûr, il faudra parfois adapter : tout le monde ne dispose pas forcément d'une flûte de 4' au pédalier pour jouer la mélodie de l' « In paradisum », mais les organistes sont habitués à résoudre ce genre de problème… L'ensemble est, en tout cas, tout à fait convaincant et rendra, comme le souhaite l'éditeur, grand service aux organistes liturgiques.

Félix MOREAU : Petite suite liturgique  pour orgue sans pédale. Assez facile. Delatour : DLT2546.

Sans pédale, certes mais avec au moins deux claviers et plutôt trois… L'auteur présente ainsi son œuvre écrite à la demande de ses élèves : « Je me suis efforcé d'écrire pour orgue 7 versets ou interludes brefs, sans pédale et dans le style tonal et atonal ». Si les titres sont classiques et rappellent les recueils de Franck, le style est tout à fait personnel. Ces pièces, qui font entre cinquante secondes et deux minutes, sont effectivement d'usage liturgique. On appréciera tout spécialement la « Monodie », sur le « Christus factus est… », l'un des chefs-d'œuvre du chant grégorien.

Nacho RIBAS TALENS : Pasacalle glosado  pour grand orgue. Chanteloup musique : CMP019.

Cette pièce a été écrite en  2011 par cet organiste et compositeur espagnol pour le tricentenaire de la mort de Juan Bautista Cabanilles. L'œuvre se compose d'un thème et de vingt-quatre variations qui revisitent la structure de la Passacaille. Les indications de registration sont très précises tout en laissant une grande liberté d'interprétation à l'organiste en fonction de l'instrument dont il dispose. Il y faudra de toute façon un instrument riche en timbres. Il faudra également se remettre dans l'oreille la facture si particulière des orgues espagnols…