Mozart à l’orgue

André ISOIR : Mozart à l’orgue. Volume 2. Delatour : DLT0053.

On connait les talents de transcripteur d’André Isoir. Il nous présente ici quatre transcriptions : La marche des deux hommes armés tirée de La Flûte enchantée, l’Adagio et fugue en ut mineur KV 546, l’Andante pour un petit orgue à cylindre KV 616 et l’Adagio et rondo pour glassharmonicaKV 617. Il n’est nul besoin de souligner la qualité de ces transcriptions grâce auxquelles les organistes pourront renouveler leur répertoire pour le plus grand plaisir de leurs auditeurs.

Ave Maria (extrait d’Othello)

Giuseppe VERDI : Ave Maria (extrait d’Othello). Transcription pour orgue de Jean-Paul Imbert. Delatour : DLT2202.

Après Mozart, voici Verdi transcrit avec beaucoup de talent. Il n’est pas forcément besoin d’un « grand » orgue. Deux claviers pédalier suffiront à condition de posséder une Sesquialtera et si possible un trémolo.

Guy MIAILLE : Livre d’Oraisons

pour orgue. Éditions Les Escholiers de Ste Geneviève  (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.),  2013, 25 p. (+ CD encarté : 25’).

Ce recueil fonctionnel groupe 25 Oraisons limitées chacune à une minute et à raison d’une par page. L’objectif de l’auteur vise à accrocher les fidèles et, par un jeu d’orgue, à les inciter à la prière lors du culte. Guy Miaille n’appartient à aucune école ; son esthétique n’est, pour ainsi dire, ni tonale, ni modale, ni dodécaphonique, ni polytonale, et refuse la cadence classique. Il s’écarte délibérément des formules surannées sans tomber dans « un modernisme délirant ». Ce répertoire rendra service aux organistes de tous niveaux ; toutefois son interprétation exige un minimum de soins. Les registrations sont précisées pour un orgue modeste avec simplement un Bourdon 8’ ; pour les instruments plus élaborés, les registres suivants, selon le caractère des Oraisons : Flûte 4’, Cor de chamois (Gemshorn), Quintaton, Nasard, peuvent être pressentis. Les mélodies sont originales, souples et de caractère chantant ; les rythmes, sans concession à une « modernité extravagante » ; les tempi, modérés. À titre d’exemple : l’Oraison 23, sous-titrée « Comme une litanie », fait alterner, à l’orgue, d’abord un premier fragment symbolisant le chant du soliste au lutrin, puis un second correspondant à la réponse des fidèles. Est joint un disque encarté, interprété par le compositeur qui inaugure ainsi un nouveau genre musical et liturgique.

Noëls du monde. Thèmes et variations pour orgue

Paris, Le Chant du Monde (www.chantdumonde.com  ), OR4882, 32 p.

Destiné aux organistes soucieux de varier leur répertoire, ce CD propose 5 pièces avec variations, dans un idiome contemporain, reposant sur des mélodies de toujours et dotées d’une harmonisation originale. Éric Lebrun a dédié à Pascal Ianco la pièce I Wonder as I Wander : Prélude, Thème anglais et 3 Variations dont la dernière, de caractère d’abord dansant, très chromatique, puis  animée, d’une écriture assez pianistique, se termine dans la douceur.

Andrew AGER : Première suite

op. 31. Pour orgue. Delatour : 2137.

Cette œuvre de moyenne difficulté comporte cinq parties qui suivent les mouvements traditionnels de la suite française pour orgue : « Procession », pièce brillante d’ouverture, « Duo », dialogues entre les deux claviers sur les principaux et les mutations, « Flûtes », sur les flûtes de 8’ et 4’, « Basse de trompette », « Musette », qui joue sur les timbres et enfin « Sortie joyeuse » à jouer, selon l’auteur, « avec panache et liberté de tempo ». L’ensemble ne demande pas forcément un instrument très important, mais surtout un orgue riche en timbres.

Robert SCHUMANN : Album d’orgue pour la jeunesse

Pièces extraites de l’opus 68 Album für die Jugendadaptées pour l’orgue sous forme de Méthode progressive par Georges Guillard. Cahier 1. Premier cycle – Début du deuxième cycle. 1 vol. 1 CD. Schola Cantorum : SC 8741. http://www.schola-editions.com/

Nous sommes heureux de rendre compte des nouveautés des éditions de la Schola Cantorum. Georges Guillard nous propose ici un album novateur à bien des égards. Adapter le célèbre Album pour la jeunesse de Schumann à l’orgue pouvait paraître incongru. Et pourtant, le CD montre que ce ne l’était pas tant que cela. En faire une méthode d’orgue n’était pas évident non plus. Et là encore, le pari est gagné. Il ne faudra pas lancer, cependant, les jeunes élèves dans ces pages sans avoir lu avec attention et fait lire aux élèves l’ « Avant-propos à l’intention des professeurs – mais aussi des élèves ». Georges Guillard y publie intégralement les « Conseils aux jeunes musiciens » rédigés par Schumann en 1850 et traduits par Liszt. Or ces conseils devraient être la bible de tout professeur de musique, tous instruments confondus, et de tout élève…

Théodore DUBOIS : L’œuvre d’Orgue

Volume V. Bärenreiter Urtext : BA9208.

Ce cinquième volume comprend les Dix pièces nouvelles de 1921 et la Fantasietta avec variations de 1922, jamais rééditées depuis la première édition. La préface d’Helga Scauerte-Maubouet est tout à fait intéressante. Théodore Dubois est plus connu pour son traité d’harmonie que pour ses œuvres, et c’est bien dommage. Souhaitons que cette édition donne l’occasion aux organistes de remettre en valeur ce répertoire trop oublié.

A. de CABEZÓN : Ausgewählte Werke für Tasteninstrumente

Gerhard DODEDER, Miguel Bernal RIPOLL (éd.) : A. de CABEZÓN : Ausgewählte Werke für Tasteninstrumente. Selected Works for Keyboard. Urtext. Vol. I-IV, Kassel…, Baerenreiter, 2010 :  BA9261, 68 p. (XXVII + 58 p.) ; –BA 9262 : 78 p. (XVII+70 p.) ; BA 9263  : 82 p. (XVII+72 p.) ; BA 9264 : 88 p. (XXVII + 78 p.).

 

La musique d’orgue de la Péninsule ibérique n’a pas encore bénéficié de toute la diffusion qu’elle mérite : elle est pourtant elle est très digne d’intérêt. Son répertoire cultive différentes formes associées à la liturgie et surtout les Tientos (dans différents tons). Grâce à l’heureuse initiative des organistes G. Doderer et M. B. Ripoll et aux Éditions Baerenreiter (Kassel), cette lacune est comblée à l’occasion du 500e anniversaire de la naissance de l’Espagnol Antonio de Cabezón, musicien de chambre à la Cour, né vraisemblablement en 1510  à Castrillo de Matajudios (quartier de Castrojeriz) et mort à Madrid en 1566. Il a été au service de la Maison d’Espagne, puis musicien de la Chambre et de la Chapelle du Roi ; très estimé par Charles Quint.

Daniel MOULT : An Easy Bach Organ Album

Kassel…, Baerenreiter, 2013, BA11212. (XXVII + 78 p.).

En pédagogue averti et expérimenté, dans sa remarquable Anthologie, Daniel Moult regroupe  des œuvres pour orgue de Jean-Sébastien Bach (ou qui lui sont attribuées), avec ou sans pédalier, d’un niveau facile ou intermédiaire, qu’il met ainsi à la disposition des jeunes organistes. Ce répertoire varié est précédé d’excellents conseils relatifs à la technique et à l’interprétation (doigtés, articulations, tempi, registrations pour chaque pièce ;

Andrew AGER : Toccata et Fugue

op.30 n° 1 pour orgue. Delatour : DLT2136.

On écoutera avec beaucoup de plaisir cette pièce sur le site de l’éditeur. La toccata, très brillante, fait penser parfois à Jehan Alain, mais c’est un avis tout personnel. Quoi qu’il en soit, on est emporté et charmé par ce flot de musique qui demande quand même un instrument qui ait du « coffre ».

L’œuvre pour orgue

Mel BONIS : L’œuvre pour orgue, volumes 1 et 2. Edition de Georges Lartigau. Armiane : EAL 443.

Il faut remercier les éditions Armiane de participer à la renaissance éditoriale des œuvres de Mélanie Bonis (1858 – 1937).  Nous ne pouvons que conseiller de découvrir cette compositrice remarquable, élève entre autres de César Franck et condisciple de Debussy et Pierné, sur le site de l’Association qui lui est consacrée http://www.mel-bonis.com/  Sa vocation fut maintes fois contrariée. Elle n’en laisse pas moins une œuvre importante et encore trop peu connue. L’intégrale de l’œuvre pour orgue nous est ici présentée par Georges Lartigot et Christine Géliot, arrière-petite-fille de Mel Bonis. Il faut absolument faire connaître ce répertoire plein de fort belles pages.

 Possession

Frédéric LEDROIT : Possession Op. 49. Pour piano et grand orgue. Delatour : DLT2127.

Voici un assemblage inhabituel mais qui pourtant se développe. L’auteur, organiste, collabore depuis plusieurs années avec le pianiste Jean-Pierre Ferey pour promouvoir ce répertoire jusqu’à présent assez limité. Possession est sa troisième œuvre pour cette formation. Sous forme de dyptique, elle commence par un mouvement « Plaintif, libre et inspiré » et se termine par un mouvement « implacable ». L’ensemble dure 11 minutes. L’auteur joue bien entendu à la fois sur les oppositions et les complémentarités de timbre entre les deux instruments. Il n’y a plus qu’à guetter les concerts de ces deux interprètes…

 

Orgelmusik zu Lob und Dank. Praise and Thanks for Organ

volume II. Kassel, Baerenreiter (www.baerenreiter.com ), BA 8497, 2013, 85 p.

Éditée par Andreas Rockstroh, cette sélection d’œuvres est regroupée autour du titre : Louange et Reconnaissance. Elle met à la disposition des interprètes vingt pièces correspondant aux formes traditionnelles : Prélude, Prélude ou Postlude, Prélude de choral,  Fantaisie… Composées par des organistes, cantors et professeurs généralement inconnus du grand public : J. G. Schneider (1789-1864), Gustav Rebling (1821-1902), Robert Radecke (1830-1911),

Christophe MARCHAND : Six études

pour orgue. Delatour : DLT 2154.

Ces six études sont précédée d’une longue préface très intéressante où l’auteur expose comment sa musique s’inscrit dans la grande tradition organistique et dans la continuité avec le passé même s’il s’agit d’œuvres résolument contemporaines. Ajoutons qu’il est possible d’écouter intégralement ces six études sur le site de l’éditeur en inscrivant tout simplement la référence de la partition sur le site. On ne peut que saluer cette initiative qui permettra à chacun de tester « in vivo » son appétence pour ces œuvres.

 

 Orchésographie

Christophe MARCHAND : Orchésographie. Cinq danses pour orgue. Delatour : DLT 2155.

Si nous n’avons pas le plaisir d’entendre, comme pour les pièces précédentes, un enregistrement du recueil sur le site de l’éditeur, nous bénéficions également d’une préface copieuse et particulièrement intéressante. Ces pièces sans pédales sont destinées en priorité à un orgue ancien, même à un seul clavier, ou en ayant le charme. Elles n’en sont pas moins authentiquement d’aujourd’hui.

 Prière

Louis GANNE : Prière pour grand orgue. Réalisation Jean-Louis Couturier. Edition commémorative pour le 150ème anniversaire de la naissance de Louis Ganne. Sempre più : SP0047.

 

On n’attend pas l’auteur des Saltimbanques ou de la Marche Lorraine dans des pièces pour grand orgue…

 Sur l’autre rive

Frédéric LEDROIT : Sur l’autre rive opus 54. Pour orgue. Delatour : DLT2128.

 

Composées sur un coup de colère après une altercation avec un paroissien qui lui reprochait de « l’empêcher de prier », ces six prières sont à la fois l’expression de l’abattement et de la rage de leur auteur qui s’est souvenu de l’Apocalypse : « tu n’étais ni chaude ni froide, tu étais tiède et pour cela je te vomirai de ma bouche ». Ajoutons qu’une aventure semblable est arrivée il y a bien longtemps à Olivier Messiaen à la Trinité. Et le curé de l’époque, qui appréciait beaucoup son organiste-compositeur avait dû servir de tampon… Surtout, on a le plaisir, sur le site de l’éditeur, de voir et d’entendre Frédéric Ledroit interpréter lui-même ces six magnifiques prières sur son bel instrument…

 

 

 

Michel CORRETTE : XII Offertoires

Édités par Yves Jaffrès. Symétrie. Lyon.

Il semble bien que ce recueil inédit et retrouvé par hasard dans des circonstances qu’on lira dans la préface soit le dernier ouvrage de Corrette qui nous manquait. Rien qu’à ce titre, c’est déjà un évènement. On découvrira donc avec beaucoup de plaisir ces pièces d’un genre spécifique et qui se veut en lien avec la liturgie du jour. Toutes les explications en sont données de façon très précise dans la très copieuse introduction d’Yves Jaffrès qui ouvre ce recueil. Ce sera un grand plaisir pour les organistes et leurs auditeurs de découvrir ces pièces de Corrette qu’on croyait perdues.

 

WAGNER : Pilgerchor – Chœur des Pélerins

pour orgue par Frantz Liszt. Schott : ED 21321.

Il est vrai que Liszt apporta au jeu de l’orgue des éléments spécifiques qui en font un véritable instrument de concert et un orchestre à lui tout seul. C’est bien sûr ce qui ressort de cette transcription que les organistes auront beaucoup de plaisir à jouer même si, à certains moments elle est tout sauf facile ! Bien sûr, il y faudra un instrument riche en couleurs et en timbres.

Pierre-Richard DESHAYS : Petite suite française

pour orgue. Elémentaire. Lafitan : P.L.2596.

Rien de plus français que cette Petite Suite où on est prié d’inégaliser les croches, au moins dans les pièces où cela s’impose comme l’Ouverture et le Rigaudon. Suivent Gigue, Sicilienne et Fermeture, aussi pimpants que non dénués d’une pointe d’humour. Ce sera l’occasion de faire découvrir aux jeunes organistes le style français classique pour ceux qui ne l’aurait pas encore abordé. Chaque petit tableau peut être l’occasion de beaucoup de découvertes.

 Quasi una fantasia

Franck VILLARD : Quasi una fantasia. Symétrie. 30, rue Jean-Baptiste Say

 

69001 LYON. http://symetrie.com/fr

 

Saluons d’abord cette maison d’édition et de diffusion dont on aura tout intérêt à consulter le catalogue riche et varié.

 

Voici un titre qui ne manque pas de résonnances… mais sans rapport avec une certaine sonate sinon la liberté de ton, de couleur. L’auteur nous précise que la pièce doit être exécutée « avec fougue, emportement et parfois avec un certain sens dramatique ». La pièce est dédiée à Denis Comtet, titulaire des grandes orgues de Saint François Xavier (Paris) qui en a assuré la création. Riche autant par ses rythmes que par ses harmonies, cette pièce essentiellement modale foisonne de trouvailles qu’il faut découvrir.

 

 

 

Daniel ROTH : Christus factus

est pour orgue. Compositeurs Alsaciens vol. 28. Delatour : DLT2117.

Ecrite pour un orgue romantique comportant deux claviers, dont un récit expressif, et pédalier, cette Fantaisie sur le Graduel de la Messe du Jeudi Saint in memoriam Albert Schweitzer est une véritable méditation qui suit de très près l’admirable pièce grégorienne. C’est une œuvre à découvrir absolument, à méditer et à faire partager…