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Catégorie : Orgue

Ce triptyque a été composé et joué en première audition à la cathédrale de Dijon en 2010 pour le tricentenaire de la naissance du célèbre facteur d’orgues devenu bourguignon, Karl-Joseph RIEPP, né en 1710 à Eldern, village souabe dépendant de l’abbaye d’Ottobeuren et mort à Dijon en 1775. Il a réalisé dans la cathédrale Saint Bénigne de Dijon son plus grand instrument. Celui-ci a récemment été reconstruit par le facteur Gerhard Schmid dans l’esprit du XVIII° siècle et le respect de la tuyauterie d’origine ainsi que des ajouts des facteurs précédents lorsqu’ils avaient été positifs. C’est pour cet instrument qu’Yves Cuénot a écrit cette œuvre qui fait appel à toutes les possibilités de l’instrument. Il ne faudra donc pas se risquer à l’interpréter sur un orgue trop limité. Rappelons que l’orgue de Dijon possède quatre claviers et 73 jeux… L’auteur présente lui-même son œuvre ainsi : « Ainsi ce triptyque, écrit sur les 5 notes du nom de « RIEPP », aura été largement inspiré par l’instrument actuel et toutes

ses ressources colorantes.

Le prélude, qui expose le thème fortissimo, fait entendre un court passage fugué (Fonds calmes) laissant place à un développement rythmique (Mutations et Anches étroites) puis une réexposition finale en augmentation (Grand Plenum). L’Aria se présente comme un récitatif rythmique en écho (Cornets) puis mélodique (Anche soliste) contrasté par une sicilienne lente sur la Voix Céleste. Le final est un long développement répétitif et marcato sur un ostinato de Fonds et Anches/Récit qui s’achève par une puissante réexposition fortissimo à la Pédale, en decrescendo. La dernière séquence de ce mouvement reprend une fonction litanique agitée, rythmique et crescendo esquissant aux mesures 50, 52, 54 puis 56 un air bien connu du folklore vineux bourguignon. Le Tutti de l’instrument fait entendre puissamment la dernière évocation de « R-I-E-P-P ». Nous ne préciserons pas l’air bourguignon auquel fait allusion Yves Cuénot…
Daniel Blackstone
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