Gabriel FAURÉ : Masques et Bergamasques. Suite d’orchestre op. 112. Bärenreiter Urtext : BA 7894.

C’est en 1918, alors qu’il était âgé de 73 ans, que Fauré reçut du Prince Albert Premier de Monaco la commande d’une œuvre évoquant l’atmosphère de la « commedia dell’arte ». Reprenant et retravaillant des pièces écrites précédemment pour le piano, Fauré assemble le tout avec une Pastorale écrite pour la circonstance. L’ensemble, bien connu, constitue une œuvre légère et pleine de cet esprit français qui ne quitta jamais Fauré jusqu’à son dernier jour. Reprise, comme la précédente, de l’édition des œuvres complètes, elle en possède les mêmes qualités de clarté et de lisibilité, ainsi que de sérieux dans l’établissement du texte.
 

Gabriel FAURÉ : Pelléas et Mélisande Suite d’orchestre op. 80. Bärenreiter Urtext : BA 7895.

C’est en 1901 que Fauré tire de la musique de scène écrite en 1898 une suite orchestrale en trois mouvements qui deviendra une suite en quatre mouvements en 1912 avec l’introduction de la célèbre Sicilienne comme troisième mouvement. L’édition a été faite sur celle des œuvres complètes de Gabriel Fauré parue en 2016. Bien sûr, les parties séparées d’orchestre sont également disponibles. On connait par ailleurs les qualités de clarté et de lisibilité de ces éditions.

Camille SAINT-SAËNS : 3ème Symphonie en ut mineur Op. 78. Bärenreiter : BA 7896.

C’est avec un très grand plaisir que nous retrouvons aux éditions Bärenreiter cette œuvre majeure de Camille Saint-Saëns. Cette monumentale symphonie avec orgue fut écrite pendant les années 1885-86 et donnée en première audition à Londres le 19 mai 1886. Ce n’est qu’en 1887 qu’elle est donnée à Paris. Où ? Peut-être au Trocadéro, seule salle parisienne comportant un orgue digne de ce nom et où elle sera donnée de nombreuses fois, ainsi qu’au Palais de Chaillot. Souhaitons qu’elle retrouve sa place dans les différentes salles parisiennes enfin dotées d’orgues conséquents, ce qui ne fut pas le cas pendant plusieurs décennies… Nous nous réjouissons également que cette publication trouve place dans un projet de publication des œuvres instrumentales complètes de Camille Saint-Saëns. Cette première édition critique de cette symphonie a pour mérite d’avoir corrigé de nombreuses erreurs et incohérences qui se trouvaient dans les éditions précédentes. Comme il s’agit d’une œuvre française, on a le plaisir de trouver une préface en français traduite par Louis Delpech de l’original allemand de Michael Stegemann.

François DEVIENNE : Les comédiens ambulants. Opéra-comique en deux actes sur un livret de Louis-Benoît Picard. Ouverture. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0601-4

Cet auteur de la fin du XVIII° siècle, bien connu comme flûtiste et auteur d’un célèbre méthode de flûte, a écrit aussi plusieurs opéras comiques. Les comédiens ambulants date de 1798. Il est reçu diversement par la critique. L’ouverture est traitée comme un mouvement de symphonie et a pour particularité de comprendre, outre l’ensemble des pupitres cordes et bois ainsi qu’un des cors en fa, un quintette de solistes comprenant flûte, hautbois, clarinette, basson et cor. Ce quintette, intervenant parfois en solo, et ne doublant pas les autres pupitres, donne à l’orchestration un caractère très original et très spécifique. Cette ouverture variée méritait d’être de nouveau éditée et sera, espérons-le jouée dans la mesure où elle constitue aussi un précieux et fort intéressant témoignage de l’écriture orchestrale en cette période qui achève la révolution française.

Joseph SUK : Méditation sur le vieil hymne tchèque « Saint Wenceslas » op. 35a pour orchestre à cordes. Bärenreiter : conducteur BA9584. Version pour quatuor à cordes : partition de poche : TP 583, parties séparées : 9583.

 

L’histoire de cette œuvre est particulièrement intéressante : Joseph Suk est en 1914 second violon dans le « Bohemian string quartet » qui est obligé, au commencement de chaque prestation, de jouer l’hymne national autrichien. Suk décide alors de faire suivre cet hymne obligatoire par une œuvre inspirée de l’ancien hymne sacré de Bohème : « Saint Wenceslas ». Le message est immédiatement compris par les auditeurs… Appelée Méditation, cette œuvre est jouée pour la première fois le 27 septembre 1914. La version pour orchestre à cordes est jouée dès le 22 novembre par l’orchestre philharmonique

Frédéric LEDROIT : 3ème Méditation sur la Passion du Christ. Opus 55d pour quatuor à cordes. Difficile. Delatour : DLT1218.

Reprenant trois épisodes de la passion selon Saint Jean, l’auteur nous entraine dans une méditation d’abord sur le reniement de Pierre, puis sur la marche de Jésus, déjà dans sa gloire malgré ses persécuteurs. Enfin, la troisième partie se situe devant Pilate. Après un puissant crescendo représentant la déclaration du Christ, l’œuvre s’achève en point d’interrogation sur la question de Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? » Cette pièce, chargée de beaucoup d’émotion s’écoute à la fois comme une méditation et une prière. On en trouvera un très bel enregistrement sur le site de l’éditeur et sur YouTube.

 

Immobilité sérieuse I

Sophie LACAZE : Immobilité sérieuse I pour piano et orchestre à cordes. Delatour : DLT2654.

« Immobilité sérieuse I », écrite en 2013, est la première d'une série de pièces pour instrument solo et orchestre à cordes de Sophie Lacaze. Hommage à Erik Satie, « Immobilité sérieuse I » est basée sur un motif tiré des « Vexations » que Satie avait composées pour le piano, et qui avaient été créées à New York par John Cage et plusieurs de ses amis pianistes le jour de la naissance de la compositrice.

« Pour se jouer 840 fois de suite ce motif, il sera bon de se préparer au préalable, et dans le plus grand silence, par des immobilités sérieuses », Erik Satie. »

Que dire de plus que cette présentation, sinon que la pièce est d'une écriture résolument contemporaine. En exergue de cette première « immobilité », Sophie Lacaze nous livre cette constatation de Satie : « Ici il fait très chaud. Je comprends maintenant pourquoi Diogène avait un tonneau. Il le remplissait d'eau & se mettait froidement dedans. »

 

 

Résonances nocturnes

Gérard HILPIPRE : Résonances nocturnes. Trois esquisses pour orchestre à cordes. Difficile. Delatour : DLT2548.

Ecrites dans un langage atonal, ces esquisses s'opposent par leur caractère. Un « Vivacissimo impalpabile » est encadré par un « Lento, misterioso » et un « Molto tranquillo ». Tout se trouve dans la recherche des couleurs et une atmosphère mystérieuse traversée de fulgurances. Très courtes, elles ont aussi un objet pédagogique puis qu'elles ont été composées pour un orchestre d'élèves de Conservatoire. Elles peuvent ainsi constituer une excellente initiation à la musique contemporaine.

Fragments de l'Apocalypse

Gérard HILPIPRE : Fragments de l'Apocalypse pour grand orchestre d'instruments à vent. Difficile. Delatour : conducteur DLT2549 – matériel DLT2549E.Il s'agit d'une œuvre à grand effectif car aux instruments à vent, bois et cuivres, s'ajoutent quatre percussionnistes et un piano. Notons que le conducteur est écrit entièrement en sons réels à l'octave réelle sauf les piccolos et le glockenspiel. Bien qu'elle ne dure qu'à peine un quart d'heure, il s'agit donc d'une œuvre monumentale. L'auteur veut donner aux visions grandioses de l'Apocalypse (rappelons qu'il ne s'agit pas de catastrophes mais de visions qu'on pourrait appeler oniriques en particulier de la Jérusalem céleste) une dimension sonore aussi colorée que possible. L'ensemble est le plus souvent coloré, lyrique et méditatif, jouant sur les longues tenues et les couleurs qui en résultent. Ce n'est pas un hasard si on pense souvent à Olivier Messiaen, à qui l'œuvre est dédiée.

 

Bosphore pour 2 bassons

Alexandre OUZOUNOFF : Bosphore pour 2 bassons, orchestre à cordes et percussion. Difficile. Delatour : DLT2619.Même s'il ne s'agit pas d'un concerto, le basson, sous une forme double pour ne pas dire doublée est tout spécialement mis en valeur dans cette œuvre qui permet ainsi à cet instrument de lutter à forces égales non seulement avec l'orchestre à cordes mais même avec les percussions, très présentes dans l'œuvre. L'ensemble évoque, de façon lyrique et passionnée ce Bosphore, lieu de passage mais surtout d'affrontements.

Bernard COL : Rendez-vous aux Tuileries

pour orchestre à cordes de 2ème cycle. Delatour : DLT2666.

Précisons que la pièce est écrite pour trois parties de violon, alto, violoncelle et contrebasse. Si « l'esprit de la pièce est néo-classique » et que « les formules rythmiques et mélodiques sont celles des divertissements du XVIII° siècle », il ne s'agit en rien d'un pastiche : l'harmonie, elle, tout en restant relativement simple, est bien plus celle du XX° siècle ! On ne s'en plaindra pas : l'ensemble est tout à fait convaincant et permettra aux élèves par le côté pédagogique de son écriture, de s'initier à un véritable travail d'orchestre. La mélodie passe successivement à tous les pupitres. Cela devrait favoriser un véritable travail d'écoute mutuelle.

Romain DUMAS : Concertino  pour violon et orchestre à cordes. Niveau élémentaire. Lafitan : P.L.2911.

Saluons tout particulièrement cette œuvre écrite pour orchestre d'élèves, qui a obtenu le Premier Prix – bien mérité – du  concours de composition de l'orchestre symphonique du Loiret. Trois mouvements se succèdent, d'une écriture à la fois très personnelle et très classique.

Gabriel FAURÉ : Pavane  pour orchestre op. 50, édité par Robin Tait. Urtext. Bärenreiter : BA 7887.

On est heureux de découvrir cette très belle édition de la version pour orchestre seul de la célèbre Pavane de Gabriel Fauré. On lira avec beaucoup d'intérêt la préface de Robin Tait, traduite par Nicolas Southon, qui retrace tout l'historique des deux versions de la Pavane. Même si la version orchestrale est la première, celle avec chœurs sur un texte de  Robert de Montesquiou ne la suit que de quelques semaines. Signalons que le matériel d'orchestre est également disponible à la vente.

 

David LAMPEL : 5 pièces  pour orchestre. Moyen. Delatour : DLT2439.

Transcription des cinq pièces pour piano à quatre mains recensées dans la lettre n° 70 de mai 2013, cette version orchestrale fait appel à un ensemble symphonique important (au moins cinquante musiciens) mais de niveau moyen. Elles sont écrites dans un style néo-classique et mettent en valeur pupitres et solistes.

 

Claude DEBUSSY : La Mer. Trois esquisses symphoniques

Claude DEBUSSY : La Mer. Trois esquisses symphoniques. Edité par Douglass Woodfull-Harris. Esition de « poche ». Bärenreiter Urtext : TP 780. Conducteur (BA 7880) et matériel d'orchestre sont également disponibles à la vente.

 

Que dire de cette excellente édition sinon qu'elle tient compte de toutes les recherches faites jusqu'à ce jour.

BEETHOVEN : Concerto n° 3

en do mineur pour piano et orchestre op. 37. Urtext. Bärenreiter : Conducteur BA9023, Réduction pour deux pianos : BA9023-90, Commentaire critique : BA 9023-40.

Après les premier et deuxième concertos recensés précédemment, voici donc le troisième qui bénéficie des mêmes soins éditoriaux que les deux précédents. Le conducteur est particulièrement lisible et agréable, ainsi que la réduction pour deux pianos, réalisée par Martin Schelhaas qui a le mérite d’être,

Claude DEBUSSY : La Mer.

Trois esquisses symphoniques. Edité par Douglas Woodfull-Harris. Urtext. Bärenreiter : BA 7880.

L’intérêt de cette édition est d’intégrer de nouvelles sources aux sources déjà nombreuses prises en compte par les éditions précédentes.

Francis COITEUX : Mon ami piano.

Concertino pour piano et orchestre symphonique. Delatour : DLT1921.

De difficulté moyenne, cette partition met en œuvre un véritable orchestre symphonique au complet.

Dynam-Victor FUMET : Le Mystère de la Terre pour orchestre symphonique.

Delatour : DLT2198.

Rappelons simplement que D.-V. Fumet (1867-1949) fut un remarquable organiste, en même temps qu’un musicien et compositeur à la vie mouvementée.

Raphaël FUMET : Symphonie de l’âme –

SymphonialisAnimapour orchestre symphonique. Delatour : DLT2199.

Fils du précédent, Raphaël Fumet (1898 – 1979) fut un compositeur tout à fait attachant loin des querelles de chapelle

Francis COITEUX : Le castel animé pour orchestre d’harmonie

Delatour : DLT1966.

De difficulté moyenne, cette œuvre autobiographique relève de l’atmosphère du dessin animé.

Wolfgang Amadeus MOZART : Quintette à cordes

en Ré majeur. Manuscrit autographe. Paris, Presses Universitaires de France (www.puf.com), 2013, XXXI, 21 p. (avec CD encarté : TT : 26’ 30).

Cet Album, au format A4 (à l’italienne), doit être feuilleté avec émotion et respect. Accompagné d’un CD, il reproduit à l’identique le manuscrit autographe de Mozart avec le titre en écriture gothique, les indications  de tempi : Larghetto, Dolce, Primo Tempo, Adagio…, de nuances  (crescendo…), de jeu (pizzicato, coll arco) en écriture romaine ; les phrasés (par exemple : liaisons deux par deux, notes piquées ou groupes plus longs…) ; de très rares corrections (au premier violon) précisées en dehors du système. Bref : de précieuses indications pour les interprètes.