Les mystères de Didon ou Purcell révélé

Dans la foulée de la reprise de l'inoubliable production de Didon et Énée, conçue par Deborah Warner, l'Opéra-Comique avait invité William Christie à expliciter sa pensée sur la pièce de Purcell en un concert-conférence.  Entouré de ses musiciens des Arts Florissants et d'une poignée de jeunes chanteurs fort talentueux, le maestro aura, une heure et demi durant, tenté de percer les mystères de Didon et Enée, « un des plus grand monuments » de l'opéra anglais. Une œuvre entourée de mystères, de par les circonstances de sa création, qui ne l'a peut-être pas été dans le pensionnat de

Bernard Haitink achève son cycle Beethoven, Salle Pleyel

Point d'orgue du magnifique cycle Beethoven donné par Bernard Haitink et le Chamber Orchestra of Europe, l'exécution des 1reet 9e Symphoniesrestera le témoignage d'un immense travail d'orchestre, d'une pensée musicale portée à un rare point de décantation.  Le chef néerlandais qui a, depuis des lustres, conquis son statut de sage parmi ses pairs, achève avec ses jeunes musiciens un ouvrage d'une étonnante spontanéité. Parvenu à ce stade enviable de la carrière, celui de la contemplation des chefs-d'œuvre, Haitink trouve encore, non seulement à dire, mais à faire découvrir ce qui, dans la

Matthias Goerne interprète Der Winterreise : un moment d'exception

Matthias Goerne interprète Der Winterreise : un moment d'exception

 

On pense au vers « Ô temps ! Suspends ton vol » à l'écoute de l'exécution du Voyage d'hiver par le tandem Matthias Goerne-Christoph Eschenbach, tant elle tient en haleine. Ce cycle, Schubert l'a voulu intensément tragique, lui qui traversait, en cette année 1827, une grave crise morale, qui fera dire à Mayrhofer « la couleur rose s'était effacée de sa vie, l'hiver avait commencé pour lui ». I l retrouve la poésie de Wilhelm Müller, qui lui avait déjà donné La Belle Meunière, et sa thématique de l'errance, de la solitude et de l'idée de mort.  Mais tout ici prend une dimension plus inexorable, sans

Formidable Tristan… sans Isolde, au Théâtre des Champs-Élysées.

Formidable Tristan… sans Isolde, au Théâtre des Champs-Élysées.  Opéra de Richard Wagner, en trois actes (1865).  Orchestre symphonique de Birmingham, Chœur Accentus, dir. Andris Nelsons.  Lioba Braun, Stephen Gould, Matthew Best, Brett Polegato, Christianne Stotijn, Ben Johnson, Benedict Nelson.

Un exceptionnel Tristan par la seule présence de Stephen Gould, mais une Isolde (Lioba Braun) perdue sous les élans furieux de l’orchestre, mené avec une fougue parfois excessive, par le jeune et prometteur chef letton, Andris Nelsons.  Opéra de l’incomplétude harmonique et amoureuse, opéra du désir, de l’émotion et de la passion, opéra de la temporalité qui s’efface, opéra du pessimisme schopenhauerien, dans lequel seule la mort permet de résoudre la terrifiante diérèse entre Volonté et Représentation, de multiples facettes et une magie qui expliquent, sans doute, l’irrésistible attrai

Parsifal au Théâtre des Champs-Élysées : Daniele Gatti, inspiré.

Parsifal au Théâtre des Champs-Élysées : Daniele Gatti, inspiré.  Opéra en trois actes (1882) de Richard Wagner.  Orchestre national de France, Chœur de Radio France, Maîtrise de Radio France, dir. Daniele Gatti.  Christopher Ventris, Mihoko Fujimura, Kurt Rydl, Lucio Gallo, Detlef Roth, Andreas Hörl.

Daniele Gatti, inspiré, dirigeant sans partition ce « festival scénique sacré » sous le regard attentif du Parsifal de Maurice Denis, levant haut le Graal, perché sur la coupole du TCE.  Dernier opéra du maître de Bayreuth, œuvre complexe et mystérieuse ayant donné lieu à de multiples interprétations, néo-christique, maçonnique, ésotérique… Un opéra tout entier dominé par la quête de la Rédemption (« Wagner ou la quête de la Rédemption » : L’éducation musicale n°547-548, www.leducation-musicale.com) dont il constitue l’ultime aboutissement. Opéra initiatique assurément, opéra de la

Une Tosca pleine de passion  au Théâtre des Champs-Élysées.

Une Tosca pleine de passion  au Théâtre des Champs-Élysées.  

Tosca.  Opéra en trois actes (1900) de Giacomo Puccini, sur un livret de Luigi Illica & Giuseppe Giacosa, d’après la pièce de Victorien Sardou.  Orchestre et Chœur du Teatro Regio de Turin, Maîtrise de Radio France, dir. Gianandrea Noseda.  Svetla Vassileva, Riccardo Massi, Lado Ataneli, Francesco Palmieri, Matteo Peirone, Luca Casalin, Federico Longhi, Marco Sportelli, Esther Zaglia.  Version de concert.

Il est des concerts qui resteront gravés au fond de notre mémoire, la Tosca, représentée, ici, en version de concert, en fera indiscutablement partie, par la subtile alchimie des notes et des mots, et par

Max Emanuel Cencic, éblouissant Farnace, au Théâtre des Champs-Élysées.

Max Emanuel Cencic, éblouissant Farnace, au Théâtre des Champs-Élysées.

Antonio VIVALDI : Farnace.  Dramma per musica en trois actes (version Ferrare 1738).  Livret d’Antonio Maria Lucchini.  I Barocchisti, dir. Andrea Marchiol.  Max Emanuel Cencic, Ruxandra Donose, Blandine Staskiewicz, Daniel Behle, Mary-Ellen Nesi, Hilke Andersen, Emiliano Gonzalez-Toro.

Version de concert « live » du Farnace de Vivaldi (1678-1741), enregistré il y a quelques mois sous le label Virgin Classics par les mêmes acteurs, à quelques différences près, puisqu’ici,

Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg font un triomphe au Royal Opera

Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg font un triomphe au Royal Opera

Richard WAGNER : Die Meistersinger von Nürnberg.  Drame musical en trois actes. Libretto du compositeur.  Wolfgang Koch, John Tomlinson, Simon O'Neill, Peter Coleman-Wright, Toby Spence, Peter Maxwell, Barbara Haveman-Emma Bell, Heather Shipp, Colin Judson, Nicholas Folwell, Jihoon Kim, Martyn Hill, Pablo Bemsch, Andrew Rees, Jeremy White, Richard Wiegold, Robert Lloyd.  Royal Opera Chorus. Orchestra of the Royal Opera House, dir. Sir Antonio Pappano.  Mise en scène : Graham Vick.

 

Quel plaisir de revoir cette production du Royal Opera des Maîtres-Chanteurs.  Certes, elle n'est pas neuve, puisque datant de 1993, mais elle garde tout son prestige.  La mise en scène de

Une première : Amadis de Gaule à l'Opéra-Comique

Une première : Amadis de Gaule à l'Opéra-Comique

Jean-Chrétien BACH : Amadis de Gaule.  Tragédie lyrique en trois actes.  Livret d'Alphonse de Vismes, d'après Philippe Quinault.  Philippe Do, Hélène Guilmette, Allyson McHardy, Franco Pomponi, Julie Fuchs, Alix Le Saux, Peter Matincic.  Compagnie Les Cavatines.  Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Le Cercle de l'Harmonie, dir. Jérémie Rhorer.  Mise en scène : Marcel Bozonnet. 

 

 

 

Jean-Chrétien Bach se vit commander, par l'Académie de Musique, un opéra sur le sujet d'Amadis de Gaule, déjà immortalisé par Lully sur un livret de Quinault, en 1684. Mais aussi par Haendel dans

À La Péniche Opéra : Rita ou le mari battu

À La Péniche Opéra : Rita ou le mari battu

 

 

 

 Gaetano DONIZETTI : Rita ou le mari battu.  Opéra-comique en un acte. Livret de Gustave Vaëz.  Vincent BOUCHOT : Elle est pas belle la vie ? Demi-opéra. Livret du compositeur, d'après les Nouvelles brèves de Jean-Marie Gourio (Commande La Péniche Opéra, création).  Amira Selim, Christophe Crapez, Paul-Alexandre Dubois. Caroline Dubost, piano.

 

Dans ce nouveau spectacle de La Péniche Opéra, on a voulu faire se rencontrer deux époques. L'opéra-comique de Donizetti tend la main à notre époque, à travers un « demi-opéra » de

  Une Botte secrète bien décochée à l'Athénée

Une Botte secrète bien décochée à l'Athénée

Claude TERRASSE : La Botte secrète.  Opéra bouffe en un acte. Livret de Franc-Nohain.  Compagnie Les Brigands, dir. Christophe Grapperon.  Mise en scène : Pierre Guillois.

Contemporain de Henri Christiné et de Reynaldo Hahn, Claude Terrasse (1867-1923) appartient à ces maîtres qui ont fait jubiler l'opérette française dans le dernier quart du XIXe siècle.  Il doit sa célébrité à une première collaboration avec Alfred Jarry dont il écrit la musique de scène pour Ubu Roi (1896), ce qui l'installe à l'avant-garde du renouveau d'un genre qui n'en finissait pas de regretter

Prodaná nevesta - Die verkaufte Braut.

Bedrich SMETANA : Prodaná nevesta - Die verkaufte Braut.  Chant & piano dans l’arrangement du compositeur.  Bärenreiter Urtext : BA9534-90.

Conducteur et matériel d’orchestre en location.

C’est à l’âge de trente-huit ans que Smetana se consacra à cette œuvre sur un livret du poète et journaliste Karel Sabina.  Écrit entre 1863 et 1865, joué pour la première fois le 30 mai 1866, l’opéra fut remanié jusqu’en 1870, et c’est à ce moment que Smetana réalisa lui-même la version chant & piano ici reproduite.  L’œuvre est publiée en tchèque et en allemand.  On lira avec beaucoup d’intérêt la préface très documentée de Maria Ottlová.

L’Étoile.

Emmanuel CHABRIER : L’Étoile.  Opéra bouffe en trois actes. Partition chant & piano. Bärenreiter : BA8708-90.

Le conducteur est en vente sous le n° 8708, le matériel d’orchestre est en location.

C’est toujours un plaisir de découvrir les œuvres présentées dans la collection « L’Opéra français » de Karl-Heinz Müller.  La réduction de piano a été refaite par l’éditeur sur la base de la partition orchestrale.  Elle diffère beaucoup de celle imprimée jadis chez Enoch.  La partition piano-chant contient l’intégralité du livret ainsi qu’une préface rappelant l’histoire de l’œuvre et un résumé de l’argument acte par acte.  Cette édition comporte également une adaptation allemande (chant et livret) qui pourra contribuer à une meilleure connaissance de cette œuvre outre-Rhin. En tout cas, félicitons Bärenreiter Urtext pour cette remarquable réalisation.

 

Cendrillon.

Jules MASSENET : Cendrillon.  Conte de fées en quatre actes et six tableaux.  Livret de Henri Cain, d'après Charles Perrault.  Anne-Catherine Gillet, Frédéric Antoun, Nora Gubisch, Eglise Gutiérrez, Ilse Eerens, Angélique Noldus, Lionel Lhote, Yves Saelens, Quirijn de Lang, Donal Byrne, Patrick Bolleire.  Orchestre symphonique et chœurs de La Monnaie, dir. Alain Altinoglu.  Mise en scène : Laurent Pelly.

On franchit avec Massenet un large pas dans le temps. Peut-être pas dans le sens attendu. Car le retour à Perrault est net. Mais comme le conte n'est pas assez riche pour en faire une intrigue d'opéra, Massenet et son librettiste l'ont corsé de plusieurs touches nouvelles puisées, entre autres, chez les frères Grimm.  Ainsi, étoffent-il le père, Pandolfe, qui se voit assigner une rôle essentiel, à la fois souffre-douleur de sa mégère de femme, mais aussi confident de sa fille, le meilleur ami de celle-ci.  Surtout, ils renforcent la partie de la Fée, la bonne marraine de Lucette-Cucendron.  Fin dramaturge, à l'égal d'un Verdi, Massenet peint ses caractères avec lucidité, leurs émotions, leurs passions pudiques, la douceur de l'amour naissant entre

La Cenerentola.

Gioacchino ROSSINI : La Cenerentola.  Dramma giocoso en deux actes. Livret de Jacopo Ferretti.  Karine Deshayes, Javier Camarena, Carlos Chausson, Riccardo Novaro, Alex Esposito, Jeannette Fischer, Anna Wall.  Orchestre et chœur de l'Opéra national de Paris, dir. Bruno Campanella.  Mise en scène : Jean-Pierre Ponnelle (réalisation : Grischa Asagaroff).

Aussi incroyable que ce soit, la mise en scène de La Cenerentola conçue par Jean-Pierre Ponnelle, n'avait jamais atteint Paris. C'est enfin chose faite à l'Opéra Garnier ! Créée (avec Claudio Abbado) dans les années 1970, elle devait tourner dans bien des grandes maisons à travers le monde.  Il s'agit de sa deuxième mise en scène d'un opéra de Rossini.  Ponnelle était fasciné par ce maître dont les schémas clairs et bien ficelés et la musique combien divertissante dictaient sa manière.  Cette dernière surtout, tant le mouvement est insufflé aux ensembles comme aux dialogues avec une totale rectitude.  Les récitatifs encore, « aussi importants que les parties chantées » dira-t-il.  À l'origine décorateur, Ponnelle allait venir à la mise en scène par

Une Flûte enchantée « high tech » au Théâtre des Champs-Élysées.

Une Flûte enchantée « high tech » au Théâtre des Champs-Élysées.  Singspiel de Wolfgang Amadeus Mozart en deux actes, sur un livret d’Emanuel Schikaneder.  Ensemble Matheus, Chœur du Théâtre des Champs-Élysées, Maîtrise de Radio France, dir. Jean-Christophe Spinosi.  Topi Lehtipuu, Sandrine Piau, Markus Werba, Emmanuelle De Negri, Jeannette Vecchione, Ain Anger, Steven Cole, Robert Gleadow, Claire Debono, Juliette Mars, Élodie Méchain.  Mise en scène : William Kentridge.

 On jouait à guichets fermés, devant une salle comble, pour ce premier opéra en version scénique de la saison, après les travaux de rénovation du TCE (réfection de la fosse d’orchestre, du plateau, de la machinerie et de l’acoustique).  La Flûte

Une allègre Vie Parisienne à l'Opéra de Lyon

Une allègre Vie Parisienne à l'Opéra de Lyon

Jacques OFFENBACH : La Vie Parisienne.  Opéra-bouffe en quatre actes (1873).  Livret de Henry Meilhac & Ludovic Halévy.  Jean-Sébastien Bou, Boris Groppe, Laurent Naouri, Blandine Staskiewicz, Michelle Canniccioni, Sophie Marin-Degor, Guy De Mey, Tansel Akzeybeck, Thomas Morris.  Orchestre & Chœurs de l'Opéra de Lyon, dir. Gérard Korsten.  Mise en scène : Laurent Pelly.

Rarement compositeur aura écrit pareil hymne à la gloire d'une ville, et non des moindres.  Délaissant la mythologie aux fins de scruter le temps présent, ce qui lui avait tant réussi avec La Belle Hélène ou Orphée aux enfers, Offenbach cherche à analyser des thèmes modernes.  La frénésie qui s'est emparée de la capitale française en cette époque faste du Second Empire lui en offre l'occasion.  L'actualité des objets familiers même, car comme le dit Reynaldo Hahn, « la fièvre des êtres se

Cecilia Bartoli, irrésistible Sémélé

Cecilia Bartoli, irrésistible Sémélé

Georg Friedrich HAENDEL : Sémélé.  « Musical drama » en trois actes.  Livret de William Gongreve. Cecilia Bartoli, Charles Workman, Hilary Summers, Christophe Dumaux, Liliana Nikiteanu, Jaël Azzaretti, Brindley Sherratt.  English Voices.  Orchestra La Scintilla an der Oper Zürich, dir. Diego Fasolis.

Afin de se renouveler et de continuer de plaire au public londonien qui se lassait de l'opéra italien, Haendel eut l'idée, dans les années 1730, de se tourner vers un autre genre, « l'oratorio volgare », dans la manière de l'opéra, et chanté en langue anglaise.  Sémélé est créé au King' Theater de Covent Garden en février 1744.  Inspirée de la mythologie païenne, la destinée de la belle Sémélé, une mortelle aimée de Jupiter qui flirte avec l'adultère sous le yeux horrifiés de Junon, ne saurait la

Otello à l'Opernhaus de Zurich

Otello à l'Opernhaus de Zurich

Giuseppe VERDI : Otello.  Drame lyrique en quatre actes.  Livret d’Arrigo Boito.  José Cura, Thomas Hampson, Fiorenza Cedolins, Stefan Pop, Stefania Kaluza, Benjamin Bernheim, Pavel Daniluk, Tomasz Slawiski. Orchester und Chor der Oper Zürich, dir. Daniele Gatti.  Mise en scène : Graham Vick.

Verdi a failli ne pas composer Otello.  Il aura fallu les patients efforts de son éditeur Ricordi pour le convaincre de le mener à bonne fin, et bien du tracas.  Les relations avec Boito, librettiste désigné, et compositeur de son état, n'auront pas toujours été au beau fixe, jusqu'à ce que ce dernier lâche ce qui va décider de tout : « Ce livret est le vôtre par droit de conquête.  Vous seul pouvez mettre un tel sujet en musique ».  Ce ne sera pas « Iago », titre un temps envisagé, mais bien « Otello ».  Car selon

La Force du Destin à l'Opéra Bastille

La Force du Destin à l'Opéra Bastille

Giuseppe VERDI : La Forza del Destino.  Melodramme en quatre actes.  Livret de Francesco Maria Piave.  Marcelo Alvarez, Violetta Urmana, Vladimir Stoyanov, Nadia Krasteva, Kwangchul Youn, Nicola Alaimo, Mario Luperi, Nona Javakhidze, Rodolphe Briand, François Lis.  Orchestre & Chœurs de l'Opéra national de Paris, dir. Philippe Jordan.  Mise en scène : Jean-Claude Auvray.

 La  Force du destin a mauvaise réputation.  On lui reproche son livret à la fois abscons et désordonné.  On fait grief à Verdi d'avoir accepté une histoire invraisemblable, de donner dans le mélange des genres.  Mais c'est peut-être de ce dernier trait que l'opéra tire sa force.  Verdi était avant tout un fin dramaturge et savait comme peu subodorer dans une action, même livrée brut, comment en faire une trame d'opéra.  Le livret de Piave, cet « immense panorama romantique » où se côtoient « le

Zaïs,

Jean-Philippe RAMEAU : Zaïs, ballet héroïque en un prologue & quatre actes, livret de Louis de Cahuzac.  Édition de Graham Sadler.  Société Jean-Philippe Rameau : SJPR-OOR IV-XV. Distr. Bärenreiter.  Conducteur : BA 8856.  Réduction piano & chant par François Saint-Yves : BA 8856a.

 

On reste confondu devant le travail éditorial qui a été ici accompli avec le concours de « Musica Gallica » et du ministère de la Culture. Et réjouissons-nous que Bärenreiter ait pris en charge la diffusion et la distribution mondiale de ce monument.  La partition intégrale contient également les variantes intervenues au cours

Giacomo MEYERBEER : Les Huguenots.  Opéra en cinq actes.  Livret d'Eugène Scribe & Émile Deschamps.  Marlis Petersen, Mireille Delunsch, Yulia Lezhneva, Éric Cutler, Philippe Rouillon, Jean-François Lapointe, Jérôme Varnier, Arnaud Rouillon, Xavier Rouillon, Avi Klemberg, Marcel Labonnette, Frédéric Caton, Olivier Dumait.  Orchestre symphonique & Chœurs de La Monnaie, dir. Marc Minkowski.  Mise en scène : Olivier Py.Le genre du grand opéra français, si prisé au XIXe siècle, voué aux gémonies par le suivant, connaît-il un retour en grâce ? Après La Juive à l'Opéra Bastille, voici que La Monnaie présente Les Huguenots, modèle emblématique de ce qui est démesure, faste sans limite et copieuse durée.  Librement inspiré de Mérimée et de sa Chronique du règne de Charles IX, l'action a pour thème l'exaltation religieuse qui devait conduire au massacre de la Saint-Barthélemy.