Max Emanuel Cencic, éblouissant Farnace, au Théâtre des Champs-Élysées.

Antonio VIVALDI : Farnace.  Dramma per musica en trois actes (version Ferrare 1738).  Livret d’Antonio Maria Lucchini.  I Barocchisti, dir. Andrea Marchiol.  Max Emanuel Cencic, Ruxandra Donose, Blandine Staskiewicz, Daniel Behle, Mary-Ellen Nesi, Hilke Andersen, Emiliano Gonzalez-Toro.

Version de concert « live » du Farnace de Vivaldi (1678-1741), enregistré il y a quelques mois sous le label Virgin Classics par les mêmes acteurs, à quelques différences près, puisqu’ici,

Andrea Marchiol remplaçait Diego Fasolis, Blandine Staskiewicz, Karina Gauvin dans le rôle de Gilade et Hilke Andersen, Ann Hallenberg dans celui de Sélinda.  Cet opéra semble avoir été une obsession chez le prêtre roux puisqu’il en composa pas moins de sept versions, dont la première de 1727 fut créée à Venise et dont la dernière, celle de Ferrare 1738 donnée ce soir, ne fut jamais jouée, puisqu’annulée avant sa création.  Cette version de 1738, destinée au Carnaval de Ferrare 1739, est une version reconstituée puisque le troisième acte,  perdu,  dut être reconstruit, avec bonheur, par Diego Fasolis et Frédéric Delaméa, à partir des versions antérieures. Toutefois, découverte musicologique, cet opéra oublié fut redécouvert par Jordi Savall en 2001, ne signifie pas obligatoirement chef-d’œuvre, car force est d’avouer que le livret pour le moins abscons, le revirement de situation final improbable et l’absence de dramaturgie véritable, n’aident pas à tenir le spectateur en haleine !  Mais ne boudons pas notre plaisir, contentons nous de la musique qui est, ici, somptueuse, servie magnifiquement par un orchestre aguerri et une distribution vocale excellente, parfaitement adaptée aux différents rôles.  Max Emanuel Cencic (Farnace) éblouissant, facile, emporté ou plaintif déclencha l’enthousiasme de la salle dès le premier air, Ruxandra Donose (Tamiri) grave au timbre un peu voilé, Blandine Staskiewicz (Gilade) resplendissante dans ses vocalises, Mary-Ellen Nesi (Bérénice) convaincante  de rancœur et d’agressivité, Hilke Andersen (Sélinda) manipulatrice et coquine, enfin Daniel Behle (Pompeo) et Emiliano Gonzalez-Toro (Aquilo) tous deux remarquables, bien que moins présents.  Si cet opéra peut être considéré comme une succession d’airs, il nous gratifia de formidables moments musicaux, par la symbiose exceptionnelle entre instruments et voix, inscrits parmi les derniers témoignages lyriques du compositeur vénitien.  Une très belle soirée, des applaudissements concluant tous les airs, des rappels multiples et véhéments, et une généreuse reprise du final en guise de « bis ».

 

 

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