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Catégorie : Opéra

Une Tosca pleine de passion  au Théâtre des Champs-Élysées.  

Tosca.  Opéra en trois actes (1900) de Giacomo Puccini, sur un livret de Luigi Illica & Giuseppe Giacosa, d’après la pièce de Victorien Sardou.  Orchestre et Chœur du Teatro Regio de Turin, Maîtrise de Radio France, dir. Gianandrea Noseda.  Svetla Vassileva, Riccardo Massi, Lado Ataneli, Francesco Palmieri, Matteo Peirone, Luca Casalin, Federico Longhi, Marco Sportelli, Esther Zaglia.  Version de concert.

Il est des concerts qui resteront gravés au fond de notre mémoire, la Tosca, représentée, ici, en version de concert, en fera indiscutablement partie, par la subtile alchimie des notes et des mots, et par

le climat passionné qui fut capable de maintenir le spectateur en haleine de bout en bout.  Mérite d’autant plus grand et rare qu’il s’agit, ici, d’une version de concert, ce qui rend encore plus amère la déception ressentie, récemment, lors de certaines versions scéniques.  Toute allusion à des spectacles récents donnés à l’Opéra de Paris serait, bien sûr, fortuite.  Réjouissons nous donc de cette magnifique Tosca qui combla toutes nos attentes.  Par la musique d’abord, sublime et complexe, parfaitement interprétée par l’Orchestre de Turin, dirigé par son chef titulaire, Gianandrea Noseda, une magnifique sonorité toute en nuances et couleurs, une direction précise, intelligente et inspirée, engagée, au service des chanteurs et de la musique, une science du phrasé sans pareil qui sait rendre palpable l’action dramatique et entretenir le climat passionnel.  Par la distribution vocale ensuite, d’une rare qualité, dominée par un exceptionnel Cavaradossi (Riccardo Massi) au physique imposant, au timbre chaud et rond, d’une incroyable facilité vocale, notamment dans le medium et dans l’aigu, qui pourrait faire de lui, dans les jours prochains, un très beau ténor wagnérien (!), une Tosca (Svetla Vassileva) d’une belle tenue, au physique comme au vocal, au timbre un peu acide, ce qui convient tout à fait au personnage, un Scarpia (Lado Ataneli) de tout premier ordre, assuré et machiavélique à souhait, le reste de la distribution vocale, également de haut niveau.  Bien sûr, pas de mise en scène, pas de décors, mais une mise en espace totalement convaincante, parfois paradoxalement surjouée, dont on retiendra un trio vocal totalement impliqué, Tosca passionnée, Cavaradossi volontairement emprunté et Scarpia d’une subtile perversité qui n’est pas sans rappeler Iago.  Un grand moment de musique que ce drame vériste, terriblement humain, à la fois politique et passionné, magistralement rendu, ici, avant que d’aller se perdre, comme le disait Zola, dans l’infini de la musique.

 

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