Parsifal au Théâtre des Champs-Élysées : Daniele Gatti, inspiré.  Opéra en trois actes (1882) de Richard Wagner.  Orchestre national de France, Chœur de Radio France, Maîtrise de Radio France, dir. Daniele Gatti.  Christopher Ventris, Mihoko Fujimura, Kurt Rydl, Lucio Gallo, Detlef Roth, Andreas Hörl.

Daniele Gatti, inspiré, dirigeant sans partition ce « festival scénique sacré » sous le regard attentif du Parsifal de Maurice Denis, levant haut le Graal, perché sur la coupole du TCE.  Dernier opéra du maître de Bayreuth, œuvre complexe et mystérieuse ayant donné lieu à de multiples interprétations, néo-christique, maçonnique, ésotérique… Un opéra tout entier dominé par la quête de la Rédemption (« Wagner ou la quête de la Rédemption » : L’éducation musicale n°547-548, www.leducation-musicale.com) dont il constitue l’ultime aboutissement. Opéra initiatique assurément, opéra de la

compassion où « l’œuvre d’art totale » se substitue au religieux, où le compositeur devient démiurge, maître du temps et de l’espace.  Daniele Gatti connait son Parsifal  par cœur, sur le bout des doigts, pour l’avoir dirigé, pas moins de trois fois, à Bayreuth ces dernières années, faisant le choix (essentiel !) de tempi relativement lents, notamment dès l’ouverture, de façon à renforcer la solennité, conduisant sa phalange avec précision et clarté, maintenant parfaitement l’équilibre entre l’orchestre et les voix, entretenant la tension dramatique par la savante alternance entre détente et tension.  Un orchestre, certes différent de celui de Bayreuth, mais très réactif, aux superbes sonorités, tous pupitres confondus.  Un quatuor vocal, issu pour l’essentiel de Bayreuth, de toute première qualité dans ce répertoire particulièrement exigeant, Christopher Ventris (Parsifal) et Mihoko Fujimura (Kundry) dans un formidable dialogue au IIe acte, Kurt Rydl (Gurnemanz) vaillant malgré les années, portant haut et fort le récit, pièce essentielle de la mémoire wagnérienne (« À la recherche de la mélodie perdue : Musique et mémoire »,  L’éducation musicale n°559)  enfin, Detlef Roth (Amfortas) dont on retiendra la beauté du timbre. Une mention particulière pour les chœurs d’adultes et d’enfants irréprochables.  Une magnifique musique, une interprétation en rapport.  Bravo !

 

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