L’oeuvre se découpe en trois parties : « Promenade sentimentale » qui illustre les deux premiers vers du poème,
« Effet de nuit », plus longue évocation, « La mort », le premier poème de Verlaine. Créée en 2013, cette pièce, d’une durée d’une dizaine de minutes, représente un réel intérêt musical. L’écriture précise et variée s’attache autant à la mélodie qu’à la rythmique, qu’aux effets, qu’aux dynamiques, qu’aux indications d’interprétations.
L’instrumentation est la suivante : flûte, hautbois, clarinette en sib, basson, cor en fa, harpe et quintette à cordes.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette pièce est écrite en quarts de tons. Très linéaire, elle utilise des valeurs longues avec de longs trilles continus très lents, des imitations ; quelques passages en homorythmie à l’unisson dessinent une verticalité, toujours sur un accompagnement de clusters liés, en syncopes de valeurs longues.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette nouvelle version est une commande du 15e Concours international de musique de chambre de Lyon, qui se tiendra au mois d’avril 2019, à l’occasion du 150e anniversaire de la disparition d’Hector Berlioz.
La formation (flûte, clarinette en Sib, violon, violoncelle, piano et voix) peut être intéressante pour produire cette oeuvre avec un petit effectif dans une idée orchestrale. Il existe une version pour voix aigüe et une pour voix grave. La gravure est soignée, la lecture aisée.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette composition date de 2015. Deux jours après les attentats parisiens du 13 novembre, le glas de Notre-Dame sonne. Le compositeur écrit : « Je suis sur le parvis… J’entends ce glas et presque en même temps, j’entends aussi cet impossible hommage musical qui résonne dans ma tête… ». « Recueillement, sobriété… Peu d’instruments. Seulement un piano aux harmoniques inharmoniques, quelques aigus diaphanes, une mélopée de clarinette juste avant un ostinato de multiphoniques, bientôt relayé par un hautbois… Un ostinato pour obstinément résister à la haine ».
Remarques d’écriture : l’armure de la partie de piano 2 comporte trois bémols (mi, ré, do) ; la quatrième main ne sert qu’à exécuter des « glissés dans les cordes avec le plat de l’ongle ».
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Mais oui, le « cor au fond des bois » est de retour, et il n’est pas de Flégier ! Le beau poème de Vigny, tantôt chanté, tantôt récité, est accompagné par un cor nostalgique à souhait, qui ne néglige pas les effets d’une écriture contemporaine et un piano qui créée, lui aussi, une ambiance sombre et un peu angoissante. On pourra écouter la pièce sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=tnNsvXYhX-I avec, en première partie, Bal des lueurs nocturnes (2007-2009). L’ensemble n’est évidemment pas à la portée d’amateurs, mais mérite d’être découvert et apprécié.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Ce trio, d’écriture résolument contemporaine, est publié sous forme de manuscrit. La première page donne les explications d’exécution des différents signes et symboles utilisés dans la partition. L’oeuvre comprend cinq parties : Après une première partie plutôt adagio survient un interlude I, très court, largo. Suit alors un allegro molto suivi d’un Interlude II également largo qui débouche sur une cinquième partie qui commence Adagio pour continuer dans des mouvements plus rapides. Ne nous y trompons pas : écriture contemporaine ne signifie pas ici absence de mélodie, d’expression, d’émotion, bien au contraire. On peut ici parler de lyrisme. C’est donc une belle oeuvre à découvrir, mais par des ensembles de niveau professionnel.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Nous avons rendu compte dans la lettre précédente de janvier-février 2019 de la parution de ces deux quatuors. Ajoutons simplement ici qu’ils sont disponibles également sous cette référence en édition de poche, aussi soignée que les partitions et contenant également la remarquable introduction de Fabien Guilloux. Et comme il s’agit d’un compositeur français, nous avons le plaisir d’avoir cette introduction en français…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Saluons ici la publication par les éditions Bärenreiter des œuvres complètes de Saint-Saëns, édition critique publiée en « Urtext » d’après les meilleures sources. La partition présentée ici est tout simplement le « matériel » de ce quatuor, mais les éditions complètes avec préface et commentaires existent bien entendu également. Rappelons que Saint-Saëns, né en 1835, attendra 1899 pour composer son premier quatuor. Sans doute l’ombre de Beethoven l’avait-elle empêché de le faire plus tôt.

Nous avons également dans la même édition le Quatuor pour deux violons, alto et violoncelle no. 2 en sol majeur op. 153 : BA 10928.

Commandées par Thierry Barbé au travers de l’Association des Bassistes et Contrebassistes de France pour le Master de Contrebasse du CNSMD Paris, la première mondiale de ces pièces a été donnée le 4 juillet 2017 CNSM de Paris par Jeanne Bonnet, contrebasse, et Marie Boichard, basson, à qui l’œuvre est dédiée. L’auteur présente lui-même son œuvre en détail sur le site de l’éditeur http://www.editions-delatour.com/fr/basson-et-autre-instrument/4152-cinq-bagatelles-pour-basson-et-contrebasse-9790232115450.html Disons simplement que ces cinq bagatelles sont inspirées sous diverses formes par Beethoven, d’abord dans le titre mais surtout par des références aussi diverses qu’explicites. Le mariage des deux instruments est tout à fait réussi et ouvre de nouvelles voies au répertoire de la contrebasse.
D.B.

Commandées par Thierry Barbé au travers de l’Association des Bassistes et Contrebassistes de France pour le Master de Contrebasse du CNSMD Paris, la première mondiale de ces pièces a été donnée le 4 juillet 2017 CNSM de Paris par Jeanne Bonnet, contrebasse, et Marie Boichard, basson, à qui l’œuvre est dédiée. L’auteur présente lui-même son œuvre en détail sur le site de l’éditeur http://www.editions-delatour.com/fr/basson-et-autre-instrument/4152-cinq-bagatelles-pour-basson-et-contrebasse-9790232115450.html Disons simplement que ces cinq bagatelles sont inspirées sous diverses formes par Beethoven, d’abord dans le titre mais surtout par des références aussi diverses qu’explicites. Le mariage des deux instruments est tout à fait réussi et ouvre de nouvelles voies au répertoire de la contrebasse.
D.B.

Nous ne résumerons pas une fois de plus la vie de ce musicien et compositeur trop peu connu, aux origines de la fondation de la Schola Cantorum en 1886 aux côtés de Charles Bordes, Vincent d’Indy et Alexandre Guilmant. Malgré le remarquable travail de l’éditeur, il n’a pas été possible de dater précisément cette œuvre écrite vraisemblablement pendant la première guerre mondiale. Pour l’interprétation, étant donné la rareté de la harpe chromatique de Pleyel, on pourra essayer d’adapter pour une harpe à pédales ou se servir d’un piano…
L’œuvre est en trois mouvements : Prélude, Improvisation et Danse. L’ensemble est fort agréable, varié, plein de charme et de poésie. On peut lire sur le site de l’éditeur l’intégralité de la passionnante préface de Jean-Emmanuel Filet et consulter un large extrait PDF de l’œuvre.
Daniel Blackstone

Cette œuvre est écrite pour une formation peu orthodoxe, composée d'un chœur mixte à 4 voix, de 2 guitares et d'un violoncelle. Le poème écrit de la main du compositeur lui-même et chanté par le chœur invite à la méditation tout comme la musique. Un dialogue soudé et intime entre les deux guitares avec notamment beaucoup d'harmoniques produit un effet de masse sonore à la fois en mouvement et en suspension. Dans la partie de violoncelle s’entremêlent des notes tenues mais également des intervalles éclatés aux sonorités lointaines. La formation instrumentale joue la plupart du temps le rôle d'accompagnement. Mais on peut noter que les deux guitares ainsi que le violoncelle ont de petites cadences.  Chaque partie de l’œuvre est construite d'après un schéma graduel et atteint un climax avant de s'éteindre progressivement. Cette œuvre est un savant melting-pot où s'entremêlent atonalité, tonalité, polytonalité, homophonie et contrepoint, sonorités obscures et mélodies de caractère populaire.
Il sera peut-être nécessaire d'amplifier les instruments pour qu'il y ait un équilibre juste avec le chœur si celui-ci est trop important.
Il s’agit d’une œuvre d'une ingéniosité sans borne, qui conviendra à des musiciens avancés souhaitant s'ouvrir vers d'autres horizons !
Lionel Fraschini

’est à trente-quatre ans, alors qu’il commence véritablement sa carrière de compositeur que Dvořák écrit son Quatuor avec piano n° 1 en ré majeur, B. 53. Il est inutile d’en rappeler ici l’intérêt et la maturité. Cette nouvelle édition possède les qualités habituelles des Urtext de Bärenreiter : une graphie claire et faite pour l’exécution des œuvres, un texte établi selon les meilleures sources et un préface copieuse permettant de faire le point sur l’œuvre et les problèmes éditoriaux. La préface est ici signée de David R. Beveridge ainsi que les très importantes notes critiques en fin de volume.

Ecrite en hommage à Schubert, cette pièce adopte consciemment son style et son langage. Cette œuvre assez courte dans un tempo andante espressivo déroule dans un 12/8 tranquille un harmonieux discours non exempt de réminiscences mélodiques. L’ensemble est remarquablement écrit et ne comporte pas vraiment de difficulté technique. Il peut constituer pour de jeunes musiciens une excellente initiation à la musique de chambre ainsi qu’une initiation très profitable à la musique de Schubert.

Gilles SILVESTRINI : Quintette à vent pour Flûte, Hautbois, Clarinette en Sib, Cor en Fa et Basson. Assez difficile. Delatour : DLT2187.

Ecrite pour le 13ème concours international de musique de chambre de Lyon, qui vient de se dérouler du 18 au 23 avril, cette œuvre ne comporte qu’un seul mouvement, mais très contrasté. La première partie met en relief le côté expressif et même sentimental de l’œuvre tandis que la deuxième partie consiste en « une sorte de danse énergique ». Le tout se conclut dans un retour, dans les huit dernières mesures « Teneramente », à l’expressivité du début.

Alexandre OUZOUNOFF : Un, deux, beaucoup. Trio pour hautbois, cor et piano. Delatour : DLT1822.

L’idée de cette composition est venue à l’auteur lorsqu’il a pris conscience que si le hautbois et le cor étaient utilisés pour leurs capacités expressives, ils ne l’étaient jamais pour leurs capacités rythmiques et percussives, l’un par ses attaques incisives, l’autre par les effets de renforcement et d’accentuation. C’est ce qui lui a donné l’envie d’écrire pour cette formation et de se tourner, pour son écriture, vers le continent du rythme par excellence : l’Afrique. Mais l’auteur nous prévient : « On ne trouvera nulle mélopée, nulle cellule rythmique issue de ce continent. Mais si en reprenant la formule de ces lointains ancêtres, « Un, deux et…beaucoup » qui constituait la formulation de comptage des troupeaux (entre autres), on se laisse aller à l’évocation de ces contrées, on pourra peut-être y déceler quelques moments rythmiques référencés… ». L’œuvre, en un seul tenant, est évidemment riche en changements de mesures, de rythmes et de tempi. Pleine d’intérêt, elle n’est évidemment pas particulièrement facile… Dédiée à Daniel Catalanotti, elle a été créée dans le cadre du Congrès de l’Association Française du Cor de 2016

Eric LEBRUN : Le sommeil d’Endymion. Op. 33. Nocturne pour saxophone alto et orgue. Chanteloup-musique : CMP 026.

Cette oeuvre a été composée pour le congrès mondial du saxophone SaxOpen en juillet 2015 et créée à cette même date. Cette évocation poétique du mythe de Séléné (déesse de la lune) rendant visite au berger Endymon est inspirée directement du tableau de Girodet. S’il s’agit bien d’un nocturne, on y trouve à la fois le calme du sommeil et les élans de la passion… Orgue et saxophone entrelacent leur discours en allant du pianissimo au fortissimo. L’ensemble est aussi poétique que passionné. Bien sûr, l’orgue devra être un instrument expressif. L’ensemble se joue essentiellement sur les fonds avec, à un moment, une gambe. On y reconnait toute la délicatesse d’Eric Lebrun. Bien sûr, l’oeuvre n’est pas particulièrement facile.

Daniel GUILMAIN : Le Rondo des Rondos. Octuor avec piano. 2ème cycle. Fortin-Armiane : EFA104.

Cette oeuvre est tout à fait originale dans la mesure où il s’agit d’une création collective menée par des élèves de second cycle et leur professeur sur une année scolaire. Que la dénomination d’octuor ne trompe pas : si le piano est indispensable dans tous les cas, les sept autres instruments peuvent s’éloigner de la formation originale qui comporte 2 flûtes à bec, 1 clarinette en sib, 1 cor en fa, 2 trombones et 2 violons. Des solutions alternatives sont proposées par l’auteur, mais il n’est pas interdit de faire

Gjovalin NONAJ : Musiques traditionnelles albanaises. Lemoine : HL29272

L’auteur a relevé ici dix danses et chansons du folklore albanais et les a adaptées pour instruments en Ut. Or, il ne suffit pas d’indiquer « pour instruments en Ut » pour que ces pièces soient jouables par tous les instruments en Ut ! Les difficultés techniques ne sont pas équivalentes pour tous les instruments (tessiture, tonalité, trilles, sans compter la présence de doubles cordes et d’accords). De plus, la complexité d’écriture due au passage de la tradition orale à la partition, rend la lecture et l’interprétation

Sigismond THALBERG (1812-1871) : Trio opus 69 pour piano, violon et violoncelle. Sempre più : SP0054.

Pianiste virtuose, rival de Liszt avec lequel il eut même un duel (pianistique) célèbre et où le public se refusa à trancher, a côtoyé tous les grands musiciens de son époque. Il est moins connu pour ses compositions. Et pourtant, ce trio avec piano est tout à fait honorable et intéressant. Il comporte trois mouvements : un Allegretto molto moderato qui n’en est pas moins assez agité. Soyons francs : si violon et violoncelle ont leur part et chantent avec beaucoup de lyrisme, c’est quand même le piano qui se taille la part du lion. Le deuxième mouvement est un Andante cantabile qui porte bien son nom. Le troisième, Allegretto ma non troppo commence en la mineur avant de conclure brillamment dans la tonalité principale de la Majeur. Ce sera donc une excellente découverte pour les chambristes.

Ballade swinguée.
Roger LARCANGE : Ballade swinguée. Multi Instrumental. Piano accompagnement, guitare, saxos, clarinette,… Fortin-Armiane : EFA 105.En fait, cette ballade swinguée est susceptible de convenir à toutes les formations en duo, en trios… bref, elle s’adresse à « tous ceux et celles qui veulent swinguer, improviser autour d’une petite mélodie et s’amuser avec les harmonies chiffrées. » Multi-instrumental, ce morceau, variable à l’infini, est un support à l’invention, à l’improvisation, c’est-à-dire à ce qui constitue une pratique trop ignorée des musiciens classiques : la joie de la musique ! On ne peut que recommander ce morceau ainsi que Sur la route du Jazz (EFA 107) co-écrit avec Emmanuelle Pinen et Chantal Soulu qui est composé sur le même modèle. De l’harmonica à la basse-tuba en passant par tous les instruments existants ou à venir, chaque instrumentiste peut y trouver son bonheur.
 Form XIV

Piotr MOSS : Form XIV pour Voix et Violoncelle. Niveau moyen. Fortin-Armiane : EFA 109.

Cette « scène dramatique » traite, comme on l’imagine, la voix en instrument ou plutôt comme une expression dans un langage étrange – étranger. « Le texte peut être prononcé de différentes manières, selon la langue maternelle du chanteur. Homme, femme et même enfant, tout est possible. L’auteur nous avertit qu’ « en assistant à des exécutions de cette pièce, [il s’est] rendu compte que son expression peut être aussi bien très lyrique que… comique !