Alireza MASHAYEKHI : « Darya » A Persian Suite op.137 No.2 pour quatuor à cordes. Delatour : DLT 2848.

Alireza Mashayekhi, compositeur iranien né à Téhéran en 1940,, nous plonge dans la musique traditionnelle persane au travers de cette palette de couleurs très profonde, parfois inquiétante et virtuose. A Mashayekhi utilise dans cette oeuvre « la théorie complémentaire qu’il définit comme un complément modal à l’harmonie classique et au contrepoint baroque ». On y retrouve des notations modernes comme les « pizz Bartok », des jetés écrits en zigzag descendants, des groupes de notes encadrées devant être répétées asymétriquement ou encore des trémolos en glissades sans note d’arrivée décrite. Cette pièce en quatre mouvements a d’abord été écrite pour orchestre à cordes. Il y a une forte opposition entre les premier et troisième mouvements qui donnent une impression de contemplation lente, et les deuxième et quatrième mouvements qui sont rapides et fougueux. On peut écouter la première version pour orchestre sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=FvBEfQmfGuk
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Claire VAZART : Pile ou Face pour quatuor à cordes. Delatour : DLT0331.

Ce quatuor en un mouvement Vivace, est un arrangement d’une pièce initialement pour piano solo qui a reçu le deuxième prix de composition au 12ème tournoi international de Musique de Rome en 2006. Vous pouvez entendre cette version sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=4dzRf5av5KY Après des études en piano et écriture au CNR de Grenoble, Claire Vazart entame une formation jazz en piano, arrangement et composition au Département jazz de Chambéry puis au Humber College de Toronto. Cette pièce s’inspirant fortement du jazz, a été transcrite pour Julian Boutin et l’Ensemble 20/21, dirigé par Cyrille Colombier. Elle est à la fois vivifiante, captivante et amusante. De quoi régaler plus d’un quatuor aguerri !
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Jean-Charles GANDRILLE : Triads pour violon violoncelle et piano n°.3 op.57. Delatour : DLT0416.

Ce trio de Jean-Charles Gandrille est en trois mouvements : Triads, Auschwitz impressions et Final. On y ressent l’influence très forte d’Arvö Part. Triads représente trois personnages chacun bien défini. L’un fait l’ostinato de doubles piquées, un autre fait un chant et le piano joue un enchaînement d’accords comme des cloches qui résonnent à différentes tessitures. « Auschwitz impressions » est opposé aux deux autres mouvements par son caractère lent et chantant. Le Final termine cette oeuvre nerveusement mais en groovant. Des triolets joués en même temps que les doubles défilent, on a du trois pour deux et du trois pour quatre. Mais l’effet vivifiant et scintillant ne quitte pas le mouvement. L’édition présente magnifiquement l’oeuvre, incluant un conducteur relié en format A4 de façon à tourner facilement les pages et avoir toutes les parties bien visibles, plus les parties séparées.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Jean-Charles GANDRILLE : Cantabile op. 71 pour saxophone alto (ou clarinette en sib et orgue. Delatour : DLT2851.

Saxophone ou clarinette se marient fort bien à l’orgue. L’oeuvre se joue essentiellement sur les fonds de l’orgue. Elle ne demande pas un instrument important : deux claviers et pédalier conviennent tout à fait. La première partie a pour caractère « Majestueux, intense ». L’orgue accompagne une mélodie très expressive. La deuxième partie se veut « extrêmement tendre ». La mélodie se fait plus enveloppante et dialogue avec l’orgue avec la même fluidité et la même tendresse. Suit un mouvement animé puis on revient au « tendre » et au « tendre et doux » qui se terminent par un solo assez long de saxophone et le tout se clôt par une intervention monodique de l’orgue qui devra trouver un timbre qui se marie avec son partenaire, comme dans une évidente continuité.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Henri-Jean SCHNUBEL : Quatuor à cordes op.11. Delatour : DLT2841.

Ce quatuor à cordes op.11 pour niveau moyen/avancé est en deux mouvements : Andante energico et Allegro ben marcato. Le premier, expressif, commence par une entrée en levée en imitation sur un mezzo forte, utilisant des rythmes incisifs avec des accents sur un thème atonal. Ce thème, en crescendo se développe peu à peu sur un forte soutenu avant de disparaître pour laisser apparaître un deuxième thème plus doux, accompagné par des pizz au violoncelle trois fois. Dans ce deuxième thème, le violoncelle rejoint ses compagnons et devient très vite très expressif, mais toujours avec ce rythme très percutant : triple - croche double pointée. Le troisième tableau commence trémolo, reprend la cellule rythmique triple croche double pointée, puis continue en arpèges au violoncelle, pendant que les autres instruments continuent en développant la cellule par deux triples croche pointée, avant de se réunir sur une coda qui s’efface de plus en plus.
L’Allegro ben marcato commence en questions-réponses triolets marcato et devient très vite binaire en doubles, jouant sur les accents. Ensuite, le compositeur utilise plusieurs stratégies comme de placer des parties « en dehors » des autres pour faire ressortir certains phrasés, le côté expressif du violon, l’homorythmie et des nuances variées. Cette édition inclue le conducteur et les parties séparées.
Marie Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Éric PÉNICAUD : Jusqu’en notre exil, tu murmures… pour ensemble vocal, deux guitares et violoncelle. Les Productions d’OZ inc. 2220, chemin du Fleuve Lévis (Québec) G6W 1Y4 Canada : DZ 2839.

Nous republions ici en raison de l’intérêt de l’œuvre ce que nous avions écrit en avril 2018 : Ecrite pour une formation peu orthodoxe, composé d'un chœur à 4 voix, 2 guitares et d'un violoncelle. Le poème écrit de la main du compositeur lui-même et chanté par le chœur invite à la méditation tout comme la musique d'ailleurs. Un dialogue soudé et intime entre les deux guitares avec notamment beaucoup d'harmoniques produit un effet de masse sonore à la fois en mouvement et en suspension. Le violoncelle entremêle des notes tenues mais également des intervalles éclatés aux sonorités lointaines. La formation instrumentale joue le rôle d'accompagnement la plupart du temps. Mais on peut noter que les deux guitares ainsi que le violoncelle ont de petites cadences. Chaque partie est construite d'après un schéma graduel et atteint un climax avant de s'éteindre progressivement. Cette œuvre est un savant melting-pot où s'entremêle atonalité, tonalité, polytonalité, homophonie et contrepoint, sonorités obscures et mélodies de caractère populaire.
On comprend pourquoi l’auteur amplifie les instruments pour qu'il y ait un équilibre juste avec le chœur.
Voici une œuvre d'une ingéniosité sans borne, qui conviendra à des musiciens avancés souhaitant s'ouvrir vers d'autres horizons !
On peut écouter l’œuvre sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=oeDjcVGzIyg
Lionel Fraschini
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Bruno GINER : Boîtes à musique pour 12 instruments. Delatour : DLT2839.

Écoutons l’auteur : « Cette courte pièce est basée sur un motif mélodique très simple, dans le style arabe, repris au fur et à mesure par chaque instrument de l’orchestre. Elle est brève et modeste, comme la vie de l’homme face à son destin.
Nous devons l’invention de la première boîte à musique à l’horloger genevois Antoine Favre. Son idée remonte à 1796 et il nomme cet étrange mécanisme sonore : « carillon sans timbre ni marteau ». D’autant que je me souvienne, l’aspect mécanique et linéaire de cette forme de production musicale m’a toujours quelque peu fasciné par son caractère extrêmement précis et inéluctable. »
Si le titre est au pluriel, c’est que l’œuvre contient trois petites pièces traitées différemment. Précisons bien que l’utilisation des instruments, et spécialement du piano, n’est pas vraiment traditionnelle : il y faudra un piano à queue pour pouvoir jouer commodément sur les cordes… La durée de l’ensemble est de 9 minutes. Les 12 instruments sont : flûte, cor anglais, clarinette en sib, basson, trompette en ut, cor en fa, violon 1, violon 2, alto, violoncelle, contrebasse et piano. Loin d’imiter les boites à musique, si ce n’est par les timbres, c’est d’abord une ambiance que l’auteur s’est efforcé de recréer dans cette évocation.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2020

 

Félicien WOLFF : Prélude et fugue pour Trio d’Anches (hautbois, clarinette en la et basson.) Delatour : DLT2744.

Remercions les éditions Delatour de nous faire découvrir une œuvre de ce compositeur né en 1913. Nommé professeur d'orgue et improvisation au Conservatoire de Grenoble, il y créa la classe d'écriture, enseignant à ce titre l'harmonie, le contrepoint et la fugue. Il écrit alors différentes œuvres dont une Symphonie concertante avec trompette solo qui rencontre un grand succès. Le trio présenté ici a connu différentes formes. C'est la version la plus aboutie, pour trio d'anches - hautbois, clarinette en la et basson - qui est proposée. Composé en 1959, ce trio a été écrit pour les classes du conservatoire et est moins difficile que ses autres œuvres. C’est donc une belle musique à découvrir qui nous est proposée. Il n’est pas si fréquent d’avoir une telle forme musicale (sauf des transcriptions) à offrir à un tel ensemble.
Daniel Blackstone

Valérie ROUSSE – Joël LITTORIE : Couleurs caraïbes pour flûte, clarinette et piano. Lemoine : 29 408 H.L.

Une seule pièce dans ce recueil comme dans le précédent, mais variée, puisqu’elle se nomme «  États d’esprit  ». C’est donc à regarder des paysages changeants et à nous couler dans des ambiances diverses que nous sommes invités. On retrouve ici toute l’atmosphère caraïbe avec ses rythmes si particuliers. Avec toutes ces pièces, il sera facile de monter une soirée créole faisant appel à tous les talents et pas seulement musicaux…
Daniel Blackstone

Valérie ROUSSE – Joël LITTORIE : Couleurs caraïbes pour quatuor à cordes. Lemoine : 29 407 H.L.

Ce sont de bien jolies « couleurs » que nous offrent Valérie Rousse et Joël Littorie. Nous avions rendu compte des six premiers recueils pour divers instruments dans la lettre 76 de décembre 2013. La collection s’enrichit de nouveaux recueils, dont un pour quatuor à cordes, un autre pour 2 flûtes et piano dont il a été rendu compte plus haut, et un pour flûte clarinette et piano dont nous rendons compte cidessous. Nous avions souligné qu’il ne s’agissait en aucune manière de transcription d’un même recueil pour divers instruments, mais que chaque recueil était constitué d’ouvres originales. C’est encore le cas ici. La pièce unique qui compose ce recueil s’adresse à des élèves de niveau fin de préparatoire à moyen. Mais elle demandera de leur part une bonne rythmique. Fait-il s’en étonner ? C’est en tout cas bien agréable à jouer et à entendre.
Daniel Blackstone

L’oeuvre se découpe en trois parties : « Promenade sentimentale » qui illustre les deux premiers vers du poème,
« Effet de nuit », plus longue évocation, « La mort », le premier poème de Verlaine. Créée en 2013, cette pièce, d’une durée d’une dizaine de minutes, représente un réel intérêt musical. L’écriture précise et variée s’attache autant à la mélodie qu’à la rythmique, qu’aux effets, qu’aux dynamiques, qu’aux indications d’interprétations.
L’instrumentation est la suivante : flûte, hautbois, clarinette en sib, basson, cor en fa, harpe et quintette à cordes.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette pièce est écrite en quarts de tons. Très linéaire, elle utilise des valeurs longues avec de longs trilles continus très lents, des imitations ; quelques passages en homorythmie à l’unisson dessinent une verticalité, toujours sur un accompagnement de clusters liés, en syncopes de valeurs longues.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette nouvelle version est une commande du 15e Concours international de musique de chambre de Lyon, qui se tiendra au mois d’avril 2019, à l’occasion du 150e anniversaire de la disparition d’Hector Berlioz.
La formation (flûte, clarinette en Sib, violon, violoncelle, piano et voix) peut être intéressante pour produire cette oeuvre avec un petit effectif dans une idée orchestrale. Il existe une version pour voix aigüe et une pour voix grave. La gravure est soignée, la lecture aisée.
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Cette composition date de 2015. Deux jours après les attentats parisiens du 13 novembre, le glas de Notre-Dame sonne. Le compositeur écrit : « Je suis sur le parvis… J’entends ce glas et presque en même temps, j’entends aussi cet impossible hommage musical qui résonne dans ma tête… ». « Recueillement, sobriété… Peu d’instruments. Seulement un piano aux harmoniques inharmoniques, quelques aigus diaphanes, une mélopée de clarinette juste avant un ostinato de multiphoniques, bientôt relayé par un hautbois… Un ostinato pour obstinément résister à la haine ».
Remarques d’écriture : l’armure de la partie de piano 2 comporte trois bémols (mi, ré, do) ; la quatrième main ne sert qu’à exécuter des « glissés dans les cordes avec le plat de l’ongle ».
Sophie Jouve-Ganvert
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Mais oui, le « cor au fond des bois » est de retour, et il n’est pas de Flégier ! Le beau poème de Vigny, tantôt chanté, tantôt récité, est accompagné par un cor nostalgique à souhait, qui ne néglige pas les effets d’une écriture contemporaine et un piano qui créée, lui aussi, une ambiance sombre et un peu angoissante. On pourra écouter la pièce sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=tnNsvXYhX-I avec, en première partie, Bal des lueurs nocturnes (2007-2009). L’ensemble n’est évidemment pas à la portée d’amateurs, mais mérite d’être découvert et apprécié.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Ce trio, d’écriture résolument contemporaine, est publié sous forme de manuscrit. La première page donne les explications d’exécution des différents signes et symboles utilisés dans la partition. L’oeuvre comprend cinq parties : Après une première partie plutôt adagio survient un interlude I, très court, largo. Suit alors un allegro molto suivi d’un Interlude II également largo qui débouche sur une cinquième partie qui commence Adagio pour continuer dans des mouvements plus rapides. Ne nous y trompons pas : écriture contemporaine ne signifie pas ici absence de mélodie, d’expression, d’émotion, bien au contraire. On peut ici parler de lyrisme. C’est donc une belle oeuvre à découvrir, mais par des ensembles de niveau professionnel.
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Nous avons rendu compte dans la lettre précédente de janvier-février 2019 de la parution de ces deux quatuors. Ajoutons simplement ici qu’ils sont disponibles également sous cette référence en édition de poche, aussi soignée que les partitions et contenant également la remarquable introduction de Fabien Guilloux. Et comme il s’agit d’un compositeur français, nous avons le plaisir d’avoir cette introduction en français…
Daniel Blackstone
© L'ÉDUCATION MUSICALE 2019

Saluons ici la publication par les éditions Bärenreiter des œuvres complètes de Saint-Saëns, édition critique publiée en « Urtext » d’après les meilleures sources. La partition présentée ici est tout simplement le « matériel » de ce quatuor, mais les éditions complètes avec préface et commentaires existent bien entendu également. Rappelons que Saint-Saëns, né en 1835, attendra 1899 pour composer son premier quatuor. Sans doute l’ombre de Beethoven l’avait-elle empêché de le faire plus tôt.

Nous avons également dans la même édition le Quatuor pour deux violons, alto et violoncelle no. 2 en sol majeur op. 153 : BA 10928.

Commandées par Thierry Barbé au travers de l’Association des Bassistes et Contrebassistes de France pour le Master de Contrebasse du CNSMD Paris, la première mondiale de ces pièces a été donnée le 4 juillet 2017 CNSM de Paris par Jeanne Bonnet, contrebasse, et Marie Boichard, basson, à qui l’œuvre est dédiée. L’auteur présente lui-même son œuvre en détail sur le site de l’éditeur http://www.editions-delatour.com/fr/basson-et-autre-instrument/4152-cinq-bagatelles-pour-basson-et-contrebasse-9790232115450.html Disons simplement que ces cinq bagatelles sont inspirées sous diverses formes par Beethoven, d’abord dans le titre mais surtout par des références aussi diverses qu’explicites. Le mariage des deux instruments est tout à fait réussi et ouvre de nouvelles voies au répertoire de la contrebasse.
D.B.

Commandées par Thierry Barbé au travers de l’Association des Bassistes et Contrebassistes de France pour le Master de Contrebasse du CNSMD Paris, la première mondiale de ces pièces a été donnée le 4 juillet 2017 CNSM de Paris par Jeanne Bonnet, contrebasse, et Marie Boichard, basson, à qui l’œuvre est dédiée. L’auteur présente lui-même son œuvre en détail sur le site de l’éditeur http://www.editions-delatour.com/fr/basson-et-autre-instrument/4152-cinq-bagatelles-pour-basson-et-contrebasse-9790232115450.html Disons simplement que ces cinq bagatelles sont inspirées sous diverses formes par Beethoven, d’abord dans le titre mais surtout par des références aussi diverses qu’explicites. Le mariage des deux instruments est tout à fait réussi et ouvre de nouvelles voies au répertoire de la contrebasse.
D.B.

Nous ne résumerons pas une fois de plus la vie de ce musicien et compositeur trop peu connu, aux origines de la fondation de la Schola Cantorum en 1886 aux côtés de Charles Bordes, Vincent d’Indy et Alexandre Guilmant. Malgré le remarquable travail de l’éditeur, il n’a pas été possible de dater précisément cette œuvre écrite vraisemblablement pendant la première guerre mondiale. Pour l’interprétation, étant donné la rareté de la harpe chromatique de Pleyel, on pourra essayer d’adapter pour une harpe à pédales ou se servir d’un piano…
L’œuvre est en trois mouvements : Prélude, Improvisation et Danse. L’ensemble est fort agréable, varié, plein de charme et de poésie. On peut lire sur le site de l’éditeur l’intégralité de la passionnante préface de Jean-Emmanuel Filet et consulter un large extrait PDF de l’œuvre.
Daniel Blackstone

Cette œuvre est écrite pour une formation peu orthodoxe, composée d'un chœur mixte à 4 voix, de 2 guitares et d'un violoncelle. Le poème écrit de la main du compositeur lui-même et chanté par le chœur invite à la méditation tout comme la musique. Un dialogue soudé et intime entre les deux guitares avec notamment beaucoup d'harmoniques produit un effet de masse sonore à la fois en mouvement et en suspension. Dans la partie de violoncelle s’entremêlent des notes tenues mais également des intervalles éclatés aux sonorités lointaines. La formation instrumentale joue la plupart du temps le rôle d'accompagnement. Mais on peut noter que les deux guitares ainsi que le violoncelle ont de petites cadences.  Chaque partie de l’œuvre est construite d'après un schéma graduel et atteint un climax avant de s'éteindre progressivement. Cette œuvre est un savant melting-pot où s'entremêlent atonalité, tonalité, polytonalité, homophonie et contrepoint, sonorités obscures et mélodies de caractère populaire.
Il sera peut-être nécessaire d'amplifier les instruments pour qu'il y ait un équilibre juste avec le chœur si celui-ci est trop important.
Il s’agit d’une œuvre d'une ingéniosité sans borne, qui conviendra à des musiciens avancés souhaitant s'ouvrir vers d'autres horizons !
Lionel Fraschini