Charles KIENZL : Requiem pour choeur SATB et orgue. Compositeurs Alsaciens – Vol. 35. Difficulté moyenne. Delatour : DLT2721

Si Charles Kienzl, né en 1797 et mort en 1874, est autrichien, c’est en Alsace, à Guebwiller, qu’il exerça toute son activité musicale, notamment comme organiste et maître de chapelle de Notre-Dame de Guebwiller de 1828 à sa mort. Le Requiem ici édité pour la première fois, doit sa résurrection à la découverte du manuscrit en 2014, par le successeur de Kienzl à l’orgue de N.D. de Guebwiller. L’éditeur, Yannick Merlin, organiste de grand talent et directeur de la collection « Vie musicale en Alsace », a dû faire un gros travail de restitution sur cette oeuvre très intéressante mais dont le manuscrit, retrouvé récemment et comportant de nombreuses modifications, n’était pas prêt pour l’édition. Dans une très intéressante préface, Yannick Merlin nous présente en détail la vie et l’oeuvre de ce compositeur ainsi que les présupposés de l’édition et les notes critiques qui permettent de suivre son remarquable travail. Ce Requiem date de 1826, c’est-àdire du tout début de la présence de son auteur à Guebwiller (1825). L’oeuvre comporte sept parties : Requiem, Kyrie, Dies irae, Domine, Sanctus, Benedictus, Agnus Dei. Très influencée par le dernier Haydn, cette oeuvre comporte de très belles pages qu’on a hâte de redécouvrir. Si la partie chorale est plutôt facile, il faudra, pour tenir la partie d’orgue, un instrumentiste aguerri.

Laurent COULOMB : Welcome Joy. Madrigal d’après John Keats pour choeur mixte SATB a cappella. Assez facile. Delatour : DLT0896.

Est-il utile de rappeler que John Keats (1795-1821) est un des poètes romantiques anglais les plus importants de sa génération ? La courte pièce de Laurent Coulomb constitue un écrin précieux pour les vers de Keats. Construite sur le schéma ABA, elle exprime dans une tonalité de ré Majeur qui comporte aussi des aspects modaux et des accents tragiques à certains moments, la substance contrastée des extraits de poème choisis. Après un début qui rappellerait une ballade irlandaise, la partie médiane, plus homophonique, introduit un moment tragique avant que le thème du début, revenu aux basses ne ramène la paix dans cette très belle pièce. Remercions au passage l’éditeur d’avoir mis au début du volume le texte chanté et sa traduction en français. Tout le monde ne lit pas encore Keats dans le texte…

Laurent COULOMB : Mystère des écorchés. Deux poèmes d’Édith Chafer pour choeur mixte a cappella et soprano solo. Moyenne difficulté. Delatour : DLT0899.

Les deux poèmes mis ici en musique sont extrait du recueil Lyrisme et contre-lyrisme mêlés de la poétaesse Edith Chafer. Le premier, Eaux troubles, s’interprète « Très lent, avec angoisse ». Il traduit avec beaucoup de sensibilité l’angoisse qui se dégage effectivement du poème. L’écriture est constamment en tension, ce qui donne à l’ensemble une étrange et sombre beauté. Le deuxième, Renaissance, s’ouvre par le choeur seul qui fait jaillir peu à peu le texte, puis la soprane solo fait entendre, sur une nappe chorale, le message d’espoir puis tous expriment le retour à la vie qui culmine dans l’accord final pianissimo de la Majeur. L’ensemble est sobre et d’une grande beauté.

Martin LUTHER : Quarante-trois chants harmonisés à 4 voix pour orgue et choeur par Yves KÉLER et Danielle GUERRIER-KOEGLER… paraphrases en français… Paris, BEAUCHESNE (www.editions-beauchesne.com ), Collection « Guides musicologiques » vol. 8, 2016, 137 p. – 25 €.

L’édition intégrale (avec exégèse) a fait l’objet d’une recension dans la Lettre d’information (décembre 2013). La présente édition — chants d’assemblée et de choeur —, de format pratique et maniable, ne contient que les harmonisations à 4 voix avec leurs sources (texte et mélodie) ainsi que leur destination liturgique : temps liturgiques, circonstances particulières (par exemple : Réforme, sainte Cène, pénitence, catéchisme…).

L’Ouverture (interview du pasteur David Brown par Guylène Dubois), véritable mise en situation, dégage le rôle fonctionnel du chant d’assemblée au culte dominical. Il précise que : « Nous sommes des musiciens d’aujourd’hui, liés, connectés à Martin Luther qui était lui aussi musicien. » (p. IX). Dans sa Préface, le pasteur Alain Joly met

Heinrich SCHÜTZ : Hochzeitsmusiken, PJoshua RIFKIN (et alia, éd.), Kassel, BAERENREITER (www.baerenreiter.com ), 2016, BA 4181-01. Édition intégrale, vol. 29. VII-LIII, 125p.

Dédié à la mémoire du regretté Wolfram Steude qui a tant oeuvré pour l’oeuvre de Heinrich Schütz (1585-1672), ce Volume 29 comble une lacune. Il a le mérite de regrouper des compositions autour du thème du mariage, rarement abordé.
La partition — pour choeur a cappella — est précédée d’une importantePréfaceprésentant ses oeuvres dans le cadre de ses musiques festives et évoquant leur genèse, les événements et circonstances, avec de copieuses notes infrapaginales exploitant consciencieusement les sources critiques. Après cette Préface, sont reproduits en fac similé des pages de titre, des extraits des parties individuelles, de la basse continue et de manuscrits autographes. L’apparat critique (kritischer Bericht) conclusif sera très apprécié

FAURÉ Gabriel :op. 50. Version pour chœur et piano (1888). A Cœur Joie : CA 158.

Bien que parue il y a déjà trois ans, cette partition méritait d’être signalée. L’œuvre est trop connue pour être présentée. Elle n’est pas techniquement très difficile tout en étant de la très belle musique. Mais tout est dans l’interprétation ! Et trop souvent on prend au « premier degré » le texte hautement parodique de Robert de Montesquiou et la musique faussement « classique » de Fauré… Même si techniquement la partition de piano n’offre pas vraiment de difficulté, elle demande d’abord cette distinction un peu détachée typique d’un certain esprit français… Mais faisons confiance aux choristes et à leurs chefs !

Laurent COULOMB : pour chœur mixte a cappella. Assez facile. Delatour : DLT0898.

Laurent Coulomb renouvelle avec beaucoup de goût et de délicatesse ces Noëls souvent harmonisés, en particulier par Paul Berthier pour les Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Les différentes formes d’écriture sont utilisées. Les cinq premiers sont des timbres traditionnels : Il est né le divin enfant, Les anges dans nos campagnes, Ah ! Quand reviendra-t-il, le temps ? Joseph est bien marié, Le petit Jésus est né. Quant au dernier, D'où vient qu'en cette nuitée, l’auteur a composé, sur des paroles du XVI° siècle de Nicolas Denisot une sorte de pastiche tout à fait réussi.

Gaston LITAIZE :  pour chœur et orgue. Moyen. Collection Musique & Patrimoine. Delatour : DLT1074.

Ce recueil contient deux œuvres assez différentes. D’une part nous avons Chantons, je vous prie pour chœur SATB, solistes et orgue, œuvre assez longue mais relativement facile aussi bien pour le chœur que pour l’organiste. Chacun des couplets de ce célèbre Noël du XVIII° siècle est harmonisé de façon différente, conférant ainsi à l’œuvre une grande variété. L’autre Noël, C'est la Noël, pour chœur à une voix et orgue, qui est également un noël traditionnel, est assez simple pour la voix, mais plus exigeant pour l’organiste. L’oeuvre est à la fois baignée dans la joie de Noël et en même temps très respectueuse de la couleur particulière de ces Noëls populaires. Remercions les éditions Delatour et Olivier Latry de nous faire découvrir grâce à la collection Patrimoine des œuvres inédites d’un tel intérêt.

Alexandre FLENGHI : pour chœur à voix égales et piano. Assez facile. Delatour : DLT1775.

La page intérieure précise : Chœur d’enfants. En regardant la couverture, on a envie de fredonner C’est un vieux château du moyen âge… L’ensemble est écrit pour deux voix mais il y a parfois des divisions. La musique est aussi agréable qu’expressive et illustre bien les frissons que peuvent procurer citrouilles, monstres et Halloween… Cinq pièces se succèdent dans une ambiance faussement inquiétante. Le tout est tout à fait réjouissant et l’on joue à se faire peur. Si les parties de chœur sont très abordable, il faudra cependant les services d’un pianiste expérimenté.

Jean-Michel BARDEZ : pour chœur mixte, voix de soprano et de basse. Assez difficile. Delatour : DLT0883.

Attention : il s’agit d’un chœur mixte à douze voix… Le texte proposé par Yves Krier est un fragment poétique de Pétrarque. Il est donc en italien. Résolument contemporaine dans son écriture et son projet, cette pièce s’inscrit également dans un contexte de recherche sur les nombres. Voici ce qu’en dit l’auteur : 55 mesures représentent la somme des chiffres de 1 à 10, ou bien encore celle des cinq premiers nombres carrés. Ce nombre pourrait également signifier la vie de l’individu au sein de la vie cosmique… Si on le multiplie par quatre (mesure à quatre temps) 220 est un nombre « Harshad », somme de quatre nombres premiers consécutifs, signifiant, en sanskrit « une grande joie ». Mais qu’on ne s’y trompe pas, tout cela est vraiment au service de la musique et du texte.

Litanies de la Sainte-Vierge.

 

En septembre 1887, l’abbé Grivet, ancien maître de chapelle et professeur à Notre Dame des minimes à Lyon sollicite un grand nombre de compositeurs français afin de fêter le jubilé pontifical de Léon XIII, dans un contexte où le souverain pontife prône le ralliement à la République Française. Le cahier des charges est strict. Il s’agit de composer une pièce pour chœur mixte et orgue ou harmonium sur les Litanies de la Sainte Vierge. De nombreux compositeurs connus ou aujourd’hui moins connus répondent favorablement. Ce sont six de ces œuvres écrites par des compositeurs connus que nous offrent aujourd’hui les éditions Symétrie.

Jules MASSENET : Litanies de la Sainte Vierge, Notre-Dame de Valfleury (Loire). Symétrie : ISMN 979-0-2318-0795-0 https://symetrie.com/fr/titres/litanies-de-la-vierge-jules-massenet

 

On lira sur le site de l’éditeur l’intégralité du texte de présentation de cette œuvre. L’ensemble est joli, chantant, facile tant pour le chœur que pour l’accompagnement
D.B

 

Alexandre GUILMANT : Litanies de la Sainte Vierge, Notre-Dame des Victoires (Paris). Symétrie : ISMN 979-0-2318-0796-7 https://symetrie.com/fr/titres/litanies-de-la-vierge-alexandre-guilmant

 

 

La mer est entrée dans les prés

Bruno ROSSIGNOL : La mer est entrée dans les prés  pour chœur mixte SATB. Assez facile. Delatour : DLT2657.

Il y a vraiment beaucoup de charme et de poésie dans cette courte pièce qui fait penser aux « Chansons » de Poulenc. Dissonances et consonances se mêlent avec un goût parfait. Si la partition n'offre pas de difficulté spéciale, elle demandera évidemment une justesse impeccable. Mais n'est-ce pas naturel ?

 

Une histoire des arts en chansons

Dominique RITTER : Une histoire des arts en chansons.  Opéra-chorale pour chœur mixte et orchestre de chambre. Assez facile. Delatour : DLT : 2652.Il s'agit d'une œuvre conséquente puisqu'elle dure environ trois quart d'heure. Mais on ne s'ennuiera pas dans ce pittoresque parcours des arts de l'antiquité jusqu'à nos jours… En choisissant judicieusement dates et citations musicales (qui restent cependant discrètes), l'auteur nous raconte en musique l'histoire des arts.

Claire VAZART : C.M. 14/18

pour chœur mixte SATB a capella. Assez facile. Delatour : DLT2421.

Cette commande de l'ensemble 20/21 a été créée aux Dialogues en humanité en 2014 à Lyon. Signalons qu'il s'agit plutôt d'une œuvre à cinq voix (Soprane, Mezzo, Alto, Ténor et Basse).

Tandis que les voix de femmes chantent dans un tempo assez lent mais qui en respecte le rythme le Chant du départ harmonisé en choral, les deux voix d'hommes font entendre une sorte de film de la guerre fait d'évènements et de paroles de poilus dont la prosodie se calque sur la langue parlée. L'ensemble a le grand mérite d'être équilibré et d'amener à la réflexion et non à la dénonciation. Cela donne une sorte de méditation prenante dans une atmosphère oppressante. Les voix se réunissent enfin pour une évocation de la sonnerie aux morts. C'est une œuvre de circonstance, certes, mais dont les qualités musicales sont à la hauteur des évènements évoqués.

 

Charles BALAYER – Gilles DENECKER : Zoot jive Dizzy

Charles BALAYER – Gilles DENECKER : Zoot jive Dizzy  pour chœur mixte SATB et piano (ou section rythmique).  Delatour : DLT2550.

Voici une pièce bien réjouissante ! En fait, la section rythmique est fortement conseillée en plus du piano, ainsi que la flûte présente dans l'enregistrement qui se trouve sur le site de l'éditeur. Si la partition n'est pas en soi difficile, elle demande d'être rompu à cette musique de jazz, hommage à Dizzi Gillespie et qui figurait au répertoire du célèbre « Chœur Artie Shaw ».

Charles BALAYER – Marie-Claire DAULHAC : Dodeca(co)phonia  pour chœur mixte SATB et piano (ou section rythmique). Assez difficile. Delatour : DLT2540.

On retrouvera sur le site de l'éditeur et You Tube l'ensemble Artie Shaw pour l'écoute intégrale de ce swing absolument délicieux. Que dire d'autre sinon que le titre est évidemment humoristique, car les harmonies sont, elles, extrêmement recherchées et mouvantes. Là encore, on essaiera de respecter autant que possible l'orchestration originale. Ajoutons qu'il s'agit de vrai jazz et qu'il faudra que les interprètes soient capables de « chorus » : l'improvisation est au rendez-vous !

Charles BALAYER – Marie-Claire DAULHAC : Enfantines  pour chœur mixte SATB et piano (ou section rythmique). Moyen. Delatour : DLT2470.

Nous ne pouvons qu'inviter nos lecteurs à se rendre immédiatement sur le site de l'éditeur ou sur You Tube pour écouter dans son intégralité l'œuvre interprétée merveilleusement par l'ensemble Artie Shaw. La difficulté réside non pas tellement dans les notes mais dans le style… Il faudra un chœur rompu au style jazz pour rendre justice à cette œuvre poétique et tendre pour laquelle il vaudra mieux respecter l'orchestration originale. Un vrai bonheur !

Messe brève  pour chœur de 4 à 6 voix mixtes et orgue

Guy LECLERCQ : Messe brève  pour chœur de 4 à 6 voix mixtes et orgue. Assez difficile. Delatour : DLT2364 (version 4 voix).

Dans l'esprit des « messes brèves », cette œuvre comporte simplement les trois pièces : Kyrie, Sanctus et Agnus. On en retiendra la fidélité au texte et à sa prosodie, la brièveté de chacune des pièces, des harmonies fluides créant une grande atmosphère de recueillement même dans le Sanctus, dont les éclats ne nuisent en rien à l'intériorité. C'est une belle œuvre, difficile mais qui mérite qu'on s'y consacre pleinement. Attention : il y faudra un organiste expérimenté.

 

Salve Regina  pour chœur mixte à 5 voix et orgue

Guy LECLERCQ : Salve Regina  pour chœur mixte à 5 voix et orgue. Moyenne difficulté. Delatour : DLT2493.

L'auteur suit fidèlement le texte par un discours quasi homorythmique avec des harmonies délicates pleines d'intériorité. Cette prière à la Vierge sereine et confiante est à la fois simple et belle. La partie d'orgue n'est pas très difficile.

Max d'OLLONE : Sous-Bois  sur un poème de Philippe Gille pour chœur (SATB) et orchestre. Conducteur. Symétrie : ISMN 979-0-2318-0636-6.

Max d'Ollone (1875-1959) est un compositeur français trop peu connu dont l'œuvre mérite pourtant d'être tirée de l'oubli. Sous-bois est le quatrième des chœurs écrits dans le contexte particulier du concours pour le Prix de Rome. Sous-bois est une œuvre de jeunesse écrite en 1897,

Christian GUINGUENÉ : Cantate sur des noëls anciens.  Version chœur, soliste ad libitum et orgue. Chanteloup-musique : CMP010.

Cette œuvre en deux parties devrait être adoptée avec enthousiasme par des chœurs n'ayant pas forcément de grands moyens techniques : l'ensemble sonne fort bien et ne présente pas de grande difficulté. Doit-on dire facile ? Oui, mais sans « facilité ». L'auteur connait manifestement à la fois son public et son métier ! La partie d'orgue ne demande pas non plus ni un gros instrument ni un interprète virtuose. Et pourtant, elle aussi « sonne » très bien et suscite la joie nécessaire en la circonstance.

Bruno ROSSIGNOL : Exsurgens autem Maria  pour chœur mixte SATB a cappella. Delatour : DLT 2382.

Créée à l'abbaye de Pontigny pour la fête de la Visitation, cette œuvre est bâtie entièrement sur les versets 39 à 45 de l'évangile selon Saint Luc, narrant cet épisode de la visite faite par Marie à sa cousine Elisabeth. L'ensemble n'offre pas de difficulté spéciale. L'écriture est d'une grande clarté, privilégiant la compréhension du texte latin.