Alain FLAMME : Don Quichotte pour flûte et piano. Supérieur. Lafitan : P.L.3068.

Voici une bien jolie pièce qui n’usurpe pas son nom. En effet, l’Espagne est constamment présente par ses rythmes et par ses modes, mais aussi par ses mélismes, ses échappées, son côté à la fois mélancolique et sensuel. L’auteur a parfaitement saisi cette ambiance si caractéristique et la rend à la perfection. Il faudra donc que les interprètes s’en imprègnent avant de jouer cette oeuvre qu’il faudrait se garder de défigurer en n’en saisissant pas le caractère. Piano et flûte dialoguent constamment, et si la flûte a la meilleure part, le piano a aussi ses moments réservés. Souhaitons beaucoup de plaisir aux interprètes et à leurs auditeurs.

André TELMAN : Dans une contrée lointaine pour quatre flûtistes (flûte en ut, flûte alto, flûte basse, 2 zampoñas et 2 bajones). Delatour : DLT2717.

Cette « contrée lointaine » offre de nombreux paysage divers, tous intéressants. Certains sont plus vivants, d’autres plus mélancoliques. Les contrastes se succèdent avec bonheur. Le côté étrange ou étranger se manifeste à travers des passages modaux même si l’ensemble reste tonal, ce qui n’empêche pas, cependant, les fréquents changements de tonalité et de mesure. Le parcours est donc varié à souhait, permettant aux deux interprètes de montrer toutes leurs qualités, aussi bien techniques qu’expressives. On se laisse prendre par l’ambiance spéciale de cette pièce qui réserve beaucoup de très bonnes surprises.

Sophie LACAZE : Souffles pour flûte et piano. Supérieur. Lafitan : P.L.3068.

La nomenclature à elle seule montre qu’il ne s’agit pas d’une pièce facile ! Cette commande de l’ensemble Antara a été inspirée par un court texte de la poétesse chilienne Gabriela Mistral. Ce mélange d’instruments classiques et d’instruments traditionnels d’Amérique du Sud permet de jouer sur les différents timbres en présence, d’autant plus que toutes les techniques contemporaines de la flûte sont également exploitées. Le texte est beau, poétique à souhait, comme la pièce que nous offre Sophie Lacaze.

Sergio ARRIAGADA : 10 pièces latino-américaines pour les premières années. Flûte et piano. Premier cycle. 1 vol., 1 CD. Lemoine : HL 29301.

Que voilà de bien jolies pièces… Le CD contenu dans le volume leur rend pleinement justice. Il contient à la fois les pièces intégrales et le play-back, plus le la du diapason qui permet au flûtiste de s’accorder…. Un « avant-propos » présente chaque pièce succinctement mais très précisément. La partie de piano peut être jouée par un élève un peu avancé. Pays et danses diverses se succèdent avec autant de charme et de caractère que de diversité. Ce sera l’occasion de faire découvrir au jeune flûtistes autant de paysages nouveaux Bolivie, Uruguay, Cuba, Pérou, Equateur, Argentine et Chili défilent sous nos yeux avec ces musiques qui ont à la fois des points de convergence et des caractères particuliers selon les pays. C’est un beau voyage !

Serge OLLIVE : Lux op. 37 pour 2 flûtes. Assez difficile. Waldhorn Editions : WH-4515166.

La première pièce, intitulée Rayons crée effectivement une ambiance lumineuse dans des arabesques où les deux flûtes dialoguent et s’entremêles en des jaillissements à la fois surprenants et parfaitement maîtrisés. La deuxième, Spectres, joue beaucoup sur les effets de surprise et de contraste, entre apparitions fulgurantes et tremblements. Le tout est écrit dans un langage d’aujourd’hui et avec un goût parfait. C’est une musique « classique » dans son originalité. Bien sûr, les deux flûtistes devront faire montre d’une entente parfaite… On peut écouter l’ensemble sur https://soundcloud.com/serge-ollive-chamber/sets/lux-op-166-pour-2-flutes

Dimitri GLADKOV : Flûte à Saint-Jean pour flûte et piano. Préparatoire. Lafitan : P.L.3071.

Voici une curieuse composition qui ne manque pas de caractère. L’ensemble se déroule dans un tempo Tragico à 120 à la blanche, ponctué la plupart du temps par des accords lancinants du piano. Les accords parfaits martelés très souvent et même avec des harmonies parallèles donnent à l’ensemble un aspect sauvage. Le ré mineur dominant accentue ce caractère tandis que la flûte le souligne encore en marquant les temps tout en prenant parfois un rythme de galop. Même la « Cadenza » ne rompt pas vraiment ce caractère de marche à l’abime. C’est surprenant mais fascinant.

Bernard COL : 10 R 2 Debussy. Dix airs de Claude Debussy arrangés pour 2 flûtes. Moyen. Delatour : DLT2465.

Nous avons déjà dit à plusieurs reprises tout le bien que nous pensions de cette collection. Après Ravel et Schubert, voici Debussy. Rappelons le principe : il s’agit de textes transcrits de la façon la plus proche possible de l’original avec, notamment, un respect scrupuleux de l’harmonie. Parfois, des transpositions sont nécessaires mais la fidélité est toujours au rendez-vous. Dans ces dix extraits, Bernard Col n’a pas choisi la facilité : il s’agit, pour une bonne partie, d’œuvres orchestrales majeures. Redisons que ce sera l’occasion de faire écouter aux élèves les originaux et d’enrichir ainsi leur culture musicale. Il sera aussi intéressant de suivre les œuvres sur la partition pour voir en quoi peut consister le travail d’un « arrangeur » quand il est bien fait…

Pascal PROUST : LE PETIT SOLDAT DE PLOMB d’après Andersen, pour ensemble de flûtes et récitant. Sempre più : SP0271

Voici la présentation de l’auteur : « Cette partition, écrite à 5 parties, est destinée aux jeunes instrumentistes des 1er et 2ème cycles. Cependant la 5ème partie est spécialement écrite pour les plus jeunes en 1ère année d’études. Chaque partie peut être doublée, triplée, selon le nombre d’élèves désirant participer. Il est conseillé de sonoriser la voix du (de la) récitant(e), le texte étant souvent accompagné par la musique, parfois assez forte. » C’est en vérité pour la commodité du travail que l’ensemble est divisé en huit séquence. En fait, on aura tout intérêt à donner l’œuvre intégralement. L’ensemble est très joliment consonnant. Bien sûr, nous sommes dans un conte d’Andersen, et l’histoire se termine mal… mais la poésie est présente tout au long de l’œuvre. Et ce n’est qu’un conte…

Piotr MOSS : Introduction et rondino pour flûte et piano. Niveau moyen. Fortin-Armiane : EFA 111.

« Il faut la jouer en souriant », nous dit l’auteur. L’œuvre, en effet, n’invite pas à la mélancolie. Une introduction un peu plus grave (mais pas tant que cela…) conduit au Rondino. Celui-ci est construit sur le thème d’une simple mélodie que le dédicataire de l’œuvre a coutume de chantonner à ses enfants. Sur cette mélodie simplissime, le compositeur a bâti un court rondo « d’un caractère plutôt léger » en transformant son thème à chaque refrain. Le tout est charmant et plein de fraîcheur, même si le langage n’a rien de « classique ». Bref, c’est une pièce à jouer pour se faire plaisir et, du même coup, faire plaisir à ses auditeurs.

Davide PERRONE : « For day »Pour flûte traversière. Chanteloup-musique : CMP019.

Cette pièce, nous duit l’auteur, a été composée dans l’urgence. Construite comme un dialogue entre deux personnalités, elle se développe donc dans un discours à deux thèmes qui s’entrelacent. Ce n’est pas très difficile mais suppose de solides qualités expressives et un riche imaginaire. Mais n’est-ce pas l’essence même du musicien ?

Parfums

Octave JUSTE : Parfums. Onze fragrances sonores pour flûte. 1er et 2ème cycle. Sempre più : SP0206.

Nous ne résistons pas au plaisir de citer l'auteur lui-même : « Ce flacon-recueil est une tentative de mise en sons de différentes senteurs selon une approche consistant à distiller le pouvoir d'évocation de celles-ci vers ceux-là et vice versa. La méthode utilisée est tout à fait non-scientifique et absolument indescriptible. Le résultat final, quant à lui, éphémère et invisible, vous appartient. »

Souhaitons que beaucoup de flûtistes se laissent séduire par ces parfums pleins de charme et d'inattendu, et toujours assemblés avec un goût parfait…

 

Vocalise

Gilles MARTIN : Vocalise  pour flûte traversière et piano. Fin de 1er cycle. Lafitan : P.L.2971.

Quelle charmante vocalise, qui se déroule dans un Andantino avec un discours modulant sans cesse, tout en adoptant un discours tout à fait tonal. Mais après cette délicieuse promenade, c'est un Allegro giocoso tout guilleret et dans un do Majeur très affirmé, qui va nous conduire à une fin éclatante dans le registre aigu de l'instrument. La partie de piano est très facilement abordable. Ce sera une bien agréable manière pour les deux interprètes de s'initier à la musique de chambre.

 

Bernard COL : 10R2 Ravel.

Dix airs de Maurice Ravel arrangés pour 2 flûtes. Assez facile. Delatour : DLT2661.

Nous avons déjà dit à propos d'autres numéros tout le bien que nous pensions de cette collection. Voici donc ces arrangements pour deux flûtes traversières qui possèdent les qualités inhérentes à cette collection : les transcriptions sont d'une grande fidélité, le répertoire reprend des œuvres majeures de l'auteur. Outre l'intérêt qu'elles offrent pour la musique de chambre, ces pièces peuvent permettre une ouverture sur une véritable culture musicale.

 

Bernard COL : Sonatine  pour 2 flûtes traversières

Moyen. Delatour : DLT2534.

Délicieuse, primesautière, ce sont les adjectifs qui surgissent lorsqu'on écoute, sur le site de l'éditeur cette très jolie sonatine. Le second mouvement, plus rêveur, comme il se doit, ne contredit pas l'impression première. Quant au troisième, c'est un presto endiablé. Le tout se décline dans un langage qu'on pourrait qualifier de post-tonal. Mais ce qui importe, c'est que c'est tout simplement charmant.

Vincent FREPPEL : Paysage  pour flûte et piano ou orgue.

Facile. Delatour : DLT2523.

Un 6/8 langoureux déroule son rythme de sicilienne sur des harmonies aux couleurs changeantes, peignant les différentes faces d'un paysage qui se modifie sous nos yeux. L'ensemble se termine par une envolée lyrique aboutissant à un fortissimo, puis le calme revient, terminant par un rayon de soleil sur un accord de la Majeur.

Alexandre CARLIN : Bord de mer  pour flûte et piano. Débutant. Lafitan : P.L.2909.

On ne peut s'empêcher de penser à la chanson « Sur le pont d'Avignon » non pour la mélodie mais pour le rythme et la carrure. Ceci n'est pas une critique, bien au contraire ! Cette jolie mélodie se déploie paisiblement. Piano et flûte dialoguent avec bonheur, échangeant chant et contrechant. Cette promenade en bord de mer est donc tout à fait charmante.

 

Vincent FREPPEL : Voix  pour flûte et piano ou orgue. Assez facile. Delatour : DLT2404.

Piano ou orgue, on pourrait trouver l'alternative peu judicieuse, mais il se trouve que la partie de clavier peut parfaitement convenir aux deux instruments. Le début évoque Procol Harum… puis la flûte s'épanouit dans un balancement ternaire fait de repos et d'envolées lyriques du meilleur effet. La pièce est fort jolie, faussement classique, et pleine de charme.

Vincent FREPPEL : Ballade  pour flûte et piano ou orgue. Assez facile. Delatour : DLT2521.

On nous permettra de douter un peu de la facilité de cette pièce, surtout dans sa partie médiane. Quoi qu'il en soit, l'ensemble a des allures de sicilienne. Moyenâgeuse, comme le veut l'auteur ? Mais d'un moyen-âge qui s'apparente plus à Maurice Thiriet et « Démons et merveilles » des Visiteurs du Soir qu'aux savantes reconstitutions actuelles. Qu'importe ? L'ensemble est bien agréable et bien joli. La partie médiane a, pour la flûte, des allures d'improvisation qu'il faudra savoir rendre dans l'interprétation…

 

Rose-Marie JOUGLA : Le blanc berceau  pour flûte et piano. Niveau moyen avancé. Delatour : DLT 2519.

Il s'agit d'une transcription de la pièce pour alto recensée plus haut. Disons simplement qu'il s'agit d'une œuvre très intéressante qui mérite d'être connue et diffusée.

 

Yves BOUILLOT : Romantic Mood  pour flûte en ut et piano. Débutant. Lafitan : P.L.2840.

Cette « humeur romantique » au parfum de pelouse britannique est à la fois légère et charmante. Pianiste et flûtiste dialoguent avec distinction. Bref, l'ensemble s'écoute (et se joue) avec beaucoup de plaisir.

 

W.-A. MOZART : Air de concert  d'après l'Aria pour soprano KV580 « Schon lacht der holde Frühling, pour flûte et piano. Arrangement : Pascal Proust. 3ème cycle. Sempre più : SP0150.

Voilà qui permettra aux jeunes flûtistes d'élargir leur répertoire. La transcription est très bien faite et l'ensemble « sonne » parfaitement. Cet air destiné à mettre en valeur la troisième des sœurs Weber, Josepha, est donc une œuvre de circonstance destinée à faire ressortir le talent de la cantatrice. Mais, œuvre de circonstance ou pas, c'est toujours du Mozart !

 

Sophie LACAZE : Estampes  pour quatuor de flûtes. Delatour : DLT2253.

Cette œuvre assez difficile a été écrite pour l'ensemble Tétraflûtes et son spectacle JikkenKôbô. Elle s'appuie sur une mélodie traditionnelle japonaise, « Kuroda bushi », exposée en introduction. Il s'agit d'évoquer musicalement des estampes d'Utagawa Hiroshige (1797-1858) et d'Utagawa Kuniyoshi (1797-1861). L'ensemble fait appel à toutes les techniques contemporaines de la flûte et comporte un important aspect spatial et visuel.