George Philipp TELEMANN : SONATE pour flûte et basse continue, Tafelmusikik I, 5 (TWV 41 :h4) Wiener Urtext Edition, Schott/Universal Edition : UT 50416.

Editée d’après les sources par Jochen Reutter.  Notes sur l’interprétation, de Susanne Schrage.
Les quelques corrections utiles ont été établies d’après la comparaison entre les deux seules sources.
Dans ce genre d’édition (trilingue, comme de coutume chez Schott), ce n’est pas l’œuvre que nous découvrons, mais ce qui en est dit dans la préface et dans les « notes sur l’interprétation ».
La préface nous renseigne sur les « secrets de fabrication » de la Musique de Table, éditée en 1733, grâce à une souscription, (comme bien souvent à l’époque). Haendel fut d’ailleurs l’un des souscripteurs.


Les trois Productions qui constituent Tafelmusik contiennent trois ensembles de « base » entre lesquelles s’intercalent trois pièces, dont cette sonate, ce Solo. Par Solo, il faut entendre pièce pour un instrument accompagné d’une basse-continue (fondamento) selon la terminologie de Telemann). Le plan de cette sonate suit celui de la sonate d’église (Sonata da chiesa) en quatre mouvements alternativement lents et vifs : Cantabile, Allegro, Dolce, Allegro.
Les notes sur l’interprétation, si elles sont importantes et intéressantes, sont quelques fois confuses (et dans les textes en anglais et en allemand et de par les effets d’une traduction abrégée), voire incompréhensibles, par exemple : « Le 2e mouvement Allegro, avec sa forme ouverte sans signe de répétition, est un mouvement de reprise typique » (?). Certaines indications demandent à être lues avec prudence et questionnement. Ainsi, les « liaisons de secondes soupirantes à la basse » du premier mouvement ne sont-elles pas simplement l’indication de notes inégales ? Pourquoi ressentir de la « bizarrerie » ? Quant au dernier mouvement, même s’il est en ternaire, il ne peut s’assimiler qu’à une gigue italienne, car à trois temps. On peut lire plus loin : « Un moyen d’expression fondamental consiste à articuler les sauts, les répétitions de sons et les notes comportant un trait de staccato grâce à la syllabe ti, mais par contre les degrés grâce à la syllabe di » ? Pour une bonne compréhension, il faut consulter le texte de Quantz, auteur de l’Essai d’une méthode pour apprendre à jouer de la flûte traversière (Berlin, 1752) : « Pour les notes lentes & nourrissantes le coup de langue ne doit pas être rude & il faut employer le di, au lieu du ti ».
La question de l’ornementation pose aussi quelques problèmes (ainsi, dans l’avant-dernière mesure du premier mouvement, même si Telemann indique un coulé en « petites » noires, la question du rythme ne se pose pas : il faut les jouer rapidement, sur le temps ; dans la septième mesure du troisième mouvement, l’appoggiature « incriminée » n’est en fait que le « point d’appui » du trille suivant.
Nous ne saurions trop conseiller aux exécutants qui liront ces « notes sur l’interprétation » de se référer au traité ci-dessus nommé afin d’y trouver des éclaircissements, d’éviter les inexactitudes, de compléter leurs informations, et d’apprendre à connaître les « règles » (ou du moins leur existence) pour interpréter selon le « bon goût ».